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Confession d’un masque de Yukio Mishima

Publié le

Je vais vous parler d’un roman que j’ai lu récemment : Confession d’un masque (Kamen no Kokuhaku, 仮面の告白) d’un auteur dont j’ai déjà parlé ici et que j’aime beaucoup : Yukio Mishima.

Mishima

Edition lue :
Éditeur : Gallimard (folio)
Publié en : 1983 (édition originale en japonais : 1949)
Nombre de pages : 254
Prix : 8,00€

Ce roman a une différence majeure avec la plupart des autres qu’a pu écrire Mishima, puisqu’il est tiré de sa propre vie.
Tout d’abord, je dois dire que j’ai rarement vu un roman avec un titre aussi représentatif de son contenu. Mishima nous parle ici de son enfance et de son adolescence, avec une petite particularité, puisqu’il nous raconte la découverte de son homosexualité, et la volonté de refuser cette part de lui-même, de « faire comme si » en permanence, et donc de porter un masque en présence des autres.

La partie « Confession » du titre n’est de plus pas en reste, et je dois même dire qu’il faut avoir des tripes pour écrire ce roman et le publier, puisque Mishima nous dit absolument tout, sans honte (ou pourrait-on le croire), nous dévoile son intimité sans aucun détour. Je dois dire qu’on voit ici un côté qui me fait beaucoup apprécier Mishima, en plus de son écriture si particulière et agréable, il ne se limite pas à décrire la surface des choses, mais va en profondeur.

On suit donc le jeune Yukio Mishima, un enfant fragile, souvent malade, pendant la Seconde Guerre Mondiale, découvrant ses premiers désirs : notamment celui de faire mourir, de voir du sang, sur des corps d’hommes virils. C’est pour cela que la mort revient également souvent dans ce roman, faisant écho à la Guerre qui est en train de se dérouler et au cours de laquelle Yukio Mishima aurait aimé être appelé et y mourir (une maladie l’empêcha d’y participer).

Saint Sébastien de Guido Reni, image de fantasme à plusieurs niveaux pour Mishima adolescent

Saint Sébastien de Guido Reni, fascination à plusieurs niveaux pour Mishima adolescent

Mishima va prendre conscience que ses désirs ne sont pas « normaux », surtout à cette époque-là, mais va néanmoins tomber amoureux de la soeur d’un de ses amis, Sonoko. Même si parfois cet amour est décrit comme un grand amour qui pourrait déboucher sur une famille, Mishima intervient parfois lors de la narration pour rappeler que c’est bel et bien de l’amour qu’il éprouve pour cette fille ; mais aucun désir, celui-ci n’étant ressenti qu’avec les hommes. Mishima va pousser sa réflexion sur cette dualité à laquelle il sait qu’il va être confronté toute sa vie.

C’est au final un roman que j’ai beaucoup apprécié lire et qui nous plonge dans des thèmes qui vont amener une réflexion de Mishima sur sa propre enfance et adolescence qui pourraient se définir par l’Amour, la Guerre, le Désir, la Mort – des thèmes encore plus liés qu’on pourrait le penser.

Je termine sur une citation, au moment où Mishima apprend que la Guerre va prendre fin, qu’il n’y mourra donc pas, et qu’il va devoir enlever son masque, puisque, l’épée de Damoclès qu’était la Guerre ayant disparue, la « vie normale » va commencer :

« Je pris le papier, mais avant même d’avoir eu le temps de le lire, j’avais déjà compris la réalité de ces nouvelles. Ce n’était pas la réalité de la défaite. Au lieu de cela, pour moi -pour moi seul- cela signifiait que des jours terribles commençaient. Cela signifiait que désormais, que je le voulusse ou non et en dépit de tout ce qui m’avait leurré et fait croire qu’un tel jour ne viendrait jamais, dès le lendemain il me faudrait commencer à mener la « vie quotidienne » d’un membre de la société humaine. Comme ces seuls mots me faisaient trembler ! »

 Ma note :
8

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À propos de Kevin

25 ans, passionné par le Japon !

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