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Sortie parc, gare d’Ueno de Yû Miri

Publié le

Je vais vous présenter aujourd’hui un roman sorti très récemment (novembre 2015), intitulé Sortie parc, gare d’Ueno (JR上野駅公園口, JR Ueno eki kouen guchi) et écrit par Yû Miri.

Sortie parc, gare d'Ueno - Yû Miri

Edition lue :
Éditeur : Actes Sud
Publié en : 2015 (édition originale en japonais : 2014)
Nombre de pages : 170
Prix : 16,80€

Tout d’abord, lorsque l’on tient le livre entre ses mains, on ne peut que penser « Quel beau livre ! ». En effet, la couverture et ses cerisiers en fleur sont tout simplement magnifiques. Et lorsque l’on commence la lecture, on n’est pas déçu : le texte est tout aussi beau.

Ce roman parle des sans-abris au Japon, et plus particulièrement de l’un d’entre eux. Celui-ci va nous décrire son environnement et ce qu’implique la vie d’un sans-abri au Japon : la perte de leurs amis sans-abris, les « battues » qui les obligent à déguerpir pour la journée lorsqu’un membre de la famille de l’Empereur doit passer devant leur parc ou encore, et c’est là le thème principal de ce roman, l’incessant flot de souvenirs qui naviguent dans leurs esprits.

En effet, dès le départ, le narrateur nous fait comprendre qu’il va être question de sa vie et de tout ce qui l’a mené à devenir un sans-abri.

« Je croyais que la vie était comme un livre, on l’ouvrait à la première page, on passait à la deuxième, on continuait et on arrivait bientôt à la dernière, mais la vie n’a rien à voir avec ce que racontent les livres. Les lettres s’enchaînent, il y a des numéros de page, mais cela n’a ni queue ni tête. Même au-delà de la fin, il n’y a pas de fin. »

Ainsi, le narrateur va nous décrire les principaux éléments de sa vie, à savoir l’éloignement à sa famille à cause de son travail, la mort de sa femme ou encore la mort prématurée de son fils. Celle-ci occupe une place importante dans le roman, et le ressenti du narrateur, son incompréhension et sa douleur face à la mort de son fils, qui n’avait que la vingtaine, est une poésie douloureuse. Le tout peut être résumé dans la citation suivante, que je trouve très touchante :

« Chez nous, on félicite les gens qui viennent d’avoir un fils en leur disant que maintenant ils ont quelqu’un pour porter leur tablette funéraire. On peut se moquer de son fils en le traitant de mauvais porteur de tablette.
J’avais perdu le mien.
C’est moi qui portais sa tablette. »

J’ai été touché durant toute la lecture de ce roman, devant la difficulté de la vie de ce sans-abri, racontée avec une très belle langue. La fin est quant à elle très forte, mêlant à cette histoire le terrible séisme suivi du tsunami qui a frappé le Japon en mars 2011. Une très jolie découverte pour ma part et un très joli livre à avoir dans sa bibliothèque.

Ma note :
8

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À propos de Kevin

25 ans, passionné par le Japon !

"

  1. Ce livre me tente beaucoup !

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  2. La couverture est très belle et le sujet très intéressant. Le récit se déroule à quelle époque ? Tu parles d’empereur…

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    • Ça se passe de nos jours, il y a toujours un Empereur au Japon, un symbole encore très fort là-bas !

      Aimé par 1 personne

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      • Ah oui ? Je l’ignorais complètement ! Ce livre pourrait m’intéresser dans ce cas. Une amie m’expliquait ce week-end justement que la pauvreté était quasiment invisible au Japon, qu’ils n’y avaient pas de mendiants, qu’ils se cachaient. Je crois que ce livre pourrait me permettre de creuser la question….

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      • Oui. C’est en train de changer depuis quelques années, on en voit de plus en plus. Mais donner la parole à un « invisible » comme Yû Miri l’a fait dans ce roman est peu commun, et c’est très bien fait ici. N’hésite pas à le lire ! Et tiens-moi au courant 🙂

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  3. Dans ce Tokyo anonyme, cet itinérant semble être invisible aux yeux des passants. Un texte bouleversant qui m’a dérangé. On a un portrait de la misère du Japon. Il demeure un roman étrange pour les personnes qui ne sont pas allées au Japon.

    Citations que j’ai retenues:
    1. Beaucoup de sans-bris du Parc de Ueno sont originaires de la région de Tohoku.

    2. La pauvreté contraint les adultes à faire mentir les enfants. C’est un cycle difficile à sortir.

    3. Définition d’un sans-abri: une personne qu’on fait semblant de ne pas voir quand on le croise, mais que de nombreux yeux surveillent. (p.135)

    4. le Japon a besoin de rêve! Faisons venir à Tokyo les Jeux olympiques de 2020. (p.131)

    5. On regarde les jeux à travers le prisme de l’optimisme, mais je ne crois pas qu’il permette aux peuples de voir la réalité. Cette émotion, cet enthousiasme, ne me paraît pas réfléchie.

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    • Oui, invisible, c’est tout à fait ça ! Mais ce roman lui donne une voix et est en effet bouleversant pour cela, pour son parcours et tous ceux qui sont amenés à vivre la même vie que lui.

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