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Bleu presque transparent de Ryû Murakami

Publié le

Attention les yeux, voici un roman dont vous avez certainement déjà entendu parler et/ou que vous avez déjà lu, qui nous décrit avec une (trop ?) grand précision la dépravation de certains jeunes dans les années 1970. Allons-y.

bleu-presque-transparent-ryu-murakamiEdition lue :
Éditeur : Philippe Picquier
Format poche publié en : 1999
Édition originale en japonais : 1976
Nombre de pages : 203
Prix : 6,60€

Ce roman nous propose de suivre un groupe d’amis, dont le narrateur s’appelle Ryû. On est dans la deuxième moitié des années 1970, période à laquelle Ryû Murakami a écrit ce roman. Celui-ci est d’ailleurs en partie autobiographique. Il n’y a pas d’histoire à proprement parler : nous suivons plutôt cette bande, même pas 20 ans pour la plupart, qui passe ses journées et ses soirées à se droguer, à avoir des relations sexuelles à deux ou à plusieurs, à boire.

« À chaque respiration, j’oublie un peu plus qui je suis. Je sens toutes sortes de choses couler et fuir de mon corps ; je deviens une marionnette. »

C’est une lecture difficile. Comme souvent, Ryû Murakami n’hésite pas à être cru, parfois un peu trop. Mais cela est bien entendu volontaire et permet d’accentuer sur le côté sale de la chose, que ce soit par rapport à des relations sexuelles ou des tentatives de suicide. Ces jeunes sont des zombies, leurs jours se ressemblent. Ils peuvent faire des activités différentes, des concerts, prendre le métro, passer du temps entre amis, au final toutes ces activités se ressemblent puisqu’elles se font dans un état d’ivresse plus qu’avancé ou sous l’emprise de drogues diverses et variées.

« La sensation de me changer en marionnette est de plus en plus vive. Je n’ai qu’à bouger comme ils le veulent, je ne suis plus qu’un esclave ; immensément heureux d’être cela. »

Je n’ai pas pris de plaisir lors de cette lecture. J’ai parfois été pris de dégoût, chose qui ne me surprend même plus, tant je connais cette sensation à la lecture des romans de Ryû Murakami. J’ai à vrai dire tenté Chansons populaires de l’ère Showa, Miso Soup, Love & Pop. Toutes m’ont laissé un mauvais goût en bouche. Seul Kyoko m’a réellement plu. Mais pourtant je persiste. Parce que malgré tout, c’est un des rares auteurs à décrire cet univers sans faire preuve d’auto-censure, sans se limiter, sans nous épargner les côtés sales. Il décrit des faits de société obscurs, mais qui sont pourtant toujours là, même si bien cachés par la façade lisse que le Japon sait si bien mettre en avant. Pour ça, c’est un auteur à lire. De plus, dans ce roman, on retrouve des passages décrivant avec précision et parfois avec beauté la montée de la drogue ou de l’alcool dans l’esprit, qui nous coupent un peu des passages sordides, et ça fait du bien.

C’est un livre à ne pas mettre entre toutes les mains. Ryû Murakami nous fait plonger dans le monde de la drogue, du sexe et de l’alcool, le tout à fortes doses, prenant le dessus sur la réalité. Une lecture difficile, mais qui a le mérite de montrer une face de la société japonaise comme on ne la voit que rarement : l’auto-destruction d’une jeunesse désenchantée.

Ma note :
5

 

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À propos de Kevin

25 ans, passionné par le Japon !

"

  1. Belle critique mais j’aurais noté plus généreusement, malgré le contexte du roman 🙂

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    • Je suis méchant alors, voilà tout :p
      Il est rare que je mette des 5 et en-dessous, mais là, la lecture était vraiment pénible et désagréable. Et je lui ai mis 5 points quand même pour le contexte du roman, c’est généreux de ma part je trouve ! 😀

      Aimé par 1 personne

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      • Il est vrai que Murakami a la particularité d’être assez ‘trash’ dans ses romans … 🙂

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      • C’est pas forcément un truc qui me dérange, mais la façon dont c’est fait si. Natsuo Kirino l’est aussi et ça passe totalement. Mais là, non… Enfin bon, c’est tout de même pas le dernier que je vais lire de lui j’imagine.

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  2. je suis en accord total avec la critique le seul roman que j’ai aimé est kyoko pour love et pop j »ai découvert par hasard qu’un film en avait été tiré

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  3. J’ai personnellement été secoué par ce roman.. L’anti Murakami.. Ici, nous quittons le monde onirique de mon enchanteur nippon préféré pour la dur réalité d’une société japonaise si exigeante !
    Je te recommande de lire d’autres romans de Ryû, ce monde du reel!
    Très bonne critique 😉

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  4. Intéressant… Je note…

    Aimé par 1 personne

    Réponse
  5. Pingback: Amère volupté d’Eimi Yamada | Comaujapon

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