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Konbini de Sayaka Murata

Publié le

Je vous présente aujourd’hui un roman qui a reçu le Prix Akutagawa en 2016 au Japon, et qui vient de paraître en France : voici Konbini de Sayaka Murata.

Edition lue :
Éditeur : Denoël
Publié le : 11 janvier 2018
Traduction par : Mathilde Tamae-Bouhon
Édition originale en japonais : 27 juillet 2016
Nombre de pages : 128
Prix : 16,50€

Keiko a 36 ans et travaille dans un combini (ou « konbini », mais j’ai moins l’habitude de l’écrire ainsi), une supérette ouverte 24 heures sur 24 que l’on trouve à tous les coins de rue au Japon. Depuis toute petite, elle est considérée comme étrange. Elle a donc grandi en parlant le moins possible pour ne pas paraître différente des autres. Et aujourd’hui, elle se complait dans ce travail à mi-temps où elle a juste à répéter des paroles, des gestes pour « être comme les autres ». C’est lorsqu’elle rencontre ses anciennes camarades de classe qu’elle se rend compte le plus de son « anormalité », puisqu’elle est l’une des seules à ne pas être mariée, à ne pas avoir d’enfant et à ne pas travailler à temps plein. Mais tout cela pourrait bien changer lorsqu’un homme qui semble aussi ne pas pouvoir se conformer aux règles imposées par la société est embauché au combini où elle travaille…

 « Après tout, sortie de mon manuel de l’employé dont j’appliquais à la perfection les directives, je n’avais pas la moindre idée de la façon dont fonctionnait une personne normale. »

Un roman qui parvient à parler des gens différents de la norme, qui ne rentrent pas dans les cases. La société japonaise est assez rigide et sa structure n’évolue que très lentement. Ainsi, quand on n’a pas un travail à temps plein après ses études, ou quand on n’est pas marié à trente ans, les gens vont te regarder bizarrement. C’est un roman très intéressant sur plusieurs points de vue. C’est rare d’avoir un personnage comme Keiko, qui a conscience de sa différence, qui a conscience que sa façon de penser ne colle pas avec ce que la société attend d’elle. Elle a choisi d’apprendre par coeur le manuel de la parfaite employée de combini pour pouvoir vivre sans que les autres découvrent qu’en réalité, elle ne rentre pas dans « la norme ».

  « Les gens perdent tout scrupule devant la singularité, convaincus qu’ils sont en droit d’exiger des explications. »

Et voilà, moi je l’apprécie cette Keiko, j’ai envie d’apprendre à la connaître. Elle est touchante d’une certaine façon, et c’est en effet rare au Japon de rencontrer des gens comme elle, puisque tout le monde semble porter un masque en société qui, en quelque sorte, cache leur personnalité (celle-ci parvient heureusement à ressortir en privé ou lors de certaines occasions). De plus, j’ai trouvé ça intéressant de lire un peu le fonctionnement des combinis, un lieu que je fréquente personnellement quotidiennement.

« Dans ce monde régi par la normalité, tout intrus se voit discrètement éliminé. Tout être non conforme doit être écarté. Voilà pourquoi je dois guérir. Autrement, je serai éliminée par les personnes normales. »

Un roman qui traite du thème de la différence et des difficultés que peuvent renconter les personnes qui ne rentrent pas tout à fait dans ce qu’on peut appeler la « normalité ». Intéressant, marquant et nécessaire.

Ma note :

À propos de Kevin

Living the dream in Tokyo!

"

  1. Un livre de plus à ajouter à ma PAL! Certes, l’histoire à lieu au Japon mais le thème est tellement universel que filles/garçons, femmes/hommes peuvent s’y retrouver, j’en suis persuadée! 😉

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  2. Lu le week-end dernier et c’est un coup de cœur. Bravo pour votre billet.

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  3. je l’ai croisé en librairie vendredi, j’ai hésité à le prendre, je n’aurai pas du…

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  4. Je rencontre pas mal de romans sur ces personnes hors société : est ce aussi des Hikikomori ?
    Cela donne envie de le lire

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    • Dans ce roman, l’héroïne est différente des hikikomori, qui eux restent enfermés chez eux et s’isolent. Ici, elle a juste un mode de pensée originale, différent des autres, par exemple, l’une des premières scènes quand elle est enfant : un oiseau mort tombe d’un arbre, les enfants le pleurent et elle, demande à sa mère si elle peut le ramener à la maison pour le cuisiner, parce que son père adore le poulet. Elle est pas inapte à vivre en société, elle serait juste mal perçue si elle disait ce à quoi elle pense, alors elle s’abstient et copie le comportement des autres.

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  5. Repéré sur ton blog, il y a un moment, j’ai enfin eu l’occasion de lire Konbini et je te remercie pour cette étonnante découverte. Il y a quelque chose de troublant dans ce petit bouquin là qui flotte encore autour bien après l’avoir refermé !

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    • Merci beaucoup pour ce retour, ça me fait très plaisir ! Et j’ai ressenti la même chose : je l’ai eu en tête plusieurs jours (semaines ?) après l’avoir terminé…

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