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Archives d’Auteur: Kevin

Le Journal de Sarashina

Publié le

Les textes anciens de la littérature japonaise sont toujours un plaisir à lire. Aujourd’hui, découvrons ensemble le Journal de Sarashina, qui vient de resortir en France.


Edition lue :
Éditeur : Editions Verdier
Publié le : 12 octobre 2017
Traduit et présenté par : René Sieffert
Nombre de pages : 96
Prix : 13,50€

Ce livre est le journal intime de Sarashina, dans lequel elle raconte des événements de sa vie de l’âge de 13 à 52 ans, dans le Japon du XIème siècle. On la suit donc dans ses voyages, mais aussi dans ses rêves et dans ses lectures, elle qui raffole tant des Dits, dont le célèbre Dit du Genji de Murasaki Shikibu, datant d’un siècle plus tôt. Et le tout est parsemé de tanka, ces poèmes courts japonais, que Sarashina écrit pour diverses occasions.

« Pour sûr la tourmente
de son souffle ne balaie
le mont Miyaji
le feuillage rutilant
sur les branches est resté »

Tout d’abord, avant le Journal à proprement parler, on a une biographie de Sarashina, qui est parfaite pour cerner un peu le personnage et le contexte d’écriture et qui nous aide à comprendre, en plus d’être très intéressante (ce qui n’est pas toujours le cas pour les biographies). Quant au Journal, je dois dire que c’est vraiment une lecture agréable. On la voit grandir, on la voit voyager, on la voit écrire des poèmes, et on la voit aussi être passionnée de lecture. Elle traverse les provinces dans des conditions parfois difficiles et grâce aux descriptions précises et jolies, on voyage avec elle.

« Ce Genji dont je n’avais lu que des fragments insignifiants et dont je m’irritais de n’y rien comprendre, je le lis maintenant livre après livre, en partant du premier, sans personne pour m’en distraire, étendue à l’intérieur de mes rideaux, plus heureuse qu’une impératrice ! »

Une excursion dans le Japon du XIème siècle, à travers le regard d’une jeune fille, puis d’une femme, qui lit, voyage, écrit et rêve, et nous emmène dans son monde.

Ma note :
8
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Une vague inquiétude de Ryûnosuke Akutagawa

Publié le

Ce n’est pas quelque chose de nouveau, j’adore les nouvelles, et encore plus quand elles ont été écrites par des écrivains de renom. Je vous présente aujourd’hui trois nouvelles de Ryûnosuke Akutagawa regroupées dans un recueil intitulé Une vague inquiétude.

Edition lue :
Éditeur : Editions du Rocher
Publié en : février 2005
Traduction : Silvain Chupin
Publié au Japon en : 1914, 1919 & 1922
Nombre de pages : 84

On retrouve donc trois nouvelles de cet écrivain écorché vif. La première nouvelle s’intitule Le Masque et nous présente un homme ivre qui danse sur le pont d’un bateau en portant un masque hyottoko (un personnage comique). On revient sur la vie de cet homme qui aura dansé jusqu’à la fin. Dans la deuxième nouvelle, Un doute, un homme va raconter sa triste histoire à une homme qu’il prit d’abord pour un spectre : sa femme prise sous une poutre suite à un séisme, le feu arrivant, il frappe sa femme avec une tuile pour lui épargner de mourir brûlée vive. Et dans la dernière nouvelle, Le wagonnet, on suit un garçon qui va aider à pousser des wagonnets (celle-ci ne m’a laissé absolument aucun souvenir, donc il faudra vous contenter de cela !).

 

« D’entendre si soudainement une histoire comme celle-là, je fus moi-même saisi d’un frisson à la poitrine, comme si le froid de cette vaste pièce pénétrait jusque dans mon col. »

 

Hormis la dernière nouvelle que je n’ai pas très bien comprise, j’ai beaucoup apprécié ce recueil. Et plus particulièrement la deuxième nouvelle, qui est la réflexion d’un homme qui a commis le pire en pensant bien faire, mais qui se met à douter de ses réelles intentions. On plonge dans la psychologie d’un homme tourmenté, et c’est justement ce que j’aime chez Akutagawa, et c’est ce qui fait de cette nouvelle un texte vraiment réussi à mon sens. A noter que le recueil s’intitule selon le mot laissé par Akutagawa juste avant de se suicider, Vague inquiétude (Bonyari Toshita Fuan, ぼんやりとした不安).

 

Un recueil de nouvelles d’un grand auteur qui nous montre son talent sous différentes formes, en essayant de comprendre l’homme et ses actions qui peuvent parfois sembler contradictoires.

 

Ma note :

Call-boy d’Ira Ishida

Publié le

Voici un roman qui ne vous laissera sûrement pas indifférents de par son thème cher à la littérature japonaise. Je vous présente Call-boy d’Ira Ishida, sorti récemment en format poche.


Edition lue :
Éditeur : Philippe Picquier
Publié en poche le : 7 septembre 2017
Publié en grand format le : 4 mai 2016
Publié au Japon en : juillet 2001
Traduit par : Rémi Buquet
Nombre de pages : 304
Prix : 9,00€

On rencontre dans ce roman Ryô, 20 ans, un jeune homme désabusé et blasé de tout, même des femmes et du sexe. Il va être abordé par la gérante d’un club privé qui loue les services de jeunes hommes à des femmes ayant les moyens de se le permettre. Il va accepter de passer du temps avec celles-ci et se prostituer, et cette expérience va lui plaire et le changer profondément.

« J’ai compris avec le temps que les rêves, en effet, n’appartiennent pas à ceux qui les font. »

Clairement, j’ai beaucoup apprécié ce roman. Ce n’est pas un roman sur la prostitution, mais plutôt sur le désir féminin, dans sa diversité et dans la recherche sans honte de celui-ci. Il va ainsi rencontrer un grand nombre de femmes avec des désirs et des fantasmes divers et variés, de la jeune fille ne souhaitant que coucher avec des garçons s’ils sont observés par un vieil homme peu attirant, à celle qui veut qu’on la regarde uriner. Et il va se donner entièrement dans cette mission, en trouvant un charme à toutes ces femmes, qu’elles aient 20 ou 70 ans, et en faisant tout pour satisfaire leur désir.

« Rien n’échappait à mon ennui. Tout me blasait. Me pesait au plus haut point. J’étais las de tout. J’avais juste vingt ans. »

Un très bon roman, sur un sujet souvent traité dans la littérature japonaise, mais jamais de cette façon. J’ai beaucoup apprécié le narrateur, il est intelligent et ça se sent, et il a souvent de belles réfexions, à la fois surprenantes et profondes. J’ai été fasciné par la façon dont Ryô évolue dans ce milieu, lui qui n’avait pas un grand intérêt pour le sexe. Il va concrètement découvrir le désir féminin et va prendre plaisir à l’assouvir, et c’est un chemin qu’il est intéressant de prendre avec lui.

« Être jeune, c’est n’être encore rien et traîner l’amertume d’une existence encore désespérément vide.»

Un roman surprenant et addictif sur un jeune homme qui s’ennuie dans sa vie qui va se prostituer et prendre plaisir à plonger dans le monde bien méconnu du désir féminin.

Ma note :

Le Rêve de Ryôsuke de Durian Sukegawa

Publié le

L’an dernier, j’étais tombé amoureux des Délices de Tokyo, que ce soit du roman ou du film, alors quand j’ai vu qu’un nouveau roman du même auteur sortait en France, j’étais impatient de le lire ! Voici Le Rêve de Ryôsuke de Durian Sukegawa.


Edition lue :
Éditeur :
 Albin Michel
Publié en : Mai 2017
Traduction : Myriam Dartois-Ako
Publié au Japon en : 2014
Nombre de pages : 320
Prix : 19,50€

Dans ce roman, nous allons suivre Ryôsuke, 28 ans. C’est un ancien cuisinier sans situation stable, sans famille, ayant tenté de se donner la mort, tout comme son père lorsqu’il était enfant. Il va être embauché sur l’archipel d’Aburi pour aider à réaliser des travaux, avec deux inconnus qui vont devenir ses amis, Tachikawa, un ancien host un peu étrange, et Kaoru, une demoiselle. Ils vont donc vivre sur cette île coupée du monde, dans laquelle ils ne seront pas bien accueillis, mais Ryôsuke souhaite surtout rencontrer quelqu’un qui vit sur cette île, et il va donc s’embarquer pleinement dans cette nouvelle vie, puisqu’il n’a aucune attache en métropole.

« Vivait-il encore à Aburi ? Cet homme dont sa mère lui avait si souvent parlé, comme s’il avait été son seul espoir dans la vie. Arriverait-il à lui remettre le paquet enfoui au fond de son sac à dos, à percer le secret de sa naissance ? »

Une histoire un peu sombre : Ryôsuke a des penchants suicidaires et est déjà passé à l’acte, l’île sur laquelle il va débarquer et ses habitants sont plus qu’étranges et rejettent ces trois jeunes étrangers venus pour aider à faire avancer les travaux, et il a fait tout ce chemin pour rencontrer un homme dont on ne sait au départ peu de choses. On ne peut pas dire que leur séjour va bien se passer, puisqu’ils subissent la haine de certains habitants et on leur reproche sans arrêt de ne pas chercher à comprendre la culture de cette île, et de ne pas la respecter…

« Sous un ciel hésitant entre le bleu pâle et le gris s’étendaient à perte de vue les flots à la crête blanche. De cette immensité liquide, infinie, émergeait un relief abrupt. »

Alors que dans les Délices de Tokyo, l’auteur nous faisait envie avec ses dorayaki, ici, c’est le fromage, de chèvre plus précisément, qui est à l’honneur, puisque Ryôsuke va se prêter à sa confection. Et je regrette d’avoir lu ce livre en étant au Japon, puisqu’une fois encore Durian Sukegawa nous offre des descriptions splendides de ce fameux fromage qui m’ont mis l’eau à la bouche. Son écriture et la beauté de celle-ci sont toujours aussi efficaces, et c’est le point fort de ce roman, puisqu’au niveau de l’histoire, je ne suis pas autant entré dedans qu’avec les excellents Délices de Tokyo, hélas. Mais ça reste un auteur que je suivrai !

« Ryôsuke avait fait le voyage jusqu’ici pour dissiper un doute qui le taraudait depuis l’enfance. Même maintenant qu’il avait soif de vivre, ou justement parce qu’il en avait conscience depuis la nuit où il s’était tailladé la poitrine, il recherchait des réponses. »

Un réel plaisir de retrouver la plume de cet auteur, qui est toujours aussi belle et marquante, avec une histoire qui n’hésite pas à traiter de sujets de société complexes et dont il est nécessaire de parler. J’attends le prochain roman de cet auteur avec impatience.

Ma note :

La vie du bon côté de Keisuke Hada

Publié le

Et oui, il y a aussi des romans japonais dans la rentrée littéraire ! Je vous propose aujourd’hui de voir La vie du bon côté grâce à Keisuke Hada !

Edition lue :
Éditeur : Philippe Picquier
Publié le : 24 août 2017
Traduction par : Myriam Dartois-Ako
Édition originale en japonais : 2015
Nombre de pages : 144
Prix : 16,50€

Tout au long des pages de ce roman, on vit avec Kento, sa mère et son grand-père de 87 ans. On rencontre Kento qui, malgré ses 28 ans, est dans un état proche de celui de son grand-père : il souffre du dos et ne peut pas faire de sport et il est en pleine allergie et ne peut donc pas faire grand chose… Son grand-père, quant à lui, aime embêter sa fille, la mère de Kento donc, et son petit-fils. Il aime avoir une vie facile et se faire dorloter, et pour cela il n’hésite pas à faire preuve de fainéantise. Mais la façon dont va le voir Kento, ainsi que sa relation avec lui et même sa vie tout entière, va profondément changer lorsque le grand-père lui dit qu’il veut mourir et que Kento va finir par vouloir l’aider à accomplir son souhait, pour qu’il puisse encore partir dignement.

« Cette plainte de l’aïeul qui souhaitait mourir, il n’avait pas eu la sincérité de la prendre au pied de la lettre. »

C’est un roman sur la famille, mais qui apporte également une réflexion sur les personnes âgées, qui sont de plus en plus nombreuses au Japon. En effet, Kento, en voulant aider son grand-père à partir, va lui simplifier la vie pour que son corps ne fasse plus rien. Cela ouvre notamment une réflexion sur l’aide aux personnes âgées dans les centres spécialisées, où on fait tout pour eux et ils ne font plus rien par eux-mêmes.

« Autant accéder rapidement à ce vœu qu’il ressasse quotidiennement, ce sera mieux pour tout le monde. »

Quant à l’histoire en elle-même, j’ai pris plaisir à voir la façon qu’a le grand-père de totalement transformer la vie de Kento, sans le vouloir (ou c’est ce qu’il voudrait nous faire croire), même si le grand-père est très souvent irritant. Il répète tout au long du roman qu’il veut mourir, qu’il n’en peut plus, qu’il est un boulet, et c’est franchement désagréable à lire. Mais j’imagine que c’est aussi ce que ressentent Kento et sa mère, et dans ce cas-là, on peut dire qu’on partage leur agacement.

« Même au fond du trou, quand on n’arrive plus à s’en sortir, la seule chose à faire est de continuer à se battre. »

Malgré les apparences, c’est un roman sur le goût de la vie et sur l’impact que peut avoir un grand-père qui semble avoir perdu sa raison de vivre sur son petit-fils qui est dans une étape difficile de sa vie.

Ma note :

Megumi et le fantôme d’Eric Senabre

Publié le

Il est parfois bon de retomber en enfance, et c’est pourquoi je vous propose aujourd’hui un roman jeunesse bien sympathique qui vient de sortir : voici Megumi et le fantôme d’Eric Senabre.

Edition lue :
Éditeur : Didier Jeunesse
Publié le : 6 septembre 2017
Nombre de pages : 224
Prix : 12,00€

On rencontre Megumi qui quitte son Japon pour visiter l’Irlande avec ses parents. Elle va apprendre que son arrière-arrière-(…)-grand-père était irlandais. En partant un soir visiter une maison hantée toute seule, elle tombe nez à nez avec… un fantôme ! Et il se trouve que celui-ci est le père de l’ancêtre de Megumi ! Malheureusement, il est maudit et ne peut quitter « la terre » de sa maison… Megumi va tout de même réussir à le transporter dans une boîte remplie de cette fameuse terre, et va lui faire découvrir le Japon tout en tentant d’en apprendre plus sur cet esprit et son fils, afin de le libérer de cette malédiction…

 

« On pense que les fantômes n’ont pas de sentiments, mais c’est faux : nous éprouvons la même peine que les vivants, au centuple. Car, finalement, nous ne sommes que ça : des émotions, privées de corps. »

 

J’ai été agréablement surpris par ce petit roman ! C’est vraiment sympa de suivre Megumi qui ramène ce fantôme dans son pays, et ça prend la forme d’une enquête dans laquelle on prend plaisir à participer. Qui était vraiment l’ancêtre de Megumi et y a-t-il un moyen de libérer la malédiction qui plane sur ce fantôme ? On a droit à des situations bien cocasses, comme par exemple lorsqu’elle demande à Horatio, le fameux fantôme, de l’aider à tricher en classe… et à côté de cela, on découvre également un peu comment sont perçus les « yôkais », c’est-à-dire les esprits japonais, qui ne sont pas toujours malveillants.

 

« Horatio Hearn, quand à lui, avait toujours rêvé de visiter l’Asie. Mais jamais il n’aurait pensé le faire plus de cent ans après sa mort. Et encore moins dans une boite à biscuits. »

 

Un roman jeunesse à mettre en toutes les mains, petites ou grandes ! Megumi est une enfant pleine de surprises et de bienveillance, qui ne souhaite qu’une chose : faire le bonheur de son ancêtre et lui rendre sa liberté, sans jamais avoir peur de lui malgré la forme qu’il prend. 

 

Ma note :

Le Destin des Initiés (Tome 1) de Romane Taguchi

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Aujourd’hui, je vous présente un roman qui nous fait voyager entre le Japon et la France, mais surtout dans le monde de la magie… Voici le premier tome du Destin des Initiés de Romane Taguchi !

Edition lue :
Publié le : 21 juin 2017
Nombre de pages : 583
Prix numérique : 2,99€ (ici)
Prix version physique : 17,94€
Auto-édité

Dans ce roman, on suit Julie, une jeune femme française qui vit à Kyôto depuis toute petite. Elle est aujourd’hui professeure de français dans cette ville qu’elle aime tant, mais souffre de terribles cauchemars depuis la mort de sa mère quelques mois auparavant. Alors qu’elle fait visiter Kyôto à une touriste française, elle va faire une étonnante découverte : Julie est en fait une Initiée, c’est-à-dire qu’elle a un don qui doit lui servir à venir en aide aux gens. Elle va ainsi plonger dans le monde de la magie et les secrets de famille que sa mère a voulu lui épargner vont refaire surface.

« Julie, depuis des générations, ta famille fait partie des « Initiés ». D’après la légende, les Initiés auraient été choisis autrefois pour leur bravoure, leur honnêteté, leur fiabilité. »

Allons droit au but : j’ai adoré ce roman. L’intrigue se met rapidement en place, on comprend que deux femmes sont à la recherche de quelque chose qui a appartenu à la mère de Julie, et on se rend compte que Julie n’est peut-être pas une jeune femme ordinaire. On prend notamment plaisir à la suivre nous guider à travers Kyôto lorsqu’elle la fait visiter, et on écoute ses explications avec plaisir. La moitié du roman se passe au Japon, et on a envie de découvrir très vite les événements à suivre, les pages se tournent toute seule, jusqu’à ce qu’on s’envole pour la France…

« Elle n’était pas sure d’être prête à lâcher le monde tel qu’elle le connaissait pour entrer dans celui, inconnu, de la magie. »

La seconde moitié se déroule donc en France, où on tombe totalement dans le monde de la magie, on le découvre en même temps que Julie, et je dois dire que c’est à la fois excitant et intrigant. Je m’émerveillais aussi de ses découvertes, tout en étant aussi inquiet, puisque l’intrigue ne lâche rien, on veut absolument savoir si Julie va trouver ce qu’elle cherche en France, et on a hâte aussi de voir l’évolution de ses relations avec les différents personnages… Le tout étant très bien écrit, c’est vraiment une excellente découverte que je suis ravi d’avoir faite ! Sur la couverture, il est noté « Tome 1 », cela annonce donc une suite que je suis réellement impatient de lire !

Un premier roman d’une auteure française qui vit au Japon, et qui parvient à relier entre eux trois merveilleux univers : le Japon, la France, et surtout, le plus surprenant, celui de la magie. On prend un réel plaisir à suivre Julie dans ses aventures et on plonge sans réfléchir dans  ce monde qui nous réserve bien des surprises. 

Ma note :

Le 210e jour de Natsume Sôseki

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Aussi étonnant que cela puisse paraître, je n’ai pas encore parlé de Natsume Sôseki sur ce blog, alors que c’est l’un des auteurs japonais classiques les plus renommés. Voici Le 210e jour pour réparer cela !

Edition lue :
Éditeur : Rivages
Format poche publié en : 1999
Grand format publié en : 1990
Traduction par : René de Ceccatty, Ryôji Nakamura
Édition originale en japonais : 1906
Nombre de pages : 112
Prix : 5,60€

Ce roman nous fait partir à la rencontre de Kei et Roku, deux amis qui vont décider de faire l’ascension du mont Aso, l’un des volcans les plus actifs du Japon. La veille, ils vont prendre un bain chaud ensemble et discuter, de sujets légers et d’autres plus importants : de leur repas du lendemain, aux classes sociales, un sujet qui tient à cœur l’un des personnages, fils d’un marchand de tofu. Autant de discussions qui vont resserrer leur amitié et les accompagner dans leur périple qui s’avèrera dangereux, puisque le mont Aso semble être en colère…

« Quand ils sortent de la salle de bains, le vent piquant d’automne s’engouffre dans leurs manches et s’infiltre sur leur peau jusqu’à leur nombril. Kei, au nombril saillant, éternue sans retenue. Au pied des marches, cinq ou six hibiscus blancs emplissent de leur triste floraison le crépuscule d’automne. Dans les hauteurs, le mont Aso gronde au loin sourdement. »

Un roman qui se lit tout seul et qui est constitué majoritairement de dialogues. C’est plaisant de prendre part à leurs conversations, tantôt sérieuses tantôt drôles, et de les suivre ensuite partir grimper le mont Aso, malgré la fumée, la pluie et les cendres qui vont rendre leur aventure compliquée. On peut réellement ressentir le lien fort qui unit ses deux amis, que ce soit dans leur attitude ou dans leurs remarques qui sont parfois remplies de bonnes intentions.

« Kei s’avance vaillamment là où rampent les nuages et la fumée. Roku, le cœur serré, reste seul, debout au milieu des susuki, voyant s’éloigner de dos la silhouette du seul ami sur qui il puisse compter. »

Des moments partagés, des discussions passionnées, une ascension courageuse, en bref, un joli roman sur l’amitié et tout ce qu’on peut vivre avec quelqu’un qui compte pour nous !

Ma note :

Le ciel ne parle pas de Morgan Sportès

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La rentrée littéraire commence petit à petit, et aujourd’hui je vous présente donc un roman historique de Morgan Sportès qui se déroule à Nagasaki au XVIIème siècle. Voici Le ciel ne parle pas.

Edition lue :
Éditeur : Fayard
Publié le : 16 août 2017
Nombre de pages : 330
Prix : 20,00€

Le ciel ne parle pas aborde le même thème qu’un grand roman de la littérature japonaise, à savoir Silence de Shûsaku Endô. On est donc au XVIIème siècle, à Nagasaki, et le roman va tourner au tour de Cristóvão Ferreira, qui a réellement existé, un prêtre jésuite portugais, qui, au début du roman, va apostasier (renoncer publiquement à sa religion) après avoir été pendu la tête à l’envers jusqu’à ce qu’il renonce ou décède. En effet, après avoir été accueillis au Japon, les missionnaires chrétiens vont être traqués, et Ferreira a été arrêté après vingt ans de cavale. Il va donc devoir se convertir au bouddhisme, dénoncer des chrétiens et écrire des brochures contre la foi chrétienne, en attaquant la Bible et les fondements de sa religion…

« Mettre Ferreira la tête en bas, n’était-ce pas la meilleure façon, la plus subtile, de lui faire voir enfin le monde à l’endroit ? »

C’est une partie de l’histoire du Japon et de l’Occident que je ne connaissais que trop peu, et pour cela, je suis content d’avoir lu ce livre. Je n’avais aucune idée de la cruauté avec laquelle étaient torturés ces missionnaires pour qu’ils meurent ou trahissent les leurs, ni du nombre de chrétiens qui voulaient se rendre au Japon pour mourir en tant que martyres. Le narrateur intervient souvent dans le récit pour nous apporter du contexte, des précisions, et cela permet de mieux comprendre le récit et les enjeux.

« Le ciel est bas, lourd, noir. Un éclair fulgure. Et le ciel d’un coup se renverse comme une vasque trop pleine. Croule un déluge de pluie tiède : la mousson. »

Mais voilà, je ne suis pas particulièrement fan des romans historiques, et celui-ci n’a pas fait exception. Certes, comme je l’ai dit, j’étais content d’en apprendre plus sur cette partie importante de l’histoire, mais ma lecture n’était pas vraiment plaisante. Il y a beaucoup de passages que j’ai lus sans vraiment lire, oubliés dans la seconde à cause des noms des personnages que je n’avais pas retenus ou du peu d’intérêt que j’y trouvais. Tout cela n’enlève rien à la qualité de ce livre, ce n’est que mon avis personnel, mais je me dois de le préciser.

« Qu’est-ce que c’est qu’un pape, d’où tient-il tout son pouvoir, lui qui n’a quasi pas d’armées ? c’était une des questions auxquelles les Nippons n’avaient pas encore trouvé de réponse. »

Un roman historique très bien documenté qui nous éclaire sur une période sombre de l’histoire : la traque des chrétiens au Japon au XVIIème siècle. Si le sujet vous intéresse, vous pouvez foncer sur ce livre, qui, je le pense, ne vous décevra pas.

Ma note :

La princesse qui aimait les chenilles : Contes japonais

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Aujourd’hui, je vous présente un livre plutôt génial. Il s’agit d’un recueil de contes tirés du folklore japonais, adaptés librement et joliment par René de Ceccatty et Ryôji Nakamura. Voici La princesse qui aimait les chenilles.

Edition lue :
Éditeur : Philippe Picquier
Publié le : 5 janvier 2017
Sorti en grand format en : avril 1999
Nombre de pages : 144
Prix : 7,50€

Ce recueil contient six contes puisés dans l’imaginaire du Japon, dans lesquels on croise des thèmes chers au folklore japonais, ainsi que des personnages dont on a déjà entendu parler. On rencontre donc des fantômes, des kappas (ces mystérieux monstres réputés pour attirer leurs proies, animales comme humaines, dans l’eau, que l’on croise également dans Le Bureau des Jardins et des Etangs de Didier Decoin), la femme des neiges qui représente la mort, des bébés (comme le célèbre Momotarô) qui apparaissent de façon surnaturelle dans un village peuplé uniquement de vieillards, ou encore un spectre sans visage.

« Elle se redressa et tourna vers lui son visage. Il poussa un hurlement. Elle n’avait pas de visage. C’était une face lisse sans yeux, sans bouche, sans nez, une face lisse et blanche comme un œuf. »

Quel plaisir de découvrir ces contes ! Le folklore japonais me fascine, avec notamment le rôle des esprits et des fantômes, qui ne veulent d’ailleurs pas toujours du mal aux vivants. Je trouve ça fantastique (dans les deux sens du terme) de pouvoir découvrir ces contes et ces personnages qui font vraiment partie de la culture japonaise. Mention spéciale pour le conte Les Kappas, histoire dans laquelle cinq frères kappas vont décider de partir se faire de l’argent sur le dos des hommes, en finissant toujours par échouer : une histoire amusante et qui permet de passer un peu de temps en compagnie de ces mesquines créatures.


« Au monde que l’on ne voit pas et que l’on n’entend pas, est-il nécessaire de parler, quand on sait que seuls les fantômes comprennent le chant de la mort ?
»

Un recueil de contes parfait pour découvrir plusieurs facettes du folklore japonais, dans des histoires agréables à lire et qui nous font partir à la rencontre de personnages qui nous sont pour la plus grande partie inconnus. Un moment de lecture qui nous plonge dans un univers fantastique !
Ma note :
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