Flux RSS

Archives d’Auteur: Kevin

La princesse qui aimait les chenilles : Contes japonais

Publié le

Aujourd’hui, je vous présente un livre plutôt génial. Il s’agit d’un recueil de contes tirés du folklore japonais, adaptés librement et joliment par René de Ceccatty et Ryôji Nakamura. Voici La princesse qui aimait les chenilles.

Edition lue :
Éditeur : Philippe Picquier
Publié le : 5 janvier 2017
Sorti en grand format en : avril 1999
Nombre de pages : 144
Prix : 7,50€

Ce recueil contient six contes puisés dans l’imaginaire du Japon, dans lesquels on croise des thèmes chers au folklore japonais, ainsi que des personnages dont on a déjà entendu parler. On rencontre donc des fantômes, des kappas (ces mystérieux monstres réputés pour attirer leurs proies, animales comme humaines, dans l’eau, que l’on croise également dans Le Bureau des Jardins et des Etangs de Didier Decoin), la femme des neiges qui représente la mort, des bébés (comme le célèbre Momotarô) qui apparaissent de façon surnaturelle dans un village peuplé uniquement de vieillards, ou encore un spectre sans visage.

« Elle se redressa et tourna vers lui son visage. Il poussa un hurlement. Elle n’avait pas de visage. C’était une face lisse sans yeux, sans bouche, sans nez, une face lisse et blanche comme un œuf. »

Quel plaisir de découvrir ces contes ! Le folklore japonais me fascine, avec notamment le rôle des esprits et des fantômes, qui ne veulent d’ailleurs pas toujours du mal aux vivants. Je trouve ça fantastique (dans les deux sens du terme) de pouvoir découvrir ces contes et ces personnages qui font vraiment partie de la culture japonaise. Mention spéciale pour le conte Les Kappas, histoire dans laquelle cinq frères kappas vont décider de partir se faire de l’argent sur le dos des hommes, en finissant toujours par échouer : une histoire amusante et qui permet de passer un peu de temps en compagnie de ces mesquines créatures.


« Au monde que l’on ne voit pas et que l’on n’entend pas, est-il nécessaire de parler, quand on sait que seuls les fantômes comprennent le chant de la mort ?
»

Un recueil de contes parfait pour découvrir plusieurs facettes du folklore japonais, dans des histoires agréables à lire et qui nous font partir à la rencontre de personnages qui nous sont pour la plus grande partie inconnus. Un moment de lecture qui nous plonge dans un univers fantastique !
Ma note :

Sais-tu pourquoi je saute ? de Naoki Higashida

Publié le

Un livre particulier aujourd’hui, puisque ce n’est ni un roman, ni un recueil de nouvelles, mais plutôt un témoignage d’un jeune autiste de 13 ans qui a voulu que les gens comprenne mieux ce qu’est vraiment l’autisme. Voici Sais-tu pourquoi je saute ? de Naoki Higashida. 


Edition lue :
Éditeur :
 J’ai lu
Publié le : 12 avril 2017
Grand format : Septembre 2014
Traduction (de l’anglais) : Daniel Roche
Publié au Japon en : 2007
Nombre de pages : 189
Prix : 6,00€

C’est un livre fait en questions-réponses, dans lequel Naoki Higashida va donc tenter de nous expliquer ce que cela signifie vraiment d’être autiste, ce qu’il vit tous les jours, pour que le regard que nous portons aux personnes atteintes d’autisme puisse changer, ne serait-ce qu’un peu. Les questions sont directes, sans détour : pourquoi les autistes parlent si fort et bizarrement ? Pourquoi répètent-ils la même question ? Aimerais-tu être normal ? Pourquoi sautes-tu ? Tant de questions que peuvent se poser les personnes se trouvant au contact d’autistes, auxquelles il répond simplement, pour tenter de nous faire comprendre tout ce qui se passe dans sa tête.

« La voix d’un autiste, c’est comme la respiration, je crois : elle sort de sa bouche qu’il le veuille ou non. »

J’ai déjà lu des romans avec des personnages autistes, mais c’est la première fois que je lis un livre entièrement consacré à ce sujet, et qui plus est écrit par un jeune garçon atteint d’autisme. Les questions posées franchement permettent d’aller droit au but, et m’ont permis de mieux comprendre tout ce que cela signifie vraiment d’être autiste. En plus, il a inséré dans ces questions-réponses des petites histoires qu’il a écrites lui-même, et une m’a particulièrement marqué : il s’agit de « Je suis ici », sur un petit garçon qui décède après avoir été renversé par une voiture, mais qui ne comprend pas tout de suite ce qu’il se passe. Il va donc rentrer chez lui, comme si de rien n’était, alors qu’il est devenu un esprit, et va tenter de communiquer avec sa mère qui ne le voit pas et qui ne l’entend pas. Et c’est en fait une histoire pour comprendre à quel point il est parfois difficile pour les autistes de communiquer avec leur entourage. C’est fort.

« L’autiste est prisonnier de lui-même et des gens qui l’entourent : tout ce qu’il peut faire, c’est piailler, agiter ses ailes et sautiller dans sa cage. »

Un petit livre que tout le monde devrait lire, pour pouvoir comprendre et changer le regard que l’on peut porter au premier abord aux personnes autistes.

Ma note :

Le Musée du silence de Yôko Ogawa

Publié le

Ah ! Cela faisait bien trop longtemps que je ne vous avais pas parlé de Yôko Ogawa ! Je répare cela aujourd’hui en vous présentant un autre très bon roman de cette formidable auteure, Le Musée du silence. Que la visite guidée commence !

Edition lue :
Éditeur : Actes Sud (Babel)
Publié en : Avril 2005
Grand format : Août 2003
Traduction : Rose-Marie Makino-Fayolle
Publié au Japon en : Septembre 2000
Nombre de pages : 320
Prix : 8,70€

Notre narrateur est un expert en musée qui se rend chez  sa nouvelle cliente, une femme très âgée qui vit avec sa fille adoptive. Cette vieille femme l’a choisi pour concevoir un musée très particulier sur sa propriété, puisqu’il contiendra uniquement des objets qu’elle a stockés depuis des années, des objets volés peu de temps après le décès de leur propriétaire. Grâce à l’aide du jardinier et de sa femme qui habitent sur la propriété, mais aussi de la vieille femme et de sa fille, le narrateur va tenter de créer ce musée du silence pour lequel il devra, à son tour, récolter des objets à chaque fois qu’une personne décède au village.

« Ce que je vise, c’est un musée qui transcende l’existence humaine. »

Dès les premières lignes, j’ai été très heureux de retrouver Yôko Ogawa. Son style, admirablement retranscrit par la traductrice, est vraiment unique, et elle arrive à nous plonger dans des atmosphères dont elle seule détient le secret. En plus de l’intrigue principale du musée, d’autres événements vont se produire qui vont rendre le roman riche : un meurtrier s’en prend à des jeunes femmes, le frère du narrateur qui va devenir père, le monastère près de la propriété où les prédicateurs ont fait voeux de silence… autant d’éléments qui vont, et on le sent, à un moment ou à un autre, tomber sur notre narrateur comme une épée de Damoclès.
 

 « Oui, presque tous les objets qui se trouvent ici ont été subtilisés. Ce sont des objets volés, voyez-vous. »



Et une scène m’a beaucoup marqué, puisqu’elle entre en résonance avec la situation dans laquelle nous nous trouvons. C’est dans la première moitié du roman, alors que le narrateur et la jeune fille se promènent devant les boutiques du village, une bombe va exploser. Un attentat décrit de façon terriblement réaliste, de l’incompréhension initiale jusqu’à ce que le narrateur comprenne petit à petit ce qu’il s’est passé et la blessure de la jeune fille. Un passage marquant et particulièrement dur, qui nous montre une fois encore tout le talent de cette auteur.

« Un après midi, il neigea. C’était la première neige que je voyais depuis mon arrivée au village. Entraînée par le vent, fondant dès qu’elle touchait le sol, elle n’allait sans doute pas tenir, mais c’était néanmoins de la neige. »



Un roman où Yôko Ogawa parvient une fois de plus à nous entraîner dans son univers si particulier. J’ai ressenti beaucoup de choses à la lecture, des émotions qui restent et des sensations qui m’ont rappelé celles éprouvées à la lecture d’autres de ses textes. Décidémment, une auteure qui ne déçoit jamais.
Ma note :

L’Anniversaire de la salade de Machi Tawara

Publié le

Un livre un peu particulier aujourd’hui, qui a beaucoup fait parler de lui à sa sortie il y a 30 ans, puisqu’il a révolutionné le tanka, la forme de poésie la plus ancienne du Japon. Fêtons ensemble L’Anniversaire de la salade par Machi Tawara.

Edition lue :
Éditeur : Philippe Picquier
Format poche publié en : 2010
Grand format publié en : 2008
Édition originale en japonais : 1987
Nombre de pages : 136
Prix : 5,60€

La première impression que j’ai ressentie en lisant ce recueil de plus de 400 tankas, c’est que c’était bien étrange. Je me suis dit que ce n’était peut-être pas une oeuvre faite pour être traduite. Mais au fur et à mesure de ma lecture, je me suis mis à apprécier la beauté de ces tankas et surtout leur originalité. L’auteure a écrit ces tankas de l’âge de 20 à 24 ans, et, alors que le tanka est une forme de poésie très traditionnelle, elle a écrit des tankas sur le quotidien d’une jeune fille de son âge, tout en respectant les règles de l’écriture si particulières de cet art (31 mores sur 5 lignes).

« Après le silence les mots que tu cherches
cette hésitation
je les trouve amusants
»

« Vers la pluie qui s’est mise à tomber
je lève la tête et soudain dans cette posture
je réclame des lèvres 
»

Elle nous parle de pleins de thèmes du quotidien, et c’est sûrement ce qui a fait son énorme succès au Japon et dans le monde (avec plus de 8 millions d’exemplaires vendus !), comme les amours de jeunesse, la rupture, un match de baseball, un voyage en Chine ou encore son expérience de jeune professeure. C’est souvent très réussi, frais, et même s’il a été écrit il y a trois décennies, il n’en paraît rien. J’ai notamment beaucoup apprécié lorsqu’elle décrit les moments qu’elle passe avec son petit-ami et la façon dont elle décrit les petits gestes d’amour.

« Toi qui ne crois pas aux promesses
ce n’est pas là où il n’y a pas de vagues
que tu construis tes châteaux de sable 
»

« Les parents disent qu’ils ont élevé leurs enfants
mais c’est en toute liberté que rougissent
les tomates des champs 
»

Une lecture qui change et qui est tellement agréable ! C’est frais, c’est touchant, c’est mignon, et ça donne un coup de jeune au tanka, une forme de poésie trop peu connue par chez nous, sans pour autant la dénaturer. Un recueil à picorer sans modération.
Ma note :

Scènes d’été de Kafû Nagai

Publié le

Une nouvelle de saison aujourd’hui par un auteur connu pour ses écrits sur le monde des geishas : voici quelques Scènes d’été par Kafû Nagai.

Edition lue :
Éditeur : Editions du Rocher
Publié en : Mars 2007
Publié au Japon en : 1915
Nombre de pages : 102

Cette nouvelle nous présente Keizô, marié et père de famille, qui va racheter une geisha pour en faire sa concubine, pour en avoir l’exclusivité. Cette geisha, c’est Chiyoka, une geisha qu’il avait l’habitude d’aller voir par le passé. Durant cette centaine de pages, on les suit débuter leur relation exclusive, qui ne va pourtant peut-être pas le rester…

« S’il n’était pas nécessaire de dépenser de l’argent pour l’avoir entièrement à soi, il était en revanche exclu d’espérer la garder indéfiniment pour soi seul. »

Une nouvelle que j’ai beaucoup appréciée ! On découvre ce petit quartier de plaisir dans une ambiance estivale, où les habitants et les geishas laissent les fenêtres ouvertes la nuit… Le déroulement est plaisant : Keizô est toujours rempli de désir envers cette geisha dont il a la « jouissance exclusive », mais la jalousie va elle aussi jouer un rôle important dans cette nouvelle, en bouleversant un peu l’été passionnel que ce couple atypique était en train de passer.

« Bien qu’elle eût de notoriété publique un protecteur, c’était une femme de qui on pouvait obtenir tout ce qu’on voulait pour peu qu’on s’y prit discrètement. »

Un moment de lecture qui nous plonge en quelques pages dans la chaleur du milieu des geishas et de la passion entre un homme marié qui vient de se faire plaisir en s’appropriant la femme de ses désirs. Le tout avec une plume agréable, que demander de plus pour une scène d’été !

Ma note :

Cinq nô modernes de Yukio Mishima

Publié le

C’est avec grand plaisir que j’ai relu Cinq nô modernes de mon écrivain préféré, Yukio Mishima, plusieurs années après ma première lecture pour pouvoir vous le présenter ici ! Plongeons dans ces cinq chefs-d’oeuvre du théâtre nô.


Edition lue :
Éditeur : Gallimard
Publié en : 24 janvier 1984 (1ère édition : 1970)
Publié au Japon en : 1950-1955
Nombre de pages : 176
Prix : 17,75€

C’est Marguerite Yourcenar qui a traduit ces pièces de nô, et comme elle l’explique dans le merveilleux avant-propos, tout en s’éloignant un peu du nô traditionnel, Mishima parvient tout de même à en faire ressort l’essence même, et c’est fantastique. Pas besoin d’être un expert en théâtre japonais ou en Mishima pour les lire et les apprécier. Je vais vous présenter ici mes deux pièces préférées, un choix difficile puisque toutes sont des bijoux. Ce sont la première et la dernière pièce du livre.

« C’est dans le miroir de notre laideur que nous voyons resplendir l’être aimé. »

Je commence donc par Sotoba Komachi, une pièce de Kanami Kiyotsugu remise au goût du jour par Mishima, et qui est la pièce la plus populaire parmi les cinq, puisqu’elle a été jouée un peu partout dans le monde. On est ici dans un parc et on assiste au dialogue entre une vieille femme de 99 ans, assiste sur un banc destiné aux amoureux, et un poète, qui ne comprend pas ce que fait cette femme fait ici et pourquoi elle méprise les jeunes couples. Cette femme va lui révéler que tous les hommes qui lui ont dit qu’elle était belle sont morts. Une sorte de malédiction à laquelle rit le poète, qui, la trouvant de toute façon laide, semble en sécurité. Mais en reconstituant dans ce parc une scène des 19 ans de la femme, il va la voir d’un œil entièrement différent… Une pièce simplement magique, on part d’une situation normale : une discussion dans un parc, on parle d’une malédiction qui semble absurde, on est transporté dans une autre époque via les souvenirs et la malédiction prend tout son sens.

« Quand les batailles du jour prennent fin, la guerre nocturne commence. Une lutte bien plus sauvage, bien plus effrénée. Les trompettes de la nuit qui proclament l’ouverture des hostilités sonnent en ce moment. »

Dans Hanjo, on découvre le personnage de Jitsuko, une artiste peintre d’une quarantaine d’années qui s’est éprise pour Hanako, qu’elle a accueilli chez elle et qui est une geisha qui a perdu la raison après que Yoshio, son amant avec qui elle prévoyait de se marier, soit parti. Hanako ne va vivre que pour le jour où elle reverra son fiancé, et va l’attendre. En parallèle, Jitsuko, terriblement jalouse, va redouter ce jour… qui finira bien évidemment par arriver dans la pièce. Hanjo est donc la dernière pièce de ce livre, et elle me plaît tout particulièrement, de par la symbolique qu’a su donner Mishima à cette pièce inspirée d’un nô ancien dont il a modifié le dénouement.

« Les cernes d’une femme sont bien charmants, n’est-ce pas ? Comme des nuages sous la lune. »

On connaît peu Yukio Mishima en tant que dramaturge, mais c’est pourtant un genre dans lequel il excelle. Il nous le montre ici en dépoussiérant le nô, tout en parvenant à ne pas dénaturer ce théâtre tellement japonais et à nous dévoiler une fois de plus son talent. On prend un réel plaisir à découvrir l’intrigue et à s’imprégner de cette atmosphère si particulière qui entoure ces pièces.

Ma note :

L’Idiote d’Ango Sakaguchi

Publié le

Une fois n’est pas coutume, je vais vous présenter aujourd’hui un auteur dont je n’ai pas encore parlé sur Comaujapon, avec sa nouvelle la plus célèbre. Voici L’Idiote d’Ango Sakaguchi, qui semble bien porter son nom.


Edition lue :
Éditeur : Philippe Picquier
Publié en : Avril 1999
Publié au Japon en : 1946
Nombre de pages : 96
Prix : 5,00€

Ce petit livre contient deux nouvelles. La premières s’intitule donc L’Idiote. Elle se déroule pendant la Seconde Guerre Mondiale et s’ouvre sur la description d’un quartier dont les habitants sont décrits de façon assez pathétique. Entre des histoires d’inceste, de suicide et de grossesse d’un père inconnu, on rencontre également un fou, dont la femme est tout bonnement idiote. Celle-ci va un soir se réfugier dans le placard d’Izawa, un voisin, ne souhaitant plus vivre avec son fou de mari. Izawa va essayer de comprendre cette femme qui ne parle pas et qui ne semble être qu’un corps, alors que la réalité de la guerre va venir frapper à la porte de leur quartier.

« Mais, en quoi les fous étaient-ils différents du commun des mortels ? Si différence il y avait, il fallait la chercher dans cette profonde et immense pudeur qui les caractérisait. Avaient-ils envie de rire ? Eh bien ! Ils s’en donnaient à cœur joie. »

Cette nouvelle est typiquement japonaise. Elle a été écrite en 1946, un an après la fin de la guerre, et c’est sûrement ce qui lui donne aussi cette profondeur. Grâce à l’histoire de cette femme qui va fuir son mari pour rejoindre un homme qu’elle semble apprécier, on perçoit aussi le quotidien de Tokyo lors des incessants bombardements américains dans un quartier populaire. On a de plus une réflexion profonde et intéressante sur la guerre et sur l’incertitude des jours à venir. La seconde nouvelle Je voudrais étreindre la mer m’a un peu moins marqué. C’est la réflexion d’un homme en couple avec une ancienne prostituée devenue frigide, sur le désir, le corps, le bonheur. Celle-ci aura tout de même le mérite de pouvoir nous faire glisser hors du terrible contexte de la guerre de l’Idiote.

« Il avait en face de lui la volonté, la sensibilité de l’idiote, quelque chose qui, de toute façon, n’appartenait pas au monde humain. »

Un recueil marquant pour sa nouvelle éponyme, qui nous fait partir à la rencontre de personnages atypiques et de leur façon d’aborder la vie, ou plutôt la survie, dans un contexte particulièrement difficile.

Ma note :

 

 

 

Re:ZERO (Tome 1) de Tappei Nagatsuki

Publié le

Aujourd’hui, je vous présente un autre light novel, ces romans pour young adults très populaires au Japon, avec le premier tome de Re:ZERO de Tappei Nagatsuki. Prêts à être invoqués dans un autre monde ?


Edition lue :
Éditeur : Ofelbe
Publié le : 15 juin 2017
Publié au Japon le : 24 janvier 2014
Nombre de pages : 280
Prix : 13,99€

Dans cette histoire, on découvre Natsuki Subaru, un lycéen qui se retrouve invoqué dans un autre monde, qui semble se situer à l’époque médiévale et qui est peuplé d’humains, mais aussi de semi-humains et d’animaux. C’est un peu le rêve de tout lycéen moderne fan de jeux vidéo. Dès son arrivée, il va se faire attaquer avant d’être sauvé par une mystérieuse demoiselle à la chevelure d’argent, qui vient de se faire dérober un objet. Il va vouloir l’aider à retrouver cet objet en remerciement, mais il va rapidement perdre la vie… avant d’être ramené quelques heures plus tôt, comme si rien ne s’était passé.

« Donc, si j’ai bien compris, c’est ça, une invocation dans un autre monde ! »

Au départ, l’histoire, les personnages, tout semblait assez familier. Mais Re:ZERO est rapidement parvenu à se démarquer des autres romans et mangas du genre. Tout d’abord grâce à la façon avec laquelle le personnage principal accueille le fait d’avoir été invoqué, comme si c’était quelque chose qui pouvait arriver à tout moment. Ensuite, l’histoire est surprenante, et certaines scènes également (attention les yeux, certains passages sont sanglants !). On va essayer de comprendre le fonctionnement de ce monde en même temps que notre héros, qui va tout faire, et essayer différentes situations pour essayer de ne pas mourir et être ramené au point zéro. Tout en croisant des personnages pour le moins intrigants, qui m’ont donné envie de lire la suite !

« Ce n’était pas la peur qui l’envahissait. Il avait simplement du mal à supporter de perdre la vie, alors qu’il n’avait encore rien vécu. »

Un light novel qui parvient à sortir du lot grâce à son histoire pour le moins originale. À noter que l’objet-livre est très beau et très soigné, que ce soit la couverture ou l’intérieur avec des illustrations en noir et blanc. Un moment de lecture très agréable, parfait pour l’été qui s’annonce !

Ma note :

Hotaru d’Aki Shimazaki

Publié le

Une auteure que vous commencez à bien connaître va être le sujet de l’article de cette semaine ! Voici Hotaru d’Aki Shimazaki.

Edition lue :
Éditeur : Actes Sud (Babel)
Publié en : Août 2009
Grand format : Novembre 2004
Nombre de pages : 136
Prix : 6,60€

Hotaru est le cinquième et dernier tome de la pentalogie Le poids des secrets. Alors que pour les précédents, notamment Tsubame et Wasurenagusa, je vous disais qu’il n’était pas nécessaire d’avoir lu les premiers tomes pour lire ceux-là, ici, je pense qu’il est nécessaire d’avoir lu les quatre précédents pour pleinement l’apprécier. On accompagne cette fois Tsubaki, 19 ans, qui va rendre visite à sa grand-mère de 84 ans, Mariko, Coréenne ayant survécu au bombardement de Nagasaki que l’on a déjà rencontrée dans les tomes précédents. Et Mariko va dévoiler à sa petite-fille un secret qui ne l’a pas quitté depuis des années : elle s’est levée un matin pour aller tuer un homme.

« Je me suis juré que je ne dirais jamais à personne ce que j’avais vu ce matin-là. »

Dans ce tome, on recroise presque tous les personnages des quatres romans précédents, et les images de mes lectures passées sont apparues dans mon esprit, ce qui est un sentiment très agréable. Le bombardement de Nagasaki est encore une fois bien présent, et cette fois-ci, le roman est parcouru de lucioles (蛍, Hotaru) qui viennent illuminer notre lecture. Plutôt que de nous dévoiler de grands secrets, on assiste à la clôture d’une pentalogie qui nous a fait rencontrer une famille attachante au fil des générations, et ça fait quelque chose de leur dire au revoir.

« Je crois qu’il n’y a peut-être pas de coïncidences dans ce monde. »

Le dernier tome d’une excellente pentalogie signée Aki Shimazaki, qui nous a montré, avec brio et avec énormément de sentiments, à quel point le poids des secrets pouvait parfois être dur à porter.

Ma note :

Les Mémoires d’un chat d’Hiro Arikawa

Publié le

Un article félin aujourd’hui ! Entrez dans Les mémoires d’un chat, un roman plein de tendresse d’Hiro Arikawa qui vient de paraître en France !

Edition lue :
Éditeur : Actes Sud
Publié le : 7 juin 2017
Publié au Japon le : 15 novembre 2012
Nombre de pages : 336
Prix : 22,00€

Dans ce roman, on rencontre Satoru Miyawaki, mais surtout son chat, Nana. De la première fois où Satoru s’occupera de lui, jusqu’à aujourd’hui, cinq ans plus tard, où Satoru doit se séparer de son fidèle compagnon pour des raisons que l’on découvrira au fil du roman. Ils vont ainsi partir en voyage ensemble, pour s’arrêter chez des amis de Satoru qui ont compté dans sa vie, en espérant que l’un d’entre eux accepte de s’occuper de Nana, ce chat terriblement attachant.

 « Ce préjugé humain selon lequel les chats ne comprennent pas votre langage est tout simplement idiot. »

C’est donc un roman sur la relation entre un chat et son propriétaire. Mais je dirais que c’est avant tout un roman sur l’amitié. On va en effet découvrir les amis de Satoru qui ont tous compté à un moment de sa vie, Kôsuke, avec qui il avait adopté un chat lorsqu’ils étaient enfants, Yoshimine, un élève arrivé en cours d’année avec qui il s’était immédiatement lié d’amitié, ou encore Sugi et Chikako, avec qui il était au lycée. Toutes ces rencontres se font dans le cadre de ce beau voyage pour trouver un nouveau propriétaire à Nana, voyage qui leur permettra de créer de nouveaux souvenirs ensemble.

« Combien de paysages existent en ce monde qu’un chat ne verra jamais ? »

J’ai commencé ce roman sans avoir trop d’attentes. L’écriture est plutôt simple, le ton est parfois drôle, notamment quand le chat devient narrateur, c’est plaisant à lire. Je l’ai d’ailleurs pris un peu trop à la légère. Parce que ce roman m’a beaucoup touché, peut-être justement car je ne m’y attendais pas. À partir d’un certain moment, le ton devient tendre et extrêmement touchant, et un passage m’a beaucoup ému, jusqu’à me procurer des frissons dans tout le corps alors que j’étais en train de lire dans un train bondé à Tokyo. Et j’ai été marqué par la relation entre Satoru et ses amis, mais aussi par celle entre lui et son chat qui ne peut clairement pas nous laisser indifférents.

Un roman qui m’a beaucoup surpris puisque je ne m’attendais pas à ce qu’il me touche autant. On part en voyage avec Satoru et Nana, dans ce Monospace dans lequel nous aussi, nous pouvons nous sentir comme chez nous. Un grand et fort moment de lecture qui m’a marqué.
Ma note :
%d blogueurs aiment cette page :