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Serpents et piercings d’Hitomi Kanehara

Publié le

Je vous présente aujourd’hui un roman qui a reçu le Prix Akutagawa, le prix le plus prestigieux au Japon, alors que son auteure n’avait que 20 ans lors de sa sortie. Voici Serpents et piercings d’Hitomi Kanehara.

Edition lue :
Éditeur : Grasset
Publié en : Avril 2006
Traduction de l’anglais : Brice Matthieussent
Édition originale en japonais : Décembre 2003
Nombre de pages : 162
Prix : 15,90€

Dans ce roman, on plonge dans le monde des tatouages, des piercings, de la jeunesse désabusée, en bref du Ryû Murakami en mieux. On découvre Lui, qui est fascinée par Ama, un garçon d’à peu près son âge, tatoué, et surtout, la langue fourchue. C’est d’ailleurs cette langue qui va la fasciner, et elle va vouloir faire subir la même chose à la sienne, en commençant par la trouer, et en agrandissant le trou petit à petit pour parvenir à son objectif… les mois passent, et elle va vouloir précipiter les choses, en passant également du bon temps avec le tatoueur-pierceur et en étant en apparence détachée de sa relation avec Ama…

« Je désirais mener une vie imprudente, laisser derrière moi un beau cadavre dans ce monde terne et sombre. »

Au départ, j’ai été assez dégoûté par ce roman, notamment lorsque sont mentionnés tous les détails des piercings, les étapes de langue fourchue, ou d’autres modifications corporelles. Ce n’est pas un sujet qui me passionne ni ne m’excite, mais bon. Les pages se tournent, et j’ai adoré la tournure que prennent les événements et la façon dont les personnages interagissent. Elle comprend vite qu’elle s’est entourée d’hommes plutôt dangereux, mais cela ne semble pas pour autant la repousser, bien au contraire, même si l’alcool la séduira toujours plus. Elle va aussi rapidement courir après le temps, comme si une épée de Damoclès était là, prête à tomber près d’elle…

« Je désirais seulement faire partie d’un monde souterrain où le soleil ne brillerait jamais, où l’on n’entendrait jamais de sérénade et jamais au grand jamais le moindre rire d’enfant. »

Je ne peux pas plus vous en parler, mais la dernière partie du roman m’a beaucoup plu. Elle est à la fois intéressante d’un point de vue de l’histoire, mais surtout d’un point de vue psychologique. On prend vraiment conscience des liens qui unissent ces personnages entre eux, voire qui unissent une personne avec une autre, même si parfois on ne s’en rend pas vraiment compte – ou on ne veut pas l’admettre.

Une agréable surprise pour ce roman qui se déroule dans ces quartiers cachés où la jeunesse tente de survivre comme elle peut. Un roman réellement sombre, mais qui parvient tout de même à être un très bel exemple d’un sentiment qui s’impose parfois malgré notre volonté : l’amour.

Ma note :

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