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Je suis un écrivain japonais de Dany Laferrière

Publié le

Aujourd’hui, je vais vous parler du roman d’un écrivain haïtien et québecois (et japonais pour l’occasion !) : j’ai nommé Je suis un écrivain japonais de Dany Laferrière ! Préparez-vous pour un roman pour le moins original…

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Édition lue :

Éditeur : Grasset
Publié en : 2008
Nombre de pages : 262
Prix : 18,20€
Existe aussi : Format poche à 6,10€

Le narrateur de ce roman quelque peu loufoque est un écrivain vivant à Montréal. Lorsque son éditeur lui demande le titre de son prochain roman, il va, lui qui adore les titres, en trouver un pour le moins original : « Je suis un écrivain japonais ». C’est là que tout commence. On va donc suivre cet étrange écrivain, adorateur de Basho, qui va se confronter au Japon à sa façon, c’est-à-dire en côtoyant un groupe de jeunes Japonais vivant à Montréal tournant autour de Midori, chanteuse quelque peu grunge, une sorte de Björk nippone. Mais cet écrivain auto-proclamé japonais va également être confronté de force à ce pays qu’il ne cherche pourtant pas à connaître réellement (il se contente des clichés qu’on sert à toutes les sauces), le jour où le consulat va l’appeler. Des Japonais y travaillant vont en effet demander à le rencontrer et sont intrigués par ce roman – et ils ont déjà commencé à en parler au Japon. Cela a fait l’effet d’une bombe au Japon et son roman fait beaucoup parler. Roman qui n’existe pourtant pas encore…

« Je suis en train de suivre les péripéties de Basho à la recherche de la barrière de Shirakawa dans un métro en mouvement à Montréal. Tout bouge. Sauf le temps qui reste immobile. »

C’est un roman qui m’a laissé perplexe. Un point positif est qu’il se lit très bien et qu’il est vraiment drôle par endroit. J’aime notamment le fait que les auteurs japonais sont omniprésents dans ce roman. Le narrateur est en effet un adorateur de Basho, qu’il évoque et cite très souvent (presque dans chaque chapitre) – et c’est un vrai bonheur. Un passage m’a notamment beaucoup plu : le narrateur est dans un « restaurant minable » de Montréal, et il lit Basho et le cite. On assiste là à un réel décalage entre le monde décrit par Basho et la réalité sale du restaurant, et c’est vraiment très plaisant à lire. À côté de Basho, il nous parle également de Yukio Mishima, qu’il avait découvert quand il était ado, et l’auteur a utilisé un grand nombre de noms d’écrivains japonais  pour ses personnages : Yukio Mishima bien sûr, Junichiro Tanizaki, Haruki Murakami, Murasaki Shikibu ou encore Osamu Dazai…

« Le problème d’identité de l’étranger c’est qu’on lui refuse le droit d’être autre chose que du folklore. »

D’autres passages m’ont également paru intéressants, comme par exemple lorsqu’il tente d’expliquer (par l’humour, comme souvent) la place du silence dans la conversation avec des Japonais, ou lorsque le racisme est évoqué (des Japonais qui se disent choqués lorsqu’ils entendent parler de cette écrivain noir se disant « japonais »). La question de l’identité est également soulevée, qui permet de se questionner sur qu’est-ce que l’identité au juste, et qu’est-ce qui fait qu’un écrivain soit considéré comme japonais ou non. L’humour est un autre point fort de ce roman, l’auteur va jusqu’au bout dans son idée, ne craignant pas l’exagération, lorsque par exemple des Japonais viennent chez lui pour faire un reportage sur ce mystérieux écrivain et sur son roman (qui n’existe pas !) qui fait un buzz considérable au Japon… Cela donne des scènes vraiment loufoques et qui font que ce roman m’a globalement plu !

« Je suis célèbre au Japon pour un livre que je n’ai pas écrit. »

Pourtant, quelques points négatifs sont à souligner dans ce roman. Le premier est peut-être personnel, puisque l’auteur a souhaité faire de son personnage un je-m’en-foutiste royal, qui va assumer ne rien savoir du Japon et qui va assumer se contenter des clichés qu’on peut entendre sur le Japon. Passons. Le plus gros souci pour moi, c’était que, même si la trame principale me plaisait énormément, il y a à côté un grand nombre de chapitres dont je ne comprenais pas du tout l’utilité. Ils étaient là, mais ne servaient en rien l’histoire, voire s’en éloignaient. Toute la partie avec le groupe de jeunes et cette Midori m’a en fait déplu. C’est dommage parce que ça occupe une bonne partie du roman au final. Le passage sur la comparaison de cette fille avec Björk était par exemple totalement inintéressant à mon sens. Et je me suis fait la réflexion pour plusieurs petites scènes hélas… Mais soit ! Je changeais de page et je pouvais retrouver ce qui me plaisait.

En résumé, l’idée de base du roman est très originale et elle est parfois bien menée, grâce au sens de l’humour indéniable de l’auteur ! En revanche, certains passages m’ont semblé brouillons et j’avais beaucoup de mal à voir leur intérêt, et ce point m’a fait ne pas apprécier totalement ma lecture… qui reste tout de même globalement positive.

Ma note :
7

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