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Archives de Catégorie: MIZUBAYASHI Akira

Dans les eaux profondes d’Akira Mizubayashi

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Que diriez-vous de partager ensemble un bain japonais ? C’est le moment de plonger Dans les eaux profondes avec Akira Mizubayashi.

Edition lue :
Éditeur : Arléa
Publié en grand format en : Mars 2018
Publié en format poche en : Janvier 2021
Nombre de pages : 272
Prix : 10,00€

Akira Mizubayashi, toujours de sa splendide plume, nous explique ici la place qu’occupe le bain au Japon, que ce soit le bain public, ou sentô, ou le bain privé qui l’a petit à petit remplacé dans la société japonaise. On le suit dans ses souvenirs, ses réflexions, ses illustrations – jusqu’à se laisser porter dans une réelle analyse profonde et pertinente de la société japonaise actuelle.

« La parole, on le voit, se libère dans le bain. »

Dans la première partie (que je pensais être le seul sujet du roman), Akira Mizubayashi nous parle donc du bain japonais. Et, même en vivant au Japon, c’est un élément essentiel de la culture japonaise auquel je n’avais jamais réellement pris le temps de réfléchir. J’ai pris un très grand plaisir à lire les souvenirs de l’auteur lorsqu’il était enfant et qu’il prenait le bain avec son père ou sa mère, lorsqu’il le prend avec son frère quand ils souhaitaient avoir une discussion sérieuse, jusqu’à ce qu’il perpétue la tradition en faisant prendre le bain à sa fille. On a beaucoup de références littéraires et cinématographiques, qui prennent naturellement leur place dans cette discussion – et on comprend le rôle important qu’occupe le bain dans la société japonaise.

« La démocratie est mourante au Japon. »

Mais voilà, le bain n’est qu’un infime exemple du changement de la société japonaise, et la seconde partie du livre prend un tournant plus politique et complexe. Alors qu’on se détendait dans un bain chaud dans les premières pages, Akira Mizubayashi nous développe ensuite une analyse d’un Japon ancien et du Japon actuel. Au programme : la Constitution du Japon, la « démocratie » (qui n’en est pas vraiment une selon l’auteur), le manque de débat – le tout comparé à la France, pays d’adoption d’Akira Mizubayashi. Une partie très différente de la première mais qui trouve sa place et qui m’a tout autant intéressé, n’ayant que peu l’habitude de lire des analyses pertinentes de la politique japonaise en français.

Un livre doublement intéressant, ou comment passer du bain japonais à une critique de la société japonaise sans pour autant perturber le lecteur. 

Ma note :

Une langue venue d’ailleurs d’Akira Mizubayashi

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Ce samedi, je vais vous parler d’Une langue venue d’ailleurs. Il s’agit d’un roman d’Akira Mizubayashi, qu’il a écrit directement en français et dans lequel il nous parle de son apprentissage et surtout de sa relation avec la langue de Molière…

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Edition lue :
Éditeur : Gallimard (Folio)
Publié en : 2013 (grand format en 2011)
Nombre de pages : 272
Prix : 7,10€

Ce roman est séparé en trois parties : la première s’intitule Tokyo, lorsque l’auteur nous raconte sa découverte de la langue française et son intérêt grandissant pour celle-ci, la seconde Montpellier, lorsqu’il partira étudier dans cette ville, et la troisième et dernière Paris-Tokyo, sur la fin de ses études et le début de sa vie professionnelle entre ces deux villes. Akira Mizubayashi a 19 ans lorsqu’il découvre le français et va souhaiter apprendre cette langue (qui est bien plus qu’une langue pour lui et qui va tracer un nouveau chemin dans sa vie), en commençant à enregistrer sur un magnétophone des cours de français qui passaient à la radio au Japon et à les écouter en boucle… Il va par la suite avoir une relation particulière avec Rousseau (que l’on va voir apparaître tout au long du roman), mais aussi avec la musique (Mozart notamment), deux domaines qui vont jouer un rôle dans son approche de la langue française.

« Dans le métro et l’autobus, personne n’avait d’écouteurs dans ses oreilles, sauf moi ; je me bourrais de musique française ; j’étais sous perfusion linguistique de façon quasi permanente. »

C’est un roman au départ assez difficile à lire, j’ai mis un peu de temps à entrer dedans, mais plus les pages se tournaient et plus le récit se construisait et on comprenait pourquoi l’auteur avait écrit ce roman. On découvre la place qu’a la langue française dans la vie de ce Japonais qui va aller vivre son rêve à Montpellier, puis à Paris, toujours en étant en perpétuelle immersion avec la langue française, la musique et nos grands écrivains et philosophes. Alors, certes, comme je l’ai précisé plus haut, je n’ai pas été tout de suite pris dans le roman et j’ai mis pas mal de temps à le lire. En fait, je dirais que dans sa globalité, c’est un roman intéressant, mais surtout pour certains passages et certaines anecdotes qui sont plaisantes à lire : par exemple quand il explique qu’au Japon, à la caisse des supermarchés on ne dit pas merci ; je le fais en général, mais je constate que la plupart des Japonais ne le font pas. Ou lorsqu’avec sa femme française, il y a toute la réflexion sur la langue dans laquelle chacun doit parler pour éduquer leur fille (Japonais ? Français ? Chacun sa langue ?) ou même pour parler à leur chienne. Ce sont pour moi ces petits passages, plus anodins, plus ancrés dans le quotidien, et d’un certain côté moins intellectuels que le reste du roman, qui m’ont tout de même fait passer une lecture plaisante.

Un roman qui va en détail dans le parcours étudiant d’Akira Mizubayashi et dans sa relation avec la langue française depuis qu’il l’a découverte. Un texte qui m’a été d’un intérêt variable selon les passages, mais qui est toujours écrit dans une langue parfaitement maîtrisée et littéraire, et ça, c’est si agréable que je ne peux que le souligner !

Ma note :
6

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