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Archives de Catégorie: SHIMAZAKI Aki

Hotaru d’Aki Shimazaki

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Une auteure que vous commencez à bien connaître va être le sujet de l’article de cette semaine ! Voici Hotaru d’Aki Shimazaki.

Edition lue :
Éditeur : Actes Sud (Babel)
Publié en : Août 2009
Grand format : Novembre 2004
Nombre de pages : 136
Prix : 6,60€

Hotaru est le cinquième et dernier tome de la pentalogie Le poids des secrets. Alors que pour les précédents, notamment Tsubame et Wasurenagusa, je vous disais qu’il n’était pas nécessaire d’avoir lu les premiers tomes pour lire ceux-là, ici, je pense qu’il est nécessaire d’avoir lu les quatre précédents pour pleinement l’apprécier. On accompagne cette fois Tsubaki, 19 ans, qui va rendre visite à sa grand-mère de 84 ans, Mariko, Coréenne ayant survécu au bombardement de Nagasaki que l’on a déjà rencontrée dans les tomes précédents. Et Mariko va dévoiler à sa petite-fille un secret qui ne l’a pas quitté depuis des années : elle s’est levée un matin pour aller tuer un homme.

« Je me suis juré que je ne dirais jamais à personne ce que j’avais vu ce matin-là. »

Dans ce tome, on recroise presque tous les personnages des quatres romans précédents, et les images de mes lectures passées sont apparues dans mon esprit, ce qui est un sentiment très agréable. Le bombardement de Nagasaki est encore une fois bien présent, et cette fois-ci, le roman est parcouru de lucioles (蛍, Hotaru) qui viennent illuminer notre lecture. Plutôt que de nous dévoiler de grands secrets, on assiste à la clôture d’une pentalogie qui nous a fait rencontrer une famille attachante au fil des générations, et ça fait quelque chose de leur dire au revoir.

« Je crois qu’il n’y a peut-être pas de coïncidences dans ce monde. »

Le dernier tome d’une excellente pentalogie signée Aki Shimazaki, qui nous a montré, avec brio et avec énormément de sentiments, à quel point le poids des secrets pouvait parfois être dur à porter.

Ma note :

Wasurenagusa d’Aki Shimazaki

Publié le

Aki Shimazaki est une auteure que j’apprécie beaucoup et dont je vous ai déjà parlé plusieurs fois sur le blog. Je poursuis aujourd’hui avec Wasurenagusa, un roman tout aussi bon que les autres !

wasurenagusa-aki-shimazakiEdition lue :
Éditeur : Actes Sud (Babel)
Publié en : Février 2009 (grand format : 2003)
Nombre de pages : 125
Prix : 6,60€

Wasurenagusa est le quatrième tome de la pentalogie Le poids des secrets d’Aki Shimazaki, mais il n’est pas nécessaire d’avoir lu les précédents pour lire celui-ci. Ici, on se concentre sur le personnage de Kenji Takahashi, le mari de Mariko, personnage principal du tome précédent, Tsubame. Ce roman se découpe en deux parties. Dans la première, on suit Kenji de son enfance, avec notamment sa nounou Sono à qui il va penser tout au long de sa vie, jusqu’à son premier mariage avec Satoko qui va se traduire par un échec parce qu’ils n’arrivent pas à avoir d’enfant, puis sa rencontre avec Mariko et son fils Yukio. La seconde partie se passe bien plus tard, puisqu’il est marié avec Mariko depuis 46 ans. Et même à cet âge avancé, il va lui aussi être concerné par le poids des secrets…

« J’entends Mariko chanter, d’une voix douce. Je m’immobilise et l’écoute. Cela me rappelle Sono, qui chantait tous les soirs pour m’endormir. J’ai le cœur serré. »

Encore une fois, Aki Shimazaki nous livre un roman qui se lit tout seul, d’une belle fluidité. Les actions se déroulent, les descriptions également, on n’a aucun mal à nous imaginer le décor qui se dévoile à nous par petites touches en parallèle à l’histoire… Même si on peut lire ce tome sans avoir lu les précédents, il est toujours plaisant de retrouver des références et des personnages de ceux-ci, et cela permet de ficeler tout un univers qui est assez impressionnant lorsqu’on met chacun de ces tomes bout à bout. Cette pentalogie porte décidément bien son nom puisque chacun des personnages cache ou découvre des secrets le concernant, qui ont souvent une répercussion non seulement sur leur vie, mais sur leur entourage.

« Mariko reste silencieuse. Son regard flotte en l’air, distrait. Je ne sais pas à quoi elle pense, mais je sais qu’elle a beaucoup de souvenirs de sa vie avant moi dont elle ne veut parler à personne. »

Tout comme les précédents, encore un roman d’Aki Shimazaki que je recommanderais les yeux fermés. Une belle plume qui dévoile pourtant des éléments forts, que ce soit d’un point de vue historique ou d’un point de vue personnel. Chaque personnage a une histoire et ses secrets, et c’est un réel plaisir de les découvrir et de les délester en quelque sorte de ces poids.

Ma note :
8

Hôzuki d’Aki Shimazaki

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Bonjour à tous ! Aujourd’hui je vous parle du dernier roman paru d’Aki Shimazaki, cette auteure japonaise qui vit au Canada et qui écrit directement en français que j’apprécie tant ! Il sera ici question d’Hôzuki, la suite d’Azami dont j’ai parlé sur le blog ici, même s’il n’est pas indispensable de l’avoir lu pour lire Hôzuki. On admire la magnifique couverture, et c’est parti !

hozuki-aki-shimazakiEdition lue :
Éditeur : Leméac/Actes Sud
Publié en : 2015 (Canada) / Mai 2016 (France)
Nombre de pages : 144
Prix : 14,50€

On retrouve dans ce très joli roman Mitsuko, qui était présente dans le roman Azami en tant qu’entraîneuse dans un bar très sélect. Ici, l’histoire se déroule quelques mois après Azami. On redécouvre Mitsuko, qui vit avec sa mère et son fils sourd-muet et métisse de 7 ans, Tarô. Elle tient une librairie de livres d’occasion, et le vendredi soir, elle est toujours entraîneuse dans le bar X. Un jour, une cliente va entrer avec sa fille, Hanako, 4 ans, qui va de suite développer une amitié forte avec Tarô, bien qu’ils ne puissent pas communiquer ensemble par la parole. Une belle relation va se créer entre les deux enfants, et on va surtout en apprendre plus sur la relation qui unit Tarô à sa mère : celui-ci a en réalité était trouvé par Mitsuko dans une consigne automatique dans une gare, et ni lui ni la mère de Mitsuko ne savent que Mitsuko n’est pas sa mère biologique.

« Hôzuki, hôzuki, l’amour en cage.
Orange comme le lis tigré,
Éclatant comme le soleil.
Quelle joie ! Tu es ma lumière !
»

Comme d’habitude, vous le savez maintenant, Aki Shimazaki nous livre ici un très beau roman, que je trouve d’ailleurs mieux réussi qu’Azami, qui traite avec un certain talent de thèmes assez forts : le handicap, l’adoption, le lien mère-fils, mais aussi, et c’est là un thème récurrent chez cette auteure, le secret. Le lien qui unit Mitsuko à son fils est très fort. Elle trouve dans une gare un bébé métis, avec une fleur de hôzuki (fleur d’amour en cage, qui a d’ailleurs plusieurs significations bien particulières dans le roman), avant de découvrir qu’il est sourd-muet, et malgré tout, elle refuse de s’en séparer. Elle décide de garder le secret, mais avec Aki Shimazaki, ceux-ci finissent toujours pas être découverts d’une façon ou d’une autre…

« Hanako me répond correctement et poliment. Ses parents doivent être fiers que leur fille parle ainsi au téléphone. Mais cela m’agace, qu’on laisse décrocher les jeunes enfants »

Un joli petit livre tout en douceur qui explore les liens entre une mère et son fils, entre une grand-mère et son petit-fils, mais aussi entre deux enfants qui ne peuvent pas communiquer par la parole. Le tout est porté par la fine écriture d’Aki Shimazaki, qui joue aussi sur la langue japonaise, les kanjis, les significations des noms, les différentes lectures possibles… et tout ça en fait un excellent roman, en attendant le prochain qui sera, sans en douter une seule seconde, de qualité.

Ma note :
8

Azami d’Aki Shimazaki

Publié le

Il est temps de vous parler à nouveau d’Aki Shimazaki, cette auteure née au Japon, ayant émigré au Canada et qui écrit ses romans directement en français. Voici Azami, son dernier roman en date qui est doté d’une magnifique couverture.

azami-aki-shimazakiEdition lue :
Éditeur : Leméac/Actes Sud
Publié en : 2014 (Canada) / 2015 (France)
Nombre de pages : 133
Prix : 13,50€

Aki Shimazaki écrit souvent ses romans par cycle. Il n’y a pas forcément besoin de lire dans l’ordre, mais certains thèmes sont communs, comme celui du souvenir et des secrets dans sa première pentalogie « Le Poids des Secrets » (dont j’ai chroniqué Tsubame ici). Azami est le premier roman d’un troisième cycle.

« Une brise légère souffle. Assis sur le banc, j’allume une cigarette. La fumée s’envole avec le vent. Les yeux levés vers le ciel sans étoiles, je suis plongé dans mes réflexions. »

Notre narrateur se nomme Mitsuo et a 36 ans. Il est marié, a fondé une famille et travaille pour une revue culturelle. Il est heureux en mariage, même s’il ne fait plus l’amour à sa femme depuis des années. Celle-ci passe une grande partie de son temps à la campagne, pour monter une petite entreprise agricole. Régulièrement, après le travail, Mitsuo va décompresser dans des salons ou des bars à hôtesses, pour rassasier son désir sexuel. Il va un jour rencontrer un ancien camarade de classe de l’école primaire, qui va l’emmener dans un bar très luxueux, dans lequel Mitsuo va tomber sur une de leurs amies d’enfance : Mitsuko. Mitsuo était amoureux d’elle à l’école primaire, et est surpris de la voir travailler dans cet endroit en tant qu’entraîneuse, même si elle n’a pas de relations sexuelles avec ses clients. À partir de là, Mitsuo va reprendre contact avec elle et va voir son désir grandir pour cette magnifique femme qu’il a toujours gardée dans son cœur…

« L’image sensuelle de Mitsuko envahit ma tête. Mon corps est démangé de désir. »

Comme toujours, lire du Aki Shimazaki est un réel bonheur. Avec une langue toujours très pure, elle parvient à nous exposer un aspect bien particulier de la société japonaise. Ici, ce roman nous donne un aperçu bien particulier du mariage, qui semble pourtant être assez répandu au Japon. On voit les relations de couple avec un autre regard, celui du Japonais. Il existe en effet au Japon des couples « sexless » (n’ayant pas de relations sexuelles), trentenaires comme ici, parfois plus jeunes, parfois plus âgés. Mitsuo est bien clair à propos d’une chose : les salons qu’ils fréquentent sont uniquement pour assouvir ses besoins, il y va après le travail ou quand il ressent trop de pression ou de désir. Cela ne remet absolument pas en question son amour pour sa femme et pour leur mariage. Sa femme ne peut lui apporter la partie sexuelle, il se tourne alors vers des professionnelles. Simplement. Pourtant, via une description du désir et de l’amour, Aki Shimazaki va aller plus loin en introduisant une femme du passé dans la vie de Mitsuo, laquelle pourra bien bouleverser son petit monde… Le tout décrit de façon belle et simple, ce qui fait une autre force de ce roman.

Un autre roman d’Aki Shimazaki que je n’ai pas pu lâcher, on navigue le plus simplement possible dans un doux flot de mots qui nous expose la société japonaise comme on la voit peu au final. Un thème un peu plus léger que la plupart de ceux de son cycle du Poids des Secrets, qui reste pourtant une belle petite lecture.

Ma note :
7

Tsubame d’Aki Shimazaki

Publié le

Aki Shimazaki est une auteure québécoise née au Japon. Elle écrit ses textes directement en français. Je n’ai pas encore eu l’occasion de parler d’elle,  alors je commence aujourd’hui avec Tsubame, qui est en réalité le troisième tome de sa pentalogie Le Poids des Secrets. Mais pas de panique ! Il n’est pas nécessaire d’avoir lu les précédents pour apprécier cet article, puisque chacun de ces courts romans est indépendant. J’ai pour ma part lu les deux précédents, mais le dernier que j’ai lu étant Tsubame, j’ai décidé de faire un article sur celui-ci qui est encore frais dans ma mémoire ! C’est parti pour un voyage dans les souvenirs !

tsubame-aki-shimazaki

Edition lue :
Éditeur : Actes Sud (Babel)
Publié en : 2008
Nombre de pages : 118
Prix : 6,60€

Dans ce roman, Aki Shimazaki nous parle, comme à son habitude, d’un sujet tabou et dur à aborder dans la société japonaise : cette fois-ci, il est question des Coréens ayant dû se faire passer pour des Japonais pour éviter la discrimination (toujours bien réelle de nos jours), voire pire.

Pour cela, Aki Shimazaki nous fait nous plonger dans les souvenirs de Yonhi Kim, Coréenne ayant débarqué au Japon avec sa mère et son oncle, et ayant survécu au terrible tremblement de terre de 1923. Aujourd’hui, Yonhi Kim, ou plutôt Mariko Kanazawa, son nom japonais, est grand-mère et replonge dans ce grave épisode de sa vie : sa mère qui l’a confiée à un prêtre juste après le tremblement de terre pour qu’elle soit en sécurité pendant que sa mère cherche son propre frère. Pensant que c’était provisoire, Mariko Kanazawa ne dit mot, mais va rapidement constater que sa mère ne reviendra pas la chercher.

À partir de là, Mariko va tenter de construire sa vie et prendre son envol. Elle va construire une famille, mais par peur (puisque les Coréens pouvaient être froidement abattus au Japon lorsqu’elle était plus jeune) mais également par honte, elle va cacher son identité à son propre mari et à sa famille.

Un sujet donc très difficile mais, comme toujours avec Aki Shimazaki, la lecture coule toute seule. L’écriture de cette femme est tellement pure, et j’ai eu ce ressenti dans chacun des romans que j’ai pu lire d’elle. Je n’ai pas d’autres mots, c’est un beau et fort roman écrit avec une langue pure.

Ma note :

8

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