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Archives de Catégorie: YOSHIMURA Akira

L’arc-en-ciel blanc d’Akira Yoshimura

Publié le

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J’ai déjà eu l’occasion de vous présenter une nouvelle d’Akira Yoshimura que j’avais beaucoup aimée sur le blog, voici désormais le recueil dans lequel elle a ensuite été publiée en France : L’arc-en-ciel blanc.

Edition lue :
Éditeur : Actes Sud
Publié le : 3 mars 2012
Traduction : Martin Vergne
Publié au Japon entre : 1953-1964
Nombre de pages : 192
Prix : 17,30€

Quatre nouvelles composent ce recueil, dans lequel Akira Yoshimura explore un milieu social le plus souvent défavorisé. On rencontre tout d’abord un jeune couple dont la femme ne semblait visiblement pas prête à se marier dans la nouvelle éponyme, puis on retrouve le fameux été en vêtements de deuil dont je vous ai déjà parlé sur le blog, ainsi qu’un jeune garçon qui assiste aux funérailles autour de lui, et d’un frère et d’une soeur qui décident de voler un cheval et de partir ensemble.

« Ayako était bien trop jeune pour devenir une épouse. Le fardeau bien trop lourd à porter. »

Et ce sont ces deux dernières nouvelles que j’ai envie de vous présenter, puisque j’ai pris un grand plaisir à les lire. Tout d’abord, Etoiles et funérailles, qui, dès le début m’a séduit. Dans la première scène, on découvre Jirô, un garçon de 16 ans déficient mentalement, qui suit un cortège funèbre. La scène, un cortège funèbre sous une forte pluie, et ce jeune garçon les suivant au loin, est très belle. Jirô assiste donc aux funérailles qui se déroulent autour de lui et s’assure que le rituel est respecté. On va même jusqu’à lui donner une petite enveloppe pour sa bienveillance, et il va vouloir aider une jeune fille déjà mère, qui vit avec son père qui la frappe. Une nouvelle forte, le lien qui tente de se créer entre eux, avec les funérailles omniprésentes, qui mènent à une fin puissante.

« Il faudrait vraiment avoir un papa ici. Toute seule, maman n’y arrive pas. »

Et la dernière nouvelle, Le mur de briques, m’a également beaucoup plu. Hisae et Kiyota, un frère et une soeur partent voler un cheval pour l’emmener quelque part. On comprend vite qu’ils vivent eux aussi dans des conditions de vie difficiles et que le cheval qu’ils emmènent est lié à leur nouveau beau-père, un scientifique qui fait des expériences sur des animaux… Le thème est fort, il y a des scènes dures à lire, mais le lien fraternel des deux personnages principaux est vraiment beau, ensemble pour défendre ce à quoi ils croient malgré leur faible niveau de vie.

« Hisae, qui sentait la paume de son frère lui serrer fortement la main, eut l’impression d’avoir mauvaise conscience. Emmener un cheval sans autorisation, n’était-ce pas la même chose que du vol ? »

Un très bon recueil de nouvelles qui explorent plusieurs thèmes, tous avec une symbolique forte, avec talent, et qui m’a donné envie de me plonger dans d’autres textes d’Akira Yoshimura.

Ma note :

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Un été en vêtements de deuil d’Akira Yoshimura

Publié le

Je vous présente aujourd’hui une courte nouvelle d’un auteur dont je n’ai pas encore parlé sur le blog mais qui a pourtant quelques titres parus en France. Voici Un été en vêtements de deuil d’Akira Yoshimura.

un-ete-en-vetements-de-deuil-akira-yoshimura

Edition lue :
Éditeur : Actes Sud (Babel)
Publié en : Juin 2010
Publié au Japon en : 1958
Nombre de pages : 52
Prix : Hors commerce

Dans cette nouvelle offerte en 2010 pour deux livres de la collection Babel achetés, inédite à sa sortie mais depuis parue dans le recueil « L’arc-en-ciel blanc », il ne faut pas se fier à la mignonne couverture (spoiler alert : un poussin est maltraité au début de l’histoire). En effet, on découvre dans cette histoire Kiyoshi, un petit garçon qui vit chez sa grand-mère, alitée, depuis que la mère de Kiyoshi s’est suicidée. Ce garçon va jouer avec Tokiko, la fille de la nièce de la grand-mère qui habite aussi dans cette grande propriété. La famille de cette Tokiko, et surtout son père, ont hâte que la grand-mère décède pour pouvoir récupérer la propriété et le terrain. Dans ce contexte estival, on découvre en même temps que Kiyoshi la dureté des hommes ainsi qu’un événement marquant dont il va être témoin, une nuit…

« Kiyoshi s’amusait à toucher du bout des doigts le corps du poussin pour en goûter la sensation. Il en éprouvait de la satisfaction comme s’il avait un objet précieux entre les mains. »

En voilà une nouvelle bien mystérieuse ! Je dois dire que j’ai beaucoup aimé l’ambiance qui s’en dégage. Le titre en dit long, mais en même temps, il ne dévoile pas l’intensité, ni la signification de ce qu’il va se passer dans cette maison. L’élément final est à la fois surprenant, compréhensible, et fort. Il est, de plus, vu par des yeux d’enfant, un enfant qui ne comprend pas toute la complexité du monde et qui, donc, ne juge pas et constate simplement.

Une nouvelle qui m’a donné très envie de découvrir plus de textes d’Akira Yoshimura, parce que, mine de rien, elle m’a beaucoup marqué. N’hésitez pas à la lire (elle est trouvable d’occasion dans cette édition ou dans le recueil mentionné plus haut) pour découvrir un petit bout de l’univers de ce grand auteur.

Ma note :
8

 

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