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Archives de Tag: 6 étoiles

La Pêche au toc dans le Tôhoku de Shinsuke Numata

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Une petite partie de pêche, ça vous dit ? C’est ce que nous propose Shinsuke Numata dans La Pêche au toc dans le Tôhoku.

Edition lue :
Éditeur : Philippe Picquier
Publié en : Mars 2020
Traduction : Patrick Honnoré
Publié au Japon en : 2017
Nombre de pages : 96
Prix : 12,00€

Notre narrateur a pour passion la pêche. On rencontre dès le début de ce roman Hiasa, un ami avec qui il est très proche. Ils sortent souvent ensemble et travaillent dans la même entreprise, jusqu’au jour où Hiasa décide de démissionner, laissant le narrateur sans aucun moyen de le contacter. Il va donc arrêter de pêcher pendant quelques temps, et va partir à la recherche d’un nouvel ami. Mais c’est sans compter sur Hiasa qui décide de réapparaître quelques mois plus tard, travaillant désormais en tant que commercial pour une mutuelle…

« Très bas sur le ciel nocturne bleu foncé, la lune comme une rognure d’ongle brillait de sa lueur blanche. »

Ne nous voilons pas la face : la seule raison pour laquelle ce roman a été traduit en France, c’est parce qu’il a obtenu le Prix Akutagawa au Japon, un prix prestigieux. Les livres recevant ce prix laissent souvent perplexes en dehors du Japon, et celui-ci confirme cette règle. On est en présence d’un roman typiquement japonais, qui, je pense, doit plaire au Japon pour les mêmes éléments qui font qu’il ne plaira pas forcément par chez nous.

« Nous comprenons que vous vous fassiez du souci, mais vous savez, vous n’êtes pas la seule, des milliers de personnes sont actuellement portées disparues sur la côte, et prier est la seule chose qu’on puisse faire. »

Le souci majeur, c’est qu’on n’arrive pas vraiment à deviner les intentions de l’auteur. Beaucoup de sujets sont traités, la pêche, l’amitié, l’homosexualité, la transsexualité, la nature, mais sans qu’on n’entre dans de réels détails (sauf peut-être pour la pêche ?). Il faut cependant noter qu’on est dans une littérature post-Fukushima, qui est un mouvement important au Japon, et qu’on ne voit peut-être pas assez traduit par chez nous, et qui a piqué ma curiosité pour ce roman (je ne vais pas plus en révéler), même si cela se fait ici aussi de façon très concise. L’écriture n’est pas désagréable, la nature et les saisons occupent une place importante, mais tout se passe si vite, qu’on n’a pas vraiment le temps d’apprécier ces éléments.

Un roman court qui se lit assez facilement, mais qui peine à agripper le lecteur et à marquer les esprits.

Ma note :

Cruel est le ciel de Tetsuya Honda

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C’est un roman policier que je vous propose aujourd’hui. Découvrons à quel point Cruel est le ciel avec Tetsuya Honda.

Edition lue :
Éditeur : Atelier Akatombo
Publié le : 20 février 2020
Traduction : Dominique Sylvain & Alice Hureau
Publié au Japon en : 2017
Nombre de pages : 350
Prix : 18,00€

Cruel est le ciel est le deuxième volet de la série mettant en scène la lieutenante Reiko Himekawa. Je n’ai pas lu le premier roman, intitulé Rouge est la nuit, mais cela n’empêche pas d’apprécier pleinement ce roman. Ici, une main est retrouvée dans un mini-van abandonné, et elle semble appartenir à Kenichi Takaoka, qui travaille dans la charpenterie. A partir de là, pour trouver l’assassin -mais aussi le reste du corps de Kenichi-, la police va devoir enquêter et va être confrontée à de mystérieux suicides d’ouvriers sur des chantiers ainsi qu’à de biens étranges personnages…

« Ce n’est pas que j’aie peur d’être devancé par Himekawa dans une enquête. C’est plutôt que je redoute que quelqu’un soit blessé le jour où son instinct l’entraînera dans la mauvaise direction. »

Tout d’abord, je tiens à préciser que je lis et j’apprécie pas mal de romans policiers. Ainsi, en commençant un roman de ce genre, j’ai quelques expectations. Je m’attends en effet à vouloir tourner les pages rapidement sans jamais vouloir décrocher du livre, et à être surpris. Tout d’abord, ce n’est pas forcément un défaut, mais vu que j’ai décidé d’en parler sur Comaujapon, je tiens à le préciser : il n’y a pas grand chose de japonais dans ce roman. Donc si vous souhaitez le lire pour voir ce que donne un « roman policier japonais », vous pouvez passez celui-ci et vous tourner plutôt vers des auteurs comme Keigo Higashino, pour ne citer que l’évidence.

« Recevoir un ordre d’une aussi jolie femme me plonge dans une humeur délicieuse ! »

Mais voilà, le problème de ce roman, c’est sûrement les personnages. On a une multitude de personnages, principalement du côté de la police. La lieutenante Himekawa, qui est censée être l’héroïne n’est pas vraiment sympathique, et tous ses collègues sont une plaie. Des collègues misogynes à souhait, qui font un peu le cliché des romans policiers. Cela ne rend pas vraiment le roman plaisant à lire. Si en contre partie on avait une enquête passionnante, je pourrais passer l’éponge, mais ce n’est pas vraiment le cas. J’ai pourtant lu le roman assez rapidement, l’histoire est tout de même bien menée, mais je n’ai pas réellement été excité par cette lecture.

Un roman policier qui n’apporte pas grand chose au genre. Il se laisse lire, mais il est vite oublié une fois refermé. Dommage.

Ma note :

Hell de Yasutaka Tsutsui

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Aujourd’hui, je vous emmène en enfer ! Ou plutôt, c’est Yasutaka Tsutsui qui nous y emmène tous dans son roman Hell. Il fait pas un peu chaud par ici ?

Edition lue :
Éditeur : Wombat
Publié le : 5 septembre 2013
Traduction par : Jean-Christian Bouvier
Édition originale en japonais : 2003
Nombre de pages : 155
Prix : 17,00€

Comme son titre l’indique, on va plonger ici dans l’Enfer. Un enfer dans lequel va débarquer Takeshi dont l’handicap -il boitait depuis son enfance à cause de deux camarades de classe- disparaît quand il y pose le pied. Il va retrouver ces deux camarades qu’il n’avait pas vu depuis des années, et on  va rencontrer une multitude de personnages dans cet enfer, en apprenant leurs liens et en découvrant la façon dont ils sont décédés… en naviguant dans le passé et le futur, dans le monde des vivants et dans celui des morts…

« Quand on pensait à quelqu’un en Enfer, cette personne avait la fâcheuse tendance à apparaître aussitôt. »

L’idée du roman me plaisait beaucoup, et après avoir accroché aux loufoques Hommes salmonelle du même auteur, je me suis procuré celui-ci sans hésiter. Mais je n’ai pas été conquis. Beaucoup de personnages, beaucoup de scènes différentes qui se déroulent à des endroits différents et à une époque différente, qui font que j’ai été perdu. Cela contribue bien sûr à l’effet chaotique de l’enfer, mais je ne suis pas entré dans l’histoire. Il y a en revanche une scène que j’ai adorée : lorsqu’un avion est détourné et qu’on lit les derniers moments des passagers où la folie et surtout le désespoir prennent le dessus. Pour le reste, c’est malheureusement déjà oublié.

« La frontière entre la vie et la mort n’était-elle donc pas infranchissable ? Les deux mondes communiquaient-ils d’une manière aussi fluide que naturelle ? »

Un roman à l’idée de base intéressante, mais dont le côté brouillon m’a laissé de côté. Je suis resté aux portes de l’Enfer, alors que j’avais envie d’y pénétrer. Dommage.

Ma note :

Edge of Tomorrow d’Hiroshi Sakurazaka

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Je vais aujourd’hui vous parler d’un roman de science-fiction paru en France suite à son adaptation en film. Voici Edge of Tomorrow d’Hiroshi Sakurazaka, sous-titré en français Aujourd’hui à jamais. Soyez prêts.

Edition lue :
Éditeur : Kazé Manga
Publié en : Mai 2014
Traduction et adaptation : Jacques C. et Gilles Chassignol
Édition originale en japonais : 2004
Nombre de pages : 231
Prix : 13,29€

Le roman s’ouvre sur une scène de guerre. Keiji est sur un champ de bataille, il a perdu des alliés, et il va attaquer des Mimics, des monstres plus petits que les hommes mais plus larges et beaucoup plus forts, qui semblent vouloir envahir la Terre.  Keiji va se retrouver grièvement blesser et Rita, une femme, va l’accompagner jusqu’à ce qu’il meurt… Et puis, Keiji va se réveiller aux côtés d’un de ses camarades mort au combat et ce qu’il va prendre au départ pour un rêve va en fait être une boucle : il va revivre la même journée des dizaines de fois.

« Il y a des cauchemars dont tu ne peux pas te réveiller, quels que soient les efforts que tu fasses. Moi, j’étais prisonnier d’un cauchemar, et qu’importe le nombre de fois où je me réveillais, j’étais toujours piégé à l’intérieur. »

Tout d’abord, avec cette couverture qui n’est autre que l’affiche du film, je dois dire que je n’ai ni eu envie d’acheter le livre, ni de le lire. Mais je suis passé outre, parce que l’histoire me semblait intéressante, et qu’on n’a pas énormément de romans de science-fiction japonais traduits en français. Et puis, je lis, et je découvre un langage très cru, avec des clichés affligeants sur les militaires et le traitement qu’ils font aux femmes par exemple, en tant qu’objet pour assouvir leurs besoins pour se soulager avant de partir au combat. Je suis à deux doigts d’abandonner le livre, mais vu que je voulais en parler sur ce blog, je fais un effort. Et non, ça ne passe décidément pas. Le jour qui se repète n’apporte pas vraiment d’intérêt, il ne se passe quasiment rien pendant toute la première moitié du roman…

« Rita n’avait aucun regret. Elle ne voulait qu’une chose : tuer tous les Mimics qui avaient envahi sa planète, jusqu’au dernier. Elle savait qu’elle pouvait y arriver. »

Mais à partir de la moitié, on avance un peu, et on découvre plus en détails Rita, une femme réputée en tant que guerrière qui fascine tous les hommes de l’armée, et l’histoire va avancer. On va comprendre pourquoi Keiji est pris dans ces boucles, et comment il peut tenter d’y échapper, et surtout, à quel prix. On en apprend également un peu plus sur le passé des personnages, même si cela reste basique, ça aide à entrer pleinement dans l’histoire, et le roman bouge enfin, ce qui fait plaisir. De la moitié jusqu’à la fin, j’ai donc été pris dans cette histoire, je suis donc bien content de ne pas avoir abandonné, au moins pour ne pas rester sur une impression entièrement négative.

« S’il existe un paradis, ça doit être un endroit glacé. Un endroit sombre. Un endroit désolé. »

Un roman assez déplaisant au départ, mais qui parvient tout de même à être intéressant après avoir surmonté la première moitié et à nous faire entrer dans ce monde en guerre et dans ces terribles boucles temporelles.

Ma note :

Comment apprendre à s’aimer de Yukiko Motoya

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Un roman qui nous fait découvrir des scènes de la vie d’une femme : voici Comment apprendre à s’aimer de Yukiko Motoya.

Edition lue :
Éditeur : Philippe Picquier
Publié le : 18 août 2016
Traduction : Myriam Dartois-Ako
Publié au Japon en : 2013
Nombre de pages : 144
Prix : 16,50€

Linde a 16 ans lorsqu’on la rencontre. Lycéenne, elle traîne avec deux filles avec qui elle ne partage pas grand chose, des « amies par défaut ». Ensuite, on la découvre à plusieurs âges de sa vie : 28 ans, en couple avec un homme avec qui elle se montre particulièrement agaçante et avec qui elle se dispute souvent, 34 ans, avec ce même homme avec qui elle est désormais mariée mais ne semble pas satisfaite, puis à 47, 3 et 63 ans. Dans ce dernier chapitre, elle cherche des moyens de s’aimer, une chose qu’elle n’a visiblement pas fait durant toute sa vie, d’où le titre du roman.

« Ces pitoyables êtres devant elle étaient, sans le moindre doute, ses amis. Et ils pensaient certainement la même chose qu’elle. »

Un roman qui m’intriguait et que j’avais envie de lire depuis sa sortie. Et puis je lis le premier chapitre. Linde, 16 ans, adolescente étrange qui joue au bowling avec ses « amies » qui n’ont rien à se dire. Pourquoi pas. 28 ans. Linde commence à être un petit peu irritante, tout comme son petit-ami, d’ailleurs. D’accord. Et puis, s’enchaînent trèèès lentement les chapitres suivants. Cela devient de plus en plus triste à lire, Linde a une vie particulièrement inintéressante. C’est certainement l’effet recherché, mais je me suis bien ennuyé une fois les deux premiers chapitres passés.

« La paresse de Linde commençait à ressembler à ces traces de tartre dans la salle de bain, longtemps négligées et maintenant incrustées. Elle s’était convaincue que ces motifs existaient depuis toujours. »

Un roman qui me tentait beaucoup et qui m’a intéressé – mais que jusqu’à la moitié. On suit une femme qui a, au final, du mal à trouver son bonheur au fil des ans, et qui va essayer de trouver un moyen pour commencer à enfin s’aimer.

Ma note :

Le ciel ne parle pas de Morgan Sportès

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La rentrée littéraire commence petit à petit, et aujourd’hui je vous présente donc un roman historique de Morgan Sportès qui se déroule à Nagasaki au XVIIème siècle. Voici Le ciel ne parle pas.

Edition lue :
Éditeur : Fayard
Publié le : 16 août 2017
Nombre de pages : 330
Prix : 20,00€

Le ciel ne parle pas aborde le même thème qu’un grand roman de la littérature japonaise, à savoir Silence de Shûsaku Endô. On est donc au XVIIème siècle, à Nagasaki, et le roman va tourner au tour de Cristóvão Ferreira, qui a réellement existé, un prêtre jésuite portugais, qui, au début du roman, va apostasier (renoncer publiquement à sa religion) après avoir été pendu la tête à l’envers jusqu’à ce qu’il renonce ou décède. En effet, après avoir été accueillis au Japon, les missionnaires chrétiens vont être traqués, et Ferreira a été arrêté après vingt ans de cavale. Il va donc devoir se convertir au bouddhisme, dénoncer des chrétiens et écrire des brochures contre la foi chrétienne, en attaquant la Bible et les fondements de sa religion…

« Mettre Ferreira la tête en bas, n’était-ce pas la meilleure façon, la plus subtile, de lui faire voir enfin le monde à l’endroit ? »

C’est une partie de l’histoire du Japon et de l’Occident que je ne connaissais que trop peu, et pour cela, je suis content d’avoir lu ce livre. Je n’avais aucune idée de la cruauté avec laquelle étaient torturés ces missionnaires pour qu’ils meurent ou trahissent les leurs, ni du nombre de chrétiens qui voulaient se rendre au Japon pour mourir en tant que martyres. Le narrateur intervient souvent dans le récit pour nous apporter du contexte, des précisions, et cela permet de mieux comprendre le récit et les enjeux.

« Le ciel est bas, lourd, noir. Un éclair fulgure. Et le ciel d’un coup se renverse comme une vasque trop pleine. Croule un déluge de pluie tiède : la mousson. »

Mais voilà, je ne suis pas particulièrement fan des romans historiques, et celui-ci n’a pas fait exception. Certes, comme je l’ai dit, j’étais content d’en apprendre plus sur cette partie importante de l’histoire, mais ma lecture n’était pas vraiment plaisante. Il y a beaucoup de passages que j’ai lus sans vraiment lire, oubliés dans la seconde à cause des noms des personnages que je n’avais pas retenus ou du peu d’intérêt que j’y trouvais. Tout cela n’enlève rien à la qualité de ce livre, ce n’est que mon avis personnel, mais je me dois de le préciser.

« Qu’est-ce que c’est qu’un pape, d’où tient-il tout son pouvoir, lui qui n’a quasi pas d’armées ? c’était une des questions auxquelles les Nippons n’avaient pas encore trouvé de réponse. »

Un roman historique très bien documenté qui nous éclaire sur une période sombre de l’histoire : la traque des chrétiens au Japon au XVIIème siècle. Si le sujet vous intéresse, vous pouvez foncer sur ce livre, qui, je le pense, ne vous décevra pas.

Ma note :

La clef de Junichirô Tanizaki

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Il sera aujourd’hui question d’un roman très particulier. Il s’agit de La clef de Junichirô Tanizaki, dont le sous-titre en dit long sur ce qui vous attend : La confession impudique.

la-clef-junichiro-tanizakiEdition lue :
Éditeur : Gallimard (Folio)
Publié le : 20 mars 2003
Publié au Japon en : 1956
Nombre de pages : 195
Prix : 7,20€

Dans La clef, on suit un couple mature. Lui a 56 ans, elle 45. Il se fait vieux et se plaint de la libido de sa femme qu’il n’arrive plus à satisfaire. Sa femme est en effet très demandeuse sexuellement et n’hésite pas à épuiser son mari. Ce dernier va découvrir un stimulant comme il n’en avait jamais connu auparavant : la jalousie. Pour cela, il va tenir un journal intime pour que sa femme le lise. Elle va en faire de même. Ils vont donc chacun lire le journal de l’autre, sans pour autant en parler et se l’avouer. De là va commencer une aventure pour le moins perverse…

« Alors que nous sommes mariés depuis plus de vingt ans, que notre fille est en âge de se marier à son tour, formons-nous vraiment un couple, nous qui, au lit, nous contentons d’accomplir la chose en silence, sans jamais échanger aucun tendre aveu ? »

Mais voilà, pour se rendre jaloux, il y a besoin d’une troisième personne. Et c’est là que le roman devient tordu à mon sens. En effet, ce couple a une fille qui a un prétendant : un certain Kimura. Mais le vieil homme va se rendre compte que ce Kimura ne convoite pas sa fille, mais plutôt sa femme. Celle-ci semble aussi être attirée par Kimura (plus par lui que par son mari d’ailleurs, qui le dégoûte, lui et ses pratiques fétichistes), et cette jalousie va exciter son mari au plus haut point. Leur fille va même devenir en quelque sorte complice de cette histoire plutôt malsaine.

« Dire que j’ai épousé quelqu’un d’aussi détestable, qui me convient si peu ! Ah ! Si seulement à la place j’avais pu avoir M. Kimura pour mari, ne puis-je m’empêcher de soupirer chaque jour. »

Ce roman pose donc la question des limites : jusqu’où peut-on aller pour faire renaître le désir dans son couple ? À mon avis, ce couple va bien trop loin et cette histoire m’a grandement mis mal à l’aise. Le problème, c’est qu’ils écrivent chacun dans le but d’être lu par l’autre, et non par nous. Je ne voulais pas en savoir autant, je ne voulais pas lire leurs journaux intimes ! Et pourtant, on est là, au milieu, en train de voir ce couple pris dans un tourbillon de jalousie et d’actions qui vont finir par aller trop loin. Même si le roman est intéressant sur un point de vue psychologique et de couple, j’étais bien content quand j’ai pu le refermer, d’autant plus que la dernière partie est ennuyeuse au possible.

« Tout en sachant pertinemment que l’autre nous lirait, nous nous arrangions ainsi, mon mari et moi, pour rendre le parcours tortueux, en érigeant des barrières, en dressant des obstacles, de façon à ne jamais être sûr que l’autre soit parvenu à ses fins. »

Si vous voulez être mal à l’aise, n’hésitez vraiment pas à lire ce roman ! En revanche, si vous ne voulez pas spécialement entrer dans l’intimité d’un couple prêt à tout pour faire évoluer leur désir, ce n’est pas une lecture que je vous conseillerais.

Ma note :
6

Monsieur Origami de Jean-Marc Ceci

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En ce samedi, je vais vous présenter un roman de la rentrée littéraire 2016, à savoir Monsieur Origami de Jean-Marc Ceci. C’est parti pour le pliage !

monsieur-origami-jean-marc-ceciEdition lue :
Éditeur : Gallimard
Publié le : 25 août 2016
Nombre de pages : 168
Prix : 15,00€

Monsieur Origami est un (très) court roman qui nous présente Maître Kurogiku, surnommé Monsieur Origami par les gens qui l’entourent. Kurogiku vit dans une ruine en Italie, après avoir quitté le Japon à l’âge de 20 ans pour retrouver une femme italienne qu’il n’avait qu’aperçue quelques secondes dans son pays. Il fabrique et vend du washi, le papier japonais traditionnel utilisé pour faire de l’origami, la passion de sa vie. Il a aujourd’hui soixante ans et n’a pas retrouvé cette femme, et vit toujours seul en Italie, jusqu’au jour où un jeune homme, Casparo, souhaitant fabriquer une montre complexe, va toquer à sa porte pour lui demander s’il peut loger chez lui.

« L’art de l’origami est un art aux règles simples. L’art de l’origami consiste à prendre une feuille de papier. Puis à la plier. »

Kurogiku va un peu s’ouvrir à Casparo et leurs conversations vont être remplies de silences, d’interrogations plus ou moins philosophiques. Il s’agit d’une lecture apaisante et globalement intéressante, puisque j’ai appris des choses sur la fabrication de ce papier si particulier et sur l’histoire de l’origami. C’est un roman à l’âme japonaise, dans le sens où la méditation a une part importante dans la vie de Kurogiku, qui pratique aussi le zazen, et les conversations des personnages n’en disent pas beaucoup et laissent une grande place à la réflexion. Même si l’esprit japonais est là, je n’ai pas été particulièrement touché par ce roman, bien trop court à mon sens, mais aussi bien trop vide. Je comprends ce que l’auteur a tenté de faire, c’est même plutôt audacieux, mais, même si c’était une lecture plutôt plaisante, j’ai eu l’impression d’être passé à côté de ce roman, moi qui suis pourtant sensible à ce genre d’écritures. Dommage.

« Un jour ou l’autre, je la retrouverai. Dans cette vie ou dans une autre. Je retrouverai la femme qui m’a fait venir ici. »

Un court roman qui tentera de vous faire pénétrer dans une atmosphère japonaise, où le vide et la réflexion qu’il engendrera auront une place plus importante que les phrases en elles-mêmes.

Ma note :
6

La Femme de Villon d’Osamu Dazai

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Il est temps de vous parler aujourd’hui d’une nouvelle d’un grand écrivain japonais que je n’ai pas encore mentionné sur le blog : partons ensemble à la rencontre de La Femme de Villon d’Osamu Dazai.

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Edition lue :
Éditeur : Éditions du Rocher
Publié en : Janvier 2005
Publié au Japon en : Août 1947
Nombre de pages : 65
Prix : 8,70€

Dans cette nouvelle d’une soixantaine de pages, on va rencontrer M. Ôtani, un poète à succès de 30 ans, mais qui est aussi alcoolique. Mais, comme le titre de la nouvelle l’indique, c’est sa femme qui va être au centre de cette histoire. Elle va recevoir un soir la visite d’un couple propriétaire d’un restaurant qui a suivi son mari. Ils réclament l’argent qu’il leur a volé ainsi que toutes les notes qu’il n’a pas payées quand il va boire chez eux. La femme, connaissant très bien son mari, n’est pas surprise et va réfléchir à une façon de pouvoir rembourser ce couple.

« C’est aux alentours de trente ans qu’un homme est le plus impétueux et qu’il supporte le mieux l’alcool, pourtant, à ce point-là, c’est rare. »

J’étais curieux de découvrir cette nouvelle, puisqu’Osamu Dazai m’avait ébloui avec son roman La Déchéance d’un homme. C’était une lecture plutôt plaisante, surtout grâce à la personnalité de cette femme, qui n’a que vingt-six ans et qui rend la nouvelle intéressante. Même si la nouvelle n’est pas mémorable, la vie de cette femme, et ses choix, malgré un mari qui ne la mérite pas, vont la rendre sympathique et la rendre aussi active, ce qui vaut le coup d’être souligné puisque dans la littérature japonaise, surtout à cette époque, la femme est représentée en tant qu’être passif qui doit supporter tout ce que son mari lui inflige. Ceci dit, je pense que cette nouvelle aurait pu être plus développée et devenir un roman. Il est rare que je pense cela des nouvelles, en général, elles sont courtes pour une raison, mais là, j’aurais adoré en découvrir plus sur cette femme et son histoire.

Une nouvelle qui se lit plutôt bien et qui est intéressante grâce à cette jeune femme, qui ne va pas se laisser abattre par le caractère de son mari et qui va trouver une façon à elle de lui venir en aide… ou de trouver le bonheur.

Ma note :
6

Une langue venue d’ailleurs d’Akira Mizubayashi

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Ce samedi, je vais vous parler d’Une langue venue d’ailleurs. Il s’agit d’un roman d’Akira Mizubayashi, qu’il a écrit directement en français et dans lequel il nous parle de son apprentissage et surtout de sa relation avec la langue de Molière…

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Edition lue :
Éditeur : Gallimard (Folio)
Publié en : 2013 (grand format en 2011)
Nombre de pages : 272
Prix : 7,10€

Ce roman est séparé en trois parties : la première s’intitule Tokyo, lorsque l’auteur nous raconte sa découverte de la langue française et son intérêt grandissant pour celle-ci, la seconde Montpellier, lorsqu’il partira étudier dans cette ville, et la troisième et dernière Paris-Tokyo, sur la fin de ses études et le début de sa vie professionnelle entre ces deux villes. Akira Mizubayashi a 19 ans lorsqu’il découvre le français et va souhaiter apprendre cette langue (qui est bien plus qu’une langue pour lui et qui va tracer un nouveau chemin dans sa vie), en commençant à enregistrer sur un magnétophone des cours de français qui passaient à la radio au Japon et à les écouter en boucle… Il va par la suite avoir une relation particulière avec Rousseau (que l’on va voir apparaître tout au long du roman), mais aussi avec la musique (Mozart notamment), deux domaines qui vont jouer un rôle dans son approche de la langue française.

« Dans le métro et l’autobus, personne n’avait d’écouteurs dans ses oreilles, sauf moi ; je me bourrais de musique française ; j’étais sous perfusion linguistique de façon quasi permanente. »

C’est un roman au départ assez difficile à lire, j’ai mis un peu de temps à entrer dedans, mais plus les pages se tournaient et plus le récit se construisait et on comprenait pourquoi l’auteur avait écrit ce roman. On découvre la place qu’a la langue française dans la vie de ce Japonais qui va aller vivre son rêve à Montpellier, puis à Paris, toujours en étant en perpétuelle immersion avec la langue française, la musique et nos grands écrivains et philosophes. Alors, certes, comme je l’ai précisé plus haut, je n’ai pas été tout de suite pris dans le roman et j’ai mis pas mal de temps à le lire. En fait, je dirais que dans sa globalité, c’est un roman intéressant, mais surtout pour certains passages et certaines anecdotes qui sont plaisantes à lire : par exemple quand il explique qu’au Japon, à la caisse des supermarchés on ne dit pas merci ; je le fais en général, mais je constate que la plupart des Japonais ne le font pas. Ou lorsqu’avec sa femme française, il y a toute la réflexion sur la langue dans laquelle chacun doit parler pour éduquer leur fille (Japonais ? Français ? Chacun sa langue ?) ou même pour parler à leur chienne. Ce sont pour moi ces petits passages, plus anodins, plus ancrés dans le quotidien, et d’un certain côté moins intellectuels que le reste du roman, qui m’ont tout de même fait passer une lecture plaisante.

Un roman qui va en détail dans le parcours étudiant d’Akira Mizubayashi et dans sa relation avec la langue française depuis qu’il l’a découverte. Un texte qui m’a été d’un intérêt variable selon les passages, mais qui est toujours écrit dans une langue parfaitement maîtrisée et littéraire, et ça, c’est si agréable que je ne peux que le souligner !

Ma note :
6

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