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Archives de Tag: 6 étoiles

Edge of Tomorrow d’Hiroshi Sakurazaka

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Je vais aujourd’hui vous parler d’un roman de science-fiction paru en France suite à son adaptation en film. Voici Edge of Tomorrow d’Hiroshi Sakurazaka, sous-titré en français Aujourd’hui à jamais. Soyez prêts.

Edition lue :
Éditeur : Kazé Manga
Publié en : Mai 2014
Traduction et adaptation : Jacques C. et Gilles Chassignol
Édition originale en japonais : 2004
Nombre de pages : 231
Prix : 13,29€

Le roman s’ouvre sur une scène de guerre. Keiji est sur un champ de bataille, il a perdu des alliés, et il va attaquer des Mimics, des monstres plus petits que les hommes mais plus larges et beaucoup plus forts, qui semblent vouloir envahir la Terre.  Keiji va se retrouver grièvement blesser et Rita, une femme, va l’accompagner jusqu’à ce qu’il meurt… Et puis, Keiji va se réveiller aux côtés d’un de ses camarades mort au combat et ce qu’il va prendre au départ pour un rêve va en fait être une boucle : il va revivre la même journée des dizaines de fois.

« Il y a des cauchemars dont tu ne peux pas te réveiller, quels que soient les efforts que tu fasses. Moi, j’étais prisonnier d’un cauchemar, et qu’importe le nombre de fois où je me réveillais, j’étais toujours piégé à l’intérieur. »

Tout d’abord, avec cette couverture qui n’est autre que l’affiche du film, je dois dire que je n’ai ni eu envie d’acheter le livre, ni de le lire. Mais je suis passé outre, parce que l’histoire me semblait intéressante, et qu’on n’a pas énormément de romans de science-fiction japonais traduits en français. Et puis, je lis, et je découvre un langage très cru, avec des clichés affligeants sur les militaires et le traitement qu’ils font aux femmes par exemple, en tant qu’objet pour assouvir leurs besoins pour se soulager avant de partir au combat. Je suis à deux doigts d’abandonner le livre, mais vu que je voulais en parler sur ce blog, je fais un effort. Et non, ça ne passe décidément pas. Le jour qui se repète n’apporte pas vraiment d’intérêt, il ne se passe quasiment rien pendant toute la première moitié du roman…

« Rita n’avait aucun regret. Elle ne voulait qu’une chose : tuer tous les Mimics qui avaient envahi sa planète, jusqu’au dernier. Elle savait qu’elle pouvait y arriver. »

Mais à partir de la moitié, on avance un peu, et on découvre plus en détails Rita, une femme réputée en tant que guerrière qui fascine tous les hommes de l’armée, et l’histoire va avancer. On va comprendre pourquoi Keiji est pris dans ces boucles, et comment il peut tenter d’y échapper, et surtout, à quel prix. On en apprend également un peu plus sur le passé des personnages, même si cela reste basique, ça aide à entrer pleinement dans l’histoire, et le roman bouge enfin, ce qui fait plaisir. De la moitié jusqu’à la fin, j’ai donc été pris dans cette histoire, je suis donc bien content de ne pas avoir abandonné, au moins pour ne pas rester sur une impression entièrement négative.

« S’il existe un paradis, ça doit être un endroit glacé. Un endroit sombre. Un endroit désolé. »

Un roman assez déplaisant au départ, mais qui parvient tout de même à être intéressant après avoir surmonté la première moitié et à nous faire entrer dans ce monde en guerre et dans ces terribles boucles temporelles.

Ma note :
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Comment apprendre à s’aimer de Yukiko Motoya

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Un roman qui nous fait découvrir des scènes de la vie d’une femme : voici Comment apprendre à s’aimer de Yukiko Motoya.

Edition lue :
Éditeur : Philippe Picquier
Publié le : 18 août 2016
Traduction : Myriam Dartois-Ako
Publié au Japon en : 2013
Nombre de pages : 144
Prix : 16,50€

Linde a 16 ans lorsqu’on la rencontre. Lycéenne, elle traîne avec deux filles avec qui elle ne partage pas grand chose, des « amies par défaut ». Ensuite, on la découvre à plusieurs âges de sa vie : 28 ans, en couple avec un homme avec qui elle se montre particulièrement agaçante et avec qui elle se dispute souvent, 34 ans, avec ce même homme avec qui elle est désormais mariée mais ne semble pas satisfaite, puis à 47, 3 et 63 ans. Dans ce dernier chapitre, elle cherche des moyens de s’aimer, une chose qu’elle n’a visiblement pas fait durant toute sa vie, d’où le titre du roman.

« Ces pitoyables êtres devant elle étaient, sans le moindre doute, ses amis. Et ils pensaient certainement la même chose qu’elle. »

Un roman qui m’intriguait et que j’avais envie de lire depuis sa sortie. Et puis je lis le premier chapitre. Linde, 16 ans, adolescente étrange qui joue au bowling avec ses « amies » qui n’ont rien à se dire. Pourquoi pas. 28 ans. Linde commence à être un petit peu irritante, tout comme son petit-ami, d’ailleurs. D’accord. Et puis, s’enchaînent trèèès lentement les chapitres suivants. Cela devient de plus en plus triste à lire, Linde a une vie particulièrement inintéressante. C’est certainement l’effet recherché, mais je me suis bien ennuyé une fois les deux premiers chapitres passés.

« La paresse de Linde commençait à ressembler à ces traces de tartre dans la salle de bain, longtemps négligées et maintenant incrustées. Elle s’était convaincue que ces motifs existaient depuis toujours. »

Un roman qui me tentait beaucoup et qui m’a intéressé – mais que jusqu’à la moitié. On suit une femme qui a, au final, du mal à trouver son bonheur au fil des ans, et qui va essayer de trouver un moyen pour commencer à enfin s’aimer.

Ma note :

Le ciel ne parle pas de Morgan Sportès

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La rentrée littéraire commence petit à petit, et aujourd’hui je vous présente donc un roman historique de Morgan Sportès qui se déroule à Nagasaki au XVIIème siècle. Voici Le ciel ne parle pas.

Edition lue :
Éditeur : Fayard
Publié le : 16 août 2017
Nombre de pages : 330
Prix : 20,00€

Le ciel ne parle pas aborde le même thème qu’un grand roman de la littérature japonaise, à savoir Silence de Shûsaku Endô. On est donc au XVIIème siècle, à Nagasaki, et le roman va tourner au tour de Cristóvão Ferreira, qui a réellement existé, un prêtre jésuite portugais, qui, au début du roman, va apostasier (renoncer publiquement à sa religion) après avoir été pendu la tête à l’envers jusqu’à ce qu’il renonce ou décède. En effet, après avoir été accueillis au Japon, les missionnaires chrétiens vont être traqués, et Ferreira a été arrêté après vingt ans de cavale. Il va donc devoir se convertir au bouddhisme, dénoncer des chrétiens et écrire des brochures contre la foi chrétienne, en attaquant la Bible et les fondements de sa religion…

« Mettre Ferreira la tête en bas, n’était-ce pas la meilleure façon, la plus subtile, de lui faire voir enfin le monde à l’endroit ? »

C’est une partie de l’histoire du Japon et de l’Occident que je ne connaissais que trop peu, et pour cela, je suis content d’avoir lu ce livre. Je n’avais aucune idée de la cruauté avec laquelle étaient torturés ces missionnaires pour qu’ils meurent ou trahissent les leurs, ni du nombre de chrétiens qui voulaient se rendre au Japon pour mourir en tant que martyres. Le narrateur intervient souvent dans le récit pour nous apporter du contexte, des précisions, et cela permet de mieux comprendre le récit et les enjeux.

« Le ciel est bas, lourd, noir. Un éclair fulgure. Et le ciel d’un coup se renverse comme une vasque trop pleine. Croule un déluge de pluie tiède : la mousson. »

Mais voilà, je ne suis pas particulièrement fan des romans historiques, et celui-ci n’a pas fait exception. Certes, comme je l’ai dit, j’étais content d’en apprendre plus sur cette partie importante de l’histoire, mais ma lecture n’était pas vraiment plaisante. Il y a beaucoup de passages que j’ai lus sans vraiment lire, oubliés dans la seconde à cause des noms des personnages que je n’avais pas retenus ou du peu d’intérêt que j’y trouvais. Tout cela n’enlève rien à la qualité de ce livre, ce n’est que mon avis personnel, mais je me dois de le préciser.

« Qu’est-ce que c’est qu’un pape, d’où tient-il tout son pouvoir, lui qui n’a quasi pas d’armées ? c’était une des questions auxquelles les Nippons n’avaient pas encore trouvé de réponse. »

Un roman historique très bien documenté qui nous éclaire sur une période sombre de l’histoire : la traque des chrétiens au Japon au XVIIème siècle. Si le sujet vous intéresse, vous pouvez foncer sur ce livre, qui, je le pense, ne vous décevra pas.

Ma note :

La clef de Junichirô Tanizaki

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Il sera aujourd’hui question d’un roman très particulier. Il s’agit de La clef de Junichirô Tanizaki, dont le sous-titre en dit long sur ce qui vous attend : La confession impudique.

la-clef-junichiro-tanizakiEdition lue :
Éditeur : Gallimard (Folio)
Publié le : 20 mars 2003
Publié au Japon en : 1956
Nombre de pages : 195
Prix : 7,20€

Dans La clef, on suit un couple mature. Lui a 56 ans, elle 45. Il se fait vieux et se plaint de la libido de sa femme qu’il n’arrive plus à satisfaire. Sa femme est en effet très demandeuse sexuellement et n’hésite pas à épuiser son mari. Ce dernier va découvrir un stimulant comme il n’en avait jamais connu auparavant : la jalousie. Pour cela, il va tenir un journal intime pour que sa femme le lise. Elle va en faire de même. Ils vont donc chacun lire le journal de l’autre, sans pour autant en parler et se l’avouer. De là va commencer une aventure pour le moins perverse…

« Alors que nous sommes mariés depuis plus de vingt ans, que notre fille est en âge de se marier à son tour, formons-nous vraiment un couple, nous qui, au lit, nous contentons d’accomplir la chose en silence, sans jamais échanger aucun tendre aveu ? »

Mais voilà, pour se rendre jaloux, il y a besoin d’une troisième personne. Et c’est là que le roman devient tordu à mon sens. En effet, ce couple a une fille qui a un prétendant : un certain Kimura. Mais le vieil homme va se rendre compte que ce Kimura ne convoite pas sa fille, mais plutôt sa femme. Celle-ci semble aussi être attirée par Kimura (plus par lui que par son mari d’ailleurs, qui le dégoûte, lui et ses pratiques fétichistes), et cette jalousie va exciter son mari au plus haut point. Leur fille va même devenir en quelque sorte complice de cette histoire plutôt malsaine.

« Dire que j’ai épousé quelqu’un d’aussi détestable, qui me convient si peu ! Ah ! Si seulement à la place j’avais pu avoir M. Kimura pour mari, ne puis-je m’empêcher de soupirer chaque jour. »

Ce roman pose donc la question des limites : jusqu’où peut-on aller pour faire renaître le désir dans son couple ? À mon avis, ce couple va bien trop loin et cette histoire m’a grandement mis mal à l’aise. Le problème, c’est qu’ils écrivent chacun dans le but d’être lu par l’autre, et non par nous. Je ne voulais pas en savoir autant, je ne voulais pas lire leurs journaux intimes ! Et pourtant, on est là, au milieu, en train de voir ce couple pris dans un tourbillon de jalousie et d’actions qui vont finir par aller trop loin. Même si le roman est intéressant sur un point de vue psychologique et de couple, j’étais bien content quand j’ai pu le refermer, d’autant plus que la dernière partie est ennuyeuse au possible.

« Tout en sachant pertinemment que l’autre nous lirait, nous nous arrangions ainsi, mon mari et moi, pour rendre le parcours tortueux, en érigeant des barrières, en dressant des obstacles, de façon à ne jamais être sûr que l’autre soit parvenu à ses fins. »

Si vous voulez être mal à l’aise, n’hésitez vraiment pas à lire ce roman ! En revanche, si vous ne voulez pas spécialement entrer dans l’intimité d’un couple prêt à tout pour faire évoluer leur désir, ce n’est pas une lecture que je vous conseillerais.

Ma note :
6

Monsieur Origami de Jean-Marc Ceci

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En ce samedi, je vais vous présenter un roman de la rentrée littéraire 2016, à savoir Monsieur Origami de Jean-Marc Ceci. C’est parti pour le pliage !

monsieur-origami-jean-marc-ceciEdition lue :
Éditeur : Gallimard
Publié le : 25 août 2016
Nombre de pages : 168
Prix : 15,00€

Monsieur Origami est un (très) court roman qui nous présente Maître Kurogiku, surnommé Monsieur Origami par les gens qui l’entourent. Kurogiku vit dans une ruine en Italie, après avoir quitté le Japon à l’âge de 20 ans pour retrouver une femme italienne qu’il n’avait qu’aperçue quelques secondes dans son pays. Il fabrique et vend du washi, le papier japonais traditionnel utilisé pour faire de l’origami, la passion de sa vie. Il a aujourd’hui soixante ans et n’a pas retrouvé cette femme, et vit toujours seul en Italie, jusqu’au jour où un jeune homme, Casparo, souhaitant fabriquer une montre complexe, va toquer à sa porte pour lui demander s’il peut loger chez lui.

« L’art de l’origami est un art aux règles simples. L’art de l’origami consiste à prendre une feuille de papier. Puis à la plier. »

Kurogiku va un peu s’ouvrir à Casparo et leurs conversations vont être remplies de silences, d’interrogations plus ou moins philosophiques. Il s’agit d’une lecture apaisante et globalement intéressante, puisque j’ai appris des choses sur la fabrication de ce papier si particulier et sur l’histoire de l’origami. C’est un roman à l’âme japonaise, dans le sens où la méditation a une part importante dans la vie de Kurogiku, qui pratique aussi le zazen, et les conversations des personnages n’en disent pas beaucoup et laissent une grande place à la réflexion. Même si l’esprit japonais est là, je n’ai pas été particulièrement touché par ce roman, bien trop court à mon sens, mais aussi bien trop vide. Je comprends ce que l’auteur a tenté de faire, c’est même plutôt audacieux, mais, même si c’était une lecture plutôt plaisante, j’ai eu l’impression d’être passé à côté de ce roman, moi qui suis pourtant sensible à ce genre d’écritures. Dommage.

« Un jour ou l’autre, je la retrouverai. Dans cette vie ou dans une autre. Je retrouverai la femme qui m’a fait venir ici. »

Un court roman qui tentera de vous faire pénétrer dans une atmosphère japonaise, où le vide et la réflexion qu’il engendrera auront une place plus importante que les phrases en elles-mêmes.

Ma note :
6

La Femme de Villon d’Osamu Dazai

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Il est temps de vous parler aujourd’hui d’une nouvelle d’un grand écrivain japonais que je n’ai pas encore mentionné sur le blog : partons ensemble à la rencontre de La Femme de Villon d’Osamu Dazai.

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Edition lue :
Éditeur : Éditions du Rocher
Publié en : Janvier 2005
Publié au Japon en : Août 1947
Nombre de pages : 65
Prix : 8,70€

Dans cette nouvelle d’une soixantaine de pages, on va rencontrer M. Ôtani, un poète à succès de 30 ans, mais qui est aussi alcoolique. Mais, comme le titre de la nouvelle l’indique, c’est sa femme qui va être au centre de cette histoire. Elle va recevoir un soir la visite d’un couple propriétaire d’un restaurant qui a suivi son mari. Ils réclament l’argent qu’il leur a volé ainsi que toutes les notes qu’il n’a pas payées quand il va boire chez eux. La femme, connaissant très bien son mari, n’est pas surprise et va réfléchir à une façon de pouvoir rembourser ce couple.

« C’est aux alentours de trente ans qu’un homme est le plus impétueux et qu’il supporte le mieux l’alcool, pourtant, à ce point-là, c’est rare. »

J’étais curieux de découvrir cette nouvelle, puisqu’Osamu Dazai m’avait ébloui avec son roman La Déchéance d’un homme. C’était une lecture plutôt plaisante, surtout grâce à la personnalité de cette femme, qui n’a que vingt-six ans et qui rend la nouvelle intéressante. Même si la nouvelle n’est pas mémorable, la vie de cette femme, et ses choix, malgré un mari qui ne la mérite pas, vont la rendre sympathique et la rendre aussi active, ce qui vaut le coup d’être souligné puisque dans la littérature japonaise, surtout à cette époque, la femme est représentée en tant qu’être passif qui doit supporter tout ce que son mari lui inflige. Ceci dit, je pense que cette nouvelle aurait pu être plus développée et devenir un roman. Il est rare que je pense cela des nouvelles, en général, elles sont courtes pour une raison, mais là, j’aurais adoré en découvrir plus sur cette femme et son histoire.

Une nouvelle qui se lit plutôt bien et qui est intéressante grâce à cette jeune femme, qui ne va pas se laisser abattre par le caractère de son mari et qui va trouver une façon à elle de lui venir en aide… ou de trouver le bonheur.

Ma note :
6

Une langue venue d’ailleurs d’Akira Mizubayashi

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Ce samedi, je vais vous parler d’Une langue venue d’ailleurs. Il s’agit d’un roman d’Akira Mizubayashi, qu’il a écrit directement en français et dans lequel il nous parle de son apprentissage et surtout de sa relation avec la langue de Molière…

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Edition lue :
Éditeur : Gallimard (Folio)
Publié en : 2013 (grand format en 2011)
Nombre de pages : 272
Prix : 7,10€

Ce roman est séparé en trois parties : la première s’intitule Tokyo, lorsque l’auteur nous raconte sa découverte de la langue française et son intérêt grandissant pour celle-ci, la seconde Montpellier, lorsqu’il partira étudier dans cette ville, et la troisième et dernière Paris-Tokyo, sur la fin de ses études et le début de sa vie professionnelle entre ces deux villes. Akira Mizubayashi a 19 ans lorsqu’il découvre le français et va souhaiter apprendre cette langue (qui est bien plus qu’une langue pour lui et qui va tracer un nouveau chemin dans sa vie), en commençant à enregistrer sur un magnétophone des cours de français qui passaient à la radio au Japon et à les écouter en boucle… Il va par la suite avoir une relation particulière avec Rousseau (que l’on va voir apparaître tout au long du roman), mais aussi avec la musique (Mozart notamment), deux domaines qui vont jouer un rôle dans son approche de la langue française.

« Dans le métro et l’autobus, personne n’avait d’écouteurs dans ses oreilles, sauf moi ; je me bourrais de musique française ; j’étais sous perfusion linguistique de façon quasi permanente. »

C’est un roman au départ assez difficile à lire, j’ai mis un peu de temps à entrer dedans, mais plus les pages se tournaient et plus le récit se construisait et on comprenait pourquoi l’auteur avait écrit ce roman. On découvre la place qu’a la langue française dans la vie de ce Japonais qui va aller vivre son rêve à Montpellier, puis à Paris, toujours en étant en perpétuelle immersion avec la langue française, la musique et nos grands écrivains et philosophes. Alors, certes, comme je l’ai précisé plus haut, je n’ai pas été tout de suite pris dans le roman et j’ai mis pas mal de temps à le lire. En fait, je dirais que dans sa globalité, c’est un roman intéressant, mais surtout pour certains passages et certaines anecdotes qui sont plaisantes à lire : par exemple quand il explique qu’au Japon, à la caisse des supermarchés on ne dit pas merci ; je le fais en général, mais je constate que la plupart des Japonais ne le font pas. Ou lorsqu’avec sa femme française, il y a toute la réflexion sur la langue dans laquelle chacun doit parler pour éduquer leur fille (Japonais ? Français ? Chacun sa langue ?) ou même pour parler à leur chienne. Ce sont pour moi ces petits passages, plus anodins, plus ancrés dans le quotidien, et d’un certain côté moins intellectuels que le reste du roman, qui m’ont tout de même fait passer une lecture plaisante.

Un roman qui va en détail dans le parcours étudiant d’Akira Mizubayashi et dans sa relation avec la langue française depuis qu’il l’a découverte. Un texte qui m’a été d’un intérêt variable selon les passages, mais qui est toujours écrit dans une langue parfaitement maîtrisée et littéraire, et ça, c’est si agréable que je ne peux que le souligner !

Ma note :
6

Les attaques de la boulangerie d’Haruki Murakami

Publié le

Ce samedi (qui est désormais le jour où sera publié un nouvel article, au lieu du vendredi), c’est Haruki Murakami ! Et je vous parle aujourd’hui de deux nouvelles loufoques comme il aime tant en faire : Les attaques de la boulangerie !

les-attaques-de-la-boulangerie-haruki-murakamiEdition lue :
Éditeur : 10/18
Publié le : 7 novembre 2013
Nombre de pages : 72
Prix : 8,40€

Ce joli petit livre contient donc deux nouvelles d’Haruki Murakami : « L’attaque de la boulangerie » a été publiée en 1981 et raconte l’histoire d’un couple qui ressent un jour une énorme faim. Ils vont donc décider d’aller braquer une boulangerie pour avoir non pas l’argent de la caisse-enregistreuse, mais tout simplement du pain. Ils arrivent armés, mais le boulanger ne va pas se laisser faire et va leur proposer un marché : ils doivent écouter Wagner avec lui et après il leur donnera autant de pain qu’ils veulent.

« Il faut dire que nous avions faim. Non, en fait, c’était plutôt comme si nous avions englouti un vide cosmique. »

La seconde nouvelle est sortie quant à elle en 1985 et s’intitule « La seconde attaque de la boulangerie ». L’homme du couple de la nouvelle précédente est désormais marié à une autre femme et une nuit il va ressentir une faim insupportable et il va raconter à sa femme la fois où il a braqué une boulangerie (l’histoire de la première nouvelle donc). Il pense qu’il est sous l’emprise d’une malédiction puisqu’il avait à l’époque obtenu ce pain d’une façon non criminelle, mais via un simple échange (écouter Wagner = du pain gratuit). Sa femme pense que pour conjurer le mauvais sort il va donc devoir attaquer à nouveau une boulangerie…

« C’est ainsi que nous emportâmes des couteaux de cuisine et nous dirigeâmes vers la boulangerie. »

Ce sont deux nouvelles pour le moins étrange ! La première est vraiment très courte et il est difficile de s’en faire un avis. En revanche, grâce à la seconde nouvelle, on obtient une petite histoire à la cohérence relative, mais déjà plus intéressante. On est toujours dans une atmosphère loufoque et avec des personnages aux idées pour le moins surprenantes. Ce n’est pas une lecture qui m’a spécialement plu ou marqué, mais j’ai tout de même apprécié la folie de la femme de la deuxième nouvelle, qui semble étonnement expérimentée quand il s’agit de braquage. Ce livre est, comme pour L’Étrange bibliothèque et Sommeil, illustré par l’artiste allemande Kat Menschik, mais je dois dire que j’ai eu plus de mal avec les illustrations des Attaques de la boulangerie. Le style est plus étrange et elles n’apportent pas grand chose à mon sens… Mais ça reste un bel objet. Un petit exemple d’illustration :

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C’est un petit livre intéressant pour tous ceux qui veulent se plonger dans le côté loufoque d’Haruki Murakami, qui ne lésine pas sur la folie de ses personnages. Ce ne sont pas des nouvelles mémorables, mais elles font passer un moment de lecture pour le moins original.

Ma note :
6

L’île de Tokyo de Natsuo Kirino

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Aujourd’hui, je vais vous parler d’un roman d’une auteure que j’aime beaucoup. Après avoir lu OUT, Monstrueux et Le vrai monde, j’ai embarqué sur L’île de Tokyo ! Partons avec Natsuo Kirino sur cette île si particulière.

ile-de-tokyo-natsuo-kirinoEdition lue :
Éditeur : Seuil
Publié en : 2013 (édition originale en japonais : 2008)
Nombre de pages : 281
Prix : 22,50€

Dans ce roman, Natsuo Kirino nous emmène donc sur une île déserte sur laquelle se trouvent des naufragés japonais. Trente-et-un hommes de tous âges. Et une femme : Kiyoko, 46 ans. En étant la seule femme de l’île, celle-ci est en quelque sorte la reine de cette société qui tente de se reconstruire. Les hommes vont prendre soin d’elle et la chérir, et, bien qu’elle doive se marier avec un nouvel homme tous les deux ans, Kiyoko doit également assouvir les besoins de ses concitoyens. Ils attendent tous qu’un navire vienne les sauver, mais ils sont déjà là depuis de longs mois… Tout pourrait continuer ainsi, mais l’arrivée de Chinois sur l’île va quelque peu bouleverser leur quotidien.

« Son existence était précieuse, objet de convoitises effrayantes, qu’on ne voulait toutefois pas mettre en danger. »

Les Chinois vont très vite mieux se débrouiller que les Japonais. Ils vont mieux organiser leur survie, ils vont mieux s’occuper de la nourriture, se construire ce dont ils ont besoin. Et un jour, ils vont construire un radeau et demander à Kiyoko de venir avec eux. Kiyoko ne va pas hésiter et va vouloir retrouver la terre ferme. Malheureusement, cela ne va pas se passer comme prévu et ils vont atterrir à nouveau sur l’île de Tokyo. Mais à leur retour, les choses ont changé. Les Japonais, et notamment son mari du moment, n’ont pas apprécié que Kiyoko les trahisse et s’en aille avec les Chinois et ne vont plus vraiment la respecter. Kiyoko, d’abord dépitée, va ensuite tenter de trouver un autre moyen de redevenir le centre de cette île et de ses habitants. Et elle a en elle un élément qui va pouvoir l’aider dans sa misson.

« Six coquillages avaient été déposés sur le sol. Les participants devaient les ouvrir, du plus âgé au plus jeune : celui qui trouvait une inscription à l’intérieur était désigné comme nouveau mari. »

J’ai un avis très mitigé sur ce roman. Je dois dire que Natsuo Kirino m’a déçu. Autant j’avais adoré les romans que j’avais pu lire d’elle, autant là, durant toute la première moitié du livre, j’étais dans l’incompréhension. En effet, le sujet de base est intéressant, mais on se perd et on s’ennuie royalement. On nous décrit la vie sur l’île, le pouvoir qu’a Kiyoko, et aussi certains personnages dont on ne comprend pas trop pourquoi elle nous en parle. C’est de l’ennui total. J’ai failli refermer le livre après une centaine de pages, mais j’ai pourtant persisté. Et ce n’était finalement pas une si mauvaise idée que ça.

« Peut-être devrait-elle essayer de trouver d’autres raisons d’exister sur cette île que le sexe ? »

En effet, à partir de la moitié, le roman prend une tournure très intéressante. J’ai eu l’envie de tourner les pages, de connaître la suite. Le récit est très bien construit (un peu tardivement, certes), puisqu’on revient dans le passé, on suit des personnages qui ne nous semblaient pas intéressants au premier abord, on navigue entre le moment présent, leur arrivée sur l’île et tous les événements qui les ont conduit jusqu’ici. Les histoires se croisent et le sort et la psychologie des personnages prennent enfin une tournure qui donnent envie de lire, d’en apprendre plus sur eux, et ça c’est très plaisant ! L’évolution des personnages de Kiyoko et de Watanabe notamment est bien développée, et le développement de leur société suite à l’arrivée d’un autre peuple est aussi très bien construit. Voilà une bonne raison de ne pas lâcher le roman malgré un début déplaisant.

Un roman de Natsuo Kirino très différent des précédents parus en France. Le début m’a malheureusement ennuyé, ce qui est rare avec cette auteure, mais la seconde moitié du roman relève le niveau et devient intéressante, si intéressante que j’ai voulu enchaîner les chapitres. Un avis mitigé sur ce roman, mais grâce à une fin plus que réussie, je reste sur une note positive !

Ma note :
6

Pluie noire de Masuji Ibuse

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Aujourd’hui, un sujet délicat abordé dans un roman particulièrement difficile : le bombardement atomique du Japon et ses conséquences, raconté par Masuji Ibuse, dans son roman le plus connu, Pluie noire (黒い雨, Kuroi ame).

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Edition lue :

Éditeur : Gallimard (Folio)
Publié en : 2004 (1ère édition : 1972)
Édition originale en japonais : 1966
Nombre de pages : 382
Prix : 8,50€

L’histoire de Pluie noire se déroule à proximité de la ville d’Hiroshima, cinq ans après l’explosion de la bombe atomique. On suit Yasuko, jeune fille vivant chez son oncle et sa tante, qui n’arrivent pas à la marier à cause d’une rumeur : Yasuko serait en effet malade, puisqu’elle aurait reçu sur elle la « pluie noire », pluie fortement radioactive tombée quelques temps après la bombe. À partir de là, on va suivre principalement son oncle, Shigematsu, qui entretient un journal depuis le jour de l’explosion. On va donc revivre la chronologie de ce qui est l’un des plus choquants épisodes de l’Histoire du Japon – à travers les écrits de Shigematsu, qui nous relate les effets de la bombe sur lui et sa famille, mais aussi de sa nièce dont il va reprendre le journal pour prouver que celle-ci est en bonne santé et pour faire taire les rumeurs.

L’auteur s’est appuyé sur des documents officiels pour écrire son roman, et ça se sent. Il y a beaucoup de précisions, de descriptions et cela en fait un roman particulièrement difficile à lire. J’ai commencé ce roman quelques jours avant de découvrir Hiroshima pour la première fois, ce qui n’était peut-être pas une bonne chose malgré ce que je croyais. En effet, mon court séjour dans cette ville s’est déroulé dans une atmosphère très pesante, où mon esprit a simplement été saturé par toutes les images et témoignages que j’ai pu voir ou lire. Je ne regrette en rien la visite d’Hiroshima, je pense que c’est à faire un fois dans sa vie, mais après celle-ci j’ai souhaité prendre quelques distances : je n’arrivais plus à lire ce roman. Je l’ai donc mis de côté et repris quelques semaines plus tard. J’ai au total mis près de deux mois pour lire ce roman, moi qui lit en général rapidement.

Je pense que ce roman est un roman de qualité sur le sujet, puisqu’à la fois il nous parle des conséquences directes de ces bombes atomiques, des atrocités qu’elle a faites à ces villes et ces habitants (les explosions en elles-mêmes, les incendies… entre 110 000 et 250 000 victimes directes selon les sources), mais il nous parle aussi de l’après. Des maladies causées par les bombes atomiques, mais également le rejet de ces personnes malades, comme on peut le voir avec le personnage de Yasuko. On suit donc ce qui s’est passé de quelques heures avant les bombes, jusqu’à des années après que celles-ci aient détruit une partie du Japon, en passant par l’incompréhension totale des habitants d’Hiroshima et ses alentours, ne savant pas les spécificités de cette arme nouvelle.

En bref, il s’agit d’un roman fort qui ne pourra pas vous laisser indifférent. J’ai pour ma part eu beaucoup de mal à le lire, d’où ma note moyenne, mais il s’agit pourtant d’un roman que je ne regrette pas d’avoir lu et que je conseille à tous ceux qui n’ont pas peur de se lancer dans une lecture qui les marquera.

Ma note :
6
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