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Archives de Tag: 7 étoiles

Les Fruits de Shinjuku de Ryûji Morita

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Je vous présente un beau petit livre aujourd’hui, qui contient une nouvelle illustrée. Êtes-vous prêts à goûter Les Fruits de Shinjuku de Ryûji Morita ?
Edition lue :
Éditeur : Philippe Picquier
Publié en : Novembre 2012
Traduction : Corinne Quentin
Illustrations : Amandine Grandcolas
Nombre de pages : 96
Prix : 13,00€

Dans cette nouvelle illustrée, publiée avec d’autres nouvelles d’auteurs japonais dans le recueil Tokyo Électrique, on passe la journée avec deux jeunes un peu désabusés. De l’appartement où ils se trouvent au début de la nouvelle, ils photographient Maria, une jeune prostituée qui travaille dans l’établissement d’en face. Ils vont ensuite la rencontrer par hasard et vont l’aborder et passer la journée avec elle dans le quartier chaud de Shinjuku.

J’ai beaucoup apprécié relire cette nouvelle, puisque les illustrations donnent une autre dimension à cette histoire. On alterne des dessins couleur en pleine page et des petites cases en noir et blanc, et cela permet de passer nous aussi la journée avec Maria et ces deux garçons qui sont intrigués par la très jeune femme.

Un réel plaisir de découvrir cette nouvelle dans ce format, il est rare d’avoir des ouvrages japonais illustrés, et c’est une initiative à souligner et à encourager !

Ma note :
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Futon de Katai Tayama

Publié le
Après une petite absence de deux semaines, Comaujapon est de retour ! Cette fois-ci, je vous présente Futon de Katai Tayama.

Edition lue :
Éditeur : Editions du Rocher
Publié en : Avril 2000
Publié au Japon en : 1907
Nombre de pages : 168

Futon est le roman le plus célèbre de Katai Tayama et il est ici présenté avec deux nouvelles. Dans Futon, on va suivre Tokio, qui éprouve de l’amour pour sa jeune élève Yoshiko. Il est marié et père de famille, et ses sentiments pour Yoshiko vont encore plus se développer lorsque celle-ci va vivre avec Tokio et sa femme pour pouvoir suivre la formation de son maître. Mais lorsque Yoshiko va rencontrer un garçon de son âge avec qui elle envisage une relation sérieuse, Tokio va sombrer dans une tristesse sourde.

« Les jeunes étaient toujours les mêmes, mais leur façon de définir l’amour, de parler de littérature ou de discuter de politique était radicalement différente, et il lui semblait qu’il ne pourrait les suivre éternellement. »

Je dois dire que j’ai beaucoup apprécié ce texte de Katai Tayama, un auteur que je connaissais pas. La préface est intéressante et permet d’en apprendre un peu plus sur lui et sur ses influences, celle de Maupassant notamment. Futon est un texte vraiment intéressant, puisqu’en plus des tourments de cet homme marié, on est au début du XXème siècle, dans la société japonaise qui progresse de jour en jour. Le trouble de Tokio, qui se transforme en désespoir au fur et à mesure qu’il voit la fille qu’il aime s’éloigner de lui est aussi un élément qui m’a fait beaucoup apprécier ce roman.

« Qui ne se sentirait ému de s’entendre appeler « Maître ! Maître ! », et de se voir admiré à l’égal d’un des grands de ce monde par cette ravissante élève aux façons si modernes ! »

Le roman est suivi de deux nouvelles. La première, Un soldat, nous présente, comme son nom l’indique, un soldat, blessé, qui est en route pour retrouver son régiment. J’ai beaucoup de mal avec les textes sur la guerre, donc ça n’a pas vraiment été une lecture plaisante pour moi. La seconde nouvelle, Une botte d’oignons, est aussi plutôt difficile à lire, puisqu’on suit O-saku, une jeune fille infortunée qui vit avec son oncle et qui a une vie misérable, qui ne va pas s’arranger au fil des pages…

« Il faut que les nouvelles femmes du Japon pensent et agissent par elles-mêmes. »

Un livre qui nous offre une intéressante approche de Katai Tayama, un auteur que j’ai encore plus envie de découvrir désormais.

Ma note :

Le convoi de l’eau d’Akira Yoshimura

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Je vous présente aujourd’hui un roman d’Akira Yoshimura, profond comme il sait si bien les faire : Le convoi de l’eau.

Edition lue :
Éditeur : Actes Sud
Publié en : Mai 2011
Grand format publié en : Janvier 2009
Traduction :
 Yutaka Makino
Publié au Japon entre : 1967
Nombre de pages : 176
Prix : 6,60€

Notre narrateur est ouvrier travaillant sur la construction d’un barrage à côté d’un village perdu en montagne. Il a choisi ce travail pour une seule raison : fuir son passé, dans un endroit reclus. On comprend vite ce qu’il fuit. Il a en effet fait de la prison et garde sur lui les os des orteils de sa femme, qu’il a tuée à coups de bûche parce qu’elle l’avait trompé. Il se remémore le passé, son acte terrible, la prison, sa sortie de prison – et son histoire et son ressenti vont peu à peu entrer en résonance avec les habitants du village qui vont bientôt devoir être délogés.

« En somme, la mort est une réalité prise en compte dès le début. Ceux qui travaillent dans un tel contexte semblent s’efforcer de devenir insensibles à la mort d’autrui. »

Le début est très lent, et j’ai failli décrocher, jusqu’à être vraiment intéressé par l’histoire qui se déroulait. Les ouvriers ont du mal à comprendre les villageois si particuliers qui ont décidé de vivre en dehors de la société, mais c’est surtout l’histoire de cet homme qui a fait une chose ignoble qui m’a intéressé. La raison de son exil, la façon dont il perçoit et comprend les villageois lorsque ceux-ci sont obligés de quitter l’endroit où ils vivent depuis des générations et des générations.

« Je croyais qu’il y avait tapi au fond de moi quelque chose de mystérieux que je ne pouvais absolument pas contrôler. Une fois que la violence s’emparait de moi, elle s’exacerbait sans que je puisse l’arrêter, pour éclater soudain comme si une digue se rompait. »

Un roman vraiment intéressant sur un homme qui essaie de fuir la société et qui va voir enfin le jour grâce à des villageois au comportement incompréhensible au premier abord.

Ma note :

Le Journal de Tosa de Ki no Tsurayuki

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Après avoir découvert le Journal de Sarashina, je vous propose un autre célèbre texte de voyage : voici le Journal de Tosa de Ki no Tsurayuki.

Edition lue :
Éditeur : Editions Verdier
Publié le : 3 mai 2018
Traduit et présenté par : René Sieffert
Nombre de pages : 96
Prix : 13,50€

L’auteur va prétendre être une femme voulant imiter les journaux qu’écrivaient les hommes lors de leurs voyages. On va donc suivre ce gouverneur de la province de Tosa qui va quitter sa ville pour se rendre à Kyôto en l’an 935, un voyage durant cinquante-cinq jours. Il va ainsi nous parler, d’une écriture féminine, de ce voyage, mais aussi des moments d’ennui lors d’escales prolongées, toujours dans un environnement qui se prête à merveille à la poésie…

« Ce que font les hommes et qu’ils appellent « journal », une femme va tenter de le faire à sa façon. »

C’est toujours instructif et plaisant de découvrir ces journaux de voyage, qui nous font traverser le Japon en poésie. Ici, le récit de voyage n’est pas très excitant, la plupart du temps l’auteur et ses compagnons de voyage semblent s’ennuyer, mais l’intérêt se trouve dans la poésie. En effet, tout le monde autour de lui compose des poèmes sur les petits événements qui font ce voyage ou sur ce qui les entoure : des enfants, des femmes, des hommes, tout le monde s’y prête, et même lui (ou devrait-il on dire « elle »). Et si cela ne vous suffit pas, vous trouverez à la suite du journal des poèmes de Ki no Tsuruyaki classés par thèmes, que ce soit sur la beauté des saisons ou des thèmes plus durs comme la séparation.

« Plus que blanches bagues
qui se dressent devant vous
moi qui vais rester
je vais élever la voix
de mes pleurs couvrant leur bruit. »

Un journal ancien qui nous fait parcourir le Japon en nous dévoilant toute la poésie que peuvent créer des personnes d’horizons différents qui prennent le temps d’observer ce qui les entoure.

Ma note :

Le petit livre de l’Ikigaï de Ken Mogi

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Récemment, on voit fleurir en librairie des livres sur l’ikigaï. Intrigué, j’ai voulu en découvrir un peu plus grâce au Petit livre de l’Ikigaï (sous-titré La Méthode japonaise pour trouver un sens à sa vie) de Ken Mogi.

Edition lue :
Éditeur : Fayard/Mazarine
Publié le : 28 mars 2018
Traduction de l’anglais : Marion McGuinness
Édition originale en anglais : août 2017
Nombre de pages : 220
Prix : 16,00€

J’ai choisi ce livre-ci en particulier pour découvrir l’ikigaï, cette philosophie purement japonaise, car contrairement à la plupart des autres sur le même sujet, il est écrit par un japonais, même si directement en anglais. Cette philosophie n’est en réalité pas compliquée et repose sur cinq piliers : commencer petit, se libérer soi-même, harmonie et durabilité, la joie des petites choses et être ici et maintenant. L’ikigaï est différent pour chacun et on comprend que ça fait entièrement partie des Japonais. Pour faire court, avoir un ikigaï peut réellement changer la vie, vous apporter moins de stress, plus de bonheur, de créativité et de succès par exemple…

« L’ikigaï est, d’une certaine façon, un baromètre qui reflète la façon dont une personne voit la vie, d’une manière intégrée et représentative. »

Quiconque pose les pieds au Japon et côtoie des Japonais comprend cette notion d’ikigaï. Je ne connaissais pas le terme, et je ne savais même pas que c’était une philosophie à proprement parler, et c’est pour cela que j’ai trouvé ce livre intéressant. Avec les cinq piliers, on comprend rapidement de quoi il est question. Il y a dans ce livre beaucoup d’exemples. Au lieu d’une explication, c’est plutôt des illustrations qui remplissent ce petit livre de l’ikigaï : divers aspects du Japon et de sa culture sont donc vus sous l’angle de cette philosophie (la préparation des sushis, la poterie, l’animation avec Hayao Miyazaki, le whisky japonais, les sumos…). C’est intéressant et varié, même si parfois on se perd un peu en détails pas forcément utiles à la compréhension de l’ikigaï.

« Jouez donc de la musique quand personne n’écoute. Dessinez quand personne ne regarde. Écrivez une nouvelle que personne ne lira. La joie et la satisfaction intérieures seront largement suffisantes pour vous donner l’élan de continuer dans la vie. »

Un petit livre parfait pour se familiariser avec le concept purement japonais de l’ikigaï, à travers cinq piliers à mettre en oeuvre pour être plus heureux et des illustrations intéressantes pour toute personne curieuse du Japon et de sa culture.

Ma note :

Double hélice de Koji Suzuki

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Vous souvenez-vous de Ring ? Ce roman dont j’avais parlé sur le blog qui a été adapté plusieurs fois au cinéma… Et bien cette histoire n’est pas finie, voici le tome 2 de Ring : Double hélice par Koji Suzuki !

Edition lue :
Éditeur : Fleuve noir
Publié en : 2002
Publié au Japon en : 1995
Nombre de pages : 379
Prix : Trilogie à 13,00€ chez Pocket

Double hélice est la suite directe de Ring. Il est donc préférable d’avoir lu Ring au préalable, même si on a un long rappel de ce qu’il s’est passé dans Ring au milieu de Double hélice. Dans Ring, on suivait Kazuyuki Asakawa, qui avait découvert une mystérieuse cassette : tous ceux qui la regardent meurent une semaine plus tard. Une cassette faite par Sadako, une fille décédée vingt-cinq ans plus tôt… Alors qu’on pensait le mystère résolu, ce roman s’ouvre sur la mort d’un certain Ryuji, qui avait aidé Asakawa à percer le mystère de la cassette. Les morts suspectes vont ainsi reprendre et une chose est sûre : Sadako n’a pas dit son dernier mot…

« Il y avait des chiffres sur le bout de papier qui dépassait par erreur du ventre du mort, et en s’amusant à les remplacer par des lettres, cela pouvait donner le mot « Ring ». Et alors ? »

J’avais beaucoup apprécié le premier tome, et c’est un plaisir de voir que cette terrible histoire se poursuit. On retrouve les personnages, et il y a toujours cette atmosphère remplie de suspense et de frissons. Un mélange de surnaturel et d’enquêtes scientifiques, qui rendent le roman vraiment intéressant. On repousse encore un peu les limites du surnaturel, et quand on comprend ce qu’il va se passer et l’ampleur que peuvent prendre les nouveaux éléments d’horreur qui sont introduits, et bien… on a peur.

« Entre un monde d’illusion et le monde de la réalité, dans lequel était-on le plus heureux ? »

Un réel plaisir d’ouvrir ce roman et de frissonner à nouveau avec cette histoire qui prend une nouvelle ampleur dans ce tome 2. En le refermant – il faut dire que la fin est assez géniale -, on n’a qu’une seule envie : lire le tome suivant !

Ma note :

La Beauté, tôt vouée à se défaire de Yasunari Kawabata

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Aujourd’hui, je vous présente deux nouvelles d’un grand auteur de la littérature japonaise : voici La Beauté, tôt vouée à se défaire de Yasunari Kawabata.

Edition lue :
Éditeur : Le Livre de Poche
Publié le : 22 septembre 2004
Grand format sorti le : 5 février 2003
Publié au Japon en : 1933 & 1964
Nombre de pages : 160
Prix : 6,10€

On a droit ici à deux nouvelles inédites de Yasunari Kawabata, qui ont apparemment été publiées avec Les Belles endormies au Japon, alors qu’en France cette dernière a été publiée seule. On a tout d’abord Le Bras, une nouvelle que j’ai beaucoup aimée et dont l’atmosphère, en effet, est la même que pour Les Belles endormies. L’histoire est simple : une jeune fille va proposer son bras à un homme, qui va ainsi rentrer chez lui avec ce bras. Elle va simplement le détacher, et l’homme (notre narrateur) va ainsi faire tout le chemin jusqu’à chez lui en s’inquiétant pour ce bras, comme si c’était une personne… et le bras va également lui parler, comme si de rien n’était. Une relation étrange va se nouer entre cet homme et le bras qu’il a emprunté. J’ai beaucoup apprécie le sérieux avec lequel le narrateur vit cette expérience, avec des dialogues on ne peut plus normaux qui font cependant le comique de cette nouvelle (« Tu dors ? – Non, me répondit le bras. »).

« ‘Je peux te prêter mon bras pour un soir’, dit la fille. Et, le détachant de son épaule droite, elle le prit dans sa main gauche et le déposa sur mes genoux. »

La seconde nouvelle est éponyme, et bien qu’elle m’ait un peu moins marqué, elle est néanmoins intéressante. Deux filles sont assassinées alors qu’elles dormaient ensemble. Le narrateur est ici un écrivain, et il discute avec Saburo, le tueur de ces demoiselles. Ce qui est intéressant, c’est qu’il y a une vraie réflexion sur la vérité dans cette nouvelle, parce que Saburo ne se souvient pas vraiment de ce qu’il s’est passé, et les événements vont ainsi se retrouver transformés, suite à ce que lui ont suggéré les policiers (« ça ne pouvait que se passer comme ça » qui font douter Saburo sur la véracité de ses propres propos), et sa version se retrouve ainsi altérée, selon qu’il raconte cette soirée aux policiers, au commissaire, ou au psychiâtre.

« Elle avait dû sentir que je trouvais cela joli, pour détacher ainsi son bras droit de la rondeur de l’épaule et me le prêter. »

Et bien entendu, il suffit de regarder la couverture pour comprendre pourquoi j’ai voulu lire ces nouvelles de Yasunari Kawabata, qui ne sont pourtant pas les plus célèbres par chez nous : ce livre est postfacé par Yukio Mishima. On a donc la chance de lire l’interprétation de ces deux nouvelles par mon auteur préféré ainsi que quelques anecdotes. Par exemple, Le Bras a été publié en feuilletons et Mishima pensait que la nouvelle se terminait à un moment précis et trouvait cette fin parfaite ; alors qu’en réalité, la nouvelle se poursuivait dans le numéro suivant.

« Laisser l’oubli se faire est peut-être finalement la plus belle manière de se souvenir. »

Deux nouvelles de qualité d’un des plus grands auteurs de la littérature japonaise, qui parvient notamment à nous faire replonger dans l’ambiance des Belles endormies avec la première nouvelle de ce recueil. C’est également un réel plaisir de voir Yukio Mishima commenter les textes de son ami dans la postface.

Ma note :

Romanée-Conti 1935 de Takeshi Kaikô

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Parlons vin aujourd’hui, avec Takeshi Kaikô qui nous propose un Romanée-Conti 1935 !

Edition lue :
Éditeur : Philippe Picquier
Publié en grand format en : 1993
Format poche : 1998 (nouvelle couverture en 2017)
Traduction : Anne Bayard-Sakai et Didier Chiche
Édition originale en japonais : 1973 et 1979
Nombre de pages : 112
Prix : 6,50€

Ce petit livre contient deux nouvelles, mais pour être honnête, la seconde ne m’a pas du tout marqué, je vais donc vous parler uniquement de la première nouvelle éponyme ! On observe deux hommes, un romancier et un entrepreneur, qui vont déguster une bouteille de bourgogne Romanée-Conti 1935. L’entrepreneur va raconter à son ami les domaines qu’il a visités en France, les vins qu’il a goûtés… et on comprend vite que cette fameuse bouteille qu’ils vont boire suscite beaucoup d’attentes ! Et elle permet surtout au romancier, dès lors qu’il y trempe ses lèvres, de repenser à une femme qu’il a connue dans les moindres détails…

« Le serveur souleva délicatement la bouteille qui était debout pour l’approcher d’un verre. Le romancier suivit des yeux les mouvements de cette main d’une plaisance sécheresse, maigre, ossue et assurée. »

Qu’est-ce que j’ai aimé cette nouvelle ! Les descriptions du chemin du vin des lèvres jusqu’à la gorge sont vraiment magnifiques. La description de la robe également vaut son pesant d’or, et c’est un réel plaisir à lire tellement c’est beau et bien écrit, ainsi que bien retranscrit dans la traduction. Et puis, les souvenirs auxquels repense le romancier sont également forts puisqu’il n’y a que ce vin qui lui permet de repenser à cette femme aussi pleinement, c’est pour dire le pouvoir qu’a cette fameuse bouteille, qui, pourtant, va les décevoir au premier abord.

« Aussi violenté, dépossédé, ravagé, affaibli que fût ce vin, il parvenait encore à susciter l’image d’une femme. »

Une première nouvelle vraiment excellente, des descriptions incroyables et un grand plaisir de lecture, même si l’on n’est pas forcément amateur de vin. Dommage que la seconde nouvelle ne soit pas aussi mémorable !

Ma note :

Suisen d’Aki Shimazaki

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Chaque année, Aki Shimazaki nous fait plaisir en publiant un nouveau roman ! En 2017, c’était Suisen qui est paru chez nous. Allons cueillir ensemble cette fleur de Narcisse.

Edition lue :
Éditeur : Leméac/Actes Sud
Publié en : 21 septembre 2016 (Canada) / 1er mars 2017 (France)
Nombre de pages : 168
Prix : 15,00€

Après Azami et Hôzuki, Suisen est le troisième roman de la nouvelle série d’Aki Shimazaki, mais une fois encore, il n’y a pas besoin d’avoir lu les précédents pour apprécier pleinement celui-ci. On fait cette fois-ci la connaissance de Gorô, un cinquantenaire qui semble avoir tout pour lui : il est président de l’entreprise familiale depuis près de 20 ans, il est marié, il a deux enfants pour lesquels il a des projets, et il s’offre également le plaisir d’avoir deux maîtresses. Mais voilà, on découvre au fil des pages que c’est en fait un homme qui a été blessé dans son enfance, et cette blessure est toujours et bien présente dans sa vie actuelle, et va ressortir lorsque son entourage va changer vis à vis de lui…

« Pour moi, ces relations extérieures ne sont que des aventures. Je n’ai pas l’intention de divorcer, quoi qu’il arrive. Le divorce c’est la honte. »

Aki Shimazaki est fidèle à elle-même dans ce roman, et on passe donc encore une fois un très bon moment de lecture en sa compagnie. Le personnage principal est cette fois-ci un peu détestable dans son attitude, ce qui rend peut-être la lecture un peu moins plaisante que pour ses romans précédents, mais on comprend néanmoins pourquoi il agit comme ça, et son caractère prend tout son sens. Comme à chaque fois, j’adore les liens entre les personnages de ce roman et ceux des deux romans précédents, même si cette fois-ci ils ne jouent pas un rôle important dans l’histoire, et aussi la façon dont la fleur du titre, Suisen, la fleur de Narcisse, s’impose au personnage principal de plusieurs façons.

« Les femmes aiment aimer, et les hommes aiment être aimés, voilà ce que je crois. Il faut en profiter. »

Encore un très bon roman d’Aki Shimazaki, dans lequel on retrouve son écriture fluide, brève et précise, ainsi que tout ce qui fait qu’on aime lire cette auteure. En attendant le prochain qui sortira en avril 2018 en France…

Ma note :

Une journée de début d’automne de Natsume Sôseki

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Aujourd’hui, parlons classique avec un livre de saison ! Voici Une journée de début d’automne, un très beau recueil de nouvelles de Natsume Sôseki.


Edition lue :
Éditeur : Philippe Picquier
Format poche publié en : Février 2014
Grand format publié en : Février 2012
Traduit par : Elisabeth Suetsugu
Édition originale en japonais : 1907-1912
Nombre de pages : 144
Prix : 6,00€

Dans ce recueil, on trouve sept nouvelles, dans lesquelles Natsume Sôseki évoque avec poésie des scènes de son quotidien, parfois anodines. Que ce soit son arrivée à Kyoto, l’adoption d’un moineau au bec rose, sa rencontre avec un éminent professeur étranger ou ses séjours à l’hôpital, il parvient toujours à nous faire ressentir une certaine beauté dans des scènes à l’apparence banale.

« On aurait beau compter cent avenues, vivre mille ans, Kyôto restera immuablement une ville morne. »

Je dois dire que j’ai pris une claque avec la première nouvelle, « Le soir de mon arrivée à Kyoto », écrite en 1907, qui, bien que très courte, est vraiment magnifique. L’écriture et la traduction sont superbes, et j’ai pris un tel plaisir lors de ma lecture qu’une deuxième lecture s’est imposée. Malheureusement, je n’ai pas retrouvé cette beauté dans les nouvelles suivantes. Il n’y a pas vraiment d’intrigue, et, alors que cela ne me dérangeait pas avec la première nouvelle, je n’ai pas trop trouvé mon intérêt dans la suite, même si les nouvelles restent agréables à lire.

« Quittant la capitale aux simulations intenses, pour moi qui foulais soudain le sol de cette cité antique, c’était comme si je me retrouvais au fond d’un étang sombre où le ciel ne se reflète pas tant le vert est dense, telle une pierre brûlante sous la canicule. »

Un carnet de bord de Natsume Sôseki, que je conseillerais surtout pour sa première nouvelle, que j’ai tout simplement adorée et dont la beauté m’a frappé.

Ma note :

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