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Lettre d’amour sans le dire d’Amanda Sthers

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Un roman français qui vient de paraître, voici la Lettre d’amour sans le dire d’Amanda Sthers.

Edition lue :
Éditeur : Grasset
Publié le : 3 juin 2020
Nombre de pages : 140
Prix : 14,50€

Alice a 48 ans et vit à Paris depuis peu. Elle va un jour se rendre dans un salon de thé où elle va être conduite à l’étage pour un massage avec un homme qui va la troubler et bouleverser son existence. Il est Japonais, et, pour lui, sans lui dire, elle va apprendre le japonais pendant une année et se familiariser avec cette culture qu’elle ne connaissait que de loin. Au bout d’un an, alors qu’elle désirait enfin lui adresser la parole en japonais, l’homme qui occupe ses pensées n’est plus là; il est retourné au Japon. Elle lui écrit donc cette lettre, pour lui ouvrir son coeur et lui raconter son parcours.

« Je vous écris cette lettre car nous n’avons jamais pu nous dire les choses avec des mots. Je ne parlais pas votre langue et maintenant que j’en ai appris les rudiments, vous avez quitté la ville. »

C’est un livre très spécial que nous avons ici ! Alice tombe amoureuse de ce masseur japonais, sans jamais lui dire, et elle décide de tout lui dire dans ces pages. Quand je dis tout, c’est vraiment tout. Sa jeunesse, ses relations tumultueuses (parfois abusives) avec les hommes, sa vie en solitaire à Paris, sa relation usée avec sa fille, tout ce qu’elle a fait en pensant à lui (le suivre jusqu’à chez lui, prendre des cours de japonais, se plonger dans la littérature japonaise), ses fantasmes… Elle se dévoile énormément (dans une très belle plume, notons-le), sans vraiment savoir s’il est prêt à lire tout ça, sans vraiment savoir si nous, lecteurs, sommes prêts à tant de dévoilement de sa part.

« J’ai besoin de vos mains sur ma peau, de guérir sous vos paumes chaudes et qu’enfin vous enleviez ce tissu qui nous sépare pour être complètement à vous et découvrir le goût de la vie douce. »

En tant que lecteur, j’ai ressenti deux choses distincte lors de la lecture de cette lettre. Tout d’abord, il y a des phrases marquantes (notamment sur le massage) et j’ai trouvé cela beau l’amour qu’elle éprouve pour cet homme qu’elle ne connait pas réellement, pour les choses qu’elle a faites par amour. Mais en même temps, au fur et à mesure des pages et de la découverte de sa vie, j’ai aussi eu un peu de la peine pour Alice, parce qu’elle se dévoile tellement sans savoir si cela aboutira sur quelque chose ou non. Mais c’est le risque lorsque l’on choisit de se consacrer entièrement à un fantasme pur et simple, ou du moins lorsque l’on en a le courage, comme c’est le cas de cette incroyable femme.

Un livre à l’ambivalence intrigante qui se résume parfaitement par la phrase suivante écrite par Alice : « J’ai toujours préféré le confort du fantasme aux risques de la vie. »

Ma note :

La Digue d’Hyakken Uchida

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Je vous propose aujourd’hui une petite balade bien plaisante le long de La Digue d’Hyakken Uchida.


Edition lue :
Éditeur : Editions In8
Publié en : Octobre 2011
Traduction : Patrick Honnoré
Publié au Japon en : 1922-1934
Nombre de pages : 110
Prix : 12,00€

Comme vous le savez peut-être, je suis féru de nouvelles, et plus particulièrement de nouvelles japonaises. Je prends un grand plaisir à découvrir des auteurs en commençant par leurs nouvelles, qui en disent souvent long sur leur façon de narrer les choses. Ne connaissant pas du tout Hyakken Uchida, j’ai tout de suite été attiré par cet ouvrage compilant huit nouvelles parues entre 1922 et 1934. Et je dois dire que j’ai été surpris ! On est ici en présence de nouvelles fantastiques, très courtes, et surtout très créatives. Au programme : un endroit qui prend feu, une femme qui sanglote, un festin avec des femmes qui ont toutes le même visage, ou encore des poils qui poussent à l’intérieur de la bouche de l’un des narrateurs – voilà ce qui vous attend !

« Soudain, je sentis un chatouillement dans le menton et à l’intérieur de mes joues. J’y passai la langue et je compris que des poils y avaient poussé. »

Les nouvelles sont très courtes et j’en ai lu une par jour pour pouvoir les savourer. Si le programme que j’ai décrit plus haut vous rend perplexe, c’est normal ! C’est une lecture que j’ai appréciée, mais je me rends compte qu’il est difficile d’en parler, tant elle était étrange. La façon la plus simple de décrire ce recueil de nouvelles serait celle-ci : des rêves nous sont en réalité décrits. Pas de règles, pas de longues et fastidieuses histoires, mais juste des morceaux de rêves éparpillés ici et là dans une très belle écriture. Ce que je me souviens, c’est surtout l’atmosphère de ces nouvelles, qui m’a donné l’impression, moi aussi, de rêver.

« Je voulus approcher mon oreille de sa bouche quand une mèche de cheveux effleura l’arrière de mon oreille. Je fus pris d’un frisson. Ses cheveux étaient froids comme des stalactites de glace et qui plus est, son cou sentait la truffe de chien. »

Une lecture dont, une fois celle-ci terminée, vous vous réveillerez en vous disant : « Mais quel drôle de rêve ai-je fait ! ». 

Ma note :

20 ans avec mon chat de Mayumi Inaba

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Mayumi Inaba est une auteure dont je n’ai pas encore parlé sur ce blog. Je répare cela aujourd’hui avec 20 ans avec mon chat. Miaou ?

Edition lue :
Éditeur : Philippe Picquier
Publié en grand format en : Mars 2014
Publié en format poche : Janvier 2016
Traduction : Elisabeth Suetsugu
Publié au Japon en : 1999
Nombre de pages : 208
Prix : 7,50€

L’auteure commence ce livre avec la rencontre d’un chaton, coincé en haut d’un grillage. Elle le ramène chez elle, le baptise Mî, d’après les sons qu’il émet, et c’est là le début d’une belle relation qui naît entre Mayumi Inaba et Mî. On va les suivre pendant vingt ans, on va voir Mî s’épanouir et grandir, tout en constituant une constante dans la vie de l’auteure, entre divorce et déménagement.

« Au milieu de ma vie conjugale en train de se démanteler, un chat au visage serein était là, ignorant de ce qui se passait dans mon cœur. »

Ayant récemment accueilli un chaton chez moi, je me suis dit que c’était le bon moment pour lire ce livre dont j’avais entendu beaucoup d’éloges. C’est en effet un livre vraiment agréable à lire, surtout avec un chaton à côté de soi. L’écriture est belle – et des poèmes parsèment le texte, ce qui lui ajoute une certaine beauté. On suit la vie de Mayumi, avec toujours ce chat en arrière-plan, qui va notamment subir un déménagement qui l’emmène d’une maison avec jardin où il aime jouer, à un appartement tokyoïte au quatrième étage. Le duo « écrivain + chat » est quelque chose qui m’a beaucoup plu.

« Quoi, il n’y aurait dans cette ville magnifiquement vivante qu’est Tokyo aucun endroit où les hommes et les chats puissent vivre ensemble ? Quelle misère ! »

Ayant également cherché un logement à Tokyo qui acceptait les animaux de compagnie, j’ai aussi pu connaître les difficultés qu’elle raconte pour trouver un appartement. Mais, et c’est là une des choses que j’ai beaucoup aimé dans ce roman, la vie à Tokyo est quand même une aventure – et ses descriptions de cette ville et son amour pour Tokyo ont été un très bon moment de lecture pour moi. Bien entendu, on suit Mî pendant vingt ans, et on se doute qu’on arrivera jusqu’à la fin de sa vie. Je regrette là une trop grande importance apportée à sa vieillesse et aux maladies qui en découlent (des pages et des pages sur ses problèmes d’urine parsemée de sang – pas forcément une chose sur laquelle j’aurais voulu que l’auteure insiste), et j’aurais grandement préféré lire d’autres moments intimes ou heureux entre Mî et la narratrice. Cela reste un bon roman, mais si la thématique féline vous intéresse, je ne peux que vous conseiller Les Mémoires d’un chat qui est à lire absolument !

Un très joli texte sur la vie avec un chat, qui plaira certainement à tous ceux qui ont la chance de vivre un avec un animal de compagnie, mais qui, par son écriture, pourra toucher tous les amateurs de littérature japonaise.

Ma note :

Maïmaï d’Aki Shimazaki

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Une auteure que je n’ai plus besoin de présenter. Voici le dernier roman en date (en France, du moins !) d’Aki Shimazaki, Maïmaï.

Edition lue :
Éditeur : Leméac/Actes Sud
Publié le : 24 octobre 2018 (Canada) / 3 avril 2019 (France)
Nombre de pages : 176
Prix : 15,00€

Maïmaï est le cinquième et dernier tome de la série L’Ombre du Chardon, mais, comme les précédents romans, il peut se lire indépendamment des autres. On retrouve ici Tarô, jeune homme qui vient de perdre sa mère, Mitsuko. Cette dernière, entraîneuse mais également gérante d’une librairie de livres d’occasion, était, comme on a pu le découvrir dans Hôzuki, appréciée de tous. Son fils, sourd-muet et métis, est désormais adulte et va retrouver une amie d’enfance, Hanako, pour qui il va ressentir un amour certain. Mais, comme à son habitude, Aki Shimazaki nous dévoile quelques secrets sur ses personnages qui vont bouleverser leur vie…

« Le soleil est éblouissant. La chaleur est étouffante. Dans le ciel bleu se forme un énorme cumulus blanc et dense. Le contour du nuage se détache nettement. C’est beau. Je pense à Hanako. »

Ce que j’aime avec Aki Shimazaki, c’est que je sais à quoi m’attendre – mais c’est un sentiment extrêmement positif. Quand j’ouvre un de ses livres, en quelques lignes, je ressens l’ambiance particulière qu’elle parvient à instaurer grâce à sa plume simple et belle. Ses romans sont souvent construits de la même façon, mais je ne m’en lasse pas, et je prends plaisir à découvrir les secrets et les relations de ses personnages que l’on a pu rencontrer dans d’autres de ses romans. C’était surtout le cas ici, puisqu’on retrouve beaucoup de personnages développés dans Hôzuki, qui est mon roman préféré de cette pentalogie.

« Elle s’approche lentement et s’arrête devant moi. Un parfum de savon effleure ma narine. Je dénoue son obi et ouvre son yukata. Elle n’a rien dessous. »

Ce roman n’échappe pas à la règle, c’est un moment de lecture très agréable. La relation entre les deux amis d’enfance qui se retrouvent est belle et coule de source. Le dénouement et le « secret » est cependant très prévisible, ce qui est un peu dommage, même si cela ne gâche pas la lecture. Ce secret est bien amené, et j’ai beaucoup aimé la dernière partie où tout semble s’accélérer autour de Tarô lorsqu’il s’approche de plus en plus du dénouement.

« Je la serre fortement dans mes bras. Elle ne bouge pas, le visage contre ma poitrine. Nous restons ainsi sans paroles. Je me répète : « Est-ce un rêve ? » ».

Encore un très bon roman d’Aki Shimazaki qui parvient à clore la pentalogie de l’Ombre du Chardon d’une façon intrigante. Maintenant, il est temps de tourner la page et de se réjouir de découvrir la prochaine série de livres de cette grande auteure !

Ma note :

La Femme qui dort de Natsuki Ikezawa

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Vous le savez, j’aime les nouvelles, particulièrement japonaises. Je vais vous parler aujourd’hui de La Femme qui dort, un recueil de nouvelles d’un auteur dont je n’ai pas encore parlé sur le blog, Natsuki Ikezawa.

Edition lue :
Éditeur : Philippe Picquier
Publié en grand format en : Mai 2009
Publié en format poche : Mars 2014
Traduction : Corinne Quentin
Publié au Japon en : 2007
Nombre de pages : 144
Prix : 6€

Ce recueil contient trois nouvelles, mais la dernière nouvelle éponyme ne m’a pas réellement plu, donc je vais me concentrer sur les deux premières. Les origines de N’kunre nous emmène au Brésil. Sebastiano va prendre la fuite après avoir tué sa femme qui le trompait régulièrement. Il va rencontrer le peuple des Desertores qui vivent cachés dans la montagne. Ils ont un secret pour vivre en harmonie : dès que la colère monte chez l’un des leurs, ils se soufflent à l’oreille le N’kunre, une sorte d’incantation qui calme les esprits. Une nouvelle que j’ai beaucoup appréciée, puisque l’auteur va tout au bout de son concept et la fin est très réussie, ce qui n’est pas toujours le cas avec les nouvelles japonaises qui préfèrent souvent laisser les choses dans un flou parfois frustrant.

« Les désirs étaient source de souffrance et N’kunre en libérait. »

Dans Mieux encore que les fleurs, nous partons pour Okinawa. Un stagiaire dans un hôpital va vivre une aventure d’une dizaine de jours avec une médecin génraliste plus âgée que lui. Cela va être une relation passionnée, jusqu’à ce que cette femme rompe. Elle va le rencontacter en lui disant qu’elle a trouvé leur relation étrange et elle va découvrir qu’elle a peut-être été possédée par l’esprit d’une femme décédée tragiquement à cause d’un amour impossible… Une nouvelle surprenante que j’ai pris beaucoup de plaisir à lire. J’aime beaucoup tout ce qui est un peu surnaturel, surtout quand c’est bien fait comme ici. On découvre un peu le folklore des île Ryûkyû, avec notamment les Yuta, ces personnes capables de communiquer avec les esprits.

Un recueil qui nous fait beaucoup voyager avec des histoires vraiment intéressantes à suivre, et qui nous transportent dans des univers où la logique n’est pas forcément une chose sur laquelle l’on souhaite s’appuyer.

Ma note :

Les Fruits de Shinjuku de Ryûji Morita

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Je vous présente un beau petit livre aujourd’hui, qui contient une nouvelle illustrée. Êtes-vous prêts à goûter Les Fruits de Shinjuku de Ryûji Morita ?
Edition lue :
Éditeur : Philippe Picquier
Publié en : Novembre 2012
Traduction : Corinne Quentin
Illustrations : Amandine Grandcolas
Nombre de pages : 96
Prix : 13,00€

Dans cette nouvelle illustrée, publiée avec d’autres nouvelles d’auteurs japonais dans le recueil Tokyo Électrique, on passe la journée avec deux jeunes un peu désabusés. De l’appartement où ils se trouvent au début de la nouvelle, ils photographient Maria, une jeune prostituée qui travaille dans l’établissement d’en face. Ils vont ensuite la rencontrer par hasard et vont l’aborder et passer la journée avec elle dans le quartier chaud de Shinjuku.

J’ai beaucoup apprécié relire cette nouvelle, puisque les illustrations donnent une autre dimension à cette histoire. On alterne des dessins couleur en pleine page et des petites cases en noir et blanc, et cela permet de passer nous aussi la journée avec Maria et ces deux garçons qui sont intrigués par la très jeune femme.

Un réel plaisir de découvrir cette nouvelle dans ce format, il est rare d’avoir des ouvrages japonais illustrés, et c’est une initiative à souligner et à encourager !

Ma note :

Futon de Katai Tayama

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Après une petite absence de deux semaines, Comaujapon est de retour ! Cette fois-ci, je vous présente Futon de Katai Tayama.

Edition lue :
Éditeur : Editions du Rocher
Publié en : Avril 2000
Publié au Japon en : 1907
Nombre de pages : 168

Futon est le roman le plus célèbre de Katai Tayama et il est ici présenté avec deux nouvelles. Dans Futon, on va suivre Tokio, qui éprouve de l’amour pour sa jeune élève Yoshiko. Il est marié et père de famille, et ses sentiments pour Yoshiko vont encore plus se développer lorsque celle-ci va vivre avec Tokio et sa femme pour pouvoir suivre la formation de son maître. Mais lorsque Yoshiko va rencontrer un garçon de son âge avec qui elle envisage une relation sérieuse, Tokio va sombrer dans une tristesse sourde.

« Les jeunes étaient toujours les mêmes, mais leur façon de définir l’amour, de parler de littérature ou de discuter de politique était radicalement différente, et il lui semblait qu’il ne pourrait les suivre éternellement. »

Je dois dire que j’ai beaucoup apprécié ce texte de Katai Tayama, un auteur que je connaissais pas. La préface est intéressante et permet d’en apprendre un peu plus sur lui et sur ses influences, celle de Maupassant notamment. Futon est un texte vraiment intéressant, puisqu’en plus des tourments de cet homme marié, on est au début du XXème siècle, dans la société japonaise qui progresse de jour en jour. Le trouble de Tokio, qui se transforme en désespoir au fur et à mesure qu’il voit la fille qu’il aime s’éloigner de lui est aussi un élément qui m’a fait beaucoup apprécier ce roman.

« Qui ne se sentirait ému de s’entendre appeler « Maître ! Maître ! », et de se voir admiré à l’égal d’un des grands de ce monde par cette ravissante élève aux façons si modernes ! »

Le roman est suivi de deux nouvelles. La première, Un soldat, nous présente, comme son nom l’indique, un soldat, blessé, qui est en route pour retrouver son régiment. J’ai beaucoup de mal avec les textes sur la guerre, donc ça n’a pas vraiment été une lecture plaisante pour moi. La seconde nouvelle, Une botte d’oignons, est aussi plutôt difficile à lire, puisqu’on suit O-saku, une jeune fille infortunée qui vit avec son oncle et qui a une vie misérable, qui ne va pas s’arranger au fil des pages…

« Il faut que les nouvelles femmes du Japon pensent et agissent par elles-mêmes. »

Un livre qui nous offre une intéressante approche de Katai Tayama, un auteur que j’ai encore plus envie de découvrir désormais.

Ma note :

Le convoi de l’eau d’Akira Yoshimura

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Je vous présente aujourd’hui un roman d’Akira Yoshimura, profond comme il sait si bien les faire : Le convoi de l’eau.

Edition lue :
Éditeur : Actes Sud
Publié en : Mai 2011
Grand format publié en : Janvier 2009
Traduction :
 Yutaka Makino
Publié au Japon entre : 1967
Nombre de pages : 176
Prix : 6,60€

Notre narrateur est ouvrier travaillant sur la construction d’un barrage à côté d’un village perdu en montagne. Il a choisi ce travail pour une seule raison : fuir son passé, dans un endroit reclus. On comprend vite ce qu’il fuit. Il a en effet fait de la prison et garde sur lui les os des orteils de sa femme, qu’il a tuée à coups de bûche parce qu’elle l’avait trompé. Il se remémore le passé, son acte terrible, la prison, sa sortie de prison – et son histoire et son ressenti vont peu à peu entrer en résonance avec les habitants du village qui vont bientôt devoir être délogés.

« En somme, la mort est une réalité prise en compte dès le début. Ceux qui travaillent dans un tel contexte semblent s’efforcer de devenir insensibles à la mort d’autrui. »

Le début est très lent, et j’ai failli décrocher, jusqu’à être vraiment intéressé par l’histoire qui se déroulait. Les ouvriers ont du mal à comprendre les villageois si particuliers qui ont décidé de vivre en dehors de la société, mais c’est surtout l’histoire de cet homme qui a fait une chose ignoble qui m’a intéressé. La raison de son exil, la façon dont il perçoit et comprend les villageois lorsque ceux-ci sont obligés de quitter l’endroit où ils vivent depuis des générations et des générations.

« Je croyais qu’il y avait tapi au fond de moi quelque chose de mystérieux que je ne pouvais absolument pas contrôler. Une fois que la violence s’emparait de moi, elle s’exacerbait sans que je puisse l’arrêter, pour éclater soudain comme si une digue se rompait. »

Un roman vraiment intéressant sur un homme qui essaie de fuir la société et qui va voir enfin le jour grâce à des villageois au comportement incompréhensible au premier abord.

Ma note :

Le Journal de Tosa de Ki no Tsurayuki

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Après avoir découvert le Journal de Sarashina, je vous propose un autre célèbre texte de voyage : voici le Journal de Tosa de Ki no Tsurayuki.

Edition lue :
Éditeur : Editions Verdier
Publié le : 3 mai 2018
Traduit et présenté par : René Sieffert
Nombre de pages : 96
Prix : 13,50€

L’auteur va prétendre être une femme voulant imiter les journaux qu’écrivaient les hommes lors de leurs voyages. On va donc suivre ce gouverneur de la province de Tosa qui va quitter sa ville pour se rendre à Kyôto en l’an 935, un voyage durant cinquante-cinq jours. Il va ainsi nous parler, d’une écriture féminine, de ce voyage, mais aussi des moments d’ennui lors d’escales prolongées, toujours dans un environnement qui se prête à merveille à la poésie…

« Ce que font les hommes et qu’ils appellent « journal », une femme va tenter de le faire à sa façon. »

C’est toujours instructif et plaisant de découvrir ces journaux de voyage, qui nous font traverser le Japon en poésie. Ici, le récit de voyage n’est pas très excitant, la plupart du temps l’auteur et ses compagnons de voyage semblent s’ennuyer, mais l’intérêt se trouve dans la poésie. En effet, tout le monde autour de lui compose des poèmes sur les petits événements qui font ce voyage ou sur ce qui les entoure : des enfants, des femmes, des hommes, tout le monde s’y prête, et même lui (ou devrait-il on dire « elle »). Et si cela ne vous suffit pas, vous trouverez à la suite du journal des poèmes de Ki no Tsuruyaki classés par thèmes, que ce soit sur la beauté des saisons ou des thèmes plus durs comme la séparation.

« Plus que blanches bagues
qui se dressent devant vous
moi qui vais rester
je vais élever la voix
de mes pleurs couvrant leur bruit. »

Un journal ancien qui nous fait parcourir le Japon en nous dévoilant toute la poésie que peuvent créer des personnes d’horizons différents qui prennent le temps d’observer ce qui les entoure.

Ma note :

Le petit livre de l’Ikigaï de Ken Mogi

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Récemment, on voit fleurir en librairie des livres sur l’ikigaï. Intrigué, j’ai voulu en découvrir un peu plus grâce au Petit livre de l’Ikigaï (sous-titré La Méthode japonaise pour trouver un sens à sa vie) de Ken Mogi.

Edition lue :
Éditeur : Fayard/Mazarine
Publié le : 28 mars 2018
Traduction de l’anglais : Marion McGuinness
Édition originale en anglais : août 2017
Nombre de pages : 220
Prix : 16,00€

J’ai choisi ce livre-ci en particulier pour découvrir l’ikigaï, cette philosophie purement japonaise, car contrairement à la plupart des autres sur le même sujet, il est écrit par un japonais, même si directement en anglais. Cette philosophie n’est en réalité pas compliquée et repose sur cinq piliers : commencer petit, se libérer soi-même, harmonie et durabilité, la joie des petites choses et être ici et maintenant. L’ikigaï est différent pour chacun et on comprend que ça fait entièrement partie des Japonais. Pour faire court, avoir un ikigaï peut réellement changer la vie, vous apporter moins de stress, plus de bonheur, de créativité et de succès par exemple…

« L’ikigaï est, d’une certaine façon, un baromètre qui reflète la façon dont une personne voit la vie, d’une manière intégrée et représentative. »

Quiconque pose les pieds au Japon et côtoie des Japonais comprend cette notion d’ikigaï. Je ne connaissais pas le terme, et je ne savais même pas que c’était une philosophie à proprement parler, et c’est pour cela que j’ai trouvé ce livre intéressant. Avec les cinq piliers, on comprend rapidement de quoi il est question. Il y a dans ce livre beaucoup d’exemples. Au lieu d’une explication, c’est plutôt des illustrations qui remplissent ce petit livre de l’ikigaï : divers aspects du Japon et de sa culture sont donc vus sous l’angle de cette philosophie (la préparation des sushis, la poterie, l’animation avec Hayao Miyazaki, le whisky japonais, les sumos…). C’est intéressant et varié, même si parfois on se perd un peu en détails pas forcément utiles à la compréhension de l’ikigaï.

« Jouez donc de la musique quand personne n’écoute. Dessinez quand personne ne regarde. Écrivez une nouvelle que personne ne lira. La joie et la satisfaction intérieures seront largement suffisantes pour vous donner l’élan de continuer dans la vie. »

Un petit livre parfait pour se familiariser avec le concept purement japonais de l’ikigaï, à travers cinq piliers à mettre en oeuvre pour être plus heureux et des illustrations intéressantes pour toute personne curieuse du Japon et de sa culture.

Ma note :

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