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Archives de Tag: 8 étoiles

Le Journal de Sarashina

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Les textes anciens de la littérature japonaise sont toujours un plaisir à lire. Aujourd’hui, découvrons ensemble le Journal de Sarashina, qui vient de resortir en France.


Edition lue :
Éditeur : Editions Verdier
Publié le : 12 octobre 2017
Traduit et présenté par : René Sieffert
Nombre de pages : 96
Prix : 13,50€

Ce livre est le journal intime de Sarashina, dans lequel elle raconte des événements de sa vie de l’âge de 13 à 52 ans, dans le Japon du XIème siècle. On la suit donc dans ses voyages, mais aussi dans ses rêves et dans ses lectures, elle qui raffole tant des Dits, dont le célèbre Dit du Genji de Murasaki Shikibu, datant d’un siècle plus tôt. Et le tout est parsemé de tanka, ces poèmes courts japonais, que Sarashina écrit pour diverses occasions.

« Pour sûr la tourmente
de son souffle ne balaie
le mont Miyaji
le feuillage rutilant
sur les branches est resté »

Tout d’abord, avant le Journal à proprement parler, on a une biographie de Sarashina, qui est parfaite pour cerner un peu le personnage et le contexte d’écriture et qui nous aide à comprendre, en plus d’être très intéressante (ce qui n’est pas toujours le cas pour les biographies). Quant au Journal, je dois dire que c’est vraiment une lecture agréable. On la voit grandir, on la voit voyager, on la voit écrire des poèmes, et on la voit aussi être passionnée de lecture. Elle traverse les provinces dans des conditions parfois difficiles et grâce aux descriptions précises et jolies, on voyage avec elle.

« Ce Genji dont je n’avais lu que des fragments insignifiants et dont je m’irritais de n’y rien comprendre, je le lis maintenant livre après livre, en partant du premier, sans personne pour m’en distraire, étendue à l’intérieur de mes rideaux, plus heureuse qu’une impératrice ! »

Une excursion dans le Japon du XIème siècle, à travers le regard d’une jeune fille, puis d’une femme, qui lit, voyage, écrit et rêve, et nous emmène dans son monde.

Ma note :
8
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Call-boy d’Ira Ishida

Publié le

Voici un roman qui ne vous laissera sûrement pas indifférents de par son thème cher à la littérature japonaise. Je vous présente Call-boy d’Ira Ishida, sorti récemment en format poche.


Edition lue :
Éditeur : Philippe Picquier
Publié en poche le : 7 septembre 2017
Publié en grand format le : 4 mai 2016
Publié au Japon en : juillet 2001
Traduit par : Rémi Buquet
Nombre de pages : 304
Prix : 9,00€

On rencontre dans ce roman Ryô, 20 ans, un jeune homme désabusé et blasé de tout, même des femmes et du sexe. Il va être abordé par la gérante d’un club privé qui loue les services de jeunes hommes à des femmes ayant les moyens de se le permettre. Il va accepter de passer du temps avec celles-ci et se prostituer, et cette expérience va lui plaire et le changer profondément.

« J’ai compris avec le temps que les rêves, en effet, n’appartiennent pas à ceux qui les font. »

Clairement, j’ai beaucoup apprécié ce roman. Ce n’est pas un roman sur la prostitution, mais plutôt sur le désir féminin, dans sa diversité et dans la recherche sans honte de celui-ci. Il va ainsi rencontrer un grand nombre de femmes avec des désirs et des fantasmes divers et variés, de la jeune fille ne souhaitant que coucher avec des garçons s’ils sont observés par un vieil homme peu attirant, à celle qui veut qu’on la regarde uriner. Et il va se donner entièrement dans cette mission, en trouvant un charme à toutes ces femmes, qu’elles aient 20 ou 70 ans, et en faisant tout pour satisfaire leur désir.

« Rien n’échappait à mon ennui. Tout me blasait. Me pesait au plus haut point. J’étais las de tout. J’avais juste vingt ans. »

Un très bon roman, sur un sujet souvent traité dans la littérature japonaise, mais jamais de cette façon. J’ai beaucoup apprécié le narrateur, il est intelligent et ça se sent, et il a souvent de belles réfexions, à la fois surprenantes et profondes. J’ai été fasciné par la façon dont Ryô évolue dans ce milieu, lui qui n’avait pas un grand intérêt pour le sexe. Il va concrètement découvrir le désir féminin et va prendre plaisir à l’assouvir, et c’est un chemin qu’il est intéressant de prendre avec lui.

« Être jeune, c’est n’être encore rien et traîner l’amertume d’une existence encore désespérément vide.»

Un roman surprenant et addictif sur un jeune homme qui s’ennuie dans sa vie qui va se prostituer et prendre plaisir à plonger dans le monde bien méconnu du désir féminin.

Ma note :

Megumi et le fantôme d’Eric Senabre

Publié le

Il est parfois bon de retomber en enfance, et c’est pourquoi je vous propose aujourd’hui un roman jeunesse bien sympathique qui vient de sortir : voici Megumi et le fantôme d’Eric Senabre.

Edition lue :
Éditeur : Didier Jeunesse
Publié le : 6 septembre 2017
Nombre de pages : 224
Prix : 12,00€

On rencontre Megumi qui quitte son Japon pour visiter l’Irlande avec ses parents. Elle va apprendre que son arrière-arrière-(…)-grand-père était irlandais. En partant un soir visiter une maison hantée toute seule, elle tombe nez à nez avec… un fantôme ! Et il se trouve que celui-ci est le père de l’ancêtre de Megumi ! Malheureusement, il est maudit et ne peut quitter « la terre » de sa maison… Megumi va tout de même réussir à le transporter dans une boîte remplie de cette fameuse terre, et va lui faire découvrir le Japon tout en tentant d’en apprendre plus sur cet esprit et son fils, afin de le libérer de cette malédiction…

 

« On pense que les fantômes n’ont pas de sentiments, mais c’est faux : nous éprouvons la même peine que les vivants, au centuple. Car, finalement, nous ne sommes que ça : des émotions, privées de corps. »

 

J’ai été agréablement surpris par ce petit roman ! C’est vraiment sympa de suivre Megumi qui ramène ce fantôme dans son pays, et ça prend la forme d’une enquête dans laquelle on prend plaisir à participer. Qui était vraiment l’ancêtre de Megumi et y a-t-il un moyen de libérer la malédiction qui plane sur ce fantôme ? On a droit à des situations bien cocasses, comme par exemple lorsqu’elle demande à Horatio, le fameux fantôme, de l’aider à tricher en classe… et à côté de cela, on découvre également un peu comment sont perçus les « yôkais », c’est-à-dire les esprits japonais, qui ne sont pas toujours malveillants.

 

« Horatio Hearn, quand à lui, avait toujours rêvé de visiter l’Asie. Mais jamais il n’aurait pensé le faire plus de cent ans après sa mort. Et encore moins dans une boite à biscuits. »

 

Un roman jeunesse à mettre en toutes les mains, petites ou grandes ! Megumi est une enfant pleine de surprises et de bienveillance, qui ne souhaite qu’une chose : faire le bonheur de son ancêtre et lui rendre sa liberté, sans jamais avoir peur de lui malgré la forme qu’il prend. 

 

Ma note :

Le Destin des Initiés (Tome 1) de Romane Taguchi

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Aujourd’hui, je vous présente un roman qui nous fait voyager entre le Japon et la France, mais surtout dans le monde de la magie… Voici le premier tome du Destin des Initiés de Romane Taguchi !

Edition lue :
Publié le : 21 juin 2017
Nombre de pages : 583
Prix numérique : 2,99€ (ici)
Prix version physique : 17,94€
Auto-édité

Dans ce roman, on suit Julie, une jeune femme française qui vit à Kyôto depuis toute petite. Elle est aujourd’hui professeure de français dans cette ville qu’elle aime tant, mais souffre de terribles cauchemars depuis la mort de sa mère quelques mois auparavant. Alors qu’elle fait visiter Kyôto à une touriste française, elle va faire une étonnante découverte : Julie est en fait une Initiée, c’est-à-dire qu’elle a un don qui doit lui servir à venir en aide aux gens. Elle va ainsi plonger dans le monde de la magie et les secrets de famille que sa mère a voulu lui épargner vont refaire surface.

« Julie, depuis des générations, ta famille fait partie des « Initiés ». D’après la légende, les Initiés auraient été choisis autrefois pour leur bravoure, leur honnêteté, leur fiabilité. »

Allons droit au but : j’ai adoré ce roman. L’intrigue se met rapidement en place, on comprend que deux femmes sont à la recherche de quelque chose qui a appartenu à la mère de Julie, et on se rend compte que Julie n’est peut-être pas une jeune femme ordinaire. On prend notamment plaisir à la suivre nous guider à travers Kyôto lorsqu’elle la fait visiter, et on écoute ses explications avec plaisir. La moitié du roman se passe au Japon, et on a envie de découvrir très vite les événements à suivre, les pages se tournent toute seule, jusqu’à ce qu’on s’envole pour la France…

« Elle n’était pas sure d’être prête à lâcher le monde tel qu’elle le connaissait pour entrer dans celui, inconnu, de la magie. »

La seconde moitié se déroule donc en France, où on tombe totalement dans le monde de la magie, on le découvre en même temps que Julie, et je dois dire que c’est à la fois excitant et intrigant. Je m’émerveillais aussi de ses découvertes, tout en étant aussi inquiet, puisque l’intrigue ne lâche rien, on veut absolument savoir si Julie va trouver ce qu’elle cherche en France, et on a hâte aussi de voir l’évolution de ses relations avec les différents personnages… Le tout étant très bien écrit, c’est vraiment une excellente découverte que je suis ravi d’avoir faite ! Sur la couverture, il est noté « Tome 1 », cela annonce donc une suite que je suis réellement impatient de lire !

Un premier roman d’une auteure française qui vit au Japon, et qui parvient à relier entre eux trois merveilleux univers : le Japon, la France, et surtout, le plus surprenant, celui de la magie. On prend un réel plaisir à suivre Julie dans ses aventures et on plonge sans réfléchir dans  ce monde qui nous réserve bien des surprises. 

Ma note :

La princesse qui aimait les chenilles : Contes japonais

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Aujourd’hui, je vous présente un livre plutôt génial. Il s’agit d’un recueil de contes tirés du folklore japonais, adaptés librement et joliment par René de Ceccatty et Ryôji Nakamura. Voici La princesse qui aimait les chenilles.

Edition lue :
Éditeur : Philippe Picquier
Publié le : 5 janvier 2017
Sorti en grand format en : avril 1999
Nombre de pages : 144
Prix : 7,50€

Ce recueil contient six contes puisés dans l’imaginaire du Japon, dans lesquels on croise des thèmes chers au folklore japonais, ainsi que des personnages dont on a déjà entendu parler. On rencontre donc des fantômes, des kappas (ces mystérieux monstres réputés pour attirer leurs proies, animales comme humaines, dans l’eau, que l’on croise également dans Le Bureau des Jardins et des Etangs de Didier Decoin), la femme des neiges qui représente la mort, des bébés (comme le célèbre Momotarô) qui apparaissent de façon surnaturelle dans un village peuplé uniquement de vieillards, ou encore un spectre sans visage.

« Elle se redressa et tourna vers lui son visage. Il poussa un hurlement. Elle n’avait pas de visage. C’était une face lisse sans yeux, sans bouche, sans nez, une face lisse et blanche comme un œuf. »

Quel plaisir de découvrir ces contes ! Le folklore japonais me fascine, avec notamment le rôle des esprits et des fantômes, qui ne veulent d’ailleurs pas toujours du mal aux vivants. Je trouve ça fantastique (dans les deux sens du terme) de pouvoir découvrir ces contes et ces personnages qui font vraiment partie de la culture japonaise. Mention spéciale pour le conte Les Kappas, histoire dans laquelle cinq frères kappas vont décider de partir se faire de l’argent sur le dos des hommes, en finissant toujours par échouer : une histoire amusante et qui permet de passer un peu de temps en compagnie de ces mesquines créatures.


« Au monde que l’on ne voit pas et que l’on n’entend pas, est-il nécessaire de parler, quand on sait que seuls les fantômes comprennent le chant de la mort ?
»

Un recueil de contes parfait pour découvrir plusieurs facettes du folklore japonais, dans des histoires agréables à lire et qui nous font partir à la rencontre de personnages qui nous sont pour la plus grande partie inconnus. Un moment de lecture qui nous plonge dans un univers fantastique !
Ma note :

Le Musée du silence de Yôko Ogawa

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Ah ! Cela faisait bien trop longtemps que je ne vous avais pas parlé de Yôko Ogawa ! Je répare cela aujourd’hui en vous présentant un autre très bon roman de cette formidable auteure, Le Musée du silence. Que la visite guidée commence !

Edition lue :
Éditeur : Actes Sud (Babel)
Publié en : Avril 2005
Grand format : Août 2003
Traduction : Rose-Marie Makino-Fayolle
Publié au Japon en : Septembre 2000
Nombre de pages : 320
Prix : 8,70€

Notre narrateur est un expert en musée qui se rend chez  sa nouvelle cliente, une femme très âgée qui vit avec sa fille adoptive. Cette vieille femme l’a choisi pour concevoir un musée très particulier sur sa propriété, puisqu’il contiendra uniquement des objets qu’elle a stockés depuis des années, des objets volés peu de temps après le décès de leur propriétaire. Grâce à l’aide du jardinier et de sa femme qui habitent sur la propriété, mais aussi de la vieille femme et de sa fille, le narrateur va tenter de créer ce musée du silence pour lequel il devra, à son tour, récolter des objets à chaque fois qu’une personne décède au village.

« Ce que je vise, c’est un musée qui transcende l’existence humaine. »

Dès les premières lignes, j’ai été très heureux de retrouver Yôko Ogawa. Son style, admirablement retranscrit par la traductrice, est vraiment unique, et elle arrive à nous plonger dans des atmosphères dont elle seule détient le secret. En plus de l’intrigue principale du musée, d’autres événements vont se produire qui vont rendre le roman riche : un meurtrier s’en prend à des jeunes femmes, le frère du narrateur qui va devenir père, le monastère près de la propriété où les prédicateurs ont fait voeux de silence… autant d’éléments qui vont, et on le sent, à un moment ou à un autre, tomber sur notre narrateur comme une épée de Damoclès.
 

 « Oui, presque tous les objets qui se trouvent ici ont été subtilisés. Ce sont des objets volés, voyez-vous. »



Et une scène m’a beaucoup marqué, puisqu’elle entre en résonance avec la situation dans laquelle nous nous trouvons. C’est dans la première moitié du roman, alors que le narrateur et la jeune fille se promènent devant les boutiques du village, une bombe va exploser. Un attentat décrit de façon terriblement réaliste, de l’incompréhension initiale jusqu’à ce que le narrateur comprenne petit à petit ce qu’il s’est passé et la blessure de la jeune fille. Un passage marquant et particulièrement dur, qui nous montre une fois encore tout le talent de cette auteur.

« Un après midi, il neigea. C’était la première neige que je voyais depuis mon arrivée au village. Entraînée par le vent, fondant dès qu’elle touchait le sol, elle n’allait sans doute pas tenir, mais c’était néanmoins de la neige. »



Un roman où Yôko Ogawa parvient une fois de plus à nous entraîner dans son univers si particulier. J’ai ressenti beaucoup de choses à la lecture, des émotions qui restent et des sensations qui m’ont rappelé celles éprouvées à la lecture d’autres de ses textes. Décidémment, une auteure qui ne déçoit jamais.
Ma note :

L’Anniversaire de la salade de Machi Tawara

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Un livre un peu particulier aujourd’hui, qui a beaucoup fait parler de lui à sa sortie il y a 30 ans, puisqu’il a révolutionné le tanka, la forme de poésie la plus ancienne du Japon. Fêtons ensemble L’Anniversaire de la salade par Machi Tawara.

Edition lue :
Éditeur : Philippe Picquier
Format poche publié en : 2010
Grand format publié en : 2008
Édition originale en japonais : 1987
Nombre de pages : 136
Prix : 5,60€

La première impression que j’ai ressentie en lisant ce recueil de plus de 400 tankas, c’est que c’était bien étrange. Je me suis dit que ce n’était peut-être pas une oeuvre faite pour être traduite. Mais au fur et à mesure de ma lecture, je me suis mis à apprécier la beauté de ces tankas et surtout leur originalité. L’auteure a écrit ces tankas de l’âge de 20 à 24 ans, et, alors que le tanka est une forme de poésie très traditionnelle, elle a écrit des tankas sur le quotidien d’une jeune fille de son âge, tout en respectant les règles de l’écriture si particulières de cet art (31 mores sur 5 lignes).

« Après le silence les mots que tu cherches
cette hésitation
je les trouve amusants
»

« Vers la pluie qui s’est mise à tomber
je lève la tête et soudain dans cette posture
je réclame des lèvres 
»

Elle nous parle de pleins de thèmes du quotidien, et c’est sûrement ce qui a fait son énorme succès au Japon et dans le monde (avec plus de 8 millions d’exemplaires vendus !), comme les amours de jeunesse, la rupture, un match de baseball, un voyage en Chine ou encore son expérience de jeune professeure. C’est souvent très réussi, frais, et même s’il a été écrit il y a trois décennies, il n’en paraît rien. J’ai notamment beaucoup apprécié lorsqu’elle décrit les moments qu’elle passe avec son petit-ami et la façon dont elle décrit les petits gestes d’amour.

« Toi qui ne crois pas aux promesses
ce n’est pas là où il n’y a pas de vagues
que tu construis tes châteaux de sable 
»

« Les parents disent qu’ils ont élevé leurs enfants
mais c’est en toute liberté que rougissent
les tomates des champs 
»

Une lecture qui change et qui est tellement agréable ! C’est frais, c’est touchant, c’est mignon, et ça donne un coup de jeune au tanka, une forme de poésie trop peu connue par chez nous, sans pour autant la dénaturer. Un recueil à picorer sans modération.
Ma note :

Scènes d’été de Kafû Nagai

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Une nouvelle de saison aujourd’hui par un auteur connu pour ses écrits sur le monde des geishas : voici quelques Scènes d’été par Kafû Nagai.

Edition lue :
Éditeur : Editions du Rocher
Publié en : Mars 2007
Publié au Japon en : 1915
Nombre de pages : 102

Cette nouvelle nous présente Keizô, marié et père de famille, qui va racheter une geisha pour en faire sa concubine, pour en avoir l’exclusivité. Cette geisha, c’est Chiyoka, une geisha qu’il avait l’habitude d’aller voir par le passé. Durant cette centaine de pages, on les suit débuter leur relation exclusive, qui ne va pourtant peut-être pas le rester…

« S’il n’était pas nécessaire de dépenser de l’argent pour l’avoir entièrement à soi, il était en revanche exclu d’espérer la garder indéfiniment pour soi seul. »

Une nouvelle que j’ai beaucoup appréciée ! On découvre ce petit quartier de plaisir dans une ambiance estivale, où les habitants et les geishas laissent les fenêtres ouvertes la nuit… Le déroulement est plaisant : Keizô est toujours rempli de désir envers cette geisha dont il a la « jouissance exclusive », mais la jalousie va elle aussi jouer un rôle important dans cette nouvelle, en bouleversant un peu l’été passionnel que ce couple atypique était en train de passer.

« Bien qu’elle eût de notoriété publique un protecteur, c’était une femme de qui on pouvait obtenir tout ce qu’on voulait pour peu qu’on s’y prit discrètement. »

Un moment de lecture qui nous plonge en quelques pages dans la chaleur du milieu des geishas et de la passion entre un homme marié qui vient de se faire plaisir en s’appropriant la femme de ses désirs. Le tout avec une plume agréable, que demander de plus pour une scène d’été !

Ma note :

Re:ZERO (Tome 1) de Tappei Nagatsuki

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Aujourd’hui, je vous présente un autre light novel, ces romans pour young adults très populaires au Japon, avec le premier tome de Re:ZERO de Tappei Nagatsuki. Prêts à être invoqués dans un autre monde ?


Edition lue :
Éditeur : Ofelbe
Publié le : 15 juin 2017
Publié au Japon le : 24 janvier 2014
Nombre de pages : 280
Prix : 13,99€

Dans cette histoire, on découvre Natsuki Subaru, un lycéen qui se retrouve invoqué dans un autre monde, qui semble se situer à l’époque médiévale et qui est peuplé d’humains, mais aussi de semi-humains et d’animaux. C’est un peu le rêve de tout lycéen moderne fan de jeux vidéo. Dès son arrivée, il va se faire attaquer avant d’être sauvé par une mystérieuse demoiselle à la chevelure d’argent, qui vient de se faire dérober un objet. Il va vouloir l’aider à retrouver cet objet en remerciement, mais il va rapidement perdre la vie… avant d’être ramené quelques heures plus tôt, comme si rien ne s’était passé.

« Donc, si j’ai bien compris, c’est ça, une invocation dans un autre monde ! »

Au départ, l’histoire, les personnages, tout semblait assez familier. Mais Re:ZERO est rapidement parvenu à se démarquer des autres romans et mangas du genre. Tout d’abord grâce à la façon avec laquelle le personnage principal accueille le fait d’avoir été invoqué, comme si c’était quelque chose qui pouvait arriver à tout moment. Ensuite, l’histoire est surprenante, et certaines scènes également (attention les yeux, certains passages sont sanglants !). On va essayer de comprendre le fonctionnement de ce monde en même temps que notre héros, qui va tout faire, et essayer différentes situations pour essayer de ne pas mourir et être ramené au point zéro. Tout en croisant des personnages pour le moins intrigants, qui m’ont donné envie de lire la suite !

« Ce n’était pas la peur qui l’envahissait. Il avait simplement du mal à supporter de perdre la vie, alors qu’il n’avait encore rien vécu. »

Un light novel qui parvient à sortir du lot grâce à son histoire pour le moins originale. À noter que l’objet-livre est très beau et très soigné, que ce soit la couverture ou l’intérieur avec des illustrations en noir et blanc. Un moment de lecture très agréable, parfait pour l’été qui s’annonce !

Ma note :

Compléter les blancs de Keiichirô Hirano

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Aujourd’hui, un sujet dur pour un roman nécessaire. Voici Compléter les blancs de Keiichirô Hirano qui est paru il y a quelques jours chez nous.

Edition lue :
Éditeur : Actes Sud
Publié le : 3 mai 2017
Publié au Japon le : 27 novembre 2012
Nombre de pages : 448
Prix : 23,00€

Tetsuo Tsuchiya s’est suicidé trois ans plus tôt. Seulement voilà, le roman s’ouvre sur le retour à la vie de Tetsuo, qui ignore ce qui s’est passé il y a trois ans. Il ignore qu’il s’est jeté du toit de son entreprise. Il n’est d’ailleurs pas le seul à « ressusciter », le phénomène s’étend au monde entier. Tetsuo va ainsi retrouver sa femme et son fils Riku, qui a aujourd’hui quatre ans, alors qu’il n’en avait  qu’un la dernière fois où il l’a vu. Quand il va apprendre qu’il s’est suicidé, il ne va pas y croire une seule seconde. Et durant tout le roman, il va partir à la recherche de celui qui l’a assassiné, et tenter de comprendre pourquoi.

« Les êtres humains ne reviennent pas à la vie, vous savez. Vous le comprenez, n’est-ce pas ? »

Un roman centré sur le suicide, c’est un pari osé. Mais il est relevé avec beaucoup de brio ici. On ressent la douleur de sa femme qui n’arrive pas reprendre là où ils s’étaient arrêtés, parce qu’en apprenant son suicide, elle a terriblement culpabilisé. On comprend la douleur que Tetsuo ressent en voyant l’attitude de son fils qui ne comprend pas qui est cet homme qu’il doit appeler « papa ». Tetsuo et nous, lecteurs, avons la possibilité de voir la tristesse, l’incompréhension, et tout ce qui va avec ces sentiments chez ceux dont un proche s’est donné la mort. Et c’est bouleversant.

« Tu as sauté du toit de ton entreprise ! Tu nous as abandonnés, Riku et moi ! Pourquoi ? Pourquoi tu t’es suicidé ? Dis-le moi, pourquoi ? »

 En partant à la recherche de son meurtrier, dont il pense connaître l’identité, Tetsuo va aussi se découvrir lui-même, à un point qu’il ne soupçonnait pas. Et cela va être possible grâce à des conversations avec deux personnages, conversations que j’ai trouvées incroyablement remplies de sens et fascinantes. L’une avec Radek, un Polonais qui est aussi revenu à la vie après être mort en héros, et avec un psychiatre qui va explorer avec lui son (ou plutôt « ses ») moi intérieur. Tetsuo va être profondément bouleversé par ces échanges, et on le ressent également. Les derniers chapitres sont aussi extrêmement touchants. Et la traduction de Corinne Atlan, l’une des traductrices les plus talentueuses dans le domaine de la littérature japonaise, rend le tout extrêmement puissant.

« Il n’était pas seulement revenu à la vie. Il était revenu dans un monde dévasté par sa disparition. Peut-être était-ce justement pour réparer ce désastre qu’il était ressuscité ? »

Un roman qui n’hésite pas à nous mettre face à la douleur, à la culpabilité, à l’incompréhension des proches d’un être qu’ils pensent s’être suicidé. Un moment de lecture dont il est difficile de sortir indemne, mais qui montre un aspect du Japon malheureusement bien présent.

Ma note :
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