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Archives de Tag: amour

Deux amours cruelles de Junichirô Tanizaki

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Je vous parle aujourd’hui de deux nouvelles d’un grand auteur de la littérature japonaise. Voici Deux amours cruelles de Junichirô Tanizaki.

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Détails :
Éditeur : Stock
Première publication en : 1960
Réédition format poche le : 25 septembre 2002
Traduction : Kikou Yamata
Publié au Japon en : 1932-1933
Nombre de pages : 180
Prix : 7.65€

C’est donc deux nouvelles que nous découvrons dans ce livre. La première nous narre la relation entre Shunkin, une fille d’une famille aisée qui a perdu la vue à l’âge de 9 ans, et Sasuke, son guide attitré depuis que Shunkin est enfant. La seconde nouvelle nous présente Oyu, une jeune veuve ne pouvant se marier, dont la soeur va épouser l’homme qu’elle aime. Deux histoires d’amour très différentes, mais toutes deux, effectivement, très cruelles.

« De ses yeux aux paupières fermées émanaient plus de charme et de grâce que des yeux bien ouverts de ses soeurs. »

Voilà un recueil typiquement japonais ! La première nouvelle est intéressante, mais la relation entre les deux personnages principaux est parfois difficile à lire. Shunkin en va jusqu’à frapper son serviteur jusqu’à le faire pleurer, lorsqu’elle lui enseigne à jouer du shamisen. Cruauté et violence, donc ! Elle est un personnage plutôt détestable, et je me suis demandé si l’on pouvait vraiment parler d’histoire d’amour…

« Dès l’instant où mon regard se posa sur Oyu-sama, je sus qu’elle était la femme dont je rêvais. »

La deuxième nouvelle m’a beaucoup plu. Le début est un peu long, on prend beaucoup de temps à entrer dans le récit en question, mais on comprend pourquoi à la fin. J’ai notamment bien apprécié les descriptions d’Oyu et de sa beauté, ainsi que l’histoire. Ce triangle amoureux qui n’en est pas vraiment un ou encore ce couple marié qui ne s’est marié que pour tromper la vraie relation font de cette histoire une excellente nouvelle.

Deux visions de l’amour comme nous n’avons pas vraiment l’habitude d’en voir ou d’en lire en Occident. Cruauté, mais aussi pudeur, définissent ces relations qui ont marqué la vie de ceux qui les ont vécues.

Ma note :
7

Komorebi de Roger Raynal

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C’est un excellent recueil de nouvelles que je vous propose aujourd’hui : Komorebi de Roger Raynal.

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Détails :
Éditeur : Editions de la Rémanence
Publié le : 3 février 2021
Nombre de pages : 132
Prix : 12,00€ (physique) / 4,99€ (numérique)

Dans ce recueil de nouvelles, Roger Raynal nous parle du sentiment amoureux à travers sept histoires qui se déroulent au Japon. Sept nouvelles très différentes les unes des autres, écrites d’une plume magnifique et poétique qui va droit au cœur du lecteur. Moi qui suis un grand fan de nouvelles en littérature japonaise, je dois dire que j’ai pris un immense plaisir à découvrir ce recueil. J’étais déchiré entre une lecture sans m’arrêter, et une lecture en prenant le temps. J’ai finalement opté pour la deuxième option, en ne savourant qu’une ou deux nouvelles par jour pour faire durer le plaisir.

« Dans cette nuit commençante, je respirai son odeur, son parfum, âpre, lourd, sensuel. Il rappelait la terre, l’humus, la réalité du monde, mais aussi la promesse d’un printemps, lorsque l’on retourne la terre ou que l’on repique le riz. »

Si j’avais à choisir mes nouvelles préférées, je dirais que ce sont celles qui m’ont le plus touché. Il y a tout d’abord Lettre à l’absente, qui ouvre ce recueil d’une sublime façon. On suit ici deux personnages qui vont tenter de découvrir et d’exprimer leurs sentiments en suivant le son qui résonne dans leurs coeurs. Une nouvelle très poétique, entrecoupée d’haiku qui accentuent la beauté de ce texte. Enfin, j’ai beaucoup apprécié Première étreinte, une nouvelle où l’on suit un garçon et une fille d’une quinzaine d’années, chacun de leur côté, du réveil jusqu’au moment où ils vont pouvoir se voir et s’aimer, même si cela ne dure que quelques secondes. Mention spéciale également pour Le Doigt, une nouvelle censée avoir été écrite par l’un des personnages d’un roman de Mishima (ou comment me faire apprécier un texte) ainsi que pour La Joueuse de Shamisen, nouvelle qui m’a beaucoup fait penser au Pavillon d’Or (de Mishima, là aussi).

« Ce jeune homme possédait une âme d’artiste, ce qui me ravissait et m’attristait à la fois. Chez lui, la beauté était toujours présente et s’écoulait naturellement de son corps, alors que je devais la créer de moi-même, en m’inspirant d’un idéal qui me resterait à jamais étranger. »

Un recueil de nouvelles époustouflant, qui nous emmène au plus profond du coeur de multiples personnages qui ne souhaitent qu’une seule chose : aimer et être aimés, si possible avec passion puisqu’on ne sait pas de quoi demain sera fait.

Ma note :
9

Suzuran d’Aki Shimazaki

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La plume d’Aki Shimazaki est une fois de plus à l’honneur sur Comaujapon. Voici Suzuran.

Edition lue :
Éditeurs : Leméac/Actes Sud
Publié le : 4 septembre 2019 (Canada) / 7 octobre 2020 (France)
Nombre de pages : 168
Prix : 15,00€

Anzu, 35 ans, est céramiste et adore son travail. Elle est divorcée depuis 3 ans et s’occupe de son fils âgé de 10 ans. Sa soeur aînée va rester chez elle lors de son séjour à Tokyo, et, contre toute attente, elle va présenter son fiancé à sa famille. Celui-ci se nomme Yûji et va s’intéresser à Anzu et à ses poteries, ce qui ne laissera pas cette dernière de marbre…

« Je suis déjà complètement amoureuse de lui. Je ne peux pas arrêter de penser à son regard doux, à son sourire, à sa voix, à son odeur qui m’enivre. Hélas, il est déjà pris ! »

Qui dit Aki Shimazaki, dit secrets et rebondissements. Certains prévisibles, d’autres moins. Mais avec toujours une fleur en premier plan qui revient tout au long du livre : il s’agit cette fois du muguet, suzuran en japonais, une fleur en apparence fragile mais qui peut être toxique. Et c’est toujours quelque chose que j’apprécie beaucoup chez Aki Shimazaki, cet accent sur la poésie et les sentiments.

« Chaque nuit, je contemple la Voie lactée qui traverse le ciel sans nuage. Au point du jour, j’entends le chant des oiseaux qui s’animent. »

Quant à l’histoire, j’ai été une fois de plus intéressé tout le long du roman, même si je n’ai pas ressenti d’émotions aussi fortes que lors de certains de  ses précédents romans. Celui-ci se divise en deux parties, la deuxième partie permettant de se concentrer sur l’action plutôt que sur des sentiments qui ne verront jamais le jour (comme c’est souvent le cas), et cela a rendu ma lecture tout de même bien plaisante !

Ma note :

Un court roman qui se lit facilement, on se laisse porter par les sentiments de ces soeurs, leur passé et leurs relations, mais sans réel événement marquant ou surprenant.

Intrusion de Natsuo Kirino

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Une auteure intrigante est à l’honneur aujourd’hui : voici Intrusion de Natsuo Kirino.

Edition lue :
Éditeur : Points
Publié en grand format en : 2011
Publié en format poche : Septembre 2012
Traduction : Claude Martin
Publié au Japon en : 2009
Nombre de pages : 336
Prix : 7,30€

Intrusion est un roman bien particulier, qui combine en réalité deux romans en un. Dans le premier, on suit Tamaki, une romancière, qui se remémore sa relation intense avec Seiji, son éditeur. Ils ont passé sept ans ensemble, et se sont séparés un an auparavant, en blessant au passage leurs familles respectives, puisqu’ils étaient tous deux mariés à quelqu’un d’autre. Tout au long de ce roman, des bribes de son histoire d’amour avec Seiji vont remonter à la surface, avec une puissance qui la déstabilisera. Mais en parallèle, elle travaille sur son manuscrit et doit mener l’enquête sur une mystérieuse O., un personnage d’un roman qu’elle souhaite démasquer dans la réalité.

« Un homme, face à une réalité qu’il ne peut justifier, reste d’abord sans voix avant de cracher des mensonges. »

Et c’est là que je dirais intervient le second roman, même s’ils s’entrecroisent. On a un effet des passages de ce roman, intitulé Innocent, écrit par un grand écrivain, Midorikawa, aujourd’hui décédé. Il y raconte son aventure extraconjugale avec O., cette relation qui blessera sa famille et qui rendra sa femme désespérée. On a ainsi plusieurs histoires d’amour, Tamaki et Seiji, mais aussi le couple Midorikawa (si la fiction suit la réalité comme le pense Tamaki), sur fond d’une enquête littéraire. Tamaki va en effet, tout faire pour découvrir qui est cette O. qui a eu une relation avec ce grand écrivain. Elle s’obstine et va trouver des réponses, des réponses à cette histoire, mais aussi à la sienne…

« O. était un bruit de pas s’approchant discrètement du couple Midorikawa, une ambre noire se glissant entre le mari et la femme. »

Un roman extrêmement bien mené qui traite de deux histoires, l’une réelle et l’autre en apparence fictive, qui ne sont pourtant pas si différentes l’une de l’autre… 

Ma note :

Maïmaï d’Aki Shimazaki

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Une auteure que je n’ai plus besoin de présenter. Voici le dernier roman en date (en France, du moins !) d’Aki Shimazaki, Maïmaï.

Edition lue :
Éditeur : Leméac/Actes Sud
Publié le : 24 octobre 2018 (Canada) / 3 avril 2019 (France)
Nombre de pages : 176
Prix : 15,00€

Maïmaï est le cinquième et dernier tome de la série L’Ombre du Chardon, mais, comme les précédents romans, il peut se lire indépendamment des autres. On retrouve ici Tarô, jeune homme qui vient de perdre sa mère, Mitsuko. Cette dernière, entraîneuse mais également gérante d’une librairie de livres d’occasion, était, comme on a pu le découvrir dans Hôzuki, appréciée de tous. Son fils, sourd-muet et métis, est désormais adulte et va retrouver une amie d’enfance, Hanako, pour qui il va ressentir un amour certain. Mais, comme à son habitude, Aki Shimazaki nous dévoile quelques secrets sur ses personnages qui vont bouleverser leur vie…

« Le soleil est éblouissant. La chaleur est étouffante. Dans le ciel bleu se forme un énorme cumulus blanc et dense. Le contour du nuage se détache nettement. C’est beau. Je pense à Hanako. »

Ce que j’aime avec Aki Shimazaki, c’est que je sais à quoi m’attendre – mais c’est un sentiment extrêmement positif. Quand j’ouvre un de ses livres, en quelques lignes, je ressens l’ambiance particulière qu’elle parvient à instaurer grâce à sa plume simple et belle. Ses romans sont souvent construits de la même façon, mais je ne m’en lasse pas, et je prends plaisir à découvrir les secrets et les relations de ses personnages que l’on a pu rencontrer dans d’autres de ses romans. C’était surtout le cas ici, puisqu’on retrouve beaucoup de personnages développés dans Hôzuki, qui est mon roman préféré de cette pentalogie.

« Elle s’approche lentement et s’arrête devant moi. Un parfum de savon effleure ma narine. Je dénoue son obi et ouvre son yukata. Elle n’a rien dessous. »

Ce roman n’échappe pas à la règle, c’est un moment de lecture très agréable. La relation entre les deux amis d’enfance qui se retrouvent est belle et coule de source. Le dénouement et le « secret » est cependant très prévisible, ce qui est un peu dommage, même si cela ne gâche pas la lecture. Ce secret est bien amené, et j’ai beaucoup aimé la dernière partie où tout semble s’accélérer autour de Tarô lorsqu’il s’approche de plus en plus du dénouement.

« Je la serre fortement dans mes bras. Elle ne bouge pas, le visage contre ma poitrine. Nous restons ainsi sans paroles. Je me répète : « Est-ce un rêve ? » ».

Encore un très bon roman d’Aki Shimazaki qui parvient à clore la pentalogie de l’Ombre du Chardon d’une façon intrigante. Maintenant, il est temps de tourner la page et de se réjouir de découvrir la prochaine série de livres de cette grande auteure !

Ma note :

Et il neigeait sur le Japon de Roger Raynal

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Je vous propose aujourd’hui de découvrir un premier roman d’un auteur français. Voici Et Il neigeait sur le Japon de Roger Raynal.

Edition lue :
Éditeur : Editions de la Rémanence
Publié le : 29 mai 2018
Nombre de pages : 252
Prix : 13,00€

Le roman se découpe en deux parties : Toulouse et Tokyo. Dans la première partie, Roger va rencontrer dans la nuit une jeune japonaise, Satoko. Tous deux étudiants, ils vont discuter et la langue française va être un élément qui va les rapprocher. Roger parle en effet un français comme on le parlait autrefois, et Satoko parle le français qu’on lui a enseigné, qui est proche de celui de Roger. Une passion et une histoire d’amour va naître entre eux, et Roger va la suivre à Tokyo lorsqu’elle va devoir rentrer, dans une seconde partie où Roger va découvrir le Japon et confirmer ses sentiments pour Satoko.

«  Vous parlez le français tel qu’on me l’a enseigné, et que je désespérais de retrouver, le croyant disparu. »

Je vais commencer par les points positifs. Tout d’abord, l’auteur nous précise que Satoko a été prénommée ainsi en référence à Yukio Mishima (l’héroïne de Neige de Printemps s’appelle Satoko), et les références à Mishima suffisent en général à me faire apprécier un livre (bon, j’exagère un peu, mais ça me met dans de bonnes conditions). Ensuite, l’écriture, les échanges sur la langue française, la littérature (hormis les citations bien trop présentes), et surtout, oui, SURTOUT, la passion entre les personnages et son évolution sont clairement les points forts de ce roman.

« Le Japon, archipel onirique, fantasme géographique, eldorado banal des rêveurs d’exotisme, venait brutalement de s’emplir de substance, de faire irruption dans ma réalité. »

Mais voilà, alors que je suis conquis par cette première partie, je m’envole avec les personnages à Tokyo, et là, c’est la décadence. La passion est toujours présente, mais elle est bien moins intéressante qu’à Toulouse. Roger va rencontrer la famille de Satoko, mais là encore, rien ne se passe réellement. Les descriptions du Japon restent plates, on est pourtant dans le Japon des années 1990 sur lequel il y a matière à être un peu original. On suit les journées de Roger dans la capitale nippone, mais on reste vraiment passif et l’intérêt est limité. La fin, bien que très spéciale, est un peu plus intéressante, mais elle n’a pas suffi à me laisser sur une bonne impression.

Un roman à lire pour sa première partie, qui est vraiment bien écrite et qui nous intègre dans cette histoire d’amour passionnelle. Le mieux serait de ne lire que cette première partie pour garder une image plus que positive de ce roman.

Ma note :

Futon de Katai Tayama

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Après une petite absence de deux semaines, Comaujapon est de retour ! Cette fois-ci, je vous présente Futon de Katai Tayama.

Edition lue :
Éditeur : Editions du Rocher
Publié en : Avril 2000
Publié au Japon en : 1907
Nombre de pages : 168

Futon est le roman le plus célèbre de Katai Tayama et il est ici présenté avec deux nouvelles. Dans Futon, on va suivre Tokio, qui éprouve de l’amour pour sa jeune élève Yoshiko. Il est marié et père de famille, et ses sentiments pour Yoshiko vont encore plus se développer lorsque celle-ci va vivre avec Tokio et sa femme pour pouvoir suivre la formation de son maître. Mais lorsque Yoshiko va rencontrer un garçon de son âge avec qui elle envisage une relation sérieuse, Tokio va sombrer dans une tristesse sourde.

« Les jeunes étaient toujours les mêmes, mais leur façon de définir l’amour, de parler de littérature ou de discuter de politique était radicalement différente, et il lui semblait qu’il ne pourrait les suivre éternellement. »

Je dois dire que j’ai beaucoup apprécié ce texte de Katai Tayama, un auteur que je connaissais pas. La préface est intéressante et permet d’en apprendre un peu plus sur lui et sur ses influences, celle de Maupassant notamment. Futon est un texte vraiment intéressant, puisqu’en plus des tourments de cet homme marié, on est au début du XXème siècle, dans la société japonaise qui progresse de jour en jour. Le trouble de Tokio, qui se transforme en désespoir au fur et à mesure qu’il voit la fille qu’il aime s’éloigner de lui est aussi un élément qui m’a fait beaucoup apprécier ce roman.

« Qui ne se sentirait ému de s’entendre appeler « Maître ! Maître ! », et de se voir admiré à l’égal d’un des grands de ce monde par cette ravissante élève aux façons si modernes ! »

Le roman est suivi de deux nouvelles. La première, Un soldat, nous présente, comme son nom l’indique, un soldat, blessé, qui est en route pour retrouver son régiment. J’ai beaucoup de mal avec les textes sur la guerre, donc ça n’a pas vraiment été une lecture plaisante pour moi. La seconde nouvelle, Une botte d’oignons, est aussi plutôt difficile à lire, puisqu’on suit O-saku, une jeune fille infortunée qui vit avec son oncle et qui a une vie misérable, qui ne va pas s’arranger au fil des pages…

« Il faut que les nouvelles femmes du Japon pensent et agissent par elles-mêmes. »

Un livre qui nous offre une intéressante approche de Katai Tayama, un auteur que j’ai encore plus envie de découvrir désormais.

Ma note :

Je reviendrai avec la pluie de Takuji Ichikawa

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Aujourd’hui je vous présente une oeuvre en parfait accord avec la saison actuelle des pluies au Japon: Je reviendrai avec la pluie de Takuji Ichikawa. Le roman connut un grand succès à sa sortie au Japon en 2003 et a par la suite été adapté en film (2004) et en drama (2005).

Edition lue :
Éditeur : J’ai Lu
Publié en : Janvier 2014
Traduction : Mathilde Bouhon
Publié au Japon en : 2003
Nombre de pages : 320
Prix : 7,10€

« Je ne serai bientôt plus de ce monde, mais lorsque la saison des pluies sera de retour, je reviendrai sans faute voir comment vous vous débrouillez, tous les deux. »

On retrouve au début de ce roman Takumi, qui élève seul tant bien que mal son fils Yuta depuis le décès de sa femme, Mio. Pourtant comme elle l’avait promis sur son lit de mort, elle réapparaît un an plus tard pendant la saison des pluies. Mais la jeune femme a perdu la mémoire: elle n’a plus aucun souvenir de son mari et de son fils et ne sait pas qu’elle est morte. Elle va donc réapprendre à vivre auprès des siens grâce aux récits de Takumi. Mais que va-t-elle devenir lors de la fin de la saison des pluies ? Va-t-elle repartir sur la planète Archive comme le pense son fils ?

« Nous nous sommes approchés d’elle en tremblant. Non par peur. […] mais plutôt parce qu’il me semblait que le moindre souffle d’air pourrait effacer son existence. »

Roman extrêmement poétique sur la vie qui continue (difficilement) après le départ de l’être aimé. Le personnage principal qui est aussi le narrateur se présente comme quelqu’un de maladroit, de faible constitution et angoissé, ce qui le rend terriblement réel et attachant. Le lecteur est mis au même niveau que Mio: nous ne savons que peu de choses de leur amour et nous le découvrons au fur et à mesure du récit de Takumi.  Il y a donc un va-et-vient narratif entre le présent et le passé. La trame se concentre principalement sur les  trois protagonistes du foyer mais des personnages secondaires rendent l’histoire encore plus attachante, notamment le professeur avec son chien. Bien que le récit reste banal, le dénouement  est surprenant et ajoute beaucoup d’émotions.

« Lorsque nous nous sommes rencontrés, nous avions tous les deux quinze ans, et le monde se résumait à hier, aujourd’hui et demain »

Le premier roman traduit en français d’Ichikawa est un délice ! Un roman qui traite encore de l’inexorable fatalité qui sépare un amour mais qui reste un roman à l’eau de rose lyrique et émouvant !

Ma note :

 Un article par Mélissa, la meilleure.

 

Fuki-no-tô d’Aki Shimazaki

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Chaque année, on est nombreux à attendre la sortie de son nouveau roman en France avec impatience. Voici le petit dernier d’Aki Shimazaki, Fuki-no-tô.

Edition lue :
Éditeur : Leméac/Actes Sud
Publié en : 6 septembre 2017 (Canada) / 4 avril 2018 (France)
Nombre de pages : 152
Prix : 15,00€

Atsuko a quitté Nagoya avec son mari pour aller travailler dans une petite ferme à la campagne. Son mari, Mitsuo, dont on a fait la connaissance dans Azami, va décider de rejoindre sa femme et fonder sa propre revue, pour sauver leur famille après qu’il ait trompé sa femme. Atsuko va chercher une secrétaire pour l’aider dans sa ferme – et elle va tomber sur Fukiko, une fille qu’elle a rencontrée lorsqu’elle était au lycée. Entre ces deux femmes, l’histoire n’était pas terminée et Atsuko va se retrouver attirée par sa secrétaire.

« Je pense sans cesse à Fukiko. Mon cœur bat. Qu’est-ce qui se passe en moi ? »

J’ai trouvé ce roman plutôt différent des autres d’Aki Shimazaki, mais il m’a tout de même beaucoup plu. On explore ici les sentiments complexes d’une femme mariée, sans tabou. On ne parle pas souvent d’homosexualité dans la littérature japonaise, et je trouve que le sujet est sublimement traité ici. C’est l’amour qui est au cœur de ce roman, un amour qui fait renaître des sentiments que ces deux femmes ont pu connaître dans leur adolescence, et dont la flamme ne s’était clairement pas éteinte.

« En fait, ce qui me dérange, ce n’est pas ce que les gens pensent de nous. C’est le fait que je m’éprends de plus en plus de cette femme à côté de moi. »

Le dernier roman en date d’Aki Shimazaki qui nous transporte dans le cœur des femmes, et plus particulièrement de deux femmes qui vont se redécouvrir des sentiments l’une pour l’autre, après s’être perdues de vue pendant des années. Beau et touchant.

Ma note :

Le Bureau des chats de Kenji Miyazawa

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La littérature japonaise est décidément très riche. Je vous propose aujourd’hui de continuer son exploration grâce à un recueil de contes : voici le Bureau des chats de Kenji Miyazawa.
Edition lue :
Éditeur : Philippe Picquier
Publié en : Juin 2009
Traduit par : Elisabeth Suetsugu
Nombre de pages : 110
Prix : 6,10€

On a ici un recueil de cinq contes écrits dans les années 1910 et 1920 et décrits comme des contes « à la Andersen », pas uniquement pour les enfants mais destinés à tous. Ce n’est pas tous les jours que je lis des contes, encore moins japonais, donc c’est une lecture un peu particulière mais vraiment charmante. Je vais vous parler brièvement de deux contes, ceux qui m’ont le plus marqué, certainement grâce à leur poésie très bien retranscrite grâce au travail de la traductrice.

« L’émotion saisit la vigne sauvage qui exhale un souffle profond et cristallin, et l’une après l’autre, des gouttes transparentes glissent de ses feuilles. »

Je commence par le premier conte, Les Jumeaux du ciel, écrit en 1918. Il raconte deux petites histoires sur deux jumeaux, qui sont des étoiles et qui vivent dans deux petits palais sur la voie lactée. Dans la première de leurs aventures, on rencontre un corbeau et un scorpion, ce dernier tentant d’empoisonner le corbeau. Les frères étoiles vont tenter de sauver le corbeau et de ramener le scorpion chez lui, tout en étant attendus pour accompagner à la flûte la ronde des étoiles comme chaque soir…  Dans la seconde de leurs aventures, une comète va proposer aux jumeaux un tour et ils vont tomber et se retrouver dans l’eau et ainsi devenir des étoiles de mer… On est vraiment dans une atmosphère que je n’avais pas ressentie depuis longtemps, propre aux contes, on retombe en enfance et on s’émerveille de chacun des petits événements.

 « Quand j’aurai ouvert mon cœur, peu m’importe que le vent disperse mes fruits et mes feuilles, peu m’importe de me figer dans le sommeil blanc de l’hiver lumineux et glacé, peu m’importe d’y laisser ma vie. »

Quant au deuxième conte qui m’a beaucoup plu, il s’agit de La vigne sauvage et l’arc-en-ciel. C’est ici un conte très court et à l’intrigue simple : une vigne veut dévoiler ses sentiments à l’arc-en-ciel. On a ainsi dans ces quelques pages une déclaration d’amour et un dialogue sur l’éphémère, entre une vigne qui ne tient pas les saisons et un arc-en-ciel qui ne reste que quelques minutes dans le ciel… Ce conte est tellement beau !

 Un recueil de contes d’un auteur qui s’est principalement fait connaître après sa mort et qui nous envoie de la magie dans les yeux grâce à son atmosphère particulière et à la beauté de son écriture.

Ma note :
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