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Archives de Tag: combat

Les Fleurs du Nord de Valérie Harvey

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Il est aujourd’hui temps de vous parler d’un roman d’une auteure québécoise sorti début novembre : Les Fleurs du Nord de Valérie Harvey. Partons ensemble à l’aventure !

les-fleurs-du-nord-valerie-harveyEdition lue :
Éditeur : Québec Amérique
Publié le : 2 novembre 2016
Nombre de pages : 549
Prix : 7,99€ en numérique ici
Disponible à la Librairie du Québec (Paris) en format papier

Le début des Fleurs du Nord nous présente Tatsuke Kagi, le dernier héritier du pouvoir du feu (il peut jeter du feu à distance grâce à son éventail), qui va combattre pour défendre le Nord du Japon (Hokkaidô). Mais, un jour, il va tomber amoureux de Midori, une femme ayant vécu l’horreur malgré son jeune âge. Tatsuke va lui apprendre à se défendre et à combattre, et la femme va faire sa place dans ce clan très fermé, avant de faire sa place dans le cœur de Tatsuke… Ils vont fonder une famille et l’on va également suivre les aventures de leur fille aînée, Aki, qui va aussi développer les pouvoirs du feu et va tenter de s’imposer dans cette société patriarcale.

« Le soleil couchant qui inondait le champ de bataille masquait le carnage en baignant les lieux d’une lumière rouge. »

Pour commencer, j’ai vraiment adoré ce roman. Il se lit merveilleusement bien, l’écriture est belle, les personnages sont bien développés, on se plonge facilement dans cette histoire qui mêle histoire du Japon et magie et on a envie de le dévorer. C’est un roman multiple : on y trouve des combats épiques, des descriptions spectaculaires (sur les flammes, la neige fondue, les saisons… on peut aisément s’imaginer le paysage dans notre tête), de la magie avec une histoire autour de celle-ci (différentes familles : celles du feu, celles du vent, celles de l’eau), deux autres éléments que je vais un peu plus développer : l’amour et la femme.

« À certains moments, on ne voit plus le regard de l’autre. C’est quand on est trop près de son visage et que les lèvres se joignent. »

L’amour. Et oui, c’est aussi un roman d’amour. Attention, je ne parle pas d’amour niais, mais plutôt de destinée, de beauté. Tout d’abord entre Tatsuke et Midori, qui vont vivre une incroyable histoire et qui ne vont jamais se quitter. Ensuite, leur fille Aki qui ne va pas vouloir passer par la case « mariage arrangée » comme c’était souvent le cas dans ce Japon ancien, et qui va briser les barrières pour s’affirmer avec l’homme qu’elle aime. Ce qui m’amène au deuxième sujet : la femme. Et plus précisément, la place de la femme à cette époque qui est aujourd’hui encore dans l’inconscient de la société japonaise contemporaine. En effet, les femmes ici ont un réel rôle à jouer et n’hésitent pas à s’affirmer pour être aussi des combattantes et pas uniquement « femme de ». Et cela donne des personnages au caractère fort et que l’on n’a pas envie de quitter.

« Pour le cœur, l’âge compte peu, et si nous connaissions la recette de ses choix, nous résoudrions plusieurs casse-têtes. »

C’est un excellent roman qui mêle à merveille un aspect de l’histoire japonaise à la magie. On prend plaisir à suivre cette famille sur plusieurs générations et à apprendre à connaître ces personnages forts, qui veulent faire bouger les choses et qui veulent combattre pour défendre les leurs. Un roman qu’on n’a pas envie de lâcher.

Ma note :
8

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Le sumo qui ne pouvait pas grossir d’Eric-Emmanuel Schmitt

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Bonjour à tous ! Aujourd’hui, je vous parle d’un court roman d’un écrivain français que je connaissais de nom, mais que je n’avais pas encore lu : Le sumo qui ne pouvait pas grossir d’Eric-Emmanuel Schmitt ! 


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Edition lue :
Éditeur : Le Livre de Poche
Publié en : 2014 (grand format : 2009)
Nombre de pages : 96
Prix : 4,90€

Jun est un garçon qui a fui sa mère et qui se retrouve dans les rues de Tokyo à vendre des pacotilles et à manger les poubelles. Mais un vieil homme, Shomintsu, qui s’avère être un entraîneur de sumo, va le croiser à maintes reprises et lui dire « Je vois un gros en toi », phrase pour le moins amusante puisque Jun n’a que la peau sur les os. Il va insister, insister, et offrir un billet à Jun pour qu’il aille voir un match de sumo. Après avoir refusé, Jun va céder et s’y rendre.

« Tokyo, quatre heures du matin… Peut-être le seul moment où la vie humaine s’offrait un répit, où la ville de goudron, de pierre, de béton dont les échangeurs routiers s’étageaient et s’enroulaient telles des lianes, redevenait une forêt où les animaux allaient boire, se nourrir. »

Contre toute attente, il va avoir une sorte de révélation : alors qu’au départ il ne voyait que des boudins, il va finit par voir des athlètes et des combattants. À partir de là, il va rejoindre l’école de Shomintsu et va tout faire pour s’engraisser et se muscler, mais ce sera plus compliqué que prévu… Et c’est là que c’est intéressant, puisque ce roman a une dimension spirituelle non négligeable. Le personnage principal va être initié au bouddhisme zen, et va découvrir qu’il ne suffit pas de manger, manger et manger pour grossir et atteindre son objectif, mais qu’il va falloir d’abord être en paix avec soi-même et affronter ses démons, qu’il avait plutôt tendance à cacher bien profondément en lui.

« Au fur et à mesure que chaque lutteur tentait d’éjecter son adversaire du cercle de jeu, je luttais, moi, contre mes préjugés, puis les éjectais un par un. »

C’est donc un roman court, mais l’évolution de Jun va être impressionnante. Il ne s’entête pas et accepte les changements qui se font en lui, au fur et à mesure qu’il découvre l’art des sumo, et qu’il se découvre lui-même. Une histoire avec une petite morale qui est très bien menée et qui n’y va pas par quatre chemins, ça m’a donné envie de découvrir d’autres romans de cet auteur, même dans un contexte non-japonais (et oui, je ne lis pas que des romans en lien avec le Japon !).

Le sumo qui ne pouvait pas grossir est en bref une lecture très plaisante, une petite histoire qui nous présente un garçon qui va apprendre à se connaître lui-même en traversant différentes épreuves et en gardant surtout l’esprit ouvert. Un très bon moment de lecture qui permet de se poser aussi des questions sur soi-même.

Ma note :
8

Samouraïs : 10 destins incroyables de Julien Peltier

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Partons au combat aujourd’hui avec les destins incroyables de 10 samouraïs, compilés par Julien Peltier, un historien spécialiste du Japon ! Mettez votre armure et on est parti !

samourais-10-destins-incroyables-julien-peltierEdition lue :
Éditeur : Editions Prisma
Publié le : 7 avril 2016
Nombre de pages : 240
Prix : 17,95€

Le but de ce livre est de nous présenter dix samouraïs, dont la plupart des noms nous sont familiers, et de ne pas s’arrêter aux mythes qui les entourent, mais de justement casser un peu cette coquille pour faire apparaître des éléments plus plausibles que ce que racontent certaines légendes… On a donc dix chapitres, tous construits de la même façon : un extrait d’un combat, une courte biographie et enfin des éléments plus contemporains sur ces samouraïs comme leur représentation dans des films ou des mangas… C’est malheureusement un peu court pour qu’on puisse apprendre beaucoup de choses, mais ça donne un très bon aperçu du profil de ces hommes (et de cette femme !) qui ont combattu jusqu’à la mort (ou qui du moins se la sont données).

« Entre chien et loup, dans la pénombre mauve du jour naissant, le jeune guerrier en armure étincelante guide prudemment sa monture sur un sentier de chèvres. »

J’ai noté quelques samouraïs qui m’ont marqué, dont les noms m’étaient familiers mais que je ne connaissais pas plus que ça. On croise donc dans ce livre Tomoe Gozen, une des seules femmes samouraïs dont on parle abondamment dans l’histoire japonaise, et qui valaient « mille hommes », mais aussi Kusunoki Masashige, dont les dernières paroles ont inspiré mon écrivain préféré, Yukio Mishima, qui les a inscrites sur son bandeau le jour de son suicide, Miyamoto Musashi, qui est connu pour avoir gagné pas moins de 60 duels sans jamais avoir perdu (alors que la réalité est différente) et qui a été plus récemment rendu populaire par Eiji Yoshikawa dans les années 1930, ou encore Saigô Takamori, le fameux dernier samouraï.

« Les grondements du tonnerre résonnent au fond de la combe d’Okehazama. Une goutte, puis deux, et voici qu’une pluie diluvienne martèle soudain le sol assoiffé par le chaud soleil de juin, douchant les guerriers Imagawa qui cuvent leur veillée passée à célébrer une victoire prochaine. »

C’est un livre qui permet d’en apprendre un peu plus sur des noms qu’on connait pour la plupart. Neuf hommes, une femme, et autant de destins fascinants qui m’ont donné envie d’approfondir le sujet ! 

Ma note :
7

Les huit chiens des Satomi de Fûtarô Yamada

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Aujourd’hui, je vais vous présenter un double roman à la fois épique et littéraire : Les huit chiens des Satomi de Futaro Yamada, qui vous fera entrer dans une aventure folle de laquelle vous pourrez difficilement décrocher !

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Edition lue :
Éditeur : Philippe Picquier
Format poche publié en : 2016
Édition originale en japonais : 1983
Nombre de pages : 754
Prix : 13,00€

Un peu de contexte tout d’abord ! Kyokutei Bakin est un écrivain très prolifique des XVIIIème et XIXème siècles. Il a notamment écrit l’Histoire des huit chiens du Satomi de Nansou (Nansou Satomi Hakkenden, 南総里見八犬伝), une œuvre  impressionnante en 106 volumes, écrite pendant 28 ans, de 1814 à 1842. Et bien, dans le roman que je vous présente aujourd’hui, Fûtarô Yamada nous raconte cette célèbre histoire (en version résumée bien entendu, mais qui fait tout de même près de 800 pages), avec en parallèle, un chapitre sur deux, l’histoire de son écriture par Bakin. Un pari littéraire osé – et réussi !

« La tête tomba de la gueule de chien, roula sur le plancher puis s’immobilisa, la face tournée précisément vers les occupants de la pièce. »

 Nous avons donc d’un côté l’histoire de ces huit chiens : au début du roman, en 1458, le clan Satomi est prêt à se donner la mort pour éviter d’être assiégé. Le Seigneur du clan va offrir la main de sa fille à celui qui lui ramènera la tête de son ennemi. Désespéré, il proposera même cela à Yatsufusa (littéralement « Huit pétales »), son énorme chien qui tuera son ennemi et lui ramènera sa tête (cf. citation). Tout commence là. La fille du Seigneur, Fusehime, va se rendre compte qu’après cela Yatsufusa devient boudeur et malheureux : il avait pris les paroles du Seigneur au sérieux, et Fusehime se dit donc qu’elle se devait d’épouser ce chien pour ne pas salir la parole de son père. Après la « communion de leurs âmes » (par l’action du Saint-Esprit pourrions-nous dire), Fusehime se retrouve enceinte de son chien et elle va accoucher de 8 chiens avant de se donner la mort par éventrement. Ce seront en fait des guerriers chiens à l’apparence humaine.

« Méchant vaurien, tu as donc envie de tâter toi aussi de mon sabre ? »

Onze ans plus tard, on retrouve Shino, qui va s’avérer être le premier guerrier chien, fils de Fusehime, qui s’en rendra compte lorsqu’il apercevra une marque de pivoine sur son bras et qu’il possèdera un grain de chapelet, deux signes communs à tous ces guerriers. À partir de là, une folle aventure va se dérouler : entre tentatives de meurtres, suicides, mariages forcés, histoires de vengeances, Shino va découvrir qu’il n’est pas le seul à avoir cette marque de pivoine et ce grain de chapelet. Il va ainsi rencontrer les sept autres chiens, avec son mystérieux sabre Murasame (qu’il va lui être dérobé pendant un temps), et le plus souvent grâce à de fortes coïncidences. Son ami d’enfance va en être un, tout comme le frère de la fille qu’aime Shino ou encore un homme ayant pour mission de tuer Shino lors de sa visite chez le Shogun. Et même un petit garçon de quatre ans va s’avérer être un guerrier chien. Au fur et à mesure de sa fuite et de son périple, Shino va former son équipe avec ses nouveaux frères (qui vont se perdre et se retrouver), en ayant rapidement conscience qu’ils ont une grande mission à accomplir.

« Se mettre à imaginer un récit comme celui que vous venez de me soumettre, avec une accorte jouvencelle enceinte des œuvres d’un chien ! Je vous avouerai que, pour moi, c’est un tissu d’affabulations plus extravagantes les unes que les autres et qui font fi de la réalité historique. »

Et en parallèle de cela, un chapitre sur deux, nous suivons donc une autre aventure extraordinaire : celle de l’écriture de cette histoire des Huit chiens des Satomi. En effet, Bakin va raconter son histoire bout par bout, au même rythme que nous, lecteurs, la lisons, à Hokusai le peintre d’ukiyo-e le plus célèbre (auteur notamment de La Grande Vague de Kanagawa). Bakin souhaite durant tout le long du roman qu’Hokusai lui dessine des scènes marquantes de ses Huit chiens, mais, bien qu’Hokusai réalisera quelques esquisses après l’écoute de l’histoire, il les jettera tout de suite après et dit à Bakin qu’il ne souhaitait plus travailler avec lui de cette façon, en raison des trop fortes exigences de Bakin. Le beau-fils d’Hokusai, Shigenobu Yanagawa, va illustrer le roman de Bakin sous forte recommandation d’Hokusai, Bakin et Hokusai sachant pertinemment que son talent est bien plus faible que celui d’Hokusai.

« L’idée m’est venue de représenter le mont Fuji sous toutes ses coutures. Pour ça, j’aurai besoin de parcourir tous les pays d’où on l’aperçoit. Et les pays de ce genre, il y en a facilement cinq ou six… Car on le voit aussi depuis l’océan. »
– Hokusai, évoquant ses futures Trente-six vues du Mont Fuji

J’ai apprécié plusieurs choses dans ce roman. Tout d’abord, je l’ai aimé pour son côté épique. Il est vrai qu’en prenant le livre si imposant entre mes mains et en commençant la lecture, j’ai eu peur. Peur de rester sur le côté. Mais en réalité, j’ai été aspiré dans cette histoire et j’ai totalement accroché. On ne s’ennuie pas une seconde, ça bouge dans tous les sens. C’est peut-être un peu difficile au départ avec tous les noms différents qu’on peut avoir du mal à retenir, mais on passe vite au-dessus, et c’est que du plaisir ! Un roman épique et surprenant, il se passe des milliards de choses – et on est pris dedans, à se demander comment va être rencontré le guerrier-chien suivant et quelle mission doivent-ils accomplir ensemble. On suit aussi l’histoire de ce puissant et mystérieux sabre, et on a parfois une touche de surnaturel avec des fantômes qui reviennent dans le monde des humains pour s’unir à leur bien-aimée… Bref, c’est une histoire simplement folle et addictive.

Une autre chose qui m’a fait apprécier ce roman est bien entendu le récit de la création de cette œuvre, entretenu par les échanges de Bakin et d’Hokusai. On en apprend également beaucoup sur Bakin, sa vie, son enfance ou ses relations avec sa famille, ainsi que sur Hokusai (qui est d’ailleurs un personnage qui me fascine !) et sa façon de vivre. Cela permet à la fois de reprendre son souffle de l’action du chapitre précédent, mais également d’avoir l’avis d’Hokusai sur ce que l’on vient de lire. Il fait parfois des remarques que l’on peut se faire nous aussi en tant que lecteur en 2016, et c’est amusant. C’est aussi très intéressant et plaisant de voir Hokusai et Bakin prendre de l’âge au fur et à mesure des chapitres, cela permet de se rendre compte du temps (28 ans !) qu’a pris Bakin pour écrire son roman. S’il fallait noter un point noir, ce serait peut-être la manière dont la fin est racontée. En effet, l’auteur ne rentre plus dans les détails de l’histoire. Mais c’est à nuancer, puisqu’on a tout de même les éléments finaux de l’histoire, et on se concentre aussi sur la manière dont Bakin a terminé d’écrire son épopée, à savoir aveugle en la dictant à sa belle-fille.

C’est en bref un moment de lecture épique et intéressant que l’auteur nous propose ici, en retranscrivant la célèbre histoire des Huit chiens des Satomi ainsi que l’histoire de sa création et de son écriture. Un très bon moment grâce à un excellent roman qu’il est difficile de lâcher.

Ma note :
8

 

 

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