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Archives de Tag: famille

La légende des Akakuchiba de Kazuki Sakuraba

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Partons aujourd’hui à la rencontre de Kazuki Sakuraba, une auteure japonaise dont on peut découvrir pour la première fois la plume en France (même si elle a connu le succès en France également avec le manga Gosick dont elle a écrit le light novel) grâce à un roman qui vient de paraître : La légende des Akakuchiba.


Edition lue :
Éditeur : Piranha
Sorti le : 19 octobre 2017
Traduit par : Jean-Louis de la Couronne
Édition originale en japonais : 2006
Nombre de pages : 416
Prix : 23,00€

Dans ce roman, on fait la connaissance de trois femmes de la même lignée. Il y a tout d’abord Man’yô, une fille des montagnes qui peut voir certaines scènes de l’avenir dans ses visions, et qui va devenir Man’yô Akakuchiba en épousant l’un des héritiers de cette famille très puissante du village de Benimidori. Man’yô est la grand-mère de la narratrice, et on va découvrir sa vie très particulière, elle qui a changé complètement de classe sociale et qui voit mystérieusement comment certaines personnes de son entourage vont décéder. Et puis, il y a Kemari, la fille de Man’yô. Une loubarde, qui va être connue dans tout le pays, et qui  va finir par avoir une reconversion plutôt étonnante. Et enfin, Tôko, la fille de Kemari, qui, elle, commence petit à petit sa vie, ou du moins souhaite la commencer après avoir mis à jour un secret que sa grand-mère Man’yô a emporté avec elle dans son dernier souffle.

« Pourquoi cette dame des Akakuchiba qui ressemblait tant à un petit dieu Ebisu avait-elle posé son dévolu sur une fille des confins, l’avait choisie et destinée à devenir l’épouse de son fils ? »

C’est un roman passionnant qui se déroule sur trois générations. On suit avec curiosité ces trois femmes qui ont une vie si différente, mais tellement intéressante. Man’yô qui est une fille de rien du tout au départ, et qui devient une femme respectée dans une puissante famille, avec un petit côté mystérieux et inquiétant, puisqu’elle a des visions durant lesquelles elle voit le plus souvent des choses désagréables. Kemari, qui est à l’opposé de sa mère, puisqu’elle est la tête d’un gang de jeunes filles rebelles, et enfin Tôko, une fille que l’on découvre et qui se trouve également être très différente de sa mère et de sa grand-mère.

« Man’yô comprit que son fils était mort. Alors même qu’il n’était pas encore né. »

Un autre aspect très intéressant de ce roman, c’est qu’on est aux premières loges pour observer l’évolution de la société. On commence au début des années 1940 dans un petite village où l’aciérie des Akakuchiba est l’entreprise principale. Elle va grandir, grandir, grandir. Pendant ce temps-là, l’influence américaine se répand de plus en plus chez les jeunes, avec les Beatles notamment, et un fossé se creuse au fil des années entre les adolescents et ceux de la génération de leurs parents. Et puis, la place de cette usine est remise en question avec la pollution industrielle qui devient de plus en plus un problème… La société évolue et se modernise, et avec cette évolution se sont envolés les mythes et l’histoire de ce village. Un portrait très réaliste sur les années qui passent et la société qui se transforme sur plusieurs plans.

« La jeunesse est belle justement parce qu’elle passe. »

Un roman riche. Riche de par l’histoire familiale racontée sur trois générations, riche de par la description précise et fidèle de l’évolution de la société faite, mais aussi riche de par l’enchaînement des événements : on a envie de découvrir quels liens ces trois femmes aux caractères si différents ont pu entretenir entre elles et avec leurs proches.

Ma note :
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La vie du bon côté de Keisuke Hada

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Et oui, il y a aussi des romans japonais dans la rentrée littéraire ! Je vous propose aujourd’hui de voir La vie du bon côté grâce à Keisuke Hada !

Edition lue :
Éditeur : Philippe Picquier
Publié le : 24 août 2017
Traduction par : Myriam Dartois-Ako
Édition originale en japonais : 2015
Nombre de pages : 144
Prix : 16,50€

Tout au long des pages de ce roman, on vit avec Kento, sa mère et son grand-père de 87 ans. On rencontre Kento qui, malgré ses 28 ans, est dans un état proche de celui de son grand-père : il souffre du dos et ne peut pas faire de sport et il est en pleine allergie et ne peut donc pas faire grand chose… Son grand-père, quant à lui, aime embêter sa fille, la mère de Kento donc, et son petit-fils. Il aime avoir une vie facile et se faire dorloter, et pour cela il n’hésite pas à faire preuve de fainéantise. Mais la façon dont va le voir Kento, ainsi que sa relation avec lui et même sa vie tout entière, va profondément changer lorsque le grand-père lui dit qu’il veut mourir et que Kento va finir par vouloir l’aider à accomplir son souhait, pour qu’il puisse encore partir dignement.

« Cette plainte de l’aïeul qui souhaitait mourir, il n’avait pas eu la sincérité de la prendre au pied de la lettre. »

C’est un roman sur la famille, mais qui apporte également une réflexion sur les personnes âgées, qui sont de plus en plus nombreuses au Japon. En effet, Kento, en voulant aider son grand-père à partir, va lui simplifier la vie pour que son corps ne fasse plus rien. Cela ouvre notamment une réflexion sur l’aide aux personnes âgées dans les centres spécialisées, où on fait tout pour eux et ils ne font plus rien par eux-mêmes.

« Autant accéder rapidement à ce vœu qu’il ressasse quotidiennement, ce sera mieux pour tout le monde. »

Quant à l’histoire en elle-même, j’ai pris plaisir à voir la façon qu’a le grand-père de totalement transformer la vie de Kento, sans le vouloir (ou c’est ce qu’il voudrait nous faire croire), même si le grand-père est très souvent irritant. Il répète tout au long du roman qu’il veut mourir, qu’il n’en peut plus, qu’il est un boulet, et c’est franchement désagréable à lire. Mais j’imagine que c’est aussi ce que ressentent Kento et sa mère, et dans ce cas-là, on peut dire qu’on partage leur agacement.

« Même au fond du trou, quand on n’arrive plus à s’en sortir, la seule chose à faire est de continuer à se battre. »

Malgré les apparences, c’est un roman sur le goût de la vie et sur l’impact que peut avoir un grand-père qui semble avoir perdu sa raison de vivre sur son petit-fils qui est dans une étape difficile de sa vie.

Ma note :

Le Destin des Initiés (Tome 1) de Romane Taguchi

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Aujourd’hui, je vous présente un roman qui nous fait voyager entre le Japon et la France, mais surtout dans le monde de la magie… Voici le premier tome du Destin des Initiés de Romane Taguchi !

Edition lue :
Publié le : 21 juin 2017
Nombre de pages : 583
Prix numérique : 2,99€ (ici)
Prix version physique : 17,94€
Auto-édité

Dans ce roman, on suit Julie, une jeune femme française qui vit à Kyôto depuis toute petite. Elle est aujourd’hui professeure de français dans cette ville qu’elle aime tant, mais souffre de terribles cauchemars depuis la mort de sa mère quelques mois auparavant. Alors qu’elle fait visiter Kyôto à une touriste française, elle va faire une étonnante découverte : Julie est en fait une Initiée, c’est-à-dire qu’elle a un don qui doit lui servir à venir en aide aux gens. Elle va ainsi plonger dans le monde de la magie et les secrets de famille que sa mère a voulu lui épargner vont refaire surface.

« Julie, depuis des générations, ta famille fait partie des « Initiés ». D’après la légende, les Initiés auraient été choisis autrefois pour leur bravoure, leur honnêteté, leur fiabilité. »

Allons droit au but : j’ai adoré ce roman. L’intrigue se met rapidement en place, on comprend que deux femmes sont à la recherche de quelque chose qui a appartenu à la mère de Julie, et on se rend compte que Julie n’est peut-être pas une jeune femme ordinaire. On prend notamment plaisir à la suivre nous guider à travers Kyôto lorsqu’elle la fait visiter, et on écoute ses explications avec plaisir. La moitié du roman se passe au Japon, et on a envie de découvrir très vite les événements à suivre, les pages se tournent toute seule, jusqu’à ce qu’on s’envole pour la France…

« Elle n’était pas sure d’être prête à lâcher le monde tel qu’elle le connaissait pour entrer dans celui, inconnu, de la magie. »

La seconde moitié se déroule donc en France, où on tombe totalement dans le monde de la magie, on le découvre en même temps que Julie, et je dois dire que c’est à la fois excitant et intrigant. Je m’émerveillais aussi de ses découvertes, tout en étant aussi inquiet, puisque l’intrigue ne lâche rien, on veut absolument savoir si Julie va trouver ce qu’elle cherche en France, et on a hâte aussi de voir l’évolution de ses relations avec les différents personnages… Le tout étant très bien écrit, c’est vraiment une excellente découverte que je suis ravi d’avoir faite ! Sur la couverture, il est noté « Tome 1 », cela annonce donc une suite que je suis réellement impatient de lire !

Un premier roman d’une auteure française qui vit au Japon, et qui parvient à relier entre eux trois merveilleux univers : le Japon, la France, et surtout, le plus surprenant, celui de la magie. On prend un réel plaisir à suivre Julie dans ses aventures et on plonge sans réfléchir dans  ce monde qui nous réserve bien des surprises. 

Ma note :

Hotaru d’Aki Shimazaki

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Une auteure que vous commencez à bien connaître va être le sujet de l’article de cette semaine ! Voici Hotaru d’Aki Shimazaki.

Edition lue :
Éditeur : Actes Sud (Babel)
Publié en : Août 2009
Grand format : Novembre 2004
Nombre de pages : 136
Prix : 6,60€

Hotaru est le cinquième et dernier tome de la pentalogie Le poids des secrets. Alors que pour les précédents, notamment Tsubame et Wasurenagusa, je vous disais qu’il n’était pas nécessaire d’avoir lu les premiers tomes pour lire ceux-là, ici, je pense qu’il est nécessaire d’avoir lu les quatre précédents pour pleinement l’apprécier. On accompagne cette fois Tsubaki, 19 ans, qui va rendre visite à sa grand-mère de 84 ans, Mariko, Coréenne ayant survécu au bombardement de Nagasaki que l’on a déjà rencontrée dans les tomes précédents. Et Mariko va dévoiler à sa petite-fille un secret qui ne l’a pas quitté depuis des années : elle s’est levée un matin pour aller tuer un homme.

« Je me suis juré que je ne dirais jamais à personne ce que j’avais vu ce matin-là. »

Dans ce tome, on recroise presque tous les personnages des quatres romans précédents, et les images de mes lectures passées sont apparues dans mon esprit, ce qui est un sentiment très agréable. Le bombardement de Nagasaki est encore une fois bien présent, et cette fois-ci, le roman est parcouru de lucioles (蛍, Hotaru) qui viennent illuminer notre lecture. Plutôt que de nous dévoiler de grands secrets, on assiste à la clôture d’une pentalogie qui nous a fait rencontrer une famille attachante au fil des générations, et ça fait quelque chose de leur dire au revoir.

« Je crois qu’il n’y a peut-être pas de coïncidences dans ce monde. »

Le dernier tome d’une excellente pentalogie signée Aki Shimazaki, qui nous a montré, avec brio et avec énormément de sentiments, à quel point le poids des secrets pouvait parfois être dur à porter.

Ma note :

Compléter les blancs de Keiichirô Hirano

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Aujourd’hui, un sujet dur pour un roman nécessaire. Voici Compléter les blancs de Keiichirô Hirano qui est paru il y a quelques jours chez nous.

Edition lue :
Éditeur : Actes Sud
Publié le : 3 mai 2017
Publié au Japon le : 27 novembre 2012
Nombre de pages : 448
Prix : 23,00€

Tetsuo Tsuchiya s’est suicidé trois ans plus tôt. Seulement voilà, le roman s’ouvre sur le retour à la vie de Tetsuo, qui ignore ce qui s’est passé il y a trois ans. Il ignore qu’il s’est jeté du toit de son entreprise. Il n’est d’ailleurs pas le seul à « ressusciter », le phénomène s’étend au monde entier. Tetsuo va ainsi retrouver sa femme et son fils Riku, qui a aujourd’hui quatre ans, alors qu’il n’en avait  qu’un la dernière fois où il l’a vu. Quand il va apprendre qu’il s’est suicidé, il ne va pas y croire une seule seconde. Et durant tout le roman, il va partir à la recherche de celui qui l’a assassiné, et tenter de comprendre pourquoi.

« Les êtres humains ne reviennent pas à la vie, vous savez. Vous le comprenez, n’est-ce pas ? »

Un roman centré sur le suicide, c’est un pari osé. Mais il est relevé avec beaucoup de brio ici. On ressent la douleur de sa femme qui n’arrive pas reprendre là où ils s’étaient arrêtés, parce qu’en apprenant son suicide, elle a terriblement culpabilisé. On comprend la douleur que Tetsuo ressent en voyant l’attitude de son fils qui ne comprend pas qui est cet homme qu’il doit appeler « papa ». Tetsuo et nous, lecteurs, avons la possibilité de voir la tristesse, l’incompréhension, et tout ce qui va avec ces sentiments chez ceux dont un proche s’est donné la mort. Et c’est bouleversant.

« Tu as sauté du toit de ton entreprise ! Tu nous as abandonnés, Riku et moi ! Pourquoi ? Pourquoi tu t’es suicidé ? Dis-le moi, pourquoi ? »

 En partant à la recherche de son meurtrier, dont il pense connaître l’identité, Tetsuo va aussi se découvrir lui-même, à un point qu’il ne soupçonnait pas. Et cela va être possible grâce à des conversations avec deux personnages, conversations que j’ai trouvées incroyablement remplies de sens et fascinantes. L’une avec Radek, un Polonais qui est aussi revenu à la vie après être mort en héros, et avec un psychiatre qui va explorer avec lui son (ou plutôt « ses ») moi intérieur. Tetsuo va être profondément bouleversé par ces échanges, et on le ressent également. Les derniers chapitres sont aussi extrêmement touchants. Et la traduction de Corinne Atlan, l’une des traductrices les plus talentueuses dans le domaine de la littérature japonaise, rend le tout extrêmement puissant.

« Il n’était pas seulement revenu à la vie. Il était revenu dans un monde dévasté par sa disparition. Peut-être était-ce justement pour réparer ce désastre qu’il était ressuscité ? »

Un roman qui n’hésite pas à nous mettre face à la douleur, à la culpabilité, à l’incompréhension des proches d’un être qu’ils pensent s’être suicidé. Un moment de lecture dont il est difficile de sortir indemne, mais qui montre un aspect du Japon malheureusement bien présent.

Ma note :

Nââândé!? d’Eriko Nakamura

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Mais que pense donc une Japonaise qui vit à Paris depuis des années ? C’est ce qu’Eriko Nakamura nous propose de découvrir dans Nââândé!?, un livre qui ne manque pas d’humour.

naaande-eriko-nakamuraEdition lue :
Éditeur : Pocket
Publié le : 7 mars 2013 (Grand format : 2012)
Nombre de pages : 128
Prix : 5,95€

Ces tribulations d’une Japonaise à Paris sont donc écrites par Eriko Nakamura, ancienne présentatrice à succès sur une grande chaîne japonaise, mais désormais mariée à Charles-san, un Français, avec qui elle vit à Paris depuis dix ans au moment de l’écriture de ce livre. Dans divers thèmes du quotidien que les Japonais et les Français traitent différemment -le métro, le mariage, la grève, l’éducation, la propreté, les toilettes, le sexe ou encore le couple-, elle va souvent exprimer intérieurement un Nââândé!?, une expression japonaise qui marque l’incompréhension.

« Personne ne fantasme autant sur Paris qu’un Japonais. Et personne n’est plus choqué par Paris qu’un Japonais. »

J’ai beaucoup aimé l’humour de l’auteure, qui rend ce petit livre bien agréable à lire. Elle a des remarques vraiment drôles sur des choses qui sont parfois pour nous normales (comme par exemple les dîners entre amis qui s’éternisent où le dessert n’arrive qu’à minuit et qu’elle pense « C’était stupéfiant : on changeait de jour et on était toujours à table ! »), ou encore lorsqu’elle nous dit qu’elle a pu découvrir tout un pan de la littérature française en attendant les Français, souvent en retard à des rendez-vous.

« Je crois que c’est avec la grève qu’on mesure le mieux le fossé qui sépare nos deux cultures. »

Le sous-titre, Les tribulations d’une Japonaise à Paris, est à mon sens incomplet. Je rajouterais et de son mari français à Tokyo, puisqu’elle nous parle beaucoup des déboires de son mari dans la capitale nippone, qui sont souvent très amusants. En revanche, ce livre est grand public. C’est-à-dire qu’on n’apprend pas grand chose si on connaît déjà un minimum le Japon. Certes, c’est amusant, mais on a tout de même droit à des clichés qu’on entend depuis des années, repris à toutes les sauces (sur le quartier Harajuku pour ne citer qu’un exemple). C’est évidemment ce qui fait vendre et ce qui plaît, elle exagère les traits du Japon que les Français trouvent loufoques, et elle grossit les traits des Français, en les mettant tous dans le même panier. Un point négatif qui n’est tout de même pas négligeable.

« Parfois, je me demande si les Parisiens n’aiment pas aller à la campagne pour se prendre quelques petites doses de gentillesse et d’attentions avant de recommencer une semaine… »

Un petit livre amusant qui vous fera passer certainement un très bon moment ! Il faut le lire pour ce qu’il est : un concentré de petites anecdotes drôles du quotidien, parfois un peu poussées et exagérées, mais qui parviennent tout de même à mettre en évidence les différences entre nos deux pays.

Ma note :
7

 

Un été en vêtements de deuil d’Akira Yoshimura

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Je vous présente aujourd’hui une courte nouvelle d’un auteur dont je n’ai pas encore parlé sur le blog mais qui a pourtant quelques titres parus en France. Voici Un été en vêtements de deuil d’Akira Yoshimura.

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Edition lue :
Éditeur : Actes Sud (Babel)
Publié en : Juin 2010
Publié au Japon en : 1958
Nombre de pages : 52
Prix : Hors commerce

Dans cette nouvelle offerte en 2010 pour deux livres de la collection Babel achetés, inédite à sa sortie mais depuis parue dans le recueil « L’arc-en-ciel blanc », il ne faut pas se fier à la mignonne couverture (spoiler alert : un poussin est maltraité au début de l’histoire). En effet, on découvre dans cette histoire Kiyoshi, un petit garçon qui vit chez sa grand-mère, alitée, depuis que la mère de Kiyoshi s’est suicidée. Ce garçon va jouer avec Tokiko, la fille de la nièce de la grand-mère qui habite aussi dans cette grande propriété. La famille de cette Tokiko, et surtout son père, ont hâte que la grand-mère décède pour pouvoir récupérer la propriété et le terrain. Dans ce contexte estival, on découvre en même temps que Kiyoshi la dureté des hommes ainsi qu’un événement marquant dont il va être témoin, une nuit…

« Kiyoshi s’amusait à toucher du bout des doigts le corps du poussin pour en goûter la sensation. Il en éprouvait de la satisfaction comme s’il avait un objet précieux entre les mains. »

En voilà une nouvelle bien mystérieuse ! Je dois dire que j’ai beaucoup aimé l’ambiance qui s’en dégage. Le titre en dit long, mais en même temps, il ne dévoile pas l’intensité, ni la signification de ce qu’il va se passer dans cette maison. L’élément final est à la fois surprenant, compréhensible, et fort. Il est, de plus, vu par des yeux d’enfant, un enfant qui ne comprend pas toute la complexité du monde et qui, donc, ne juge pas et constate simplement.

Une nouvelle qui m’a donné très envie de découvrir plus de textes d’Akira Yoshimura, parce que, mine de rien, elle m’a beaucoup marqué. N’hésitez pas à la lire (elle est trouvable d’occasion dans cette édition ou dans le recueil mentionné plus haut) pour découvrir un petit bout de l’univers de ce grand auteur.

Ma note :
8

 

Wasurenagusa d’Aki Shimazaki

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Aki Shimazaki est une auteure que j’apprécie beaucoup et dont je vous ai déjà parlé plusieurs fois sur le blog. Je poursuis aujourd’hui avec Wasurenagusa, un roman tout aussi bon que les autres !

wasurenagusa-aki-shimazakiEdition lue :
Éditeur : Actes Sud (Babel)
Publié en : Février 2009 (grand format : 2003)
Nombre de pages : 125
Prix : 6,60€

Wasurenagusa est le quatrième tome de la pentalogie Le poids des secrets d’Aki Shimazaki, mais il n’est pas nécessaire d’avoir lu les précédents pour lire celui-ci. Ici, on se concentre sur le personnage de Kenji Takahashi, le mari de Mariko, personnage principal du tome précédent, Tsubame. Ce roman se découpe en deux parties. Dans la première, on suit Kenji de son enfance, avec notamment sa nounou Sono à qui il va penser tout au long de sa vie, jusqu’à son premier mariage avec Satoko qui va se traduire par un échec parce qu’ils n’arrivent pas à avoir d’enfant, puis sa rencontre avec Mariko et son fils Yukio. La seconde partie se passe bien plus tard, puisqu’il est marié avec Mariko depuis 46 ans. Et même à cet âge avancé, il va lui aussi être concerné par le poids des secrets…

« J’entends Mariko chanter, d’une voix douce. Je m’immobilise et l’écoute. Cela me rappelle Sono, qui chantait tous les soirs pour m’endormir. J’ai le cœur serré. »

Encore une fois, Aki Shimazaki nous livre un roman qui se lit tout seul, d’une belle fluidité. Les actions se déroulent, les descriptions également, on n’a aucun mal à nous imaginer le décor qui se dévoile à nous par petites touches en parallèle à l’histoire… Même si on peut lire ce tome sans avoir lu les précédents, il est toujours plaisant de retrouver des références et des personnages de ceux-ci, et cela permet de ficeler tout un univers qui est assez impressionnant lorsqu’on met chacun de ces tomes bout à bout. Cette pentalogie porte décidément bien son nom puisque chacun des personnages cache ou découvre des secrets le concernant, qui ont souvent une répercussion non seulement sur leur vie, mais sur leur entourage.

« Mariko reste silencieuse. Son regard flotte en l’air, distrait. Je ne sais pas à quoi elle pense, mais je sais qu’elle a beaucoup de souvenirs de sa vie avant moi dont elle ne veut parler à personne. »

Tout comme les précédents, encore un roman d’Aki Shimazaki que je recommanderais les yeux fermés. Une belle plume qui dévoile pourtant des éléments forts, que ce soit d’un point de vue historique ou d’un point de vue personnel. Chaque personnage a une histoire et ses secrets, et c’est un réel plaisir de les découvrir et de les délester en quelque sorte de ces poids.

Ma note :
8

La fleur de l’illusion de Keigo Higashino

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Partons aujourd’hui enquêter avec Keigo Higashino et son dernier roman paru récemment en France : La fleur de l’illusion !

keigo-higashino-la-fleur-de-l-illusionÉdition lue :
Éditeur : Actes Sud
Publié en : 5 octobre 2016
Édition originale en japonais : 18 avril 2013
Nombre de pages : 352
Prix : 21,80€

Le roman s’ouvre sur deux scènes distinctes qui se déroulent à des moments différents : un couple de jeunes parents est sauvagement assassiné par un homme avec un sabre dans la rue et deux adolescents vont se rencontrer et tomber amoureux. pour la première fois. Ensuite, l’intrigue principale va se dévoiler, qui ne va pas être sans rapport avec les deux incidents précédents : Naoto, un jeune homme de 22 ans s’est jeté par la fenêtre. Lino, sa cousine, va se rendre à l’enterrement et y voir son grand-père. Ils vont renouer contact et elle va décider de lui rendre visite régulièrement, notamment pour tenir un blog sur les fleurs qu’il cultive. Un jour, elle va le voir, et le trouve mort dans son salon, assassiné. Elle va, plus tard, remarquer qu’une mystérieuse fleur jaune que son grand-père lui avait interdit de poster sur le blog a disparu… et celle-ci va constituer la clé de ce roman.

« Il disait souvent que les fleurs, elles, ne mentent pas. Voilà pourquoi je pense que seules les fleurs savent ce qui s’est passé. »

Une enquête va se dessiner et plusieurs personnages vont y être mêlés : Lino, qui veut découvrir qui a tué son grand-père et pourquoi, Hayase, chargé de l’enquête, qui veut aussi arrêter ce meurtrier pour des raisons personnelles, puis Sôta et son frère Yôsuke. Les personnages sont très bien développés et c’est là l’un des points forts de ce roman. Leurs parcours se croisent, leurs motivations sont diverses et on les retrouve à plusieurs périodes de leur vie. Tout ça fait de ce roman une lecture plaisante, qui commence fort et puis, doucement, qui pose certaines questions et réflexions, notamment sur l’après-Fukushima ou sur les secrets de famille. Je reprocherais peut-être une certaine lenteur dans l’avancement de l’enquête et du récit, mais c’est aussi ce qui rend ce roman particulier. Les enjeux ne semblent pas si élevés (un grand-père qui a tout l’air de s’être fait cambrioler avant de se faire tuer), mais ils cachent pourtant un mal bien plus grand.

« Les pétales d’un beau jaune qui se déroulaient comme des tentacules lui donnaient un aspect presque grotesque. »

Un roman dans lequel Keigo Higashino exprime son talent avec une histoire bien ficelée, des secrets qui vont voir le jour, des destins croisés, et qui fait notamment réfléchir sur la notion d’héritage au sein d’une famille, que celui-ci soit positif ou négatif. Une enquête à la japonaise !

Ma note :
7

Les Fleurs du Nord de Valérie Harvey

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Il est aujourd’hui temps de vous parler d’un roman d’une auteure québécoise sorti début novembre : Les Fleurs du Nord de Valérie Harvey. Partons ensemble à l’aventure !

les-fleurs-du-nord-valerie-harveyEdition lue :
Éditeur : Québec Amérique
Publié le : 2 novembre 2016
Nombre de pages : 549
Prix : 7,99€ en numérique ici
Disponible à la Librairie du Québec (Paris) en format papier

Le début des Fleurs du Nord nous présente Tatsuke Kagi, le dernier héritier du pouvoir du feu (il peut jeter du feu à distance grâce à son éventail), qui va combattre pour défendre le Nord du Japon (Hokkaidô). Mais, un jour, il va tomber amoureux de Midori, une femme ayant vécu l’horreur malgré son jeune âge. Tatsuke va lui apprendre à se défendre et à combattre, et la femme va faire sa place dans ce clan très fermé, avant de faire sa place dans le cœur de Tatsuke… Ils vont fonder une famille et l’on va également suivre les aventures de leur fille aînée, Aki, qui va aussi développer les pouvoirs du feu et va tenter de s’imposer dans cette société patriarcale.

« Le soleil couchant qui inondait le champ de bataille masquait le carnage en baignant les lieux d’une lumière rouge. »

Pour commencer, j’ai vraiment adoré ce roman. Il se lit merveilleusement bien, l’écriture est belle, les personnages sont bien développés, on se plonge facilement dans cette histoire qui mêle histoire du Japon et magie et on a envie de le dévorer. C’est un roman multiple : on y trouve des combats épiques, des descriptions spectaculaires (sur les flammes, la neige fondue, les saisons… on peut aisément s’imaginer le paysage dans notre tête), de la magie avec une histoire autour de celle-ci (différentes familles : celles du feu, celles du vent, celles de l’eau), deux autres éléments que je vais un peu plus développer : l’amour et la femme.

« À certains moments, on ne voit plus le regard de l’autre. C’est quand on est trop près de son visage et que les lèvres se joignent. »

L’amour. Et oui, c’est aussi un roman d’amour. Attention, je ne parle pas d’amour niais, mais plutôt de destinée, de beauté. Tout d’abord entre Tatsuke et Midori, qui vont vivre une incroyable histoire et qui ne vont jamais se quitter. Ensuite, leur fille Aki qui ne va pas vouloir passer par la case « mariage arrangée » comme c’était souvent le cas dans ce Japon ancien, et qui va briser les barrières pour s’affirmer avec l’homme qu’elle aime. Ce qui m’amène au deuxième sujet : la femme. Et plus précisément, la place de la femme à cette époque qui est aujourd’hui encore dans l’inconscient de la société japonaise contemporaine. En effet, les femmes ici ont un réel rôle à jouer et n’hésitent pas à s’affirmer pour être aussi des combattantes et pas uniquement « femme de ». Et cela donne des personnages au caractère fort et que l’on n’a pas envie de quitter.

« Pour le cœur, l’âge compte peu, et si nous connaissions la recette de ses choix, nous résoudrions plusieurs casse-têtes. »

C’est un excellent roman qui mêle à merveille un aspect de l’histoire japonaise à la magie. On prend plaisir à suivre cette famille sur plusieurs générations et à apprendre à connaître ces personnages forts, qui veulent faire bouger les choses et qui veulent combattre pour défendre les leurs. Un roman qu’on n’a pas envie de lâcher.

Ma note :
8

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