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Archives de Tag: femme

L’école de la chair de Yukio Mishima

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Bonjour à tous ! Aujourd’hui, je vais vous présenter L’école de la chair, un roman de mon auteur japonais préféré : Yukio Mishima ! Plongeons ensemble dans cette lecture charnelle.

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Edition lue :
Éditeur : Gallimard (Folio)
Publié le : 23 mars 1995
Publié au Japon en : 1963
Nombre de pages : 288
Prix : 8,20€

L’action de l’école de la chair se déroule dans les années 1960, quelques années après la défaite du Japon. Dans ce roman, on va suivre principalement Taeko Asano, 39 ans, une femme divorcée, riche, libérée et indépendante, comme son groupe d’amies. Avec celles-ci, elle va se rendre dans un bar pour homosexuels et va tomber sous le charme du barman, Senkichi, 21 ans, qui est aussi gigolo. Elle va l’aimer passionnément, ils vont entretenir une relation ensemble pour le moins étrange : elle, va tenter de rentrer dans son monde, de faire des efforts pour ne pas être jalouse, d’essayer de lui laisser de la liberté, et lui, va simplement vivre, sans réellement lui porter un amour ni un respect incroyables. Ils sont mal assortis, il ne prend pas toujours soin de son apparence, il a des loisirs opposés à ceux de Taeko, mais, pourtant, ils vont partager un bout de chemin ensemble dans cette société qui semble s’être perdue avec l’évolution de ses mœurs.

« Pour Taeko, le sourire hautain des femmes occidentales, qu’elle était pratiquement une des seules au Japon à pouvoir si bien imiter, n’avait plus de secret. »

Je vais commencer par préciser que Yukio Mishima est mon auteur préféré. J’en ai parlé quelques fois sur ce blog, mais je n’ai pas parlé de toutes mes lectures de cet auteur, parce que justement, j’ai du mal à en parler (comme pour Le Pavillon d’or qui est un chef-d’oeuvre et qui n’est pas sur mon blog). Ici encore, Mishima nous propose un roman fort et intéressant, pour plusieurs points. On assiste en effet à une réelle émancipation des femmes dans cette société d’après-guerre, le trio d’amies est composé de femmes qui travaillent dur et qui sont entièrement indépendantes. Elles s’habillent avec des marques venues de l’Occident, sont libérées financièrement et sexuellement. C’est une partie de l’histoire du Japon et de cette frange de la société très intéressante tant elle contraste avec la société japonaise traditionnelle.

« Sur la toile de fond de ces néons, dans la musique des haut-parleurs et le klaxon des voitures, il y avait un pachinko lumineux, où un jeune garçon, seul et beau, était entièrement absorbé par une machine insensée. »

Cette société a aussi dû s’ouvrir aux étrangers et ceux-ci sont omniprésents dans ce roman, en arrière-plan de nombreuses scènes. Ces étrangers exercent tantôt une attraction folle et tantôt un mépris non caché. Et tout cela fait en fait partie des thèmes chers à Yukio Mishima, et sa plume est ici encore très plaisante et le roman se lit étonnement tout seul (contrairement à d’autres un peu plus complexes à lire qu’il a pu faire). On a notamment cette scène fantastique, totalement mishimesque lorsque le couple est à l’auberge et que Taeko pense au bonheur que cela serait s’ils se donnaient la mort ensemble à ce moment-là ! C’est tout lui, et cette folle histoire d’amour – ou de passion – est intelligente et parvient à surprendre, on est derrière Taeko qui va absolument être prête à tout pour ne pas perdre ce jeune homme qui lui fait tourner la tête.

Un roman de Mishima dans lequel il parle de l’amour, mais aussi, et surtout, de la société japonaise des années 1960. Il décrit avec précision, avec humour parfois, et toujours avec sa vision si particulière qu’il a de son pays, ces femmes indépendantes et leur passion pour tout ce qui sort du lot et qui ne leur ôtera pas leur liberté.

Ma note :
8

La Femme de Villon d’Osamu Dazai

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Il est temps de vous parler aujourd’hui d’une nouvelle d’un grand écrivain japonais que je n’ai pas encore mentionné sur le blog : partons ensemble à la rencontre de La Femme de Villon d’Osamu Dazai.

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Edition lue :
Éditeur : Éditions du Rocher
Publié en : Janvier 2005
Publié au Japon en : Août 1947
Nombre de pages : 65
Prix : 8,70€

Dans cette nouvelle d’une soixantaine de pages, on va rencontrer M. Ôtani, un poète à succès de 30 ans, mais qui est aussi alcoolique. Mais, comme le titre de la nouvelle l’indique, c’est sa femme qui va être au centre de cette histoire. Elle va recevoir un soir la visite d’un couple propriétaire d’un restaurant qui a suivi son mari. Ils réclament l’argent qu’il leur a volé ainsi que toutes les notes qu’il n’a pas payées quand il va boire chez eux. La femme, connaissant très bien son mari, n’est pas surprise et va réfléchir à une façon de pouvoir rembourser ce couple.

« C’est aux alentours de trente ans qu’un homme est le plus impétueux et qu’il supporte le mieux l’alcool, pourtant, à ce point-là, c’est rare. »

J’étais curieux de découvrir cette nouvelle, puisqu’Osamu Dazai m’avait ébloui avec son roman La Déchéance d’un homme. C’était une lecture plutôt plaisante, surtout grâce à la personnalité de cette femme, qui n’a que vingt-six ans et qui rend la nouvelle intéressante. Même si la nouvelle n’est pas mémorable, la vie de cette femme, et ses choix, malgré un mari qui ne la mérite pas, vont la rendre sympathique et la rendre aussi active, ce qui vaut le coup d’être souligné puisque dans la littérature japonaise, surtout à cette époque, la femme est représentée en tant qu’être passif qui doit supporter tout ce que son mari lui inflige. Ceci dit, je pense que cette nouvelle aurait pu être plus développée et devenir un roman. Il est rare que je pense cela des nouvelles, en général, elles sont courtes pour une raison, mais là, j’aurais adoré en découvrir plus sur cette femme et son histoire.

Une nouvelle qui se lit plutôt bien et qui est intéressante grâce à cette jeune femme, qui ne va pas se laisser abattre par le caractère de son mari et qui va trouver une façon à elle de lui venir en aide… ou de trouver le bonheur.

Ma note :
6

L’île de Tokyo de Natsuo Kirino

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Aujourd’hui, je vais vous parler d’un roman d’une auteure que j’aime beaucoup. Après avoir lu OUT, Monstrueux et Le vrai monde, j’ai embarqué sur L’île de Tokyo ! Partons avec Natsuo Kirino sur cette île si particulière.

ile-de-tokyo-natsuo-kirinoEdition lue :
Éditeur : Seuil
Publié en : 2013 (édition originale en japonais : 2008)
Nombre de pages : 281
Prix : 22,50€

Dans ce roman, Natsuo Kirino nous emmène donc sur une île déserte sur laquelle se trouvent des naufragés japonais. Trente-et-un hommes de tous âges. Et une femme : Kiyoko, 46 ans. En étant la seule femme de l’île, celle-ci est en quelque sorte la reine de cette société qui tente de se reconstruire. Les hommes vont prendre soin d’elle et la chérir, et, bien qu’elle doive se marier avec un nouvel homme tous les deux ans, Kiyoko doit également assouvir les besoins de ses concitoyens. Ils attendent tous qu’un navire vienne les sauver, mais ils sont déjà là depuis de longs mois… Tout pourrait continuer ainsi, mais l’arrivée de Chinois sur l’île va quelque peu bouleverser leur quotidien.

« Son existence était précieuse, objet de convoitises effrayantes, qu’on ne voulait toutefois pas mettre en danger. »

Les Chinois vont très vite mieux se débrouiller que les Japonais. Ils vont mieux organiser leur survie, ils vont mieux s’occuper de la nourriture, se construire ce dont ils ont besoin. Et un jour, ils vont construire un radeau et demander à Kiyoko de venir avec eux. Kiyoko ne va pas hésiter et va vouloir retrouver la terre ferme. Malheureusement, cela ne va pas se passer comme prévu et ils vont atterrir à nouveau sur l’île de Tokyo. Mais à leur retour, les choses ont changé. Les Japonais, et notamment son mari du moment, n’ont pas apprécié que Kiyoko les trahisse et s’en aille avec les Chinois et ne vont plus vraiment la respecter. Kiyoko, d’abord dépitée, va ensuite tenter de trouver un autre moyen de redevenir le centre de cette île et de ses habitants. Et elle a en elle un élément qui va pouvoir l’aider dans sa misson.

« Six coquillages avaient été déposés sur le sol. Les participants devaient les ouvrir, du plus âgé au plus jeune : celui qui trouvait une inscription à l’intérieur était désigné comme nouveau mari. »

J’ai un avis très mitigé sur ce roman. Je dois dire que Natsuo Kirino m’a déçu. Autant j’avais adoré les romans que j’avais pu lire d’elle, autant là, durant toute la première moitié du livre, j’étais dans l’incompréhension. En effet, le sujet de base est intéressant, mais on se perd et on s’ennuie royalement. On nous décrit la vie sur l’île, le pouvoir qu’a Kiyoko, et aussi certains personnages dont on ne comprend pas trop pourquoi elle nous en parle. C’est de l’ennui total. J’ai failli refermer le livre après une centaine de pages, mais j’ai pourtant persisté. Et ce n’était finalement pas une si mauvaise idée que ça.

« Peut-être devrait-elle essayer de trouver d’autres raisons d’exister sur cette île que le sexe ? »

En effet, à partir de la moitié, le roman prend une tournure très intéressante. J’ai eu l’envie de tourner les pages, de connaître la suite. Le récit est très bien construit (un peu tardivement, certes), puisqu’on revient dans le passé, on suit des personnages qui ne nous semblaient pas intéressants au premier abord, on navigue entre le moment présent, leur arrivée sur l’île et tous les événements qui les ont conduit jusqu’ici. Les histoires se croisent et le sort et la psychologie des personnages prennent enfin une tournure qui donnent envie de lire, d’en apprendre plus sur eux, et ça c’est très plaisant ! L’évolution des personnages de Kiyoko et de Watanabe notamment est bien développée, et le développement de leur société suite à l’arrivée d’un autre peuple est aussi très bien construit. Voilà une bonne raison de ne pas lâcher le roman malgré un début déplaisant.

Un roman de Natsuo Kirino très différent des précédents parus en France. Le début m’a malheureusement ennuyé, ce qui est rare avec cette auteure, mais la seconde moitié du roman relève le niveau et devient intéressante, si intéressante que j’ai voulu enchaîner les chapitres. Un avis mitigé sur ce roman, mais grâce à une fin plus que réussie, je reste sur une note positive !

Ma note :
6

Le Jour de la Gratitude au Travail d’Akiko Itoyama

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Parlons travail en ce vendredi, avec un recueil de deux nouvelles portées par une narratrice féminine sur ce sujet : j’ai nommé Le Jour de la Gratitude au Travail d’Akiko Itoyama !

le-jour-de-la-gratitude-au-travail-akiko-itoyamaEdition lue :
Éditeur : Philippe Picquier
Sorti en : 2010
Nombre de pages : 120
Prix : 5,60€

La première nouvelle est éponyme et notre narratrice est une femme sans emploi et célibataire de 36 ans. Au Japon, ce pays en retard sur la condition des femmes, ça coince un peu, et c’est pourquoi sa vieille voisine veut lui faire aller à une rencontre arrangée avec un homme un peu enrobé et amoureux de son entreprise. C’est une nouvelle plaisante, principalement grâce au caractère de la narratrice. En effet, on a accès à ses pensées directes, sans filtre, et elle a un grand sens de l’humour. On connaît ses pensées, amusantes le plus souvent, en réaction à ce que lui disent les différents personnages et on apprend à connaître la façon de pensée de cette femme qui s’est retrouvée au chômage après avoir frappé son patron qui avait les mains baladeuses. Suite au rendez-vous arrangé, assez hilarant grâce au portrait que dresse la narratrice de son prétendant, on suit également un échange de cette narratrice avec une de ses anciennes collègues. C’est intéressant sur le principe, puisqu’elles parlent notamment de la condition des femmes dans le monde du travail au Japon et de leur évolution, mais ça reste plutôt en surface, ce qui est un peu dommage…

« M. Nobeyama, s’il faut le décrire, faisait penser pour le visage à un pain rond fourré à la pâte de haricots qu’on aurait frappé du poing au beau milieu. »

La deuxième nouvelle de ce court recueil s’intitule « J’attendrai au large » et a été récompensée du Prix Akutagawa en 2005 (contrairement à ce que raconte la 4ème de couverture qui dit que c’est la nouvelle éponyme qui a obtenu le Prix, mais passons…). On suit deux collègues qui débutent leur carrière professionnelle en étant mutés à Fukuoka après des études à Tokyo : la narratrice, Oikawa, et son collègue masculin Futo. Ils vont s’apprécier et traverser différentes étapes ensemble. Ce qui est intéressant dans cette nouvelle est l’évolution de leur carrière, la place qu’ils vont avoir, comment va évoluer leur travail, notamment après l’éclatement de la bulle économique. Après que Futo soit muté, nos deux personnages vont se retrouver pour se faire une promesse, qui m’a un peu glissé dessus et dont on aurait à mon avis pu se passer.

Un petit recueil qui nous présente le monde du travail au Japon du côté des femmes, en restant plutôt en surface. On a donc affaire à deux histoires plutôt légères qui se lisent bien, même si un peu plus de profondeur n’aurait pas été de refus, puisqu’il y a énormément de choses à dire sur ce sujet !

Ma note :
7

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