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Archives de Tag: grand-parents

La légende des Akakuchiba de Kazuki Sakuraba

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Partons aujourd’hui à la rencontre de Kazuki Sakuraba, une auteure japonaise dont on peut découvrir pour la première fois la plume en France (même si elle a connu le succès en France également avec le manga Gosick dont elle a écrit le light novel) grâce à un roman qui vient de paraître : La légende des Akakuchiba.


Edition lue :
Éditeur : Piranha
Sorti le : 19 octobre 2017
Traduit par : Jean-Louis de la Couronne
Édition originale en japonais : 2006
Nombre de pages : 416
Prix : 23,00€

Dans ce roman, on fait la connaissance de trois femmes de la même lignée. Il y a tout d’abord Man’yô, une fille des montagnes qui peut voir certaines scènes de l’avenir dans ses visions, et qui va devenir Man’yô Akakuchiba en épousant l’un des héritiers de cette famille très puissante du village de Benimidori. Man’yô est la grand-mère de la narratrice, et on va découvrir sa vie très particulière, elle qui a changé complètement de classe sociale et qui voit mystérieusement comment certaines personnes de son entourage vont décéder. Et puis, il y a Kemari, la fille de Man’yô. Une loubarde, qui va être connue dans tout le pays, et qui  va finir par avoir une reconversion plutôt étonnante. Et enfin, Tôko, la fille de Kemari, qui, elle, commence petit à petit sa vie, ou du moins souhaite la commencer après avoir mis à jour un secret que sa grand-mère Man’yô a emporté avec elle dans son dernier souffle.

« Pourquoi cette dame des Akakuchiba qui ressemblait tant à un petit dieu Ebisu avait-elle posé son dévolu sur une fille des confins, l’avait choisie et destinée à devenir l’épouse de son fils ? »

C’est un roman passionnant qui se déroule sur trois générations. On suit avec curiosité ces trois femmes qui ont une vie si différente, mais tellement intéressante. Man’yô qui est une fille de rien du tout au départ, et qui devient une femme respectée dans une puissante famille, avec un petit côté mystérieux et inquiétant, puisqu’elle a des visions durant lesquelles elle voit le plus souvent des choses désagréables. Kemari, qui est à l’opposé de sa mère, puisqu’elle est la tête d’un gang de jeunes filles rebelles, et enfin Tôko, une fille que l’on découvre et qui se trouve également être très différente de sa mère et de sa grand-mère.

« Man’yô comprit que son fils était mort. Alors même qu’il n’était pas encore né. »

Un autre aspect très intéressant de ce roman, c’est qu’on est aux premières loges pour observer l’évolution de la société. On commence au début des années 1940 dans un petite village où l’aciérie des Akakuchiba est l’entreprise principale. Elle va grandir, grandir, grandir. Pendant ce temps-là, l’influence américaine se répand de plus en plus chez les jeunes, avec les Beatles notamment, et un fossé se creuse au fil des années entre les adolescents et ceux de la génération de leurs parents. Et puis, la place de cette usine est remise en question avec la pollution industrielle qui devient de plus en plus un problème… La société évolue et se modernise, et avec cette évolution se sont envolés les mythes et l’histoire de ce village. Un portrait très réaliste sur les années qui passent et la société qui se transforme sur plusieurs plans.

« La jeunesse est belle justement parce qu’elle passe. »

Un roman riche. Riche de par l’histoire familiale racontée sur trois générations, riche de par la description précise et fidèle de l’évolution de la société faite, mais aussi riche de par l’enchaînement des événements : on a envie de découvrir quels liens ces trois femmes aux caractères si différents ont pu entretenir entre elles et avec leurs proches.

Ma note :

La vie du bon côté de Keisuke Hada

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Et oui, il y a aussi des romans japonais dans la rentrée littéraire ! Je vous propose aujourd’hui de voir La vie du bon côté grâce à Keisuke Hada !

Edition lue :
Éditeur : Philippe Picquier
Publié le : 24 août 2017
Traduction par : Myriam Dartois-Ako
Édition originale en japonais : 2015
Nombre de pages : 144
Prix : 16,50€

Tout au long des pages de ce roman, on vit avec Kento, sa mère et son grand-père de 87 ans. On rencontre Kento qui, malgré ses 28 ans, est dans un état proche de celui de son grand-père : il souffre du dos et ne peut pas faire de sport et il est en pleine allergie et ne peut donc pas faire grand chose… Son grand-père, quant à lui, aime embêter sa fille, la mère de Kento donc, et son petit-fils. Il aime avoir une vie facile et se faire dorloter, et pour cela il n’hésite pas à faire preuve de fainéantise. Mais la façon dont va le voir Kento, ainsi que sa relation avec lui et même sa vie tout entière, va profondément changer lorsque le grand-père lui dit qu’il veut mourir et que Kento va finir par vouloir l’aider à accomplir son souhait, pour qu’il puisse encore partir dignement.

« Cette plainte de l’aïeul qui souhaitait mourir, il n’avait pas eu la sincérité de la prendre au pied de la lettre. »

C’est un roman sur la famille, mais qui apporte également une réflexion sur les personnes âgées, qui sont de plus en plus nombreuses au Japon. En effet, Kento, en voulant aider son grand-père à partir, va lui simplifier la vie pour que son corps ne fasse plus rien. Cela ouvre notamment une réflexion sur l’aide aux personnes âgées dans les centres spécialisées, où on fait tout pour eux et ils ne font plus rien par eux-mêmes.

« Autant accéder rapidement à ce vœu qu’il ressasse quotidiennement, ce sera mieux pour tout le monde. »

Quant à l’histoire en elle-même, j’ai pris plaisir à voir la façon qu’a le grand-père de totalement transformer la vie de Kento, sans le vouloir (ou c’est ce qu’il voudrait nous faire croire), même si le grand-père est très souvent irritant. Il répète tout au long du roman qu’il veut mourir, qu’il n’en peut plus, qu’il est un boulet, et c’est franchement désagréable à lire. Mais j’imagine que c’est aussi ce que ressentent Kento et sa mère, et dans ce cas-là, on peut dire qu’on partage leur agacement.

« Même au fond du trou, quand on n’arrive plus à s’en sortir, la seule chose à faire est de continuer à se battre. »

Malgré les apparences, c’est un roman sur le goût de la vie et sur l’impact que peut avoir un grand-père qui semble avoir perdu sa raison de vivre sur son petit-fils qui est dans une étape difficile de sa vie.

Ma note :

La ville au crépuscule de Kazumi Yumoto

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Dans ce nouvel article, je vais vous présenter un roman bien plaisant que j’ai découvert par hasard et que je ne regrette pas d’avoir lu. Voici La ville au crépuscule de Kazumi Yumoto.

Edition lue :
Éditeur : Seuil
Publié le : 6 mai 2005
Publié au Japon en : 2002
Nombre de pages : 124
Prix : 16,20€

Dans ce roman, un homme d’une quarantaine d’années va évoquer des souvenirs de son enfance, et surtout de son grand-père, qui est réapparu devant la porte de la maison où il vivait avec sa mère. Ce grand-père, surnommé Tête-de-mule par toute la famille, parle peu, mais le garçon, alors âgé d’une dizaine d’années va apprendre des choses sur lui petit à petit, notamment grâce à son oncle, et va vouloir en découvrir plus sur ce mystérieux personnage qui semble le fasciner.

« Les nuages s’écartèrent en laissant apparaître lentement le disque gigantesque de la pleine lune. À cette vue, ma bouche s’ouvrit tout grande et le goût sucré et glacé du clair de lune s’épanouit sur ma langue. »

C’est un court roman, mais qui parvient avec brio à décrire ce moment particulier dans la vie du narrateur, moment où un mystérieux homme, son grand-père, vient vivre chez eux et bouleverse le quotidien que ce petit garçon entretenait avec sa mère. Ce qui est fort à mon sens dans ce roman, c’est qu’à l’époque du récit, il y a des scènes et des bribes de conversation que le jeune garçon perçoit, mais sans pour autant les comprendre. Et en écho à celles-ci, le narrateur, une trentaine d’années plus tard, nous explique ce qui réellement se passait mais qui était dans le monde des adultes à l’époque inaccessible pour lui.

Un roman japonais comme je les aime, centré sur les liens familiaux et les souvenirs d’un homme qui lui permettent de faire revivre les personnages qui ont compté pour lui et qui l’ont marqué à tout jamais.

Ma note :
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