Flux RSS

Archives de Tag: hôtesse

Les remèdes du docteur Irabu d’Hideo Okuda

Publié le

Je vous propose aujourd’hui de prendre rendez-vous avec un docteur très particulier. Voici Les remèdes du docteur Irabu d’Hideo Okuda. Une petite piqûre ?

Edition lue :
Éditeur : Points
Publié le : 25 septembre 2014
Grand format publié le : 17 janvier 2013 (Wombat)
Traduction par : Silvain Chapuis
Édition originale en japonais : 2002
Nombre de pages : 288
Prix : 7,30€

Ce livre nous présente plusieurs patients qui vont fréquenter le service psychiatrique de la clinique Irabu, et qui vont se retrouver face au docteur Irabu, fils du propriétaire de la clinique. Et ils vont être surpris ! Irabu est en effet un docteur grassouillet et totalemment loufoque. Il dit tout ce qui lui passe par la tête, propose des remèdes improbables et est excité par les piqûres que son infirmière (elle aussi très spéciale, en plus d’être exhibitionniste) prodigue à ses patients à chacune de leurs visites.

« Se faire piquer tous les jours n’était certes pas une partie de plaisir, mais, au fond de lui, ce désagrément était compensé par la vision des cuisses de l’infirmière. »

Il va donc tenter de soigner Kazuo, qui souffre de plusieurs maux apparemment causés par le stress, un autre patient qui a une érection permanente, une hôtesse qui se sent suivie tout le temps par des admirateurs dérangés, un adolescent accro à son téléphone ou encore un homme atteint de TOC. Et à chaque fois que ses patients le rencontrent pour la première fois, ils ressentent un certain mépris voire un dégoût pour cet homme extravagant. Mais en leur proposant une mystérieuse piqûre à chacune de leur visite, ils vont étonnement apprendre à accepter cet homme et revenir tous les jours à la clinique…

« Ma philosophie, vous savez, c’est de faire tout ce qui me passe par la tête. »

En voilà une lecture qui fait du bien ! Un livre très drôle, on prend plaisir à voir le schéma se répéter : aversion pour le docteur, remèdes loufoques, acceptation, et puis, une certaine intimité qui se crée entre Irabu et ses patients, même si ce n’est pas forcément du plein gré de ces derniers… Mais au final, ses patients semblent aller mieux, et d’une certaine façon, je crois qu’on peut dire que c’est, contre toute attente, un bon médecin.

Une lecture amusante sur un docteur qui se comporte comme un enfant et sur son infirmière exhibitionniste, pour un duo de choc (dans tous les sens du terme) qui va tenter d’aider les patients qui au départ regrettent d’avoir mis le pied dans cette clinique…

Ma note :

Publicités

Azami d’Aki Shimazaki

Publié le

Il est temps de vous parler à nouveau d’Aki Shimazaki, cette auteure née au Japon, ayant émigré au Canada et qui écrit ses romans directement en français. Voici Azami, son dernier roman en date qui est doté d’une magnifique couverture.

azami-aki-shimazakiEdition lue :
Éditeur : Leméac/Actes Sud
Publié en : 2014 (Canada) / 2015 (France)
Nombre de pages : 133
Prix : 13,50€

Aki Shimazaki écrit souvent ses romans par cycle. Il n’y a pas forcément besoin de lire dans l’ordre, mais certains thèmes sont communs, comme celui du souvenir et des secrets dans sa première pentalogie « Le Poids des Secrets » (dont j’ai chroniqué Tsubame ici). Azami est le premier roman d’un troisième cycle.

« Une brise légère souffle. Assis sur le banc, j’allume une cigarette. La fumée s’envole avec le vent. Les yeux levés vers le ciel sans étoiles, je suis plongé dans mes réflexions. »

Notre narrateur se nomme Mitsuo et a 36 ans. Il est marié, a fondé une famille et travaille pour une revue culturelle. Il est heureux en mariage, même s’il ne fait plus l’amour à sa femme depuis des années. Celle-ci passe une grande partie de son temps à la campagne, pour monter une petite entreprise agricole. Régulièrement, après le travail, Mitsuo va décompresser dans des salons ou des bars à hôtesses, pour rassasier son désir sexuel. Il va un jour rencontrer un ancien camarade de classe de l’école primaire, qui va l’emmener dans un bar très luxueux, dans lequel Mitsuo va tomber sur une de leurs amies d’enfance : Mitsuko. Mitsuo était amoureux d’elle à l’école primaire, et est surpris de la voir travailler dans cet endroit en tant qu’entraîneuse, même si elle n’a pas de relations sexuelles avec ses clients. À partir de là, Mitsuo va reprendre contact avec elle et va voir son désir grandir pour cette magnifique femme qu’il a toujours gardée dans son cœur…

« L’image sensuelle de Mitsuko envahit ma tête. Mon corps est démangé de désir. »

Comme toujours, lire du Aki Shimazaki est un réel bonheur. Avec une langue toujours très pure, elle parvient à nous exposer un aspect bien particulier de la société japonaise. Ici, ce roman nous donne un aperçu bien particulier du mariage, qui semble pourtant être assez répandu au Japon. On voit les relations de couple avec un autre regard, celui du Japonais. Il existe en effet au Japon des couples « sexless » (n’ayant pas de relations sexuelles), trentenaires comme ici, parfois plus jeunes, parfois plus âgés. Mitsuo est bien clair à propos d’une chose : les salons qu’ils fréquentent sont uniquement pour assouvir ses besoins, il y va après le travail ou quand il ressent trop de pression ou de désir. Cela ne remet absolument pas en question son amour pour sa femme et pour leur mariage. Sa femme ne peut lui apporter la partie sexuelle, il se tourne alors vers des professionnelles. Simplement. Pourtant, via une description du désir et de l’amour, Aki Shimazaki va aller plus loin en introduisant une femme du passé dans la vie de Mitsuo, laquelle pourra bien bouleverser son petit monde… Le tout décrit de façon belle et simple, ce qui fait une autre force de ce roman.

Un autre roman d’Aki Shimazaki que je n’ai pas pu lâcher, on navigue le plus simplement possible dans un doux flot de mots qui nous expose la société japonaise comme on la voit peu au final. Un thème un peu plus léger que la plupart de ceux de son cycle du Poids des Secrets, qui reste pourtant une belle petite lecture.

Ma note :
7