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Archives de Tag: japon

L’île de Tokyo de Natsuo Kirino

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Aujourd’hui, je vais vous parler d’un roman d’une auteure que j’aime beaucoup. Après avoir lu OUT, Monstrueux et Le vrai monde, j’ai embarqué sur L’île de Tokyo ! Partons avec Natsuo Kirino sur cette île si particulière.

ile-de-tokyo-natsuo-kirinoEdition lue :
Éditeur : Seuil
Publié en : 2013 (édition originale en japonais : 2008)
Nombre de pages : 281
Prix : 22,50€

Dans ce roman, Natsuo Kirino nous emmène donc sur une île déserte sur laquelle se trouvent des naufragés japonais. Trente-et-un hommes de tous âges. Et une femme : Kiyoko, 46 ans. En étant la seule femme de l’île, celle-ci est en quelque sorte la reine de cette société qui tente de se reconstruire. Les hommes vont prendre soin d’elle et la chérir, et, bien qu’elle doive se marier avec un nouvel homme tous les deux ans, Kiyoko doit également assouvir les besoins de ses concitoyens. Ils attendent tous qu’un navire vienne les sauver, mais ils sont déjà là depuis de longs mois… Tout pourrait continuer ainsi, mais l’arrivée de Chinois sur l’île va quelque peu bouleverser leur quotidien.

« Son existence était précieuse, objet de convoitises effrayantes, qu’on ne voulait toutefois pas mettre en danger. »

Les Chinois vont très vite mieux se débrouiller que les Japonais. Ils vont mieux organiser leur survie, ils vont mieux s’occuper de la nourriture, se construire ce dont ils ont besoin. Et un jour, ils vont construire un radeau et demander à Kiyoko de venir avec eux. Kiyoko ne va pas hésiter et va vouloir retrouver la terre ferme. Malheureusement, cela ne va pas se passer comme prévu et ils vont atterrir à nouveau sur l’île de Tokyo. Mais à leur retour, les choses ont changé. Les Japonais, et notamment son mari du moment, n’ont pas apprécié que Kiyoko les trahisse et s’en aille avec les Chinois et ne vont plus vraiment la respecter. Kiyoko, d’abord dépitée, va ensuite tenter de trouver un autre moyen de redevenir le centre de cette île et de ses habitants. Et elle a en elle un élément qui va pouvoir l’aider dans sa misson.

« Six coquillages avaient été déposés sur le sol. Les participants devaient les ouvrir, du plus âgé au plus jeune : celui qui trouvait une inscription à l’intérieur était désigné comme nouveau mari. »

J’ai un avis très mitigé sur ce roman. Je dois dire que Natsuo Kirino m’a déçu. Autant j’avais adoré les romans que j’avais pu lire d’elle, autant là, durant toute la première moitié du livre, j’étais dans l’incompréhension. En effet, le sujet de base est intéressant, mais on se perd et on s’ennuie royalement. On nous décrit la vie sur l’île, le pouvoir qu’a Kiyoko, et aussi certains personnages dont on ne comprend pas trop pourquoi elle nous en parle. C’est de l’ennui total. J’ai failli refermer le livre après une centaine de pages, mais j’ai pourtant persisté. Et ce n’était finalement pas une si mauvaise idée que ça.

« Peut-être devrait-elle essayer de trouver d’autres raisons d’exister sur cette île que le sexe ? »

En effet, à partir de la moitié, le roman prend une tournure très intéressante. J’ai eu l’envie de tourner les pages, de connaître la suite. Le récit est très bien construit (un peu tardivement, certes), puisqu’on revient dans le passé, on suit des personnages qui ne nous semblaient pas intéressants au premier abord, on navigue entre le moment présent, leur arrivée sur l’île et tous les événements qui les ont conduit jusqu’ici. Les histoires se croisent et le sort et la psychologie des personnages prennent enfin une tournure qui donnent envie de lire, d’en apprendre plus sur eux, et ça c’est très plaisant ! L’évolution des personnages de Kiyoko et de Watanabe notamment est bien développée, et le développement de leur société suite à l’arrivée d’un autre peuple est aussi très bien construit. Voilà une bonne raison de ne pas lâcher le roman malgré un début déplaisant.

Un roman de Natsuo Kirino très différent des précédents parus en France. Le début m’a malheureusement ennuyé, ce qui est rare avec cette auteure, mais la seconde moitié du roman relève le niveau et devient intéressante, si intéressante que j’ai voulu enchaîner les chapitres. Un avis mitigé sur ce roman, mais grâce à une fin plus que réussie, je reste sur une note positive !

Ma note :
6

Une nuit au mont Fuji d’Aurélie Conti

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Je vous propose aujourd’hui un roman qui vous fera voyager au Japon à coup sûr : il s’agit d’Une nuit au mont Fuji, le premier roman d’Aurélie Conti, écrit à la suite de son voyage au Pays du Soleil Levant en 2013. Votre valise est prête ? On décolle !

une-nuit-au-mont-fuji-aurelie-contiÉdition lue :
Version numérique : cliquez ici pour lire un extrait et l’acheter
Publié le : 27 décembre 2015
Nombre de pages : 91
Prix : 2,99€

« Le Mont Fuji, une montagne magique, écrêtée d’un coup de sabre par un samouraï en colère. »

Nous suivons une jeune femme, trentenaire, qui se décide à partir au Japon après en avoir rêvé pendant des années. Seule ? Oui, seule, pour pouvoir profiter pleinement de son voyage et à son propre rythme. Celle-ci va dès le départ se rendre compte de l’hospitalité et du sens du service des Japonais, toujours prêts à aider les touristes égarés, quitte à se mettre en retard. Après être arrivée à son hôtel, on suit notre narratrice dans Akihabara, qui va s’émerveiller dans ce quartier technologique, et qui va surtout flâner dans les rayons de ces grands magasins de l’électronique qui peuvent nous faire perdre la tête lorsque l’on y entre pour la première fois… Cinq jours de découverte de Tokyo et de ses alentours, comme Kamakura où se trouve un Bouddha géant et où elle sera accompagné par un mystérieux Japonais, avant de partir là où le titre nous emmène : au Mont Fuji, pour une ascension difficile, durant laquelle la narratrice connaîtra le doute, le regret, l’envie d’abandonner – mais qui éprouvera une grande fierté lorsqu’elle sera au sommet et pourra admirer ce que le Japon a de plus beau à lui offrir.

« La beauté lave de tout. Cet or naissant qui éclaire le monde efface bêtise, laideur et violence. En haut du mont Fuji brille l’espérance, plus forte que tout. »

 

Pour se ressourcer après cette épreuve, elle découvrira à Hakone les onsens, ces bains chauds japonais où aucun vêtement n’est autorisé, puis Kyoto et ses temples, Nara, avant d’être happée par le tourbillon d’Osaka. Tout en évoquant Yukio Mishima à quelques reprises, pour mon plus grand plaisir.

Le tout est décrit de façon très juste et belle, une écriture de qualité qui nous permet de nous évader très facilement dans une douce mélodie. Il y a de plus des éléments qu’ont connu tous ceux qui sont déjà partis au Japon, des situations qu’ils ont forcément dû vivre, tout comme moi, qui fait sourire et nous fait en même temps voguer nostalgiquement dans nos souvenirs. Comme je me souviens si bien du zoo d’Ueno et de ses pandas qui étaient l’attraction principale mais qui nous tournaient le dos, des daims nous suivant de près pour croquer tout papier qu’on laisserait dépasser d’une poche ou d’un sac, de l’étourdissement en sortant du onsen bien plus chaud que mon corps ne pouvait le supporter, ou encore des distributeurs ne permettant pas de retirer d’argent malgré notre carte de crédit censée être internationale !

Il s’agit, en résumé, d’un très beau récit de voyage que je conseillerai à tout le monde. À ceux qui sont déjà partis au Japon – cela leur permettra de repenser à leur séjour et à reconnaître des paysages et des situations. Mais aussi à ceux qui ne sont pas encore partis – grâce à l’écriture raffinée et les justes précisions, ce roman vous permettra vous aussi de découvrir cet étonnant pays qu’est le Japon et de vous balader dans les rues de Tokyo, Kyoto ou Osaka, ou de gravir le Mont Fuji pour les plus aventureux d’entre vous !

Ma note :
8

La Submersion du Japon de Sakyo Komatsu

Publié le

Je vais vous parler d’un roman très dur : il s’agit de La Submersion du Japon de Sakyo Komatsu. Il s’agit d’un roman vraiment bouleversant et plutôt effrayant, qui, comme son nom l’indique, raconte les derniers instants du Japon avant sa submersion totale. A noter que le livre date de 1973 et qu’il est donc bien antérieur aux événements du 11 mars 2011 qui ont causé la mort de nombreux de Japonais. Un point essentiel, puisque l’on a parfois l’impression que les vagues dévastatrices et les séismes qu’il décrit sont basées sur celles de l’an dernier. Et bien non, il a décrit tout cela presque 40 ans avant que cela n’arrive, espérons tout de même que la ressemblance entre cette fiction et la réalité s’arrête là.

La Submersion du Japon par Sakyo Komatsu

Edition lue :
Éditeur : Philippe Picquier
Publié en : 2000 (édition originale en japonais : 1973)
Nombre de pages : 253
Prix : 8,10€

Ce roman est réellement intéressant puisqu’il ne se contente pas de décrire une catastrophe aussi importante. En effet, la submersion totale du Japon n’a lieu que pendant les 20 dernières pages du roman. On peut lire ici tout ce qui se passe avant cette terrible submersion, notamment d’un point de vue politique. On y lit les premières découvertes, le temps qu’il reste au Japon avant de ne plus être, et aussi le dilemme auquel est confronté le Premier Ministre et son équipe : à quel moment doit-on prévenir la population si les dires de ce scientifique s’avèrent être exacts ?

On a envie de répondre « MAINTENANT », mais le roman nous montre bien la panique que cela entraînerait d’annoncer cela sans avoir réfléchi à la façon dont on pourrait sauver des Japonais, et cela sauverait moins de Japonais. On assiste à différents points de vue, dont un particulièrement japonais et très fort : « Si le Japon disparaît, je disparaîtrais avec ». Le Japon ne semble former qu’un avec ses habitants. Pourtant, le Premier Ministre va lancer un programme pour développer ces recherches et va tenter de négocier avec des dirigeants d’autres pays pour qu’ils accueillent des Japonais. La réticence de certains est terrible : Amener trop de Japonais effacerait notre propre identité. Combien sont-ils capables d’en accepter sans que cela nuise à leur pays ? Est aussi soulevé dans ce livre l’avenir des Japonais qui auront été envoyés dans d’autres pays : discrimination et sentiment de n’être nulle part chez soi.

Entre tout ça sont aussi décrits avec une précision alarmante les îles englouties, les séismes (Kyoto et surtout Tokyo, décrit de façon vraiment effrayante), les tsunamis, jusqu’à l’éruption finale du Mont Fuji, qui marque la fin du Japon. Un passage est particulièrement troublant, surtout après le séisme de magnitude 9.0 de l’année dernière : l’auteur écrit « Même le séisme le plus violent ne peut dépasser théoriquement la magnitude 8,6 « , avant d’ajouter « Peut-être n’avons-nous jamais subi de séisme plus fort que ceux de magnitude 8,6 jusqu’à aujourd’hui. Mais, dans l’avenir, quelque chose qui ne s’est jamais produit une seule fois dans le passé pourrait très bien arriver. » On ne peut ici s’empêcher de penser à ce qu’il s’est passé l’année dernière et espérer que tout n’aille pas aussi loin que ce qui est décrit dans ce terrible livre.

Le Mont Fuji au bord de l’éruption dans le film Sinking of Japan

Pour ceux que ça intéresse, un film tiré du livre est sorti en 2006 (et un plus vieux en 1973) sous le nom « Sinking of Japan ». Je l’ai vu, il y a quelques différences par rapport au livre, mais le film est, malgré les images qui sont plus violentes que des phrases, moins fataliste, donc n’hésitez pas à le regarder si vous n’osez pas vous lancer dans le roman !

Ma note :
9

 

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