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Archives de Tag: loufoque

Vie à vendre de Yukio Mishima

Publié le

Cela faisait des années que j’attendais un nouveau roman de Yukio Mishima. Voici un inédit paru récemment en France, Vie à vendre.


Edition lue :
Éditeur : Gallimard
Publié le : 16 janvier 2020
Traduction : Dominique Palmé
Publié au Japon en : 1968
Nombre de pages : 272
Prix : 22,00€

Hanio souhaite se suicider, sans raison particulière. Malheureusement, il va rater son suicide et prendre une décision pour le moins surprenante : il va publier dans un journal une annonce pour vendre sa vie, pour quiconque souhaitant l’utiliser. Un premier acheteur va répondre à son annonce, et Hanio, prêt à mourir, va accepter ce qu’il lui demande : coucher avec son ex-femme de 23 ans (alors qu’il en a 73) pour que son amant actuel se venge et tue cette femme (et Hanio au passage). Mais cela ne va pas vraiment se passer comme prévu, et Hanio va être payé et récupérer sa vie. D’autres clients vont ensuite toquer à sa porte, avec, entre autres, une femme qui veut l’utiliser en tant que cobaye et une vampire, qui vont lui faire vivre des aventures improbables – le tout sous la menace planante (ou presque) de l’ACS, l’Asian Confidential Service.

« Après avoir raté son suicide, Hanio vit s’ouvrir devant lui un monde absolument vide, d’une liberté merveilleuse. »

Vous l’avez sûrement compris en lisant le petit résumé que j’ai tenté de faire, on est ici en présence d’un roman totalement loufoque. C’est une part de Mishima qu’on peut distinguer dans son oeuvre, et on peut dire ici qu’elle est vraiment bien maîtrisée. Ce roman est aussi décrit comme « parodie de roman policier », puisqu’on retrouve certains éléments de ce genre. En plus de toutes les aventures folles que va vivre Hanio, comme si tout était normal, il va être en contact avec des personnages parfois inquiétants, voire carrément dangereux. Mais Hanio ne désespère pas, et à chaque fois qu’il rentre chez lui, bredouille, toujours en possession de sa vie, il tourne la pancarte sur sa porte qui était tournée sur « Rupture de stock » et est prêt à recevoir la visite de quelqu’un à qui il pourrait vraiment vendre sa vie.

« Se faire tuer en pleine action, ce serait vraiment une bonne façon de mourir. Déshonorante pour un vieillard, mais comment rêver fin plus honorable pour un homme jeune ? »

Cette lecture m’a passionné. Je ne suis peut-être pas le plus objectif pour parler de Mishima, même si je sais reconnaître quand certains de ses textes sont moins bons que d’autres, mais ici, qu’est-ce que cette lecture est plaisante ! Le thème du suicide et de la mort est assez récurrent chez lui, mais est traité d’une façon complètement différente de ses autres oeuvres. On prend un réel plaisir à découvrir le sort que lui réservent ses clients potentiels, et on ne se demande pas vraiment où tout cela va nous mener, on se contente plutôt d’apprécier toutes ces situations farfelues – décrites d’une plume qui ne gâche rien au plaisir.

« Acheter une vie, ça devrait être l’acte le plus digne du monde. Comment se faisait-il alors que ses clients venaient le voir avec des mines aussi piteuses ? »

Mishima signe ici un roman pour le moins extravagant, pour lequel vous devrez vous munir d’un esprit ouvert pour un moment de lecture unique et qui ajoutera un petit brin de folie à votre vie. 

Ma note :

Les Hommes salmonelle sur la planète Porno de Yasutaka Tsutsui

Publié le

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un roman TRÈS particulier, comme le suggère son titre. Voici Les Hommes salmonelle sur la planète Porno de Yasutaka Tsutsui.

Edition lue :
Éditeur : Wombat
Publié le : 16 février 2017
Traduction par : Miyako Slocombe
Édition originale en japonais : 2005
Nombre de pages : 96
Prix : 16,00€

On découvre ici la planète « Nakamura » que les personnages, des scientifiques étudiant cette planète, appellent la planète porno. Et pour cause ! Les plantes, les animaux, les habitants, tous sont hypersexualisés. L’histoire est simple : la seule femme de l’équipe de recherche est tombée enceinte à cause d’une mauvaise herbe, et ses collègues vont partir voir les habitants de cette planète pour leur demander comment faire pour avorter de cette plante… mais en chemin ils vont croiser un grand nombre de choses qui vont les titiller dans tous les sens du terme…

« Cette planète était également connue sous le nom de planète Porno. On l’appelait ainsi car ses habitants, qui vivaient en Nunidie, une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de notre base, ressemblaient comme deux gouttes d’eau aux Terriens et vivaient nus comme des vers tout au long de l’année. »

Dès le départ, on plonge dans le loufoque de cette planète, et on n’en sort pas avant le point final ! Bravo au traducteur, qui a dû avoir du mal à traduire les noms des animaux, des plantes et des endroits totalement farfelus et lubriques. Allons-y franchement : on rencontre dans ce roman des méduses qui provoquent l’orgasme quand elles piquent, des bêtes qui veulent s’accoupler avec des humains, des farfouilleuses qui procurent plusieurs orgasmes d’affilée aux humains qu’elles attrapent, mais aussi des vaches-accordéons qui ne peuvent bouger que les pattes arrières et qui se déplacent donc comme un accordéon… et je m’arrête là pour vous laisser en découvrir plus par vous-même !

« Qui avait donc engrossé le Dr Suiko Shimazaki, cette belle célibataire de trente-deux ans, gracieuse, le teint clair et un peu ronde ? »

Je dois dire que j’étais un peu perplexe au départ, mais finalement, malgré le côté très sexuel et quelque peu pervers (peut-être à ne pas mettre entre les mains des plus jeunes lecteurs), ça passe bien. J’ai beaucoup souri, j’aime beaucoup tout ce qui est loufoque, surtout quand c’est bien fait, et c’est le cas ici. En plus des découvertes qu’ils font en chemin, les chercheurs tentent d’avoir une discussion scientifique sur l’évolution sur cette planète et sur comment fonctionnent ces animaux, ce qui est aussi plutôt original, et amusant, tout comme la résolution qui se veut plus ou moins sérieuse.

« Si le père est une mauvaise herbe du nom d’engrosse-veuve, ça serait un coup dur pour la lignée de brillants scientifiques dont elle est issue. »

Un livre comme je n’en ai jamais lu, qui ose aller très loin sans jamais avoir peur du « trop » ou du ridicule. Une planète à découvrir en ayant l’esprit ouvert !
Ma note :
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