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Instantanés d’Ambre de Yôko Ogawa

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Enfin ! Un nouveau roman de Yôko Ogawa traduit en français ! Découvrons ensemble ce que nous réserve Instantanés d’Ambre de cette très grande auteure.

Edition lue :
Éditeur : Actes Sud
Publié le : 4 avril 2018
Traduit par : Rose-Marie Makino Fayolle
Publié au Japon en : 2015
Nombre de pages : 304
Prix : 22,50€

Suite à la mort de la benjamine de la famille, une mère va emmener ses trois enfants vivre dans une villa et va leur dire que derrière le mur de leur terrain se trouve un chien maléfique qui leur veut du mal, tout comme il avait léché la petite fille avant qu’elle ne meure. Ambre, Opale et Agate, vont ainsi vivre coupés du monde avec leurs nouveaux prénoms qu’ils ont pioché au hasard dans les encyclopédies de leur père. Ils vont créer leur propre monde, seuls la plupart du temps puisque leur mère travaille beaucoup, et ils vont nous faire entrer dans leur univers où l’imaginaire occupe une place majeure.

« Lorsque leur mère, Opale et Agate se demandaient ce que devenait la quatrième de la fratrie et avaient envie de la voir, leurs pas les menaient à tout moment à l’intérieur du cabinet de lecture où ils feuilletaient les encyclopédies. »

Le point de départ de ce roman est tragique : une mère perd sa fille et va vouloir protéger ses enfants du monde en les isolant et en créant des règles pour qu’ils restent toujours auprès d’elle. Mais Yôko Ogawa parvient à créer encore une fois une atmosphère impressionnante où les enfants sortent tout droit d’un conte, avec leurs nouveaux prénoms et leurs vêtements, trop petits pour eux et agrémentés d’une crinière pour l’un, d’ailes et de queue en fourrure pour les autres. Pour eux, cette extravagance n’en est pas une, et nous, lecteurs, en venons à l’oublier et à ne plus nous étonner de leur apparence et de leurs activités.

« À l’intérieur d’une encyclopédie tout est calme. Alors qu’elle renferme en vrac toutes les choses du monde, dans les marges règne un silence surprenant. »

Ces enfants créent leur propre monde grâce aux encyclopédies laissées par leur père, qui vont également servir de renaissance pour la petite fille décédée. En effet, Ambre, l’un des enfants, voit son oeil gauche s’obscurcir et voit apparaître la benjamine qui va désormais vivre à l’intérieur de son oeil. Pour en faire profiter sa famille, il va la dessiner tous les jours dans les marges des encyclopédies, qu’il exposera des années plus tard sous le nom d’instantanés d’Ambre. Cela plus M. Signal, un petit personnage qui vit dans l’oreille d’un autre enfant pour lui apprendre des mots, et on en oublie les règles de notre monde et on ne se pose pas de questions sur la réalité ou non des événements du moment que toute cette famille y croit. J’ai personnellement eu l’impression d’être aussi dans cette maison tellement il était aisé pour moi de l’imaginer, chose que je ressens rarement à ce point pendant une lecture. On suit leur quotidien, et là où cela pourrait sembler ennuyeux, il n’en est en fait rien, tant la magie des mots et le pouvoir de créativité des enfants sont immenses.

« Ils ont beau paraître immobiles, les êtres vivants changent d’instant en instant. »

Yôko Ogawa nous livre ici un roman puissant où une famille recommence à zéro, coupée de tout, ou presque. On entre facilement dans ce monde si particulier que seule Madame Ogawa semble savoir construire. Du génie, tout simplement.

Ma note :

 

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