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Archives de Tag: nouvelle

La Proie et l’ombre de Ranpo Edogawa

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Fascinant, fascinant, fascinant : voilà qui décrit parfaitement Ranpo Edogawa. Je vous présente cette fois-ci un remarquable roman de ce grand maître du genre policier : voici La Proie et l’ombre (paru plus tard sous le nom Inju : La bête dans l’ombre).

Edition lue :
Éditeur : Philippe Picquier
Publié en : 1994
Grand format publié en : 1988
Traduction par : Jean-Christian Bouvier
Édition originale en japonais : 1928
Nombre de pages : 144
Prix : 6,10€

Dans ce roman de génie, Ranpo Edogawa est le narrateur. Il va un jour rencontrer Shizuko, une femme belle et raffinée qui apprécie ses romans. De là va naître une relation épistolaire entre ces deux personnages. Un jour, elle va le contacter puisque son mari a été assassiné, par Shundei Oe, un écrivain de romans policiers, rival de Ranpo Edogawa… Ce dernier va donc tenter de retrouver ce mystérieux écrivain pour le confronter à son crime, mais, comme souvent avec cet auteur, de multiples rebondissements sont à prévoir…

« Elle avait ce genre de beauté dont on dit souvent dans les romans anciens qu’elle disparaît si on l’effleure. »

Ranpo Edogawa parvient ici encore à nous tenir en haleine tout le long de ce roman ! On a envie de tourner les pages, on a envie qu’il retrouve cet étrange écrivain-meurtrier, et on est surpris devant la perversité des crimes et des personnages… La scène de révélation est palpitante, et c’est tout simplement jouissif. De plus, on a droit à une nouvelle intitulée Le test psychologique, qui est elle aussi une petite perle : un jeune homme prévoit un meurtre et va préparer le test auquel le soumet la police pensant s’en sortir innocenté. C’était sans compter Kogoro Akechi, le célèbre détective que l’on retrouve dans plusieurs textes de Ranpo Edogawa…

« Ne dit-on pas d’ailleurs que c’est souvent chez l’homme de bien que le démon s’introduit le plus facilement ? »

Mon amour pour Ranpo Edogawa se confirme avec ce grand roman qui est un réel plaisir à dévorer. On parvient à être surpris, on a le coeur qui bat, on a envie d’en savoir plus… Tant d’éléments qui ne font que confirmer le talent de cet écrivain.

Ma note :

 

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Scènes d’été de Kafû Nagai

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Une nouvelle de saison aujourd’hui par un auteur connu pour ses écrits sur le monde des geishas : voici quelques Scènes d’été par Kafû Nagai.

Edition lue :
Éditeur : Editions du Rocher
Publié en : Mars 2007
Publié au Japon en : 1915
Nombre de pages : 102

Cette nouvelle nous présente Keizô, marié et père de famille, qui va racheter une geisha pour en faire sa concubine, pour en avoir l’exclusivité. Cette geisha, c’est Chiyoka, une geisha qu’il avait l’habitude d’aller voir par le passé. Durant cette centaine de pages, on les suit débuter leur relation exclusive, qui ne va pourtant peut-être pas le rester…

« S’il n’était pas nécessaire de dépenser de l’argent pour l’avoir entièrement à soi, il était en revanche exclu d’espérer la garder indéfiniment pour soi seul. »

Une nouvelle que j’ai beaucoup appréciée ! On découvre ce petit quartier de plaisir dans une ambiance estivale, où les habitants et les geishas laissent les fenêtres ouvertes la nuit… Le déroulement est plaisant : Keizô est toujours rempli de désir envers cette geisha dont il a la « jouissance exclusive », mais la jalousie va elle aussi jouer un rôle important dans cette nouvelle, en bouleversant un peu l’été passionnel que ce couple atypique était en train de passer.

« Bien qu’elle eût de notoriété publique un protecteur, c’était une femme de qui on pouvait obtenir tout ce qu’on voulait pour peu qu’on s’y prit discrètement. »

Un moment de lecture qui nous plonge en quelques pages dans la chaleur du milieu des geishas et de la passion entre un homme marié qui vient de se faire plaisir en s’appropriant la femme de ses désirs. Le tout avec une plume agréable, que demander de plus pour une scène d’été !

Ma note :

L’Idiote d’Ango Sakaguchi

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Une fois n’est pas coutume, je vais vous présenter aujourd’hui un auteur dont je n’ai pas encore parlé sur Comaujapon, avec sa nouvelle la plus célèbre. Voici L’Idiote d’Ango Sakaguchi, qui semble bien porter son nom.


Edition lue :
Éditeur : Philippe Picquier
Publié en : Avril 1999
Publié au Japon en : 1946
Nombre de pages : 96
Prix : 5,00€

Ce petit livre contient deux nouvelles. La premières s’intitule donc L’Idiote. Elle se déroule pendant la Seconde Guerre Mondiale et s’ouvre sur la description d’un quartier dont les habitants sont décrits de façon assez pathétique. Entre des histoires d’inceste, de suicide et de grossesse d’un père inconnu, on rencontre également un fou, dont la femme est tout bonnement idiote. Celle-ci va un soir se réfugier dans le placard d’Izawa, un voisin, ne souhaitant plus vivre avec son fou de mari. Izawa va essayer de comprendre cette femme qui ne parle pas et qui ne semble être qu’un corps, alors que la réalité de la guerre va venir frapper à la porte de leur quartier.

« Mais, en quoi les fous étaient-ils différents du commun des mortels ? Si différence il y avait, il fallait la chercher dans cette profonde et immense pudeur qui les caractérisait. Avaient-ils envie de rire ? Eh bien ! Ils s’en donnaient à cœur joie. »

Cette nouvelle est typiquement japonaise. Elle a été écrite en 1946, un an après la fin de la guerre, et c’est sûrement ce qui lui donne aussi cette profondeur. Grâce à l’histoire de cette femme qui va fuir son mari pour rejoindre un homme qu’elle semble apprécier, on perçoit aussi le quotidien de Tokyo lors des incessants bombardements américains dans un quartier populaire. On a de plus une réflexion profonde et intéressante sur la guerre et sur l’incertitude des jours à venir. La seconde nouvelle Je voudrais étreindre la mer m’a un peu moins marqué. C’est la réflexion d’un homme en couple avec une ancienne prostituée devenue frigide, sur le désir, le corps, le bonheur. Celle-ci aura tout de même le mérite de pouvoir nous faire glisser hors du terrible contexte de la guerre de l’Idiote.

« Il avait en face de lui la volonté, la sensibilité de l’idiote, quelque chose qui, de toute façon, n’appartenait pas au monde humain. »

Un recueil marquant pour sa nouvelle éponyme, qui nous fait partir à la rencontre de personnages atypiques et de leur façon d’aborder la vie, ou plutôt la survie, dans un contexte particulièrement difficile.

Ma note :

 

 

 

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