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Archives de Tag: nouvelles

La Femme qui dort de Natsuki Ikezawa

Publié le

Vous le savez, j’aime les nouvelles, particulièrement japonaises. Je vais vous parler aujourd’hui de La Femme qui dort, un recueil de nouvelles d’un auteur dont je n’ai pas encore parlé sur le blog, Natsuki Ikezawa.

Edition lue :
Éditeur : Philippe Picquier
Publié en grand format en : Mai 2009
Publié en format poche : Mars 2014
Traduction : Corinne Quentin
Publié au Japon en : 2007
Nombre de pages : 144
Prix : 6€

Ce recueil contient trois nouvelles, mais la dernière nouvelle éponyme ne m’a pas réellement plu, donc je vais me concentrer sur les deux premières. Les origines de N’kunre nous emmène au Brésil. Sebastiano va prendre la fuite après avoir tué sa femme qui le trompait régulièrement. Il va rencontrer le peuple des Desertores qui vivent cachés dans la montagne. Ils ont un secret pour vivre en harmonie : dès que la colère monte chez l’un des leurs, ils se soufflent à l’oreille le N’kunre, une sorte d’incantation qui calme les esprits. Une nouvelle que j’ai beaucoup appréciée, puisque l’auteur va tout au bout de son concept et la fin est très réussie, ce qui n’est pas toujours le cas avec les nouvelles japonaises qui préfèrent souvent laisser les choses dans un flou parfois frustrant.

« Les désirs étaient source de souffrance et N’kunre en libérait. »

Dans Mieux encore que les fleurs, nous partons pour Okinawa. Un stagiaire dans un hôpital va vivre une aventure d’une dizaine de jours avec une médecin génraliste plus âgée que lui. Cela va être une relation passionnée, jusqu’à ce que cette femme rompe. Elle va le rencontacter en lui disant qu’elle a trouvé leur relation étrange et elle va découvrir qu’elle a peut-être été possédée par l’esprit d’une femme décédée tragiquement à cause d’un amour impossible… Une nouvelle surprenante que j’ai pris beaucoup de plaisir à lire. J’aime beaucoup tout ce qui est un peu surnaturel, surtout quand c’est bien fait comme ici. On découvre un peu le folklore des île Ryûkyû, avec notamment les Yuta, ces personnes capables de communiquer avec les esprits.

Un recueil qui nous fait beaucoup voyager avec des histoires vraiment intéressantes à suivre, et qui nous transportent dans des univers où la logique n’est pas forcément une chose sur laquelle l’on souhaite s’appuyer.

Ma note :

Futon de Katai Tayama

Publié le
Après une petite absence de deux semaines, Comaujapon est de retour ! Cette fois-ci, je vous présente Futon de Katai Tayama.

Edition lue :
Éditeur : Editions du Rocher
Publié en : Avril 2000
Publié au Japon en : 1907
Nombre de pages : 168

Futon est le roman le plus célèbre de Katai Tayama et il est ici présenté avec deux nouvelles. Dans Futon, on va suivre Tokio, qui éprouve de l’amour pour sa jeune élève Yoshiko. Il est marié et père de famille, et ses sentiments pour Yoshiko vont encore plus se développer lorsque celle-ci va vivre avec Tokio et sa femme pour pouvoir suivre la formation de son maître. Mais lorsque Yoshiko va rencontrer un garçon de son âge avec qui elle envisage une relation sérieuse, Tokio va sombrer dans une tristesse sourde.

« Les jeunes étaient toujours les mêmes, mais leur façon de définir l’amour, de parler de littérature ou de discuter de politique était radicalement différente, et il lui semblait qu’il ne pourrait les suivre éternellement. »

Je dois dire que j’ai beaucoup apprécié ce texte de Katai Tayama, un auteur que je connaissais pas. La préface est intéressante et permet d’en apprendre un peu plus sur lui et sur ses influences, celle de Maupassant notamment. Futon est un texte vraiment intéressant, puisqu’en plus des tourments de cet homme marié, on est au début du XXème siècle, dans la société japonaise qui progresse de jour en jour. Le trouble de Tokio, qui se transforme en désespoir au fur et à mesure qu’il voit la fille qu’il aime s’éloigner de lui est aussi un élément qui m’a fait beaucoup apprécier ce roman.

« Qui ne se sentirait ému de s’entendre appeler « Maître ! Maître ! », et de se voir admiré à l’égal d’un des grands de ce monde par cette ravissante élève aux façons si modernes ! »

Le roman est suivi de deux nouvelles. La première, Un soldat, nous présente, comme son nom l’indique, un soldat, blessé, qui est en route pour retrouver son régiment. J’ai beaucoup de mal avec les textes sur la guerre, donc ça n’a pas vraiment été une lecture plaisante pour moi. La seconde nouvelle, Une botte d’oignons, est aussi plutôt difficile à lire, puisqu’on suit O-saku, une jeune fille infortunée qui vit avec son oncle et qui a une vie misérable, qui ne va pas s’arranger au fil des pages…

« Il faut que les nouvelles femmes du Japon pensent et agissent par elles-mêmes. »

Un livre qui nous offre une intéressante approche de Katai Tayama, un auteur que j’ai encore plus envie de découvrir désormais.

Ma note :

Le séjour à Kinosaki de Naoya Shiga

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Je vous présente aujourd’hui un auteur que je n’ai pas encore évoqué sur ce blog, avec l’un de ses textes les plus populaires : voici Le séjour à Kinosaki de Naoya Shiga.

Edition lue :
Éditeur : Editions Arfuyen
Publié en : 1996
Traduction par : Pascal Hervieu et Alain Gouvret
Édition originale en japonais : 1913, 1918
Nombre de pages : 47
Prix : 7,62€

Deux nouvelles sont présentées dans ce court livre : Le séjour à Kinosaki, qui est décrit comme un texte important dans l’oeuvre de Naoya Shiga, et Le Crime de Han, écrit quelques années plus tôt. Le séjour à Kinosaki est, comme son nom l’indique, écrit à Kinosaki, après que l’auteur ait été renversé par un train. Il passe donc sa convalescence à Kinosaki, un endroit réputé pour ses bains thermaux, les onsen. Et c’est une sorte de journal sur ce qu’il fait (pas grand chose) et ce qu’il voit (pas grand chose à part des animaux : une guêpe, un rat, une salamandre…). J’ai eu du mal à y trouver un intérêt.

« Être en vie, être mort n’étaient pas deux choses contraires. J’avais le sentiment qu’il n’y avait pas là une bien grande différence. »

On enchaîne avec Le Crime de Han, qui est un peu plus intéressante comme nouvelle. Lors d’un numéro de lancer de couteaux devant 300 personnes, le lanceur rate sa cible et tue -accidentellement ou non, c’est là tout l’objet de cette nouvelle- sa femme. On en apprend un peu plus sur les relations chaotiques qu’il entretenait avec celle-ci et on cherche nous aussi à savoir si son geste a été volontaire ou non… J’ai été pris dans cette nouvelle, mais elle se finit malheureusement bien trop vite et en perd un peu son intérêt. Ces deux nouvelles sont suivis de trois hommages par trois écrivains : Junichiro Tanizaki, Hideo Kobayashi et Ito Sei, qui vantent les mérites de Naoya Shiga, mais ne partageant pas leur excitation, là encore, j’ai été un peu laissé de côté…

« Un événement singulier s’est produit sur la scène du théâtre. Au beau milieu du spectacle, un jeune jongleur chinois nommé Han a tranché la gorge de sa femme avec un de ses larges couteaux de jet. »

Deux nouvelles trop courtes, même si la seconde a un réel potentiel. Une lecture aussi vite lue qu’oubliée, et c’est bien dommage pour une première approche avec cet auteur.

Ma note :

Cueillir les fleurs du silence d’Eva Kopp

Publié le

Un recueil de nouvelles du Japon d’une auteure française talentueuse : voici Cueillir les fleurs du silence d’Eva Kopp.


Edition lue :
Publié le : 22 mars 2018
Prix numérique : 0,99€ (ici)
Auto-édité

Ce court recueil de cinq nouvelles nous emmène dans un Japon rempli de tendresse, d’espoir, même dans les situations les plus tragiques. On rencontre notamment Momotaro, ce garçon trouvé dans une pêche géante par un couple âgé que l’on voit souvent dans le folklore japonais (que j’avais notamment croisé ici), Sadako Sasaki, dont j’avais entendu parler lors d’un voyage à Hiroshima, puisque cette jeune fille est tombée malade des suites du bombardement, Chizuko, dont le grand-père a connu deux terribles tsunamis, ou encore Emi-chan, qui vit à côté de la préfecture de Fukushima en 2011 et qui aimerait seulement goûter la pluie, bien que radioactive.

« L’interprétation du passé, son souvenir, peut sauver l’avenir. »

Toutes ces nouvelles sont très agréables à lire, j’aime beaucoup retomber sur des noms que j’ai déjà entendus, qui me ramènent à un endroit (Hiroshima) ou à une atmosphère particulière (le folklore japonais). L’écriture est vraiment belle et fluide, et la beauté ainsi que la pureté de certains personnages se ressent vraiment, malgré qu’ils aient pu vivre les événements les plus terribles que le Japon ait pu connaître ces dernières années. Bombardement, tsunami, radioactivité…

« Emi-chan, tu ne peux pas goûter la pluie. Elle est dangereuse, tu comprends ? »

Un recueil de nouvelles qui nous transporte en quelques pages dans un Japon qu’on aime découvrir et redécouvrir. En attendant le premier roman d’Eva Kopp à paraître en juin 2018.

Ma note :

 

La Beauté, tôt vouée à se défaire de Yasunari Kawabata

Publié le

Aujourd’hui, je vous présente deux nouvelles d’un grand auteur de la littérature japonaise : voici La Beauté, tôt vouée à se défaire de Yasunari Kawabata.

Edition lue :
Éditeur : Le Livre de Poche
Publié le : 22 septembre 2004
Grand format sorti le : 5 février 2003
Publié au Japon en : 1933 & 1964
Nombre de pages : 160
Prix : 6,10€

On a droit ici à deux nouvelles inédites de Yasunari Kawabata, qui ont apparemment été publiées avec Les Belles endormies au Japon, alors qu’en France cette dernière a été publiée seule. On a tout d’abord Le Bras, une nouvelle que j’ai beaucoup aimée et dont l’atmosphère, en effet, est la même que pour Les Belles endormies. L’histoire est simple : une jeune fille va proposer son bras à un homme, qui va ainsi rentrer chez lui avec ce bras. Elle va simplement le détacher, et l’homme (notre narrateur) va ainsi faire tout le chemin jusqu’à chez lui en s’inquiétant pour ce bras, comme si c’était une personne… et le bras va également lui parler, comme si de rien n’était. Une relation étrange va se nouer entre cet homme et le bras qu’il a emprunté. J’ai beaucoup apprécie le sérieux avec lequel le narrateur vit cette expérience, avec des dialogues on ne peut plus normaux qui font cependant le comique de cette nouvelle (« Tu dors ? – Non, me répondit le bras. »).

« ‘Je peux te prêter mon bras pour un soir’, dit la fille. Et, le détachant de son épaule droite, elle le prit dans sa main gauche et le déposa sur mes genoux. »

La seconde nouvelle est éponyme, et bien qu’elle m’ait un peu moins marqué, elle est néanmoins intéressante. Deux filles sont assassinées alors qu’elles dormaient ensemble. Le narrateur est ici un écrivain, et il discute avec Saburo, le tueur de ces demoiselles. Ce qui est intéressant, c’est qu’il y a une vraie réflexion sur la vérité dans cette nouvelle, parce que Saburo ne se souvient pas vraiment de ce qu’il s’est passé, et les événements vont ainsi se retrouver transformés, suite à ce que lui ont suggéré les policiers (« ça ne pouvait que se passer comme ça » qui font douter Saburo sur la véracité de ses propres propos), et sa version se retrouve ainsi altérée, selon qu’il raconte cette soirée aux policiers, au commissaire, ou au psychiâtre.

« Elle avait dû sentir que je trouvais cela joli, pour détacher ainsi son bras droit de la rondeur de l’épaule et me le prêter. »

Et bien entendu, il suffit de regarder la couverture pour comprendre pourquoi j’ai voulu lire ces nouvelles de Yasunari Kawabata, qui ne sont pourtant pas les plus célèbres par chez nous : ce livre est postfacé par Yukio Mishima. On a donc la chance de lire l’interprétation de ces deux nouvelles par mon auteur préféré ainsi que quelques anecdotes. Par exemple, Le Bras a été publié en feuilletons et Mishima pensait que la nouvelle se terminait à un moment précis et trouvait cette fin parfaite ; alors qu’en réalité, la nouvelle se poursuivait dans le numéro suivant.

« Laisser l’oubli se faire est peut-être finalement la plus belle manière de se souvenir. »

Deux nouvelles de qualité d’un des plus grands auteurs de la littérature japonaise, qui parvient notamment à nous faire replonger dans l’ambiance des Belles endormies avec la première nouvelle de ce recueil. C’est également un réel plaisir de voir Yukio Mishima commenter les textes de son ami dans la postface.

Ma note :

Romanée-Conti 1935 de Takeshi Kaikô

Publié le

Parlons vin aujourd’hui, avec Takeshi Kaikô qui nous propose un Romanée-Conti 1935 !

Edition lue :
Éditeur : Philippe Picquier
Publié en grand format en : 1993
Format poche : 1998 (nouvelle couverture en 2017)
Traduction : Anne Bayard-Sakai et Didier Chiche
Édition originale en japonais : 1973 et 1979
Nombre de pages : 112
Prix : 6,50€

Ce petit livre contient deux nouvelles, mais pour être honnête, la seconde ne m’a pas du tout marqué, je vais donc vous parler uniquement de la première nouvelle éponyme ! On observe deux hommes, un romancier et un entrepreneur, qui vont déguster une bouteille de bourgogne Romanée-Conti 1935. L’entrepreneur va raconter à son ami les domaines qu’il a visités en France, les vins qu’il a goûtés… et on comprend vite que cette fameuse bouteille qu’ils vont boire suscite beaucoup d’attentes ! Et elle permet surtout au romancier, dès lors qu’il y trempe ses lèvres, de repenser à une femme qu’il a connue dans les moindres détails…

« Le serveur souleva délicatement la bouteille qui était debout pour l’approcher d’un verre. Le romancier suivit des yeux les mouvements de cette main d’une plaisance sécheresse, maigre, ossue et assurée. »

Qu’est-ce que j’ai aimé cette nouvelle ! Les descriptions du chemin du vin des lèvres jusqu’à la gorge sont vraiment magnifiques. La description de la robe également vaut son pesant d’or, et c’est un réel plaisir à lire tellement c’est beau et bien écrit, ainsi que bien retranscrit dans la traduction. Et puis, les souvenirs auxquels repense le romancier sont également forts puisqu’il n’y a que ce vin qui lui permet de repenser à cette femme aussi pleinement, c’est pour dire le pouvoir qu’a cette fameuse bouteille, qui, pourtant, va les décevoir au premier abord.

« Aussi violenté, dépossédé, ravagé, affaibli que fût ce vin, il parvenait encore à susciter l’image d’une femme. »

Une première nouvelle vraiment excellente, des descriptions incroyables et un grand plaisir de lecture, même si l’on n’est pas forcément amateur de vin. Dommage que la seconde nouvelle ne soit pas aussi mémorable !

Ma note :

L’arc-en-ciel blanc d’Akira Yoshimura

Publié le

J’ai déjà eu l’occasion de vous présenter une nouvelle d’Akira Yoshimura que j’avais beaucoup aimée sur le blog, voici désormais le recueil dans lequel elle a ensuite été publiée en France : L’arc-en-ciel blanc.

Edition lue :
Éditeur : Actes Sud
Publié le : 3 mars 2012
Traduction : Martin Vergne
Publié au Japon entre : 1953-1964
Nombre de pages : 192
Prix : 17,30€

Quatre nouvelles composent ce recueil, dans lequel Akira Yoshimura explore un milieu social le plus souvent défavorisé. On rencontre tout d’abord un jeune couple dont la femme ne semblait visiblement pas prête à se marier dans la nouvelle éponyme, puis on retrouve le fameux été en vêtements de deuil dont je vous ai déjà parlé sur le blog, ainsi qu’un jeune garçon qui assiste aux funérailles autour de lui, et d’un frère et d’une soeur qui décident de voler un cheval et de partir ensemble.

« Ayako était bien trop jeune pour devenir une épouse. Le fardeau bien trop lourd à porter. »

Et ce sont ces deux dernières nouvelles que j’ai envie de vous présenter, puisque j’ai pris un grand plaisir à les lire. Tout d’abord, Etoiles et funérailles, qui, dès le début m’a séduit. Dans la première scène, on découvre Jirô, un garçon de 16 ans déficient mentalement, qui suit un cortège funèbre. La scène, un cortège funèbre sous une forte pluie, et ce jeune garçon les suivant au loin, est très belle. Jirô assiste donc aux funérailles qui se déroulent autour de lui et s’assure que le rituel est respecté. On va même jusqu’à lui donner une petite enveloppe pour sa bienveillance, et il va vouloir aider une jeune fille déjà mère, qui vit avec son père qui la frappe. Une nouvelle forte, le lien qui tente de se créer entre eux, avec les funérailles omniprésentes, qui mènent à une fin puissante.

« Il faudrait vraiment avoir un papa ici. Toute seule, maman n’y arrive pas. »

Et la dernière nouvelle, Le mur de briques, m’a également beaucoup plu. Hisae et Kiyota, un frère et une soeur partent voler un cheval pour l’emmener quelque part. On comprend vite qu’ils vivent eux aussi dans des conditions de vie difficiles et que le cheval qu’ils emmènent est lié à leur nouveau beau-père, un scientifique qui fait des expériences sur des animaux… Le thème est fort, il y a des scènes dures à lire, mais le lien fraternel des deux personnages principaux est vraiment beau, ensemble pour défendre ce à quoi ils croient malgré leur faible niveau de vie.

« Hisae, qui sentait la paume de son frère lui serrer fortement la main, eut l’impression d’avoir mauvaise conscience. Emmener un cheval sans autorisation, n’était-ce pas la même chose que du vol ? »

Un très bon recueil de nouvelles qui explorent plusieurs thèmes, tous avec une symbolique forte, avec talent, et qui m’a donné envie de me plonger dans d’autres textes d’Akira Yoshimura.

Ma note :

Les remèdes du docteur Irabu d’Hideo Okuda

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Je vous propose aujourd’hui de prendre rendez-vous avec un docteur très particulier. Voici Les remèdes du docteur Irabu d’Hideo Okuda. Une petite piqûre ?

Edition lue :
Éditeur : Points
Publié le : 25 septembre 2014
Grand format publié le : 17 janvier 2013 (Wombat)
Traduction par : Silvain Chapuis
Édition originale en japonais : 2002
Nombre de pages : 288
Prix : 7,30€

Ce livre nous présente plusieurs patients qui vont fréquenter le service psychiatrique de la clinique Irabu, et qui vont se retrouver face au docteur Irabu, fils du propriétaire de la clinique. Et ils vont être surpris ! Irabu est en effet un docteur grassouillet et totalemment loufoque. Il dit tout ce qui lui passe par la tête, propose des remèdes improbables et est excité par les piqûres que son infirmière (elle aussi très spéciale, en plus d’être exhibitionniste) prodigue à ses patients à chacune de leurs visites.

« Se faire piquer tous les jours n’était certes pas une partie de plaisir, mais, au fond de lui, ce désagrément était compensé par la vision des cuisses de l’infirmière. »

Il va donc tenter de soigner Kazuo, qui souffre de plusieurs maux apparemment causés par le stress, un autre patient qui a une érection permanente, une hôtesse qui se sent suivie tout le temps par des admirateurs dérangés, un adolescent accro à son téléphone ou encore un homme atteint de TOC. Et à chaque fois que ses patients le rencontrent pour la première fois, ils ressentent un certain mépris voire un dégoût pour cet homme extravagant. Mais en leur proposant une mystérieuse piqûre à chacune de leur visite, ils vont étonnement apprendre à accepter cet homme et revenir tous les jours à la clinique…

« Ma philosophie, vous savez, c’est de faire tout ce qui me passe par la tête. »

En voilà une lecture qui fait du bien ! Un livre très drôle, on prend plaisir à voir le schéma se répéter : aversion pour le docteur, remèdes loufoques, acceptation, et puis, une certaine intimité qui se crée entre Irabu et ses patients, même si ce n’est pas forcément du plein gré de ces derniers… Mais au final, ses patients semblent aller mieux, et d’une certaine façon, je crois qu’on peut dire que c’est, contre toute attente, un bon médecin.

Une lecture amusante sur un docteur qui se comporte comme un enfant et sur son infirmière exhibitionniste, pour un duo de choc (dans tous les sens du terme) qui va tenter d’aider les patients qui au départ regrettent d’avoir mis le pied dans cette clinique…

Ma note :

Une journée de début d’automne de Natsume Sôseki

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Aujourd’hui, parlons classique avec un livre de saison ! Voici Une journée de début d’automne, un très beau recueil de nouvelles de Natsume Sôseki.


Edition lue :
Éditeur : Philippe Picquier
Format poche publié en : Février 2014
Grand format publié en : Février 2012
Traduit par : Elisabeth Suetsugu
Édition originale en japonais : 1907-1912
Nombre de pages : 144
Prix : 6,00€

Dans ce recueil, on trouve sept nouvelles, dans lesquelles Natsume Sôseki évoque avec poésie des scènes de son quotidien, parfois anodines. Que ce soit son arrivée à Kyoto, l’adoption d’un moineau au bec rose, sa rencontre avec un éminent professeur étranger ou ses séjours à l’hôpital, il parvient toujours à nous faire ressentir une certaine beauté dans des scènes à l’apparence banale.

« On aurait beau compter cent avenues, vivre mille ans, Kyôto restera immuablement une ville morne. »

Je dois dire que j’ai pris une claque avec la première nouvelle, « Le soir de mon arrivée à Kyoto », écrite en 1907, qui, bien que très courte, est vraiment magnifique. L’écriture et la traduction sont superbes, et j’ai pris un tel plaisir lors de ma lecture qu’une deuxième lecture s’est imposée. Malheureusement, je n’ai pas retrouvé cette beauté dans les nouvelles suivantes. Il n’y a pas vraiment d’intrigue, et, alors que cela ne me dérangeait pas avec la première nouvelle, je n’ai pas trop trouvé mon intérêt dans la suite, même si les nouvelles restent agréables à lire.

« Quittant la capitale aux simulations intenses, pour moi qui foulais soudain le sol de cette cité antique, c’était comme si je me retrouvais au fond d’un étang sombre où le ciel ne se reflète pas tant le vert est dense, telle une pierre brûlante sous la canicule. »

Un carnet de bord de Natsume Sôseki, que je conseillerais surtout pour sa première nouvelle, que j’ai tout simplement adorée et dont la beauté m’a frappé.

Ma note :

Une vague inquiétude de Ryûnosuke Akutagawa

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Ce n’est pas quelque chose de nouveau, j’adore les nouvelles, et encore plus quand elles ont été écrites par des écrivains de renom. Je vous présente aujourd’hui trois nouvelles de Ryûnosuke Akutagawa regroupées dans un recueil intitulé Une vague inquiétude.

Edition lue :
Éditeur : Editions du Rocher
Publié en : février 2005
Traduction : Silvain Chupin
Publié au Japon en : 1914, 1919 & 1922
Nombre de pages : 84

On retrouve donc trois nouvelles de cet écrivain écorché vif. La première nouvelle s’intitule Le Masque et nous présente un homme ivre qui danse sur le pont d’un bateau en portant un masque hyottoko (un personnage comique). On revient sur la vie de cet homme qui aura dansé jusqu’à la fin. Dans la deuxième nouvelle, Un doute, un homme va raconter sa triste histoire à une homme qu’il prit d’abord pour un spectre : sa femme prise sous une poutre suite à un séisme, le feu arrivant, il frappe sa femme avec une tuile pour lui épargner de mourir brûlée vive. Et dans la dernière nouvelle, Le wagonnet, on suit un garçon qui va aider à pousser des wagonnets (celle-ci ne m’a laissé absolument aucun souvenir, donc il faudra vous contenter de cela !).

 

« D’entendre si soudainement une histoire comme celle-là, je fus moi-même saisi d’un frisson à la poitrine, comme si le froid de cette vaste pièce pénétrait jusque dans mon col. »

 

Hormis la dernière nouvelle que je n’ai pas très bien comprise, j’ai beaucoup apprécié ce recueil. Et plus particulièrement la deuxième nouvelle, qui est la réflexion d’un homme qui a commis le pire en pensant bien faire, mais qui se met à douter de ses réelles intentions. On plonge dans la psychologie d’un homme tourmenté, et c’est justement ce que j’aime chez Akutagawa, et c’est ce qui fait de cette nouvelle un texte vraiment réussi à mon sens. A noter que le recueil s’intitule selon le mot laissé par Akutagawa juste avant de se suicider, Vague inquiétude (Bonyari Toshita Fuan, ぼんやりとした不安).

 

Un recueil de nouvelles d’un grand auteur qui nous montre son talent sous différentes formes, en essayant de comprendre l’homme et ses actions qui peuvent parfois sembler contradictoires.

 

Ma note :