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Archives de Tag: osamu dazai

Bungô Stray Dogs de Kafka Asagiri & Harukawa 35

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Je vous propose aujourd’hui un article un peu spécial puisqu’il s’agit… d’un manga ! Et oui, je n’avais pas prévu de parler de mangas sur ce blog, mais celui-ci va faire exception puisqu’il met en scène des personnages dont le nom et l’histoire sont inspirés de grands écrivains japonais. Découvrons tout ça ensemble !

bungo-stray-dogs-tome-1-2-kafka-asagiriTomes 1 & 2 :
Éditeur : Ototo
Publiés le : 3 février 2017
Publié au Japon en : 2013
Nombre de pages : 192
Prix : 7,99€

Dès le départ, on suit Atsushi Nakajima, un orphelin causant le malheur partout où il passe, qui va croiser le chemin d’Osamu Dazai. Ce dernier fait partie de « L’Agence des Détectives Armés », agence dans laquelle tous les détectives possèdent des pouvoirs spéciaux. Atsushi va se retrouver mêlé à leurs activités et va travailler avec eux, pour résoudre des crimes et combattre notamment une grande organisation mafieuse menée par un certain Ryûnosuke Akutagawa, doté lui aussi de pouvoirs destructeurs…

bungo-stray-dogs-nakajima

L’histoire est intéressante, ça bouge beaucoup, il y a de l’humour et les dessins sont excellents : voilà pour faire court, ce que vous trouverez dans ce manga fraîchement paru en France. Mais ici, puisque c’est un blog sur la littérature japonaise, je vais me concentrer sur un aspect que j’ai trouvé génial : la plupart des personnages porte le nom d’écrivains célèbres et leurs pouvoirs spéciaux portent en général le nom d’une de leurs œuvres. Plus encore, certains personnages ont des aspects de leur caractère qui est en lien avec l’écrivain dont ils portent le nom.

Dans ces deux premiers tomes, on croise donc Atsushi Nakajima, qui peut se transformer en tigre (en référence à sa nouvelle Histoire du poète qui fut changé en tigre), Ranpo Edogawa qui est doté d’une puissante capacité de déduction pour résoudre les affaires (normal pour l’un des plus grands écrivains japonais du genre policier), Junichirô Tanizaki et son pouvoir Bruine de neige (titre de son plus long ouvrage), sa soeur Naomi qui est aussi le nom d’un de ses romans (dont le personnage principal est inspiré de se belle-soeur), Ryûnosuke Akutagawa et son pouvoir Rashômon (l’une des nouvelles les plus célèbres de l’auteur), Motojirô Kajii et son pouvoir Citrogrenade (en référence à sa nouvelle Le Citron) et quelques autres. Mais celui qui m’aura le plus plu, c’est évidemment Osamu Dazai qui annihile les pouvoirs des autres en les touchant (ce pouvoir s’appelle La déchéance d’un homme, en référence à son texte le plus célèbre), un personnage hilarant puisqu’il passe son temps à tenter de se suicider de diverses façons – là encore, une référence osée à l’écrivain qui avait une obsession certaine pour le suicide (il a tenté de se suicider plusieurs fois dans sa vie : avec des médicaments, en tentant de se pendre, par noyade…). Dès le tome 2, on a des fiches des personnages qui expliquent un peu ces références, et c’est plaisant à découvrir, en parallèle à l’histoire qui se dévoile et qui donne envie de dévorer la suite.

Un excellent manga qui, en plus d’être plaisant à lire, bien écrit et bien illustré, permet aussi de (re)découvrir des écrivains classiques et leurs œuvres de façon on ne peut plus originale. Vite, la suite !

Ma note :
8

La Femme de Villon d’Osamu Dazai

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Il est temps de vous parler aujourd’hui d’une nouvelle d’un grand écrivain japonais que je n’ai pas encore mentionné sur le blog : partons ensemble à la rencontre de La Femme de Villon d’Osamu Dazai.

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Edition lue :
Éditeur : Éditions du Rocher
Publié en : Janvier 2005
Publié au Japon en : Août 1947
Nombre de pages : 65
Prix : 8,70€

Dans cette nouvelle d’une soixantaine de pages, on va rencontrer M. Ôtani, un poète à succès de 30 ans, mais qui est aussi alcoolique. Mais, comme le titre de la nouvelle l’indique, c’est sa femme qui va être au centre de cette histoire. Elle va recevoir un soir la visite d’un couple propriétaire d’un restaurant qui a suivi son mari. Ils réclament l’argent qu’il leur a volé ainsi que toutes les notes qu’il n’a pas payées quand il va boire chez eux. La femme, connaissant très bien son mari, n’est pas surprise et va réfléchir à une façon de pouvoir rembourser ce couple.

« C’est aux alentours de trente ans qu’un homme est le plus impétueux et qu’il supporte le mieux l’alcool, pourtant, à ce point-là, c’est rare. »

J’étais curieux de découvrir cette nouvelle, puisqu’Osamu Dazai m’avait ébloui avec son roman La Déchéance d’un homme. C’était une lecture plutôt plaisante, surtout grâce à la personnalité de cette femme, qui n’a que vingt-six ans et qui rend la nouvelle intéressante. Même si la nouvelle n’est pas mémorable, la vie de cette femme, et ses choix, malgré un mari qui ne la mérite pas, vont la rendre sympathique et la rendre aussi active, ce qui vaut le coup d’être souligné puisque dans la littérature japonaise, surtout à cette époque, la femme est représentée en tant qu’être passif qui doit supporter tout ce que son mari lui inflige. Ceci dit, je pense que cette nouvelle aurait pu être plus développée et devenir un roman. Il est rare que je pense cela des nouvelles, en général, elles sont courtes pour une raison, mais là, j’aurais adoré en découvrir plus sur cette femme et son histoire.

Une nouvelle qui se lit plutôt bien et qui est intéressante grâce à cette jeune femme, qui ne va pas se laisser abattre par le caractère de son mari et qui va trouver une façon à elle de lui venir en aide… ou de trouver le bonheur.

Ma note :
6

Je suis un écrivain japonais de Dany Laferrière

Publié le

Aujourd’hui, je vais vous parler du roman d’un écrivain haïtien et québecois (et japonais pour l’occasion !) : j’ai nommé Je suis un écrivain japonais de Dany Laferrière ! Préparez-vous pour un roman pour le moins original…

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Édition lue :

Éditeur : Grasset
Publié en : 2008
Nombre de pages : 262
Prix : 18,20€
Existe aussi : Format poche à 6,10€

Le narrateur de ce roman quelque peu loufoque est un écrivain vivant à Montréal. Lorsque son éditeur lui demande le titre de son prochain roman, il va, lui qui adore les titres, en trouver un pour le moins original : « Je suis un écrivain japonais ». C’est là que tout commence. On va donc suivre cet étrange écrivain, adorateur de Basho, qui va se confronter au Japon à sa façon, c’est-à-dire en côtoyant un groupe de jeunes Japonais vivant à Montréal tournant autour de Midori, chanteuse quelque peu grunge, une sorte de Björk nippone. Mais cet écrivain auto-proclamé japonais va également être confronté de force à ce pays qu’il ne cherche pourtant pas à connaître réellement (il se contente des clichés qu’on sert à toutes les sauces), le jour où le consulat va l’appeler. Des Japonais y travaillant vont en effet demander à le rencontrer et sont intrigués par ce roman – et ils ont déjà commencé à en parler au Japon. Cela a fait l’effet d’une bombe au Japon et son roman fait beaucoup parler. Roman qui n’existe pourtant pas encore…

« Je suis en train de suivre les péripéties de Basho à la recherche de la barrière de Shirakawa dans un métro en mouvement à Montréal. Tout bouge. Sauf le temps qui reste immobile. »

C’est un roman qui m’a laissé perplexe. Un point positif est qu’il se lit très bien et qu’il est vraiment drôle par endroit. J’aime notamment le fait que les auteurs japonais sont omniprésents dans ce roman. Le narrateur est en effet un adorateur de Basho, qu’il évoque et cite très souvent (presque dans chaque chapitre) – et c’est un vrai bonheur. Un passage m’a notamment beaucoup plu : le narrateur est dans un « restaurant minable » de Montréal, et il lit Basho et le cite. On assiste là à un réel décalage entre le monde décrit par Basho et la réalité sale du restaurant, et c’est vraiment très plaisant à lire. À côté de Basho, il nous parle également de Yukio Mishima, qu’il avait découvert quand il était ado, et l’auteur a utilisé un grand nombre de noms d’écrivains japonais  pour ses personnages : Yukio Mishima bien sûr, Junichiro Tanizaki, Haruki Murakami, Murasaki Shikibu ou encore Osamu Dazai…

« Le problème d’identité de l’étranger c’est qu’on lui refuse le droit d’être autre chose que du folklore. »

D’autres passages m’ont également paru intéressants, comme par exemple lorsqu’il tente d’expliquer (par l’humour, comme souvent) la place du silence dans la conversation avec des Japonais, ou lorsque le racisme est évoqué (des Japonais qui se disent choqués lorsqu’ils entendent parler de cette écrivain noir se disant « japonais »). La question de l’identité est également soulevée, qui permet de se questionner sur qu’est-ce que l’identité au juste, et qu’est-ce qui fait qu’un écrivain soit considéré comme japonais ou non. L’humour est un autre point fort de ce roman, l’auteur va jusqu’au bout dans son idée, ne craignant pas l’exagération, lorsque par exemple des Japonais viennent chez lui pour faire un reportage sur ce mystérieux écrivain et sur son roman (qui n’existe pas !) qui fait un buzz considérable au Japon… Cela donne des scènes vraiment loufoques et qui font que ce roman m’a globalement plu !

« Je suis célèbre au Japon pour un livre que je n’ai pas écrit. »

Pourtant, quelques points négatifs sont à souligner dans ce roman. Le premier est peut-être personnel, puisque l’auteur a souhaité faire de son personnage un je-m’en-foutiste royal, qui va assumer ne rien savoir du Japon et qui va assumer se contenter des clichés qu’on peut entendre sur le Japon. Passons. Le plus gros souci pour moi, c’était que, même si la trame principale me plaisait énormément, il y a à côté un grand nombre de chapitres dont je ne comprenais pas du tout l’utilité. Ils étaient là, mais ne servaient en rien l’histoire, voire s’en éloignaient. Toute la partie avec le groupe de jeunes et cette Midori m’a en fait déplu. C’est dommage parce que ça occupe une bonne partie du roman au final. Le passage sur la comparaison de cette fille avec Björk était par exemple totalement inintéressant à mon sens. Et je me suis fait la réflexion pour plusieurs petites scènes hélas… Mais soit ! Je changeais de page et je pouvais retrouver ce qui me plaisait.

En résumé, l’idée de base du roman est très originale et elle est parfois bien menée, grâce au sens de l’humour indéniable de l’auteur ! En revanche, certains passages m’ont semblé brouillons et j’avais beaucoup de mal à voir leur intérêt, et ce point m’a fait ne pas apprécier totalement ma lecture… qui reste tout de même globalement positive.

Ma note :
7

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