Flux RSS

Archives de Tag: paris

La Lettre de Sagawa de Jûrô Kara

Publié le

Je vais aujourd’hui vous parler d’un livre qui a vu le jour suite à un terrible fait divers : Issei Sagawa a tué et mangé en partie une étudiante néerlandaise à Paris en 1981. Et Jûrô Kara a entretenu une correspondance avec lui. Voici La Lettre de Sagawa.


Edition lue :
Éditeur :  Robert Laffont
Publié en : 1983
Publié au Japon en : 1982
Traduit par : Tomoko Moëne et Marie-Lise Hieaux
Nombre de pages : 148

Issei Sagawa est donc un Japonais de 32 ans en 1981, lorsqu’il tue Renée Hartevelt, une Néerlandaise de 24 ans, avant de manger des parties de son corps (vous pouvez trouver plus de détails sur cette affaire sur sa page Wikipedia, sur laquelle vous pourrez découvrir qu’il a bénéficié d’un non-lieu à cause de sa santé mentale, et qu’il aurait notamment tourné dans une publicités pour des chaînes de restaurants de viande). Il décide d’écrire à Jûrô Kara, l’auteur de ce « roman », parce qu’il a entendu que ce dernier voulait faire un film sur son histoire, et qu’il veut l’aider dans sa réalisation. A partir de là, une correspondance va s’établir entre eux et Jûrô Kara va se rendre à Paris pour tenter de rencontrer ce « Japonais cannibale » comme il était surnommé dans la presse de l’époque.

« Pardonnez mon audace de vous écrire ainsi. Je suis celui qui a tué une jeune femme hollandaise, qui a mangé sa chair et qui a été arrêté par la police parisienne. Je suis maintenant à la prison de la Santé. »

Ce livre m’attirait beaucoup. Je ne connaissais pas ce fait divers, et je trouvais cela intéressant de découvrir la correspondance entre Sagawa et l’auteur, ce dernier cherchant à faire avouer des choses à Sagawa pour comprendre les raisons qui l’ont poussé à commettre son acte. Mais voilà, bien que le début fut intéressant, j’ai rapidement décroché. L’auteur va en effet être pris dans une sorte d’obsession que je qualifierais de malsaine, il va se rendre à Paris (mais il ne parviendra même pas à obtenir un droit de visite à Sagawa qui est en prison), visiter la chambre de l’étudiante, traduire le poème (alors qu’il ne parle pas un mot d’allemand) qu’elle lisait au moment où Sagawa l’a assassinée, va rencontrer une femme que Sagawa a apparemment fréquenté les jours avant le meurtre… et c’est d’un ennui profond. Je ne parlerais pas de l’épilogue, qui est soporifique et inintéressant au possible. Et c’est bien dommage.

« C’est avant de la découper en morceaux, au moment précis où je séparais avec un couteau la chair des os, que j’ai mangé ses lèvres, sa langue et le bout de son nez. »

 

Un livre qui aurait pu être excellent, les premières pages sont prometteuses, mais qui m’a vite fait décrocher. Je me suis ennuyé durant ma lecture et je n’ai pas vraiment compris pourquoi ce livre a été publié (même si j’imagine que le sujet et sa sortie rapide après le drame ont dû lui assurer de très bonnes ventes au Japon).

 

Ma note :
Publicités

Nââândé!? d’Eriko Nakamura

Publié le

Mais que pense donc une Japonaise qui vit à Paris depuis des années ? C’est ce qu’Eriko Nakamura nous propose de découvrir dans Nââândé!?, un livre qui ne manque pas d’humour.

naaande-eriko-nakamuraEdition lue :
Éditeur : Pocket
Publié le : 7 mars 2013 (Grand format : 2012)
Nombre de pages : 128
Prix : 5,95€

Ces tribulations d’une Japonaise à Paris sont donc écrites par Eriko Nakamura, ancienne présentatrice à succès sur une grande chaîne japonaise, mais désormais mariée à Charles-san, un Français, avec qui elle vit à Paris depuis dix ans au moment de l’écriture de ce livre. Dans divers thèmes du quotidien que les Japonais et les Français traitent différemment -le métro, le mariage, la grève, l’éducation, la propreté, les toilettes, le sexe ou encore le couple-, elle va souvent exprimer intérieurement un Nââândé!?, une expression japonaise qui marque l’incompréhension.

« Personne ne fantasme autant sur Paris qu’un Japonais. Et personne n’est plus choqué par Paris qu’un Japonais. »

J’ai beaucoup aimé l’humour de l’auteure, qui rend ce petit livre bien agréable à lire. Elle a des remarques vraiment drôles sur des choses qui sont parfois pour nous normales (comme par exemple les dîners entre amis qui s’éternisent où le dessert n’arrive qu’à minuit et qu’elle pense « C’était stupéfiant : on changeait de jour et on était toujours à table ! »), ou encore lorsqu’elle nous dit qu’elle a pu découvrir tout un pan de la littérature française en attendant les Français, souvent en retard à des rendez-vous.

« Je crois que c’est avec la grève qu’on mesure le mieux le fossé qui sépare nos deux cultures. »

Le sous-titre, Les tribulations d’une Japonaise à Paris, est à mon sens incomplet. Je rajouterais et de son mari français à Tokyo, puisqu’elle nous parle beaucoup des déboires de son mari dans la capitale nippone, qui sont souvent très amusants. En revanche, ce livre est grand public. C’est-à-dire qu’on n’apprend pas grand chose si on connaît déjà un minimum le Japon. Certes, c’est amusant, mais on a tout de même droit à des clichés qu’on entend depuis des années, repris à toutes les sauces (sur le quartier Harajuku pour ne citer qu’un exemple). C’est évidemment ce qui fait vendre et ce qui plaît, elle exagère les traits du Japon que les Français trouvent loufoques, et elle grossit les traits des Français, en les mettant tous dans le même panier. Un point négatif qui n’est tout de même pas négligeable.

« Parfois, je me demande si les Parisiens n’aiment pas aller à la campagne pour se prendre quelques petites doses de gentillesse et d’attentions avant de recommencer une semaine… »

Un petit livre amusant qui vous fera passer certainement un très bon moment ! Il faut le lire pour ce qu’il est : un concentré de petites anecdotes drôles du quotidien, parfois un peu poussées et exagérées, mais qui parviennent tout de même à mettre en évidence les différences entre nos deux pays.

Ma note :
7

 

%d blogueurs aiment cette page :