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Archives de Tag: passion

Et il neigeait sur le Japon de Roger Raynal

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Je vous propose aujourd’hui de découvrir un premier roman d’un auteur français. Voici Et Il neigeait sur le Japon de Roger Raynal.

Edition lue :
Éditeur : Editions de la Rémanence
Publié le : 29 mai 2018
Nombre de pages : 252
Prix : 13,00€

Le roman se découpe en deux parties : Toulouse et Tokyo. Dans la première partie, Roger va rencontrer dans la nuit une jeune japonaise, Satoko. Tous deux étudiants, ils vont discuter et la langue française va être un élément qui va les rapprocher. Roger parle en effet un français comme on le parlait autrefois, et Satoko parle le français qu’on lui a enseigné, qui est proche de celui de Roger. Une passion et une histoire d’amour va naître entre eux, et Roger va la suivre à Tokyo lorsqu’elle va devoir rentrer, dans une seconde partie où Roger va découvrir le Japon et confirmer ses sentiments pour Satoko.

«  Vous parlez le français tel qu’on me l’a enseigné, et que je désespérais de retrouver, le croyant disparu. »

Je vais commencer par les points positifs. Tout d’abord, l’auteur nous précise que Satoko a été prénommée ainsi en référence à Yukio Mishima (l’héroïne de Neige de Printemps s’appelle Satoko), et les références à Mishima suffisent en général à me faire apprécier un livre (bon, j’exagère un peu, mais ça me met dans de bonnes conditions). Ensuite, l’écriture, les échanges sur la langue française, la littérature (hormis les citations bien trop présentes), et surtout, oui, SURTOUT, la passion entre les personnages et son évolution sont clairement les points forts de ce roman.

« Le Japon, archipel onirique, fantasme géographique, eldorado banal des rêveurs d’exotisme, venait brutalement de s’emplir de substance, de faire irruption dans ma réalité. »

Mais voilà, alors que je suis conquis par cette première partie, je m’envole avec les personnages à Tokyo, et là, c’est la décadence. La passion est toujours présente, mais elle est bien moins intéressante qu’à Toulouse. Roger va rencontrer la famille de Satoko, mais là encore, rien ne se passe réellement. Les descriptions du Japon restent plates, on est pourtant dans le Japon des années 1990 sur lequel il y a matière à être un peu original. On suit les journées de Roger dans la capitale nippone, mais on reste vraiment passif et l’intérêt est limité. La fin, bien que très spéciale, est un peu plus intéressante, mais elle n’a pas suffi à me laisser sur une bonne impression.

Un roman à lire pour sa première partie, qui est vraiment bien écrite et qui nous intègre dans cette histoire d’amour passionnelle. Le mieux serait de ne lire que cette première partie pour garder une image plus que positive de ce roman.

Ma note :

La Femme qui dort de Natsuki Ikezawa

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Vous le savez, j’aime les nouvelles, particulièrement japonaises. Je vais vous parler aujourd’hui de La Femme qui dort, un recueil de nouvelles d’un auteur dont je n’ai pas encore parlé sur le blog, Natsuki Ikezawa.

Edition lue :
Éditeur : Philippe Picquier
Publié en grand format en : Mai 2009
Publié en format poche : Mars 2014
Traduction : Corinne Quentin
Publié au Japon en : 2007
Nombre de pages : 144
Prix : 6€

Ce recueil contient trois nouvelles, mais la dernière nouvelle éponyme ne m’a pas réellement plu, donc je vais me concentrer sur les deux premières. Les origines de N’kunre nous emmène au Brésil. Sebastiano va prendre la fuite après avoir tué sa femme qui le trompait régulièrement. Il va rencontrer le peuple des Desertores qui vivent cachés dans la montagne. Ils ont un secret pour vivre en harmonie : dès que la colère monte chez l’un des leurs, ils se soufflent à l’oreille le N’kunre, une sorte d’incantation qui calme les esprits. Une nouvelle que j’ai beaucoup appréciée, puisque l’auteur va tout au bout de son concept et la fin est très réussie, ce qui n’est pas toujours le cas avec les nouvelles japonaises qui préfèrent souvent laisser les choses dans un flou parfois frustrant.

« Les désirs étaient source de souffrance et N’kunre en libérait. »

Dans Mieux encore que les fleurs, nous partons pour Okinawa. Un stagiaire dans un hôpital va vivre une aventure d’une dizaine de jours avec une médecin génraliste plus âgée que lui. Cela va être une relation passionnée, jusqu’à ce que cette femme rompe. Elle va le rencontacter en lui disant qu’elle a trouvé leur relation étrange et elle va découvrir qu’elle a peut-être été possédée par l’esprit d’une femme décédée tragiquement à cause d’un amour impossible… Une nouvelle surprenante que j’ai pris beaucoup de plaisir à lire. J’aime beaucoup tout ce qui est un peu surnaturel, surtout quand c’est bien fait comme ici. On découvre un peu le folklore des île Ryûkyû, avec notamment les Yuta, ces personnes capables de communiquer avec les esprits.

Un recueil qui nous fait beaucoup voyager avec des histoires vraiment intéressantes à suivre, et qui nous transportent dans des univers où la logique n’est pas forcément une chose sur laquelle l’on souhaite s’appuyer.

Ma note :

Romanée-Conti 1935 de Takeshi Kaikô

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Parlons vin aujourd’hui, avec Takeshi Kaikô qui nous propose un Romanée-Conti 1935 !

Edition lue :
Éditeur : Philippe Picquier
Publié en grand format en : 1993
Format poche : 1998 (nouvelle couverture en 2017)
Traduction : Anne Bayard-Sakai et Didier Chiche
Édition originale en japonais : 1973 et 1979
Nombre de pages : 112
Prix : 6,50€

Ce petit livre contient deux nouvelles, mais pour être honnête, la seconde ne m’a pas du tout marqué, je vais donc vous parler uniquement de la première nouvelle éponyme ! On observe deux hommes, un romancier et un entrepreneur, qui vont déguster une bouteille de bourgogne Romanée-Conti 1935. L’entrepreneur va raconter à son ami les domaines qu’il a visités en France, les vins qu’il a goûtés… et on comprend vite que cette fameuse bouteille qu’ils vont boire suscite beaucoup d’attentes ! Et elle permet surtout au romancier, dès lors qu’il y trempe ses lèvres, de repenser à une femme qu’il a connue dans les moindres détails…

« Le serveur souleva délicatement la bouteille qui était debout pour l’approcher d’un verre. Le romancier suivit des yeux les mouvements de cette main d’une plaisance sécheresse, maigre, ossue et assurée. »

Qu’est-ce que j’ai aimé cette nouvelle ! Les descriptions du chemin du vin des lèvres jusqu’à la gorge sont vraiment magnifiques. La description de la robe également vaut son pesant d’or, et c’est un réel plaisir à lire tellement c’est beau et bien écrit, ainsi que bien retranscrit dans la traduction. Et puis, les souvenirs auxquels repense le romancier sont également forts puisqu’il n’y a que ce vin qui lui permet de repenser à cette femme aussi pleinement, c’est pour dire le pouvoir qu’a cette fameuse bouteille, qui, pourtant, va les décevoir au premier abord.

« Aussi violenté, dépossédé, ravagé, affaibli que fût ce vin, il parvenait encore à susciter l’image d’une femme. »

Une première nouvelle vraiment excellente, des descriptions incroyables et un grand plaisir de lecture, même si l’on n’est pas forcément amateur de vin. Dommage que la seconde nouvelle ne soit pas aussi mémorable !

Ma note :

Scènes d’été de Kafû Nagai

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Une nouvelle de saison aujourd’hui par un auteur connu pour ses écrits sur le monde des geishas : voici quelques Scènes d’été par Kafû Nagai.

Edition lue :
Éditeur : Editions du Rocher
Publié en : Mars 2007
Publié au Japon en : 1915
Nombre de pages : 102

Cette nouvelle nous présente Keizô, marié et père de famille, qui va racheter une geisha pour en faire sa concubine, pour en avoir l’exclusivité. Cette geisha, c’est Chiyoka, une geisha qu’il avait l’habitude d’aller voir par le passé. Durant cette centaine de pages, on les suit débuter leur relation exclusive, qui ne va pourtant peut-être pas le rester…

« S’il n’était pas nécessaire de dépenser de l’argent pour l’avoir entièrement à soi, il était en revanche exclu d’espérer la garder indéfiniment pour soi seul. »

Une nouvelle que j’ai beaucoup appréciée ! On découvre ce petit quartier de plaisir dans une ambiance estivale, où les habitants et les geishas laissent les fenêtres ouvertes la nuit… Le déroulement est plaisant : Keizô est toujours rempli de désir envers cette geisha dont il a la « jouissance exclusive », mais la jalousie va elle aussi jouer un rôle important dans cette nouvelle, en bouleversant un peu l’été passionnel que ce couple atypique était en train de passer.

« Bien qu’elle eût de notoriété publique un protecteur, c’était une femme de qui on pouvait obtenir tout ce qu’on voulait pour peu qu’on s’y prit discrètement. »

Un moment de lecture qui nous plonge en quelques pages dans la chaleur du milieu des geishas et de la passion entre un homme marié qui vient de se faire plaisir en s’appropriant la femme de ses désirs. Le tout avec une plume agréable, que demander de plus pour une scène d’été !

Ma note :

Amère volupté d’Eimi Yamada

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Parlons aujourd’hui d’un premier roman autobiographique audacieux et qui a ou choqué ou ravi les Japonais lors de sa sortie en 1985. Il s’agit d’Amère volupté d’Eimi Yamada (aussi romanisée Amy Yamada). Immergeons-nous dans cette violente passion.

eimi-yamada-amere-volupteEdition lue :
Éditeur : Philippe Picquier
Publié le : 5 janvier 2013 (grand format en 1994)
Publié au Japon en : 1985
Nombre de pages : 104
Prix : 5,00€

On suit ici Kim, une chanteuse japonaise dans un club, qui va tomber sous le charme de Spoon, un soldat noir américain qui s’est enfui de l’armée. Kim est une jeune femme qui a peur de s’engager et qui n’a pas hésité par le passé à partager ses conquêtes avec sa meilleure amie, Maria, pour éviter de trop s’accrocher à un homme. Ce court roman va raconter la passion qui va rapidement se développer entre Spoon et Kim, d’une façon parfois très crue. On parle librement de sexe avec un vocabulaire fleuri, mais aussi de violence, d’alcool, de drogue. Et d’amour.

« Le corps noir luisant de Spoon était comme du chocolat dont on aurait pu faire jaillir, en le croquant, la liqueur sirupeuse. »

J’avais lu beaucoup de critiques négatives sur ce roman, mais j’ai tout de même eu envie de le lire, intrigué. Et je ne regrette pas. La première partie du roman fait clairement penser à du Ryû Murakami. On a, en effet, tous les éléments d’un Bleu presque transparent : du sexe avec un noir américain, un langage très cru, des rails de coke, de l’alcool. Mais, à mon sens, on dépasse la simple description de personnages égarés dans une société qui les dépasse. On voit apparaître dans ce roman de l’amour – qui n’est pas forcément malsain, mais porté sur la passion. Du Ryû Murakami en mieux donc pour moi.

« Je ne pouvais pas supporter l’idée qu’il ait reposé le verre avant de m’avoir bue jusqu’à la lie. »

L’écriture est quant à elle variable : on a de très beaux passages, mais aussi des métaphores douteuses (qui doivent clairement être tout aussi douteuses dans la version originale), mais elle est toujours plaisante, tout comme l’histoire, et je suis facilement entré dans ce roman que je n’ai pas posé avant de l’avoir terminé.

« Été indien. La lumière est éblouissante. Quand je ferme les yeux, mes paupières se colorent comme des feuilles d’arbre dans un été naissant. »

Un roman très agréable à lire avec une narratrice pour le moins intrigante. On se croit au départ dans un Ryu Murakami, avant de voir apparaître une réelle passion et un amour puissant entre deux personnages qui semblent s’être clairement bien trouvés.

Ma note :
8

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