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Archives de Tag: passion

Romanée-Conti 1935 de Takeshi Kaikô

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Parlons vin aujourd’hui, avec Takeshi Kaikô qui nous propose un Romanée-Conti 1935 !

Edition lue :
Éditeur : Philippe Picquier
Publié en grand format en : 1993
Format poche : 1998 (nouvelle couverture en 2017)
Traduction : Anne Bayard-Sakai et Didier Chiche
Édition originale en japonais : 1973 et 1979
Nombre de pages : 112
Prix : 6,50€

Ce petit livre contient deux nouvelles, mais pour être honnête, la seconde ne m’a pas du tout marqué, je vais donc vous parler uniquement de la première nouvelle éponyme ! On observe deux hommes, un romancier et un entrepreneur, qui vont déguster une bouteille de bourgogne Romanée-Conti 1935. L’entrepreneur va raconter à son ami les domaines qu’il a visités en France, les vins qu’il a goûtés… et on comprend vite que cette fameuse bouteille qu’ils vont boire suscite beaucoup d’attentes ! Et elle permet surtout au romancier, dès lors qu’il y trempe ses lèvres, de repenser à une femme qu’il a connue dans les moindres détails…

« Le serveur souleva délicatement la bouteille qui était debout pour l’approcher d’un verre. Le romancier suivit des yeux les mouvements de cette main d’une plaisance sécheresse, maigre, ossue et assurée. »

Qu’est-ce que j’ai aimé cette nouvelle ! Les descriptions du chemin du vin des lèvres jusqu’à la gorge sont vraiment magnifiques. La description de la robe également vaut son pesant d’or, et c’est un réel plaisir à lire tellement c’est beau et bien écrit, ainsi que bien retranscrit dans la traduction. Et puis, les souvenirs auxquels repense le romancier sont également forts puisqu’il n’y a que ce vin qui lui permet de repenser à cette femme aussi pleinement, c’est pour dire le pouvoir qu’a cette fameuse bouteille, qui, pourtant, va les décevoir au premier abord.

« Aussi violenté, dépossédé, ravagé, affaibli que fût ce vin, il parvenait encore à susciter l’image d’une femme. »

Une première nouvelle vraiment excellente, des descriptions incroyables et un grand plaisir de lecture, même si l’on n’est pas forcément amateur de vin. Dommage que la seconde nouvelle ne soit pas aussi mémorable !

Ma note :

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Scènes d’été de Kafû Nagai

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Une nouvelle de saison aujourd’hui par un auteur connu pour ses écrits sur le monde des geishas : voici quelques Scènes d’été par Kafû Nagai.

Edition lue :
Éditeur : Editions du Rocher
Publié en : Mars 2007
Publié au Japon en : 1915
Nombre de pages : 102

Cette nouvelle nous présente Keizô, marié et père de famille, qui va racheter une geisha pour en faire sa concubine, pour en avoir l’exclusivité. Cette geisha, c’est Chiyoka, une geisha qu’il avait l’habitude d’aller voir par le passé. Durant cette centaine de pages, on les suit débuter leur relation exclusive, qui ne va pourtant peut-être pas le rester…

« S’il n’était pas nécessaire de dépenser de l’argent pour l’avoir entièrement à soi, il était en revanche exclu d’espérer la garder indéfiniment pour soi seul. »

Une nouvelle que j’ai beaucoup appréciée ! On découvre ce petit quartier de plaisir dans une ambiance estivale, où les habitants et les geishas laissent les fenêtres ouvertes la nuit… Le déroulement est plaisant : Keizô est toujours rempli de désir envers cette geisha dont il a la « jouissance exclusive », mais la jalousie va elle aussi jouer un rôle important dans cette nouvelle, en bouleversant un peu l’été passionnel que ce couple atypique était en train de passer.

« Bien qu’elle eût de notoriété publique un protecteur, c’était une femme de qui on pouvait obtenir tout ce qu’on voulait pour peu qu’on s’y prit discrètement. »

Un moment de lecture qui nous plonge en quelques pages dans la chaleur du milieu des geishas et de la passion entre un homme marié qui vient de se faire plaisir en s’appropriant la femme de ses désirs. Le tout avec une plume agréable, que demander de plus pour une scène d’été !

Ma note :

Amère volupté d’Eimi Yamada

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Parlons aujourd’hui d’un premier roman autobiographique audacieux et qui a ou choqué ou ravi les Japonais lors de sa sortie en 1985. Il s’agit d’Amère volupté d’Eimi Yamada (aussi romanisée Amy Yamada). Immergeons-nous dans cette violente passion.

eimi-yamada-amere-volupteEdition lue :
Éditeur : Philippe Picquier
Publié le : 5 janvier 2013 (grand format en 1994)
Publié au Japon en : 1985
Nombre de pages : 104
Prix : 5,00€

On suit ici Kim, une chanteuse japonaise dans un club, qui va tomber sous le charme de Spoon, un soldat noir américain qui s’est enfui de l’armée. Kim est une jeune femme qui a peur de s’engager et qui n’a pas hésité par le passé à partager ses conquêtes avec sa meilleure amie, Maria, pour éviter de trop s’accrocher à un homme. Ce court roman va raconter la passion qui va rapidement se développer entre Spoon et Kim, d’une façon parfois très crue. On parle librement de sexe avec un vocabulaire fleuri, mais aussi de violence, d’alcool, de drogue. Et d’amour.

« Le corps noir luisant de Spoon était comme du chocolat dont on aurait pu faire jaillir, en le croquant, la liqueur sirupeuse. »

J’avais lu beaucoup de critiques négatives sur ce roman, mais j’ai tout de même eu envie de le lire, intrigué. Et je ne regrette pas. La première partie du roman fait clairement penser à du Ryû Murakami. On a, en effet, tous les éléments d’un Bleu presque transparent : du sexe avec un noir américain, un langage très cru, des rails de coke, de l’alcool. Mais, à mon sens, on dépasse la simple description de personnages égarés dans une société qui les dépasse. On voit apparaître dans ce roman de l’amour – qui n’est pas forcément malsain, mais porté sur la passion. Du Ryû Murakami en mieux donc pour moi.

« Je ne pouvais pas supporter l’idée qu’il ait reposé le verre avant de m’avoir bue jusqu’à la lie. »

L’écriture est quant à elle variable : on a de très beaux passages, mais aussi des métaphores douteuses (qui doivent clairement être tout aussi douteuses dans la version originale), mais elle est toujours plaisante, tout comme l’histoire, et je suis facilement entré dans ce roman que je n’ai pas posé avant de l’avoir terminé.

« Été indien. La lumière est éblouissante. Quand je ferme les yeux, mes paupières se colorent comme des feuilles d’arbre dans un été naissant. »

Un roman très agréable à lire avec une narratrice pour le moins intrigante. On se croit au départ dans un Ryu Murakami, avant de voir apparaître une réelle passion et un amour puissant entre deux personnages qui semblent s’être clairement bien trouvés.

Ma note :
8

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