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Archives de Tag: poésie

Ciel changeant de Pascale Senk

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C’est un peu de poésie que je vous propose aujourd’hui avec Ciel changeant – haïkus du jour et de la nuit de Pascale Senk.

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Détails :
Éditeur : Leducc
Publié en : Mars 2022
Nombre de pages : 192
Prix : 15,90€

Un recueil de poésie à l’idée originale : il retrace une journée entière, tout en poésie. La journée est ainsi divisée en une douzaine de moments, de l’aube à la fin de la nuit, et on prend le temps d’apprécier chaque moment grâce à une description de ces instants suivie de nombreux haikus.

« Chaque haïku, dans sa forme même, vient nous rappeler que la vie est brève, aussi courte que le souffle qui nous traverse. Aussi éphémère que quelques mots chuchotés dans la nuit. »

Beaucoup de livres de haïkus sortent chaque année en France, mais je dois dire que celui-ci a été un petit coup de coeur ! Le concept m’a déjà beaucoup séduit, mais j’ai adoré ce livre du prologue où l’auteure nous conseille d’oublier tout ce que l’on croit savoir de la poésie, jusqu’à la fin. La journée étant divisée en plusieurs moments, ça donne vraiment envie de profiter de la vie, de chaque instant, du réveil au coucher. De regarder autour de nous et apprécier ce que l’on voit, ce que l’on ressent. Des haikus clairement modernes qui m’ont beaucoup plu, parfois touché, parfois fait sourire aussi (notamment ceux incluant un chat, je connais bien ça !).

« Chaleur matinale
le chat remue ciel et terre
pour une fourmi  »

Une journée tout en poésie pour un livre qui donne envie de savourer chaque instant, du réveil au coucher.

Ma note :

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Une estrade pour contempler la lune de Philippe Bonnin

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C’est un peu de poésie que je vous propose aujourd’hui : voici Une estrade pour contempler la lune de Philippe Bonnin.

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Détails :
Éditeur : Arléa
Publié en : Mai 2022
Nombre de pages : 120
Prix : 10€

C’est encore une fois un joli petit ouvrage que nous proposent les éditions Arléa ! Ce livre est en effet rempli de poésie; l’auteur, Philippe Bonnin, architecte, nous décrit le jardin de la villa impériale de Katsura. Ce sont donc des petits poèmes accompagnés de photos en couleurs que l’on peut trouver dans ces pages qui nous emmènent dans ces beaux jardins de Kyoto…

« Suhama
rivage de galets noirs
langues de sable tendues
rêve marin »

Un livre que j’ai beaucoup apprécié : lorsque j’avais quelques minutes, je le prenais en main pour quelques pages et pour un peu de poésie au quotidien. L’auteur souhaite « partager l’émerveillement de Katsura » et il le fait très bien, c’est sa grande passion et ça se ressent. Il a d’ailleurs publié un autre livre sur l’histoire de Katsura et de ses jardins, et j’ai très envie de le découvrir !

« Tout à coup
une carpe saute
ploc !
disait Bashō
large silence du paysage »

Un livre qui nous transporte à Kyoto pour de courts instants remplis de beauté et de poésie.

Ma note :
7

Kyoto Song de Colette Fellous

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C’est un voyage au sens large que je vous propose aujourd’hui avec Kyoto Song de Colette Fellous.

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Détails :
Éditeur : Arléa
Publié en grand format en : Février 2020
Publié en format poche en : Mars 2022
Nombre de pages : 256
Prix : 11,00€

Le roman s’ouvre sur notre narratrice arrivée à Kyoto avec sa petite-fille de dix ans. À partir de ce qu’elle voit, de ce qu’elle vit, de ce qu’elle apprend, elle nous présente Kyoto Song, son nouveau pays natal. Kyoto Song représente bien plus que son séjour au Japon, Kyoto Song lie également souvenirs passés et découvertes au présent.

« C’est donc lui, cette espèce de nouveau pays natal, que j’appelle Kyoto Song. Il ne ressemble pas tout à fait à la ville de Kyoto mais c’est tout de même depuis cette ville que je vais commencer à le dessiner puis à le construire. »

Un roman qui aborde beaucoup de thèmes différents. On passe en effet des haikus de Bashô au cinéma d’Ozu, du marché Nishiki à une pièce de nô – et ce ne sont que des exemples pour la partie Japon. Ce que la narratrice vit au Japon la ramène à des souvenirs de personnes, de lieux, et d’événements, que ce soit son grand-père, sa mère ou encore des souvenirs d’enfance parfois difficiles : et c’est aussi ça, Kyoto Song.

« Une catastrophe à tout moment peut advenir, ne pas avoir peur. Ce serait un typhon, un tremblement de terre, un tsunami, un accident nucléaire, ce serait Fukushima. On sait que ça va revenir, alors on guette, on crée de la beauté, on médite, on travaille, on marche dans la montagne, on s’enivre, on aime, on boit du thé, on veut honorer chaque heure car elle sera peut-être la dernière. »

Je dois dire que j’ai été impressionné par ce livre. L’écriture est époustouflante et coule toute seule et c’est extrêmement agréable à lire. Parfois on a l’impression de se perdre un peu lorsqu’on ne voit pas forcément les connexions entre les éléments que la narratrice fait, mais cela fait au final partie de l’expérience puisqu’on suit le fil de sa pensée. Beaucoup de descriptions sont vraiment magnifiques, très épurées, et j’ai trouvé le texte époustouflant en général. J’avais l’impression de lire de la littérature japonaise de grande qualité, c’était beau et plaisant à lire, et c’est pour cela que j’ai lu ce livre très rapidement, sans pouvoir m’arrêter.

Une chanson, une poésie, en bref, un texte magnifique pour une expérience de voyage, de souvenirs et de beauté incomparable qui m’a fait apprécier énormément ce livre.

Ma note :

Le Journal de Tosa de Ki no Tsurayuki

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Après avoir découvert le Journal de Sarashina, je vous propose un autre célèbre texte de voyage : voici le Journal de Tosa de Ki no Tsurayuki.

Edition lue :
Éditeur : Editions Verdier
Publié le : 3 mai 2018
Traduit et présenté par : René Sieffert
Nombre de pages : 96
Prix : 13,50€

L’auteur va prétendre être une femme voulant imiter les journaux qu’écrivaient les hommes lors de leurs voyages. On va donc suivre ce gouverneur de la province de Tosa qui va quitter sa ville pour se rendre à Kyôto en l’an 935, un voyage durant cinquante-cinq jours. Il va ainsi nous parler, d’une écriture féminine, de ce voyage, mais aussi des moments d’ennui lors d’escales prolongées, toujours dans un environnement qui se prête à merveille à la poésie…

« Ce que font les hommes et qu’ils appellent « journal », une femme va tenter de le faire à sa façon. »

C’est toujours instructif et plaisant de découvrir ces journaux de voyage, qui nous font traverser le Japon en poésie. Ici, le récit de voyage n’est pas très excitant, la plupart du temps l’auteur et ses compagnons de voyage semblent s’ennuyer, mais l’intérêt se trouve dans la poésie. En effet, tout le monde autour de lui compose des poèmes sur les petits événements qui font ce voyage ou sur ce qui les entoure : des enfants, des femmes, des hommes, tout le monde s’y prête, et même lui (ou devrait-il on dire « elle »). Et si cela ne vous suffit pas, vous trouverez à la suite du journal des poèmes de Ki no Tsuruyaki classés par thèmes, que ce soit sur la beauté des saisons ou des thèmes plus durs comme la séparation.

« Plus que blanches bagues
qui se dressent devant vous
moi qui vais rester
je vais élever la voix
de mes pleurs couvrant leur bruit. »

Un journal ancien qui nous fait parcourir le Japon en nous dévoilant toute la poésie que peuvent créer des personnes d’horizons différents qui prennent le temps d’observer ce qui les entoure.

Ma note :

Le Bureau des chats de Kenji Miyazawa

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La littérature japonaise est décidément très riche. Je vous propose aujourd’hui de continuer son exploration grâce à un recueil de contes : voici le Bureau des chats de Kenji Miyazawa.
Edition lue :
Éditeur : Philippe Picquier
Publié en : Juin 2009
Traduit par : Elisabeth Suetsugu
Nombre de pages : 110
Prix : 6,10€

On a ici un recueil de cinq contes écrits dans les années 1910 et 1920 et décrits comme des contes « à la Andersen », pas uniquement pour les enfants mais destinés à tous. Ce n’est pas tous les jours que je lis des contes, encore moins japonais, donc c’est une lecture un peu particulière mais vraiment charmante. Je vais vous parler brièvement de deux contes, ceux qui m’ont le plus marqué, certainement grâce à leur poésie très bien retranscrite grâce au travail de la traductrice.

« L’émotion saisit la vigne sauvage qui exhale un souffle profond et cristallin, et l’une après l’autre, des gouttes transparentes glissent de ses feuilles. »

Je commence par le premier conte, Les Jumeaux du ciel, écrit en 1918. Il raconte deux petites histoires sur deux jumeaux, qui sont des étoiles et qui vivent dans deux petits palais sur la voie lactée. Dans la première de leurs aventures, on rencontre un corbeau et un scorpion, ce dernier tentant d’empoisonner le corbeau. Les frères étoiles vont tenter de sauver le corbeau et de ramener le scorpion chez lui, tout en étant attendus pour accompagner à la flûte la ronde des étoiles comme chaque soir…  Dans la seconde de leurs aventures, une comète va proposer aux jumeaux un tour et ils vont tomber et se retrouver dans l’eau et ainsi devenir des étoiles de mer… On est vraiment dans une atmosphère que je n’avais pas ressentie depuis longtemps, propre aux contes, on retombe en enfance et on s’émerveille de chacun des petits événements.

 « Quand j’aurai ouvert mon cœur, peu m’importe que le vent disperse mes fruits et mes feuilles, peu m’importe de me figer dans le sommeil blanc de l’hiver lumineux et glacé, peu m’importe d’y laisser ma vie. »

Quant au deuxième conte qui m’a beaucoup plu, il s’agit de La vigne sauvage et l’arc-en-ciel. C’est ici un conte très court et à l’intrigue simple : une vigne veut dévoiler ses sentiments à l’arc-en-ciel. On a ainsi dans ces quelques pages une déclaration d’amour et un dialogue sur l’éphémère, entre une vigne qui ne tient pas les saisons et un arc-en-ciel qui ne reste que quelques minutes dans le ciel… Ce conte est tellement beau !

 Un recueil de contes d’un auteur qui s’est principalement fait connaître après sa mort et qui nous envoie de la magie dans les yeux grâce à son atmosphère particulière et à la beauté de son écriture.

Ma note :

Une poignée de sable de Takuboku

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Parlons poésie aujourd’hui avec un poète japonais très particulier que j’ai été ravi de découvrir : voici Une poignée de sable de Takuboku Ishikawa, connu sous son simple prénom Takuboku.

Edition lue :
Éditeur : Philippe Picquier
Publié le : 2 juin 2016
Traduction : Yves-Marie Allioux
Publié au Japon en : 1910
Nombre de pages : 192
Prix : 20,00€

Une poignée de sable est un recueil de 551 tankas, des poèmes courts traditionnels, japonais, d’un auteur décédé très jeune mais qui a pourtant marqué l’histoire de la poésie. Ce recueil est divisé en plusieurs parties, et dans la première, on comprend clairement pourquoi il était aussi surnommé le « poète de la tristesse ». Il s’apitoie en effet sur son sort après son exil à Hokkaido par exemple. Dans les autres  parties, il nous parle aussi de là où il a grandi, avec une forte nostalgie qui ressort, mais également de la mort prématurée de son fils de 24 jours dans des tankas déchirants.

« Avec l’audace qu’il faut pour sauter d’une hauteur
Cette vie
n’y aurait-il pas un moyen de l’achever en beauté ? »

J’ai été grandement surpris par le début du recueil. J’ai rarement lu des poèmes aussi noirs, ça change des beaux poèmes comme on a l’habitude d’en lire. Il n’hésite pas à parler de la mort, à exprimer des pensées que l’on pourrait qualifier de suicidaires, et ça laisse une forte impression. Et puis, dans la suite, il y a des poèmes très agréables à lire, qui m’ont vraiment fait apprécier cette lecture. Notamment la partie sur son quotidien à Tokyo qui regroupe vraiment tout ce que j’aime dans la poésie japonaise.

« Au loin on entend le son d’une flûte
Est-ce parce que j’ai la tête baissée ?
Des larmes se mettent à couler… »

Et bien sûr, il faut noter la qualité de la traduction et des notes. J’ai rarement vu des notes d’une telle qualité, avec des explications, du contexte, tout au long du recueil qui permettent d’apprécier encore plus ces poèmes. Il y a près de 90 notes ! En plus de la postface qui nous explique en quoi ce poète était doué et tous les styles qu’il a pu traverser avec succès durant sa courte carrière.

« Comme un cerf-volant au fil cassé
l’âme de mes jeunes années légère
s’en est allée emportée par le vent »

Un recueil de tankas surprenants, qui navigue entre plusieurs registres, celui de la tristesse, celui de la nostalgie, celui de l’amour, toujours avec un style et une beauté comme j’en ai rarement lus dans la poésie japonaise.

Ma note :

L’Anniversaire de la salade de Machi Tawara

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Un livre un peu particulier aujourd’hui, qui a beaucoup fait parler de lui à sa sortie il y a 30 ans, puisqu’il a révolutionné le tanka, la forme de poésie la plus ancienne du Japon. Fêtons ensemble L’Anniversaire de la salade par Machi Tawara.

Edition lue :
Éditeur : Philippe Picquier
Format poche publié en : 2010
Grand format publié en : 2008
Édition originale en japonais : 1987
Nombre de pages : 136
Prix : 5,60€

La première impression que j’ai ressentie en lisant ce recueil de plus de 400 tankas, c’est que c’était bien étrange. Je me suis dit que ce n’était peut-être pas une oeuvre faite pour être traduite. Mais au fur et à mesure de ma lecture, je me suis mis à apprécier la beauté de ces tankas et surtout leur originalité. L’auteure a écrit ces tankas de l’âge de 20 à 24 ans, et, alors que le tanka est une forme de poésie très traditionnelle, elle a écrit des tankas sur le quotidien d’une jeune fille de son âge, tout en respectant les règles de l’écriture si particulières de cet art (31 mores sur 5 lignes).

« Après le silence les mots que tu cherches
cette hésitation
je les trouve amusants
»

« Vers la pluie qui s’est mise à tomber
je lève la tête et soudain dans cette posture
je réclame des lèvres 
»

Elle nous parle de pleins de thèmes du quotidien, et c’est sûrement ce qui a fait son énorme succès au Japon et dans le monde (avec plus de 8 millions d’exemplaires vendus !), comme les amours de jeunesse, la rupture, un match de baseball, un voyage en Chine ou encore son expérience de jeune professeure. C’est souvent très réussi, frais, et même s’il a été écrit il y a trois décennies, il n’en paraît rien. J’ai notamment beaucoup apprécié lorsqu’elle décrit les moments qu’elle passe avec son petit-ami et la façon dont elle décrit les petits gestes d’amour.

« Toi qui ne crois pas aux promesses
ce n’est pas là où il n’y a pas de vagues
que tu construis tes châteaux de sable 
»

« Les parents disent qu’ils ont élevé leurs enfants
mais c’est en toute liberté que rougissent
les tomates des champs 
»

Une lecture qui change et qui est tellement agréable ! C’est frais, c’est touchant, c’est mignon, et ça donne un coup de jeune au tanka, une forme de poésie trop peu connue par chez nous, sans pour autant la dénaturer. Un recueil à picorer sans modération.
Ma note :

Journaux de voyage de Bashô

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Je vous propose aujourd’hui un petit voyage en compagnie de Matsuo Bashô, qui fait partie des grands maîtres du haiku, grâce au recueil Journaux de voyage qui vient de sortir dans une nouvelle édition. 

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Edition lue :
Éditeur : Verdier
Publié le : 28 octobre 2016
Nombre de pages : 128
Prix : 14,50€

Ce livre regroupe plusieurs notes et journaux de voyage qu’a tenus Bashô tout au long de sa vie. Il s’ouvre sur une introduction que j’ai trouvée très intéressante. On en apprend beaucoup sur l’évolution de la poésie à l’époque de Bashô et un peu avant, et on apprend également que deux tiers de l’oeuvre de Bashô était en fait de la prose. On le connait principalement pour ses haiku (haikai et hokku) et on peut découvrir ici une autre facette de ce grand maître de la poésie japonaise. L’introduction est très riche et nous donne des clés pour pouvoir mieux apprécier et comprendre les sept notes de voyage qui vont la suivre.

« Les hokku qu’il compose dans les moments d’intense émotion sont aujourd’hui encore dans la mémoire de tous les Japonais, et nombreux sont les pèlerins qui l’été partent à la recherche des derniers vestiges de ce qu’avait vu Bashô, et dont seule parfois une stèle portant un vers du poète conserve encore le souvenir, dans un paysage définitivement défiguré par la laideur industrielle. »

J’ai trouvé ces notes de voyage particulièrement géniales. Il n’y a donc pas uniquement des poèmes, une grande part est accordée à la prose, des passages dans lesquels il raconte son parcours et précise aussi les contextes d’écriture des haiku qui se glissent entre ces lignes. Et cette prose est également très poétique, on a donc l’impression de lire une poésie sous différentes formes, et le tout coule tout seul. Ce n’est pas un recueil de poèmes, ce n’est pas un récit de voyages, mais ce sont ces deux choses en même temps. On le suit dans ses voyages et on admire les paysages qu’il traverse, on suit ses aventures et les personnes qu’il croise. Un vrai petit plaisir de lecture.

« Brouillard et bruine
dissimulent le Fuji
charme de ce jour 
»

C’est un recueil à savourer, à grignoter petit à petit quand on a envie de s’évader, puisqu’en quelque sorte, on accompagne Bashô dans ses voyages et sa plume poétique nous fait découvrir de sublimes paysages et nous fait passer un moment très agréable.

Ma note :
7

 

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