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Archives de Tag: religion

Le ciel ne parle pas de Morgan Sportès

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La rentrée littéraire commence petit à petit, et aujourd’hui je vous présente donc un roman historique de Morgan Sportès qui se déroule à Nagasaki au XVIIème siècle. Voici Le ciel ne parle pas.

Edition lue :
Éditeur : Fayard
Publié le : 16 août 2017
Nombre de pages : 330
Prix : 20,00€

Le ciel ne parle pas aborde le même thème qu’un grand roman de la littérature japonaise, à savoir Silence de Shûsaku Endô. On est donc au XVIIème siècle, à Nagasaki, et le roman va tourner au tour de Cristóvão Ferreira, qui a réellement existé, un prêtre jésuite portugais, qui, au début du roman, va apostasier (renoncer publiquement à sa religion) après avoir été pendu la tête à l’envers jusqu’à ce qu’il renonce ou décède. En effet, après avoir été accueillis au Japon, les missionnaires chrétiens vont être traqués, et Ferreira a été arrêté après vingt ans de cavale. Il va donc devoir se convertir au bouddhisme, dénoncer des chrétiens et écrire des brochures contre la foi chrétienne, en attaquant la Bible et les fondements de sa religion…

« Mettre Ferreira la tête en bas, n’était-ce pas la meilleure façon, la plus subtile, de lui faire voir enfin le monde à l’endroit ? »

C’est une partie de l’histoire du Japon et de l’Occident que je ne connaissais que trop peu, et pour cela, je suis content d’avoir lu ce livre. Je n’avais aucune idée de la cruauté avec laquelle étaient torturés ces missionnaires pour qu’ils meurent ou trahissent les leurs, ni du nombre de chrétiens qui voulaient se rendre au Japon pour mourir en tant que martyres. Le narrateur intervient souvent dans le récit pour nous apporter du contexte, des précisions, et cela permet de mieux comprendre le récit et les enjeux.

« Le ciel est bas, lourd, noir. Un éclair fulgure. Et le ciel d’un coup se renverse comme une vasque trop pleine. Croule un déluge de pluie tiède : la mousson. »

Mais voilà, je ne suis pas particulièrement fan des romans historiques, et celui-ci n’a pas fait exception. Certes, comme je l’ai dit, j’étais content d’en apprendre plus sur cette partie importante de l’histoire, mais ma lecture n’était pas vraiment plaisante. Il y a beaucoup de passages que j’ai lus sans vraiment lire, oubliés dans la seconde à cause des noms des personnages que je n’avais pas retenus ou du peu d’intérêt que j’y trouvais. Tout cela n’enlève rien à la qualité de ce livre, ce n’est que mon avis personnel, mais je me dois de le préciser.

« Qu’est-ce que c’est qu’un pape, d’où tient-il tout son pouvoir, lui qui n’a quasi pas d’armées ? c’était une des questions auxquelles les Nippons n’avaient pas encore trouvé de réponse. »

Un roman historique très bien documenté qui nous éclaire sur une période sombre de l’histoire : la traque des chrétiens au Japon au XVIIème siècle. Si le sujet vous intéresse, vous pouvez foncer sur ce livre, qui, je le pense, ne vous décevra pas.

Ma note :

Je veux devenir moine zen ! de Kiyohiro Miura

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Je vais vous parler aujourd’hui d’un roman on ne peut plus japonais, qui a obtenu le Prix Akutagawa en 1988 au Japon (le plus prestigieux des prix littéraires nippons !) : il s’agit de Je veux devenir moine zen ! de Kiyohiro Miura. Dirigeons-nous de ce pas vers le temple pour que je puisse vous parler de ce roman !

je-veux-devenir-moine-zen-kiyohiro-miura
Edition lue :
Éditeur : Philippe Picquier
Sorti en : 2005
Nombre de pages : 142
Prix : 6,10€

Le titre vous dit tout : on va suivre Ryôta, jeune garçon qui a 8 ans lorsqu’il annonce à ses parents qu’il veut devenir moine zen. Pensant d’abord que c’était une simple lubie d’un garçon de son âge, les parents sont d’abord interloqués mais pensent ensuite que ça lui passera. Ryôta a développé cette envie de devenir moine grâce à son père, qui pratique le zazen (posture de méditation assise liée au bouddhisme zen) depuis l’année de naissance de son fils, qui a décidé un jour d’emmener ce dernier avec lui au temple pour ses séances de zazen.

« Le jour où mon fils m’a déclaré : « Je veux être moine ! », je suis tombé des nues. »

Pendant que son père médite au temple, Ryôta va jouer, s’amuser comme il peut. Il va être de plus en plus impatient tous les dimanches d’accompagner son père. Ryôta va devenir un élève turbulent et perturbateur au collège, qui n’arrive pas à rester en place et à se taire, ce qui est étonnant car il parvient à rester calme et silencieux tous les dimanches au temple pendant les deux heures que dure la méditation. Il ne va pas céder et l’abbesse du temple va le prendre sous son aile, pour réaliser le rêve de ce jeune garçon qui n’a pas changé depuis ses 8 ans.

« Le passage du collégien en uniforme et cheveux longs au garçon en vêtement blanc et crâne rasé est théâtral, comme au kabuki les changements de décors instantanés. »

J’ai beaucoup aimé ce petit roman, puisqu’on suit concrètement toutes les étapes qui vont amener ce jeune garçon à devenir un bonze : l’intérêt pour ce temple, le doute, l’intégration dans une école de fils de bonzes grâce à l’abbesse, le changement de nom, le rite de la rupture des liens entre l’enfant et ses parents, le déménagement vers le temple… Tout est très détaillé et on se place du point de vue des parents, ce qui rend la chose vraiment forte et touchante. La mère a beaucoup de mal à voir son fils partir si tôt, et les deux parents se sentent séparés de leur fils et démunis. Ils n’avaient visiblement pas réalisé tout ce que cela impliquait, même s’ils savent au fond d’eux que c’est la volonté de leur fils.

« Les liens qui unissent les parents et les enfants n’étaient-ils qu’une illusion ? »

C’est donc un roman qui explore les voies de l’ordination pour devenir moine zen, mais qui va également bien plus loin, notamment dans les relations parents-enfant au Japon qui donnent une réelle force à ce récit.

Ma note :
7

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