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Archives de Tag: samurai

Samouraïs : 10 destins incroyables de Julien Peltier

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Partons au combat aujourd’hui avec les destins incroyables de 10 samouraïs, compilés par Julien Peltier, un historien spécialiste du Japon ! Mettez votre armure et on est parti !

samourais-10-destins-incroyables-julien-peltierEdition lue :
Éditeur : Editions Prisma
Publié le : 7 avril 2016
Nombre de pages : 240
Prix : 17,95€

Le but de ce livre est de nous présenter dix samouraïs, dont la plupart des noms nous sont familiers, et de ne pas s’arrêter aux mythes qui les entourent, mais de justement casser un peu cette coquille pour faire apparaître des éléments plus plausibles que ce que racontent certaines légendes… On a donc dix chapitres, tous construits de la même façon : un extrait d’un combat, une courte biographie et enfin des éléments plus contemporains sur ces samouraïs comme leur représentation dans des films ou des mangas… C’est malheureusement un peu court pour qu’on puisse apprendre beaucoup de choses, mais ça donne un très bon aperçu du profil de ces hommes (et de cette femme !) qui ont combattu jusqu’à la mort (ou qui du moins se la sont données).

« Entre chien et loup, dans la pénombre mauve du jour naissant, le jeune guerrier en armure étincelante guide prudemment sa monture sur un sentier de chèvres. »

J’ai noté quelques samouraïs qui m’ont marqué, dont les noms m’étaient familiers mais que je ne connaissais pas plus que ça. On croise donc dans ce livre Tomoe Gozen, une des seules femmes samouraïs dont on parle abondamment dans l’histoire japonaise, et qui valaient « mille hommes », mais aussi Kusunoki Masashige, dont les dernières paroles ont inspiré mon écrivain préféré, Yukio Mishima, qui les a inscrites sur son bandeau le jour de son suicide, Miyamoto Musashi, qui est connu pour avoir gagné pas moins de 60 duels sans jamais avoir perdu (alors que la réalité est différente) et qui a été plus récemment rendu populaire par Eiji Yoshikawa dans les années 1930, ou encore Saigô Takamori, le fameux dernier samouraï.

« Les grondements du tonnerre résonnent au fond de la combe d’Okehazama. Une goutte, puis deux, et voici qu’une pluie diluvienne martèle soudain le sol assoiffé par le chaud soleil de juin, douchant les guerriers Imagawa qui cuvent leur veillée passée à célébrer une victoire prochaine. »

C’est un livre qui permet d’en apprendre un peu plus sur des noms qu’on connait pour la plupart. Neuf hommes, une femme, et autant de destins fascinants qui m’ont donné envie d’approfondir le sujet ! 

Ma note :
7

La Petite Boutique japonaise d’Isabelle Artus

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Ce vendredi, je vais vous parler d’un premier roman français pour le moins original : La Petite Boutique japonaise d’Isabelle Artus. Au programme : une histoire d’amour entre une geisha de région parisienne et un samouraï breton !

la-petite-boutique-japonaise-isabelle-artusEdition lue :
Éditeur : Flammarion
Publié le : 27 avril 2016
Nombre de pages : 311
Prix : 17,00€

Cette histoire, joliment loufoque, nous fait croiser le chemin de Pam, une jeune femme originaire de Melun, souhaitant être geisha depuis toute petite et qui n’hésite pas à s’habiller et se maquiller comme une geisha dès qu’elle sort. Elle va travailler dans une petite boutique qui vend des bonsaïs et qui est tenu par un couple de Japonais dont l’homme va entretenir la jeune geisha française. Mais un jour, un jeune homme, Thad, va entrer dans la petite boutique et ce Breton, ayant vécu au Japon par le passé et souhaitant suivre la Voie du Samouraï, va tomber amoureux de Pam…

« Après y avoir longuement réfléchi, Pamela décida qu’elle serait geisha, sans pour autant savoir s’il existait une filière professionnelle qui puisse l’y préparer. »

Mais voilà, nos deux amoureux vont vivre une histoire d’amour passionnelle, mais cela ne va pas durer… Thad en effet, bouleversé par les puissants sentiments qu’il ressent, va quitter Pam, du jour au lendemain. Cette dernière va comprendre qu’il est parti au Japon et se décide à partir à sa recherche dans ce pays qu’elle admire tant… À partir de là une folle aventure va se mettre en place, où Thad va tenter de trouver sa voie, et où Pam va être confronté à un Japon qui, bien trop moderne, ne correspond pas du tout à ce qu’elle s’était imaginé… Le tout raconté avec humour !

« À quoi bon être une geisha quand son samouraï se fait la malle ? »

Parce que oui, le point fort de ce récit est l’humour. Il est bien dosé, bien maîtrisé et nous fait passer un très bon moment de lecture. On ne voit pas le temps passer, on tourne les pages. Il faut avoir du second degré, c’est certain, et j’en ai peut-être manqué par moment, lorsque j’ai trouvé des passages quelque peu maladroits (notamment lorsque le maquillage d’une geisha est comparé à la « figure du clown blanc » ou lorsque la musique du shamisen, un instrument japonais que j’apprécie énormément, est quelque peu dégradé), mais ces petits passages collent totalement à l’ambiance du récit, donc c’est tout pardonné.

« Face aux deux maikos, elle eut le sentiment, bien plus violent qu’à Tokyo, d’être une imposture, comme une ombre portée se heurte à la réalité de son modèle. »

Et le roman nous plonge dans une ambiance japonaise, poussée à l’extrême dans des figures de style et des expressions qui font sourire, alors que l’on suit deux personnages qui se rencontrent en France. Pour moi, le roman décolle lorsque Pam décolle elle aussi pour le Japon et qu’elle est confrontée à un Japon qu’elle ne connaît pas et ne souhaite pas réellement connaître. C’est en effet très intéressant de la voir débarquer, elle et son idée du Japon, très traditionnel, et la voir (ou plutôt la lire) en train de se balader habillée et maquillée en geisha dans les quartiers animés et ultra-modernes de Tokyo est très étonnant. Elle est déçue de ce Japon qui évolue si vite, et va pourtant tenter de trouver un Japon qui correspond à ses attentes mais sans jamais oublier la raison première de sa venue : retrouver son samouraï breton.

Un roman aux personnages colorés et ayant une vision traditionnelle du Japon qui vont se rencontrer et s’aimer, avant de se quitter et de s’envoler pour ce pays qui va les surprendre sur différents aspects. Une lecture agréable et amusante, comme on n’en voit pas souvent !

Ma note :
7

Les huit chiens des Satomi de Fûtarô Yamada

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Aujourd’hui, je vais vous présenter un double roman à la fois épique et littéraire : Les huit chiens des Satomi de Futaro Yamada, qui vous fera entrer dans une aventure folle de laquelle vous pourrez difficilement décrocher !

huit-chiens-de-satomi-futaro-yamada
Edition lue :
Éditeur : Philippe Picquier
Format poche publié en : 2016
Édition originale en japonais : 1983
Nombre de pages : 754
Prix : 13,00€

Un peu de contexte tout d’abord ! Kyokutei Bakin est un écrivain très prolifique des XVIIIème et XIXème siècles. Il a notamment écrit l’Histoire des huit chiens du Satomi de Nansou (Nansou Satomi Hakkenden, 南総里見八犬伝), une œuvre  impressionnante en 106 volumes, écrite pendant 28 ans, de 1814 à 1842. Et bien, dans le roman que je vous présente aujourd’hui, Fûtarô Yamada nous raconte cette célèbre histoire (en version résumée bien entendu, mais qui fait tout de même près de 800 pages), avec en parallèle, un chapitre sur deux, l’histoire de son écriture par Bakin. Un pari littéraire osé – et réussi !

« La tête tomba de la gueule de chien, roula sur le plancher puis s’immobilisa, la face tournée précisément vers les occupants de la pièce. »

 Nous avons donc d’un côté l’histoire de ces huit chiens : au début du roman, en 1458, le clan Satomi est prêt à se donner la mort pour éviter d’être assiégé. Le Seigneur du clan va offrir la main de sa fille à celui qui lui ramènera la tête de son ennemi. Désespéré, il proposera même cela à Yatsufusa (littéralement « Huit pétales »), son énorme chien qui tuera son ennemi et lui ramènera sa tête (cf. citation). Tout commence là. La fille du Seigneur, Fusehime, va se rendre compte qu’après cela Yatsufusa devient boudeur et malheureux : il avait pris les paroles du Seigneur au sérieux, et Fusehime se dit donc qu’elle se devait d’épouser ce chien pour ne pas salir la parole de son père. Après la « communion de leurs âmes » (par l’action du Saint-Esprit pourrions-nous dire), Fusehime se retrouve enceinte de son chien et elle va accoucher de 8 chiens avant de se donner la mort par éventrement. Ce seront en fait des guerriers chiens à l’apparence humaine.

« Méchant vaurien, tu as donc envie de tâter toi aussi de mon sabre ? »

Onze ans plus tard, on retrouve Shino, qui va s’avérer être le premier guerrier chien, fils de Fusehime, qui s’en rendra compte lorsqu’il apercevra une marque de pivoine sur son bras et qu’il possèdera un grain de chapelet, deux signes communs à tous ces guerriers. À partir de là, une folle aventure va se dérouler : entre tentatives de meurtres, suicides, mariages forcés, histoires de vengeances, Shino va découvrir qu’il n’est pas le seul à avoir cette marque de pivoine et ce grain de chapelet. Il va ainsi rencontrer les sept autres chiens, avec son mystérieux sabre Murasame (qu’il va lui être dérobé pendant un temps), et le plus souvent grâce à de fortes coïncidences. Son ami d’enfance va en être un, tout comme le frère de la fille qu’aime Shino ou encore un homme ayant pour mission de tuer Shino lors de sa visite chez le Shogun. Et même un petit garçon de quatre ans va s’avérer être un guerrier chien. Au fur et à mesure de sa fuite et de son périple, Shino va former son équipe avec ses nouveaux frères (qui vont se perdre et se retrouver), en ayant rapidement conscience qu’ils ont une grande mission à accomplir.

« Se mettre à imaginer un récit comme celui que vous venez de me soumettre, avec une accorte jouvencelle enceinte des œuvres d’un chien ! Je vous avouerai que, pour moi, c’est un tissu d’affabulations plus extravagantes les unes que les autres et qui font fi de la réalité historique. »

Et en parallèle de cela, un chapitre sur deux, nous suivons donc une autre aventure extraordinaire : celle de l’écriture de cette histoire des Huit chiens des Satomi. En effet, Bakin va raconter son histoire bout par bout, au même rythme que nous, lecteurs, la lisons, à Hokusai le peintre d’ukiyo-e le plus célèbre (auteur notamment de La Grande Vague de Kanagawa). Bakin souhaite durant tout le long du roman qu’Hokusai lui dessine des scènes marquantes de ses Huit chiens, mais, bien qu’Hokusai réalisera quelques esquisses après l’écoute de l’histoire, il les jettera tout de suite après et dit à Bakin qu’il ne souhaitait plus travailler avec lui de cette façon, en raison des trop fortes exigences de Bakin. Le beau-fils d’Hokusai, Shigenobu Yanagawa, va illustrer le roman de Bakin sous forte recommandation d’Hokusai, Bakin et Hokusai sachant pertinemment que son talent est bien plus faible que celui d’Hokusai.

« L’idée m’est venue de représenter le mont Fuji sous toutes ses coutures. Pour ça, j’aurai besoin de parcourir tous les pays d’où on l’aperçoit. Et les pays de ce genre, il y en a facilement cinq ou six… Car on le voit aussi depuis l’océan. »
– Hokusai, évoquant ses futures Trente-six vues du Mont Fuji

J’ai apprécié plusieurs choses dans ce roman. Tout d’abord, je l’ai aimé pour son côté épique. Il est vrai qu’en prenant le livre si imposant entre mes mains et en commençant la lecture, j’ai eu peur. Peur de rester sur le côté. Mais en réalité, j’ai été aspiré dans cette histoire et j’ai totalement accroché. On ne s’ennuie pas une seconde, ça bouge dans tous les sens. C’est peut-être un peu difficile au départ avec tous les noms différents qu’on peut avoir du mal à retenir, mais on passe vite au-dessus, et c’est que du plaisir ! Un roman épique et surprenant, il se passe des milliards de choses – et on est pris dedans, à se demander comment va être rencontré le guerrier-chien suivant et quelle mission doivent-ils accomplir ensemble. On suit aussi l’histoire de ce puissant et mystérieux sabre, et on a parfois une touche de surnaturel avec des fantômes qui reviennent dans le monde des humains pour s’unir à leur bien-aimée… Bref, c’est une histoire simplement folle et addictive.

Une autre chose qui m’a fait apprécier ce roman est bien entendu le récit de la création de cette œuvre, entretenu par les échanges de Bakin et d’Hokusai. On en apprend également beaucoup sur Bakin, sa vie, son enfance ou ses relations avec sa famille, ainsi que sur Hokusai (qui est d’ailleurs un personnage qui me fascine !) et sa façon de vivre. Cela permet à la fois de reprendre son souffle de l’action du chapitre précédent, mais également d’avoir l’avis d’Hokusai sur ce que l’on vient de lire. Il fait parfois des remarques que l’on peut se faire nous aussi en tant que lecteur en 2016, et c’est amusant. C’est aussi très intéressant et plaisant de voir Hokusai et Bakin prendre de l’âge au fur et à mesure des chapitres, cela permet de se rendre compte du temps (28 ans !) qu’a pris Bakin pour écrire son roman. S’il fallait noter un point noir, ce serait peut-être la manière dont la fin est racontée. En effet, l’auteur ne rentre plus dans les détails de l’histoire. Mais c’est à nuancer, puisqu’on a tout de même les éléments finaux de l’histoire, et on se concentre aussi sur la manière dont Bakin a terminé d’écrire son épopée, à savoir aveugle en la dictant à sa belle-fille.

C’est en bref un moment de lecture épique et intéressant que l’auteur nous propose ici, en retranscrivant la célèbre histoire des Huit chiens des Satomi ainsi que l’histoire de sa création et de son écriture. Un très bon moment grâce à un excellent roman qu’il est difficile de lâcher.

Ma note :
8

 

 

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