Flux RSS

Archives de Tag: vague

La mort, l’amour et les vagues de Yasushi Inoue

Publié le

Je vais vous parler aujourd’hui d’un court recueil de trois nouvelles d’un grand auteur japonais XXème siècle : La mort, l’amour et les vagues de Yasushi Inoue. 

mort-amour-vagues-yasushi-inoueEdition lue :
Éditeur : Philippe Picquier
Publié le : 3 février 1999
Publié au Japon en : 1950-1951
Nombre de pages : 114
Prix : 5,60€

Trois nouvelles sensiblement différentes mais qui se rejoignent sur certains points. Dans la première nouvelle éponyme, on rencontre Sugi qui a trouvé un hôtel qui surplombe la mer où il pourra mettre fin à ses jours. Il rencontrera une jeune femme qui est venue dans cet endroit avec le même but. Dans Le jardin de pierres, Uomi emmène sa nouvelle femme à Kyoto, ville où il a fait ses études et a beaucoup de souvenirs – notamment amoureux. Enfin, dans Anniversaire de mariage, Shunkichi se rappelle d’un voyage à Hakone qu’il avait fait avec sa femme aujourd’hui décédée.

« Le crépuscule tombait sur la mer calme ; un crépuscule d’été sur Kumano, comme si rien de particulier n’allait s’y passer. Pourtant une jeune femme allait sans doute cesser de vivre. Dans très peu de temps… »

Ces trois nouvelles semblent avoir un thème commun : l’amour. En réalité, il est parfois difficile de qualifier les relations qu’entretiennent ces personnages. Ma nouvelle préférée est clairement la première : elle est bien développée et j’ai vraiment eu envie de découvrir la suite et ce qu’allaient devenir ces deux personnages. Allaient-ils se suicider ? Ou leur vie allait-elle prendre une tournure différente ? Les deux autres nouvelles m’ont un peu laissé perplexe. La deuxième nouvelle est plutôt cruelle, sans raison particulière. Elle est, à mon sens, un peu abrupte et pas assez développée. Je pense un peu la même chose de la dernière nouvelle, qui nous présente un couple pingre à un point assez incroyable, et, même s’il s’agit d’un couple marié, il est presque impossible de déceler de l’amour entre eux.

« Au crépuscule, plus un seul bateau ne voguait sur le lac ; les eaux sombres, ridées de vaguelettes, semblaient glacées. Le soleil se coucha et le vent fraîchit. »

Un recueil de nouvelles pour le moins particulier, qui semble au départ nous montrer différentes histoires d’amour complexes, mais qui, finalement, nous décrit plutôt des couples qui ne semblent pas réellement s’aimer. À lire tout de même, ne serait-ce que pour la première nouvelle qui m’a beaucoup plu !

Ma note :
7

Et puis après de Kasumiko Murakami

Publié le

Je vais vous parler aujourd’hui d’un roman qui vient de paraître en France et qui traite de l’après-tsunami du 11 mars 2011.

et-puis-apres-kasumiko-murakamiEdition lue :
Éditeur : Actes Sud
Publié le : 4 mai 2016
Nombre de pages : 112
Prix : 13,80€

Le roman s’ouvre sur un puissant séisme qui surprend des pêcheurs. Ils vont remarquer que la mer se retire dans un calme inquiétant, et, pour se protéger du tsunami qu’ils sentent approcher, ils ne vont pas courir vers les terres, mais vont prendre leurs bateaux et aller vers le large. Ils vont ainsi faire preuve de courage et vont jeter l’ancre à 10km de la côte, menés par le pêcheur Yasuo que l’on va suivre tout au long du roman.

« C’était comme s’il allait se jeter dans les bras d’un assassin pour l’affronter à mains nues et il aurait été faux de dire qu’il n’était pas tenaillé par la peur. »

Après trois jours passés en mer, et une fois la vague passée, ils rentrent et découvrent le paysage défiguré de la côte… La ville est détruite des dizaines de personnes sont portées disparues et Yasuo va devoir vivre avec sa femme dans un gymnase, en attendant de pouvoir obtenir un logement provisoire. À la place de leur maison ne se trouve en effet plus rien du tout.

« Il eut le sentiment que la terre, hors de portée des humains, avait remis son destin entre les mains du diable. »

C’est un récit vraiment très intéressant. On est confronté à la mort bien entendu, notamment via le récit d’un ami de Jôkichi qui a croisé des dizaines de cadavres sur sa route, mais Et puis après n’est pas tourné uniquement vers cela. Comme son titre l’indique, il nous propose le point de vue de ce qui se passe après, une fois la vague passée, une fois les proches disparus, une fois les maisons rasées. Comment ont dû survivre les rescapés de la tsunami qui avaient tout perdu ? Quel espoir ont-ils de retrouver une vie normale ?

« Si au fil des jours aucune solution ne se présentait, à quoi cela servait-il d’être encore en vie ? »

Le personnage de Yasuo passe par des étapes qu’ont dû traverser la majorité des rescapés et en vient à ne plus savoir quoi faire de ses journées, à ne plus savoir comment s’en sortir. Et pourtant, tous souhaitent rester et ne pas quitter cet endroit qui est leur endroit. Ils pourraient tenter d’aller se reconstruire ailleurs, mais il est impossible de quitter le lieu d’où l’on vient en des temps pareils, ils restent plus que jamais attachés à cet endroit et veulent tenter de s’y reconstruire en même temps que les villes rasées se reconstruisent.

C’est un roman dur, et qui permet de se rendre compte des conditions dans lesquelles ont dû vivre les populations qui ont survécu au tsunami mais qui ont tout perdu : des proches, leurs maisons, leurs objets personnels. Un texte important qui se concentre sur l’humain avant tout et sur sa façon dont il envisage la reconstruction sur plusieurs niveaux.

Ma note :
8

%d blogueurs aiment cette page :