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Archives de Tag: zen

Monsieur Origami de Jean-Marc Ceci

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En ce samedi, je vais vous présenter un roman de la rentrée littéraire 2016, à savoir Monsieur Origami de Jean-Marc Ceci. C’est parti pour le pliage !

monsieur-origami-jean-marc-ceciEdition lue :
Éditeur : Gallimard
Publié le : 25 août 2016
Nombre de pages : 168
Prix : 15,00€

Monsieur Origami est un (très) court roman qui nous présente Maître Kurogiku, surnommé Monsieur Origami par les gens qui l’entourent. Kurogiku vit dans une ruine en Italie, après avoir quitté le Japon à l’âge de 20 ans pour retrouver une femme italienne qu’il n’avait qu’aperçue quelques secondes dans son pays. Il fabrique et vend du washi, le papier japonais traditionnel utilisé pour faire de l’origami, la passion de sa vie. Il a aujourd’hui soixante ans et n’a pas retrouvé cette femme, et vit toujours seul en Italie, jusqu’au jour où un jeune homme, Casparo, souhaitant fabriquer une montre complexe, va toquer à sa porte pour lui demander s’il peut loger chez lui.

« L’art de l’origami est un art aux règles simples. L’art de l’origami consiste à prendre une feuille de papier. Puis à la plier. »

Kurogiku va un peu s’ouvrir à Casparo et leurs conversations vont être remplies de silences, d’interrogations plus ou moins philosophiques. Il s’agit d’une lecture apaisante et globalement intéressante, puisque j’ai appris des choses sur la fabrication de ce papier si particulier et sur l’histoire de l’origami. C’est un roman à l’âme japonaise, dans le sens où la méditation a une part importante dans la vie de Kurogiku, qui pratique aussi le zazen, et les conversations des personnages n’en disent pas beaucoup et laissent une grande place à la réflexion. Même si l’esprit japonais est là, je n’ai pas été particulièrement touché par ce roman, bien trop court à mon sens, mais aussi bien trop vide. Je comprends ce que l’auteur a tenté de faire, c’est même plutôt audacieux, mais, même si c’était une lecture plutôt plaisante, j’ai eu l’impression d’être passé à côté de ce roman, moi qui suis pourtant sensible à ce genre d’écritures. Dommage.

« Un jour ou l’autre, je la retrouverai. Dans cette vie ou dans une autre. Je retrouverai la femme qui m’a fait venir ici. »

Un court roman qui tentera de vous faire pénétrer dans une atmosphère japonaise, où le vide et la réflexion qu’il engendrera auront une place plus importante que les phrases en elles-mêmes.

Ma note :
6

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Le sumo qui ne pouvait pas grossir d’Eric-Emmanuel Schmitt

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Bonjour à tous ! Aujourd’hui, je vous parle d’un court roman d’un écrivain français que je connaissais de nom, mais que je n’avais pas encore lu : Le sumo qui ne pouvait pas grossir d’Eric-Emmanuel Schmitt ! 


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Edition lue :
Éditeur : Le Livre de Poche
Publié en : 2014 (grand format : 2009)
Nombre de pages : 96
Prix : 4,90€

Jun est un garçon qui a fui sa mère et qui se retrouve dans les rues de Tokyo à vendre des pacotilles et à manger les poubelles. Mais un vieil homme, Shomintsu, qui s’avère être un entraîneur de sumo, va le croiser à maintes reprises et lui dire « Je vois un gros en toi », phrase pour le moins amusante puisque Jun n’a que la peau sur les os. Il va insister, insister, et offrir un billet à Jun pour qu’il aille voir un match de sumo. Après avoir refusé, Jun va céder et s’y rendre.

« Tokyo, quatre heures du matin… Peut-être le seul moment où la vie humaine s’offrait un répit, où la ville de goudron, de pierre, de béton dont les échangeurs routiers s’étageaient et s’enroulaient telles des lianes, redevenait une forêt où les animaux allaient boire, se nourrir. »

Contre toute attente, il va avoir une sorte de révélation : alors qu’au départ il ne voyait que des boudins, il va finit par voir des athlètes et des combattants. À partir de là, il va rejoindre l’école de Shomintsu et va tout faire pour s’engraisser et se muscler, mais ce sera plus compliqué que prévu… Et c’est là que c’est intéressant, puisque ce roman a une dimension spirituelle non négligeable. Le personnage principal va être initié au bouddhisme zen, et va découvrir qu’il ne suffit pas de manger, manger et manger pour grossir et atteindre son objectif, mais qu’il va falloir d’abord être en paix avec soi-même et affronter ses démons, qu’il avait plutôt tendance à cacher bien profondément en lui.

« Au fur et à mesure que chaque lutteur tentait d’éjecter son adversaire du cercle de jeu, je luttais, moi, contre mes préjugés, puis les éjectais un par un. »

C’est donc un roman court, mais l’évolution de Jun va être impressionnante. Il ne s’entête pas et accepte les changements qui se font en lui, au fur et à mesure qu’il découvre l’art des sumo, et qu’il se découvre lui-même. Une histoire avec une petite morale qui est très bien menée et qui n’y va pas par quatre chemins, ça m’a donné envie de découvrir d’autres romans de cet auteur, même dans un contexte non-japonais (et oui, je ne lis pas que des romans en lien avec le Japon !).

Le sumo qui ne pouvait pas grossir est en bref une lecture très plaisante, une petite histoire qui nous présente un garçon qui va apprendre à se connaître lui-même en traversant différentes épreuves et en gardant surtout l’esprit ouvert. Un très bon moment de lecture qui permet de se poser aussi des questions sur soi-même.

Ma note :
8

Je veux devenir moine zen ! de Kiyohiro Miura

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Je vais vous parler aujourd’hui d’un roman on ne peut plus japonais, qui a obtenu le Prix Akutagawa en 1988 au Japon (le plus prestigieux des prix littéraires nippons !) : il s’agit de Je veux devenir moine zen ! de Kiyohiro Miura. Dirigeons-nous de ce pas vers le temple pour que je puisse vous parler de ce roman !

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Edition lue :
Éditeur : Philippe Picquier
Sorti en : 2005
Nombre de pages : 142
Prix : 6,10€

Le titre vous dit tout : on va suivre Ryôta, jeune garçon qui a 8 ans lorsqu’il annonce à ses parents qu’il veut devenir moine zen. Pensant d’abord que c’était une simple lubie d’un garçon de son âge, les parents sont d’abord interloqués mais pensent ensuite que ça lui passera. Ryôta a développé cette envie de devenir moine grâce à son père, qui pratique le zazen (posture de méditation assise liée au bouddhisme zen) depuis l’année de naissance de son fils, qui a décidé un jour d’emmener ce dernier avec lui au temple pour ses séances de zazen.

« Le jour où mon fils m’a déclaré : « Je veux être moine ! », je suis tombé des nues. »

Pendant que son père médite au temple, Ryôta va jouer, s’amuser comme il peut. Il va être de plus en plus impatient tous les dimanches d’accompagner son père. Ryôta va devenir un élève turbulent et perturbateur au collège, qui n’arrive pas à rester en place et à se taire, ce qui est étonnant car il parvient à rester calme et silencieux tous les dimanches au temple pendant les deux heures que dure la méditation. Il ne va pas céder et l’abbesse du temple va le prendre sous son aile, pour réaliser le rêve de ce jeune garçon qui n’a pas changé depuis ses 8 ans.

« Le passage du collégien en uniforme et cheveux longs au garçon en vêtement blanc et crâne rasé est théâtral, comme au kabuki les changements de décors instantanés. »

J’ai beaucoup aimé ce petit roman, puisqu’on suit concrètement toutes les étapes qui vont amener ce jeune garçon à devenir un bonze : l’intérêt pour ce temple, le doute, l’intégration dans une école de fils de bonzes grâce à l’abbesse, le changement de nom, le rite de la rupture des liens entre l’enfant et ses parents, le déménagement vers le temple… Tout est très détaillé et on se place du point de vue des parents, ce qui rend la chose vraiment forte et touchante. La mère a beaucoup de mal à voir son fils partir si tôt, et les deux parents se sentent séparés de leur fils et démunis. Ils n’avaient visiblement pas réalisé tout ce que cela impliquait, même s’ils savent au fond d’eux que c’est la volonté de leur fils.

« Les liens qui unissent les parents et les enfants n’étaient-ils qu’une illusion ? »

C’est donc un roman qui explore les voies de l’ordination pour devenir moine zen, mais qui va également bien plus loin, notamment dans les relations parents-enfant au Japon qui donnent une réelle force à ce récit.

Ma note :
7

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