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Les Délices de Tokyo de Durian Sukegawa

Publié le

Il est temps de vous parler d’un magnifique roman, adapté en un tout aussi magnifique film sorti en France en fin janvier 2016 : Les Délices de Tokyo de Durian Sukegawa. C’est parti pour la dégustation de dorayaki !

les-délices-de-tokyo-durian-sukegawaEdition lue :
Éditeur : Albin Michel
Publié en : 2016
Édition originale en japonais : 2013
Nombre de pages : 240
Prix : 17,50€

L’histoire nous emmène à la rencontre de Sentarô, un homme qui travaille dans une petite échoppe spécialisée dans la préparation et  la vente de dorayaki, une délicieuse pâtisserie japonaise consistant en deux sortes de pancakes avec au milieu de la pâte de haricots rouges. Un jour, une vieille femme, Tokue Yoshii, s’approche de cette boutique située en face d’immenses et magnifiques cerisiers en fleur et voit l’annonce sur la vitre : Sentarô cherche en effet à embaucher quelqu’un qui pourra lui venir en aide. Refusant d’abord, à cause de son âge avancé -elle a 76 ans- et ses doigts déformés par une maladie, il finira par accepter après qu’elle lui ait fait goûter sa pâte de haricots rouges, qu’elle confectionne depuis plus de 50 ans. À partir de là, la petite boutique va rencontrer un très grand succès grâce à la délicieuse nouvelle recette et au magnifique duo formé par Sentarô et Tokue. Pourtant, cela va être de courte durée puisque Tokue a un lourd secret qui va resurgir de son passé…

« Le vent souffla. Le cerisier frémit. Des pétales entrés par la vitre entrouverte se déposèrent sur la plaque chauffante. »

Et je ne vais pas vous en dire plus ! J’ai vu le film avant de lire le roman, et je ne savais pas exactement de quoi ça allait parler : je m’attendais à une belle petite histoire parsemée de pétales de cerisiers, légère et plaisante. Et bien ça va en réalité bien plus loin que ça : c’est une histoire d’une beauté incroyable mais aussi très émouvante, de par le sujet abordé. Le film est très proche du roman, la plupart des dialogues sont les mêmes, l’action aussi. La temporalité est en revanche un peu différente (le film semble se dérouler sur une période plus courte), et c’est surtout le passé des personnages qui est plus approfondi dans le roman, et qui permet de mieux se rendre compte pourquoi nos trois personnages principaux ont un lien si fort : Sentarô, Tokue et Wakana, une jeune lycéenne qui fréquente régulièrement l’échoppe de dorayaki.

« Il s’agit de bien observer la mine des haricots azuki. De s’ouvrir à ce qu’ils ont à nous dire. C’est, par exemple, imaginer les jours de pluie et de beau temps qu’ils ont connus. Écouter l’histoire de leur voyage, des vents qui les ont portés jusqu’à nous. »

La partie sur la préparation de la pâte de haricots rouges est vraiment magnifique. Tokue est délicate, prend son temps, ce que Sentarô ne comprend pas du tout au début. Ce roman est une sublime poésie, une ode à la liberté et à la beauté, représentée par les cerisiers en fleur et la confection de ces délicieuses pâtisseries. De plus, le secret de Tokue est incroyablement fort, c’est un sujet dont on parle très peu au Japon de nos jours, mais qui a pourtant bel et bien existé, et le placer dans cette histoire est un intelligent tour de force. Le Japon a beaucoup de côtés sombres dont il n’aime pas parler, mais grâce à des œuvres comme celles-ci, on parvient à les mettre en lumière et c’est une très bonne initiative, voire même un besoin pour que le Japon puisse évoluer et apprendre de ses erreurs.

« Ce jour-là, nous avons regardé la lune ensemble. La pleine lune était visible au-dessus du cerisier devant la boutique. Mme Yoshii m’a dit, elle est belle, admirons-la ensemble… »

Ce roman est une perle. Il regroupe tout ce que j’aime dans la littérature japonaise et ce qui en fait aussi une de ses spécificités : il est d’une immense beauté, la beauté du Japon, de ses saisons, des relations entre les hommes, de la nature, de l’écriture, et il incorpore un sujet particulièrement dur, qui ne peut que nous toucher. Un roman qui m’a profondément et durablement marqué et que je conseille à tous, et pas uniquement aux amateurs de littérature japonaise.

Ma note :
9

Merci Mélissa de m’avoir offert ce livre, tu es décidément la meilleure.

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À propos de Kevin

25 ans, passionné par le Japon !

"

  1. N’y connaissant rien à la littérature japonaise mais étant friande de littérature, je suis contente d’avoir découvert ton blog. Merci pour le partage des résumés et avis. Ça me donne plein d’idées pour mes futures lectures!

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  2. Je me le note illico ! J’adore la littérature japonaise et ce roman sera un très bon moyen pour m’y remettre.

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  3. Cela me tente bien , auteur encore inconnu pour moi ….

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  4. Je suis régulièrement à la recherche de petites merveilles de ce genre depuis que j’ai fait la connaissance de Yoko Ogawa il y a quelques semaines. Je m’empresse de noter ce livre sur mes listes !

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  5. J’ai aimé ce livre mais j’ai trouvé que voir le film avant, gache un peu l’histoire, vu qu’ils sont tellement semblables. Comme vous dites, certains dialogues sont les mêmes. J’ai beaucoup aimé le film, j’ai même versé des larmes. Le livre était un peu moins touchant, mais plus délicat à mon avis. Je suis contente d’avoir découvert votre blog, car je suis passionnée de la littérature japonaise aussi. 🙂

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    • C’est vrai qu’avec le film on n’a pas de réelle surprise quand on lit le roman, mais je ne regrette pourtant pas d’avoir commencé par le film ! Et comme vous dites, le roman est plus délicat, et la poésie se fait encore plus ressentir. Merci pour votre commentaire 🙂

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  6. Je lirai avec plaisir le livre même si comme tu le dis il est semblable au film. Le film m’a fait pleurer. Dans mon cours de japonais ils étaient nombreux à l’avoir bcp aimé et certains sont même partis tout droit manger des dorayaki après. J’ai découvert la façon dont on traitait les lépreux au Japon, je n’en avait jamais entendu parler avant surtout le fait qu’ils n’avaient pas droit à une tombe, j’espère en apprendre davantage à ce sujet mais bien sûr hors de question de poster la question à mes amies japonaises….

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