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Pokéstop en vue ! (Tome 1) d’Alex Polan

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Ce samedi, je vais vous parler d’un roman pour les plus jeunes, mais également pour les fans de Pokémon, ces monstres à capturer venus tout droit du Japon. Voici le premier tome de Pokéstop en vue ! d’Alex Polan, intitulé Le voleur de Rondoudou ! Partons à la chasse aux Pokémon !

alex-polan-pokestop-en-vue-tome-1Edition lue :
Éditeur : Slalom
Publié le : 24 novembre 2016
Nombre de pages : 128
Prix : 9,90€

On va suivre dans ce roman jeunesse (à partir de 8 ans, mais j’ai 25 ans et j’ai passé un très bon moment de lecture) Ethan, 10 ans, et sa sœur Devin. Ceux-ci sont de grands fans de l’univers Pokémon, et plus particulièrement de l’application Pokémon GO, ce jeu qui a connu un succès fou à sa sortie l’été dernier. Ils ne sont pas les seuls : leurs parents sont également accros, et surtout leur père. Ils vont se balader tous les jours en famille pour attraper des Pokémon sur cette application. Et Ethan et Devin, avec leurs amis, vont vouloir aider la propriétaire d’une boutique de Donuts à attirer de nouveaux clients grâce à la folie Pokémon GO. Mais quelqu’un va lui voler ses Donuts en forme du Pokémon Rondoudou qu’elle avait préparés pour l’occasion…

Etant fan de l’univers Pokémon, surtout en ce moment avec la sortie du nouveau jeu sur Nintendo 3DS, c’est une lecture que j’ai beaucoup appréciée. J’aimais aussi beaucoup l’application Pokémon GO à sa sortie, et c’est amusant de lire un roman basé dessus. Ce qui est plaisant dans cette histoire, c’est que les avantages de Pokémon GO sont bien mis en avant et permettent de contrer toutes les critiques qu’on avait pu entendre à propos de ce jeu à sa sortie. En effet, la famille sort se promener ensemble tous les jours pour y jouer, et donc pour passer un moment ensemble. De plus, les enfants de cette histoire sont malins et veulent aider la Donuterie à mettre en place une stratégie marketing (disons les mots) pour qu’elle attire plus de clients grâce à Pokémon GO, et ça, c’est intelligent. On a également des petites touches d’humour, notamment avec le personnage du père, qui rendent ce roman vraiment agréable !

C’est un roman que je conseillerais à tous les fans de Pokémon, et surtout à ceux qui ont gardé une âme d’enfant. Je pense qu’il faut au préalable connaître le fonctionnement de Pokémon GO pour l’apprécier pleinement, même si tout y est expliqué. Un très bon moment de lecture qui m’a fait redevenir un petit garçon.

Ma note :
7

 

Journaux de voyage de Bashô

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Je vous propose aujourd’hui un petit voyage en compagnie de Matsuo Bashô, qui fait partie des grands maîtres du haiku, grâce au recueil Journaux de voyage qui vient de sortir dans une nouvelle édition. 

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Edition lue :
Éditeur : Verdier
Publié le : 28 octobre 2016
Nombre de pages : 128
Prix : 14,50€

Ce livre regroupe plusieurs notes et journaux de voyage qu’a tenus Bashô tout au long de sa vie. Il s’ouvre sur une introduction que j’ai trouvée très intéressante. On en apprend beaucoup sur l’évolution de la poésie à l’époque de Bashô et un peu avant, et on apprend également que deux tiers de l’oeuvre de Bashô était en fait de la prose. On le connait principalement pour ses haiku (haikai et hokku) et on peut découvrir ici une autre facette de ce grand maître de la poésie japonaise. L’introduction est très riche et nous donne des clés pour pouvoir mieux apprécier et comprendre les sept notes de voyage qui vont la suivre.

« Les hokku qu’il compose dans les moments d’intense émotion sont aujourd’hui encore dans la mémoire de tous les Japonais, et nombreux sont les pèlerins qui l’été partent à la recherche des derniers vestiges de ce qu’avait vu Bashô, et dont seule parfois une stèle portant un vers du poète conserve encore le souvenir, dans un paysage définitivement défiguré par la laideur industrielle. »

J’ai trouvé ces notes de voyage particulièrement géniales. Il n’y a donc pas uniquement des poèmes, une grande part est accordée à la prose, des passages dans lesquels il raconte son parcours et précise aussi les contextes d’écriture des haiku qui se glissent entre ces lignes. Et cette prose est également très poétique, on a donc l’impression de lire une poésie sous différentes formes, et le tout coule tout seul. Ce n’est pas un recueil de poèmes, ce n’est pas un récit de voyages, mais ce sont ces deux choses en même temps. On le suit dans ses voyages et on admire les paysages qu’il traverse, on suit ses aventures et les personnes qu’il croise. Un vrai petit plaisir de lecture.

« Brouillard et bruine
dissimulent le Fuji
charme de ce jour 
»

C’est un recueil à savourer, à grignoter petit à petit quand on a envie de s’évader, puisqu’en quelque sorte, on accompagne Bashô dans ses voyages et sa plume poétique nous fait découvrir de sublimes paysages et nous fait passer un moment très agréable.

Ma note :
7

 

Les Fleurs du Nord de Valérie Harvey

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Il est aujourd’hui temps de vous parler d’un roman d’une auteure québécoise sorti début novembre : Les Fleurs du Nord de Valérie Harvey. Partons ensemble à l’aventure !

les-fleurs-du-nord-valerie-harveyEdition lue :
Éditeur : Québec Amérique
Publié le : 2 novembre 2016
Nombre de pages : 549
Prix : 7,99€ en numérique ici
Disponible à la Librairie du Québec (Paris) en format papier

Le début des Fleurs du Nord nous présente Tatsuke Kagi, le dernier héritier du pouvoir du feu (il peut jeter du feu à distance grâce à son éventail), qui va combattre pour défendre le Nord du Japon (Hokkaidô). Mais, un jour, il va tomber amoureux de Midori, une femme ayant vécu l’horreur malgré son jeune âge. Tatsuke va lui apprendre à se défendre et à combattre, et la femme va faire sa place dans ce clan très fermé, avant de faire sa place dans le cœur de Tatsuke… Ils vont fonder une famille et l’on va également suivre les aventures de leur fille aînée, Aki, qui va aussi développer les pouvoirs du feu et va tenter de s’imposer dans cette société patriarcale.

« Le soleil couchant qui inondait le champ de bataille masquait le carnage en baignant les lieux d’une lumière rouge. »

Pour commencer, j’ai vraiment adoré ce roman. Il se lit merveilleusement bien, l’écriture est belle, les personnages sont bien développés, on se plonge facilement dans cette histoire qui mêle histoire du Japon et magie et on a envie de le dévorer. C’est un roman multiple : on y trouve des combats épiques, des descriptions spectaculaires (sur les flammes, la neige fondue, les saisons… on peut aisément s’imaginer le paysage dans notre tête), de la magie avec une histoire autour de celle-ci (différentes familles : celles du feu, celles du vent, celles de l’eau), deux autres éléments que je vais un peu plus développer : l’amour et la femme.

« À certains moments, on ne voit plus le regard de l’autre. C’est quand on est trop près de son visage et que les lèvres se joignent. »

L’amour. Et oui, c’est aussi un roman d’amour. Attention, je ne parle pas d’amour niais, mais plutôt de destinée, de beauté. Tout d’abord entre Tatsuke et Midori, qui vont vivre une incroyable histoire et qui ne vont jamais se quitter. Ensuite, leur fille Aki qui ne va pas vouloir passer par la case « mariage arrangée » comme c’était souvent le cas dans ce Japon ancien, et qui va briser les barrières pour s’affirmer avec l’homme qu’elle aime. Ce qui m’amène au deuxième sujet : la femme. Et plus précisément, la place de la femme à cette époque qui est aujourd’hui encore dans l’inconscient de la société japonaise contemporaine. En effet, les femmes ici ont un réel rôle à jouer et n’hésitent pas à s’affirmer pour être aussi des combattantes et pas uniquement « femme de ». Et cela donne des personnages au caractère fort et que l’on n’a pas envie de quitter.

« Pour le cœur, l’âge compte peu, et si nous connaissions la recette de ses choix, nous résoudrions plusieurs casse-têtes. »

C’est un excellent roman qui mêle à merveille un aspect de l’histoire japonaise à la magie. On prend plaisir à suivre cette famille sur plusieurs générations et à apprendre à connaître ces personnages forts, qui veulent faire bouger les choses et qui veulent combattre pour défendre les leurs. Un roman qu’on n’a pas envie de lâcher.

Ma note :
8

Radio Imagination de Seikô Itô

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Bonjour à tous. Aujourd’hui, je vais vous présenter un roman décrit comme majeur dans la littérature post-séisme et tsunami du 11 mars 2011. Branchons-nous tous sur Radio Imagination de Seikô Itô !

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Edition lue :
Éditeur : Actes Sud
Publié le : 2 novembre 2016
Publié au Japon le : 2 mars 2013
Nombre de pages : 192
Prix : 21,00€

Ce roman nous introduit le personnage de DJ Ark, qui présente son émission de radio intitulée Radio Imagination. Pourquoi s’appelle-t-elle comme ça ? Et bien tout simplement, parce qu’elle n’existe que dans l’imagination des gens. Au moment où l’on lit et écoute son émission de radio, DJ Ark est perché au sommet d’un cyprès du Japon. Il s’est retrouvé là à cause du tsunami qui a ravagé sa région et qui l’a accroché tout en haut de cet arbre, face vers le ciel. Et à partir de là, ne sachant pas tout de suite ce qui lui est arrivé, ne sachant même pas s’il est vivant, il va animer son émission de radio et recevoir des retours des auditeurs.

« Bonsoir.
Ou bon matin.
Ou peut-être bonjour.
Vous écoutez Radio Imagination.
Si l’entrée en matière est quelque peu imprécise, cela est dû au fait que cette émission est diffusée exclusivement dans votre Imagination.
»

L’émission de radio est entrecoupée de personnages qui ont entendu parler de l’histoire de l’homme en haut du cyprès qui diffuse son émission de radio. Certains aimeraient l’entendre, mais ils ne le peuvent pas, celle-ci ne se passe que dans l’imagination de certaines personnes. À partir de là, on a une superbe réflexion sur les vivants et les morts. Notamment sur la voix des morts : faut-il les écouter ? peut-on en parler aux survivants ? est-ce que les morts peuvent exister sans les vivants ? Plusieurs personnages réfléchissent à s’ils aimeraient pouvoir entendre la voix de la personne qu’ils aimaient une fois celle-ci décédée, plusieurs personnages ne croient pas au fait que l’on puisse entendre les morts ou ne veulent pas y croire. Pour cela, les discussions des vivants, leurs échanges, leurs différents points de vue, ce roman est clairement à lire. Mais pas uniquement pour cela.

« Ne faudrait-il pas prendre le temps d’écouter la voix des morts, faire notre deuil dans la tristesse, et en même temps, petit à petit, aller de l’avant ? Avec les morts. »

Mais en plus de cette réflexion particulièrement forte et intéressante, causée par cette terrible catastrophe ainsi que par d’autres passées, comme les bombes à Hiroshima et Nagasaki, le personnage de DJ Ark est vraiment touchant. On suit son émission, on a l’impression au départ, même si on a été prévenu que l’émission ne se déroulait que dans l’imagination des gens, qu’il s’agit d’une vraie émission de radio : il passe des musiques, il reçoit des messages d’auditeurs, des appels. Grâce à ces auditeurs, il comprend petit à petit ce qu’il s’est passé : le séisme, l’alerte tsunami, les vagues rasant tout sur leur passage. On comprend avec lui et on est touché lorsqu’il comprend la catastrophe qui vient de s’abattre sur le Japon. Lorsqu’il pense à son épouse dont il n’a pas de nouvelles, à son fils vivant aux Etats-Unis. Il va raconter des anecdotes sur sa vie, sa jeunesse, sa femme, il va parler, parler et encore parler, tout en écoutant les voix des auditeurs. Parler comme pour combler le terrible silence qui suit cette catastrophe. Il est dans une sorte d’entre-deux monde, en attente de quelque chose, et le sentiment que l’on ressent à la lecture de ce roman est extrêmement fort, jusqu’à la fin.

« J’ai perdu toute mémoire du passé immédiat, j’ai simplement l’impression, mais alors une impression quasi physique, d’avoir flotté au-dessus du sol, après avoir été tiré et bousculé dans tous les sens. »

Un roman à la fois original et bouleversant qui nous apporte d’autres témoignages et une autre approche du séisme et du tsunami qui ont détruit une partie de la côte Pacifique du Tôhoku. Un texte puissant porté par des personnages qui tentent de comprendre ce qui vient de se passer et qui ouvrent une réflexion particulièrement intéressante sur le rapport que l’on entretient avec les personnes décédées des suites d’une catastrophe de ce genre. À lire.

Ma note :
8

Prendre soin de son intestin de Takanori Naganuma

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Bonjour à tous ! Aujourd’hui, je ne vais pas vous parler littérature, mais je vais vous parler santé et alimentation, grâce à l’ouvrage du scientifique Takanori Naganuma : Prendre soin de son intestin !

prendre-soin-de-son-intestin-takanori-naganumaÉdition lue :
Éditeur : Belfond
Publié le : 27 octobre 2016
Nombre de pages : 160
Prix : 17,00€

En voyant cet ouvrage, je me suis dit « encore un énième livre sur l’intestin » ! En effet, depuis l’an dernier et l’immense succès du Charme discret de l’intestin de Giulia Enders, on voit fleurir les ouvrages sur ce sujet. Et pourtant, j’ai voulu lire celui-ci, puisqu’il a été écrit par un scientifique japonais, et que le sous-titre m’inspirait et m’intriguait : « La méthode japonaise pour ouvrir les voies de l’intuition, retrouver l’énergie vitale et renouer avec le moi profond ». Je n’étais pas sûr d’en parler sur le blog, mais j’ai apprécié ma lecture et j’y ai trouvé des points intéressants, donc je partage ça avec vous !

« Un repas constitué de céréales raffinées et de viande n’apporte rien en comparaison d’un repas inspiré des traditions culinaires japonaises ancestrales. »

Ce livre va vous donner quelques astuces pour retrouver le bien-être grâce à la santé de vos intestins. L’intestin est en effet le centre de notre corps, c’est lui qui va nous faire nous sentir bien et qui va avoir un réel impact sur nos émotions (jusque là, rien de nouveau si vous avez lu d’autres ouvrages sur le sujet). Le propos global est plutôt simple : il faut repenser toute notre logique d’alimentation, puisque ce que nous mangeons aujourd’hui est trop transformé et trop tourné autour de la viande. On a droit de plus à quelques petits conseils à appliquer au quotidien pour se sentir mieux dans notre corps. Mais la partie qui m’a le plus intéressé, et qui a fait que j’ai souhaité partager ce livre avec vous, c’est le deuxième chapitre sur « les repas de Musashi Miyamoto », l’un des personnages emblématiques du Japon, et des ses contemporains. En effet, à l’époque, les bushi et les samouraï étaient plus puissants, et cela était dû en très grande partie à leur alimentation. On découvre ainsi ce qui fait la différence entre l’époque Edo (1600-1868) et aujourd’hui, notamment depuis que les Japonais sont passés du riz complet au riz blanc, depuis le développement de la viande, l’apparition du pain… Et on enchaîne sur le régime japonais dont on a beaucoup à apprendre. Un sujet qui m’intéresse beaucoup et qui ne s’applique pas uniquement aux Japonais, on peut le suivre partout pour avoir des intestins plus sains, et donc une vie plus agréable.

Un livre qui nous explique comment prendre soin de ses intestins pour que l’on puisse bien se sentir dans notre corps, sur le plan physique et sur le plan spirituel. Un point de vue intéressant puisqu’il est écrit par un scientifique japonais, qui nous présente, entre autres, l’évolution de l’alimentation japonaise sur ces derniers siècles, et pourquoi il est aujourd’hui nécessaire de faire plus attention à ce qu’on mange. 

Ma note :
7

Ring de Koji Suzuki

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Aujourd’hui, je vais vous parler d’un roman de Koji Suzuki, le Stephen King japonais comme il est souvent décrit, qui a notamment été adapté en plusieurs films japonais et américains (Ring, The Ring ou Le Cercle) : il s’agit bien sûr de Ring. Il est temps de découvrir l’origine de cette histoire qui fait frissonner !

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Éditeur : Fleuve noir
Publié en : 2003
Publié au Japon en : 1991
Nombre de pages : 308
Prix : 4,99€ en numérique / Trilogie à 13,00€ chez Pocket

L’histoire, vous la connaissez peut-être déjà : on va suivre Kazuyuki Asakawa, un journaliste, qui va enquêter sur la mort mystérieuse de quatre adolescents, dont sa nièce. Ceux-ci sont en effet décédés d’un brusque arrêt du cœur le même jour à la même heure, et ont été découverts avec une expression d’horreur sur le visage. Après quelques recherches, il va atterrir dans un chalet dans lequel ces jeunes avaient passé une nuit une semaine avant de mourir et il va y découvrir une cassette vidéo. Il va avoir l’excellente idée de la regarder : des images étranges y défilent, et elle se termine par un message : tous ceux qui visionnent cette cassette mourront dans une semaine tout pile, à moins que… Une publicité a été enregistrée par-dessus la fin et Asakawa ne sait donc pas comment faire pour conjurer le sort. Il va donc devoir enquêter et faire resurgir des fantômes du passé, donc celui d’une certaine Sadako Yamamura qui est à l’origine de cette VHS…

« Ceux qui regardent ces images sont condamnés à mourir dans une semaine exactement à la même heure. Si vous ne voulez pas mourir, à partir de maintenant suivez les instructions. »

J’avais vu le premier film japonais Ring sorti en 1998 et j’en avais un bon souvenir, mais c’était il y a longtemps, et l’histoire était floue, à part cette cassette vidéo. C’était donc un réel plaisir de découvrir ce roman et de plonger dans l’histoire originelle de Sadako. Page après page, j’ai eu envie d’en découvrir toujours plus, de voir comment cela allait se finir, même si la fin laisse des points de suspension puisqu’il s’agit d’une trilogie (voire même d’une Quadrilogie au Japon avec le quatrième tome The Birthday qui contient trois courtes histoires en lien avec Ring qui, je crois, n’a pas été traduit en France). Et c’était si bon !

« À force de regarder ces images, Asakawa a l’impression d’étouffer. Il entend son cœur battre et sent la pression du sang dans ses artères. Son odorat et son sens du toucher ne sont plus les mêmes. »

J’avais envie de frissonner, et cela a été le cas lors de quelques passages : le plus réussi pour moi est lorsqu’Asakawa visionne la cassette pour la première fois. La description des images incompréhensibles qui défilent devant ses yeux est si réussie qu’on a l’impression de la voir également et que l’on peut ressentir cette sensation d’étouffement que lui-même ressent. J’aurais aimé frissonner encore plus, mais l’atmosphère de ce roman est juste incroyable, j’ai adoré, c’est très bien écrit et on plonge entièrement dedans. La vie d’autres personnages en plus d’Asakawa va de plus être mise en danger par cette cassette, ce qui rend la course contre la montre encore plus excitante. On côtoie les esprits japonais et un aspect surnaturel qui est délectable. Que vous connaissez l’histoire ou non, je vous le recommande ! Et je m’en vais de ce pas me procurer la suite pour pouvoir vous en parler dans de prochains articles !

Le roman à l’origine de l’histoire Ring, adaptée et réadaptée, qui a eu un énorme succès partout dans le monde et on comprend clairement pourquoi. On frissonne, on tourne les pages sans s’arrêter, on suit le compte à rebours et on attend le dénouement avec impatience, en bref, c’est une excellente lecture pour tous les amateurs du genre !

Ma note :
8

La Voix des vagues de Jackie Copleton

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Aujourd’hui, je vous présente un roman qui vient de paraître en France : La Voix des vagues, le premier roman particulièrement fort de Jackie Copleton, une auteure britannique ayant notamment vécu à Nagasaki.

la-voix-des-vagues-jackie-copletonÉdition lue :
Éditeur : Les Escales
Publié le: 13 octobre 2016
Nombre de pages : 304
Prix : 21,90€

Le roman s’ouvre sur Amaterasu Takahashi qui ouvre sa porte à un inconnu défiguré. Celui-ci se présente en tant qu’Hideo et prétend être son petit-fils, venu jusqu’aux Etats-Unis pour retrouver sa grand-mère. Sauf qu’Amaterasu a perdu son petit-fils et sa fille lors de l’explosion nucléaire qui a détruit la ville de Nagasaki le 9 août 1945. Elle ne va pas réussir  à croire qu’il s’agit de son petit-fils, et on va découvrir ce qu’il s’est passé ce fameux jour. L’horreur de la bombe, la destruction de la ville, les dures descriptions des victimes, les corps brûlés, les dévisagés, les plaintes de ceux qui allaient bientôt mourir, et enfin, la terrible question que lui a posée son mari en rentrant vivant à la maison ce soir-là sans être au courant de la terrible nouvelle : « Ils dorment ? » en parlant de leur fille et de leur petit-fils qui n’ont pas survécu.

« J’avais pleuré Hideo pendant trop d’années pour le croire ressuscité. »

Ce mystérieux homme qui débarque chez elle des décennies après qu’elle ait quitté Nagasaki et le Japon pour échapper aux horreurs et tenter d’oublier, va permettre à Amaterasu de justement y repenser, de repenser à son histoire, de faire revivre sa fille et son petit-fils dans son cœur. On va donc replonger dans ses souvenirs, dans sa propre enfance, puis dans l’enfance de leur fille, son adolescence, son amour qu’elle éprouvera pour une homme plus vieux que son père, puis son mariage et la naissance d’Hideo. Jusqu’à ce terrible jour pour lequel Amaterasu se sent terriblement coupable chaque jour qui passe, puisqu’elle avait donné rendez-vous à sa fille dans un endroit détruit par la bombe. Et on découvre aussi l’après, la fuite avec son mari vers les Etats-Unis, comment ils ont tenté de se reconstruire dans un pays qui n’était pas le leur, jusqu’à ce qu’Hideo apparaisse et vienne lui faire remonter tous ces souvenirs. Elle ne veut pas y croire, elle ne peut pas y croire, ça ne peut pas être lui, se dit-elle. Hideo est mort dans son cœur.

« J’eus l’impression que le cœur du monde venait d’exploser. »

C’est un roman particulièrement fort que j’ai beaucoup apprécié. L’écriture est très belle, l’histoire est touchante, et elle n’est pas uniquement concentrée sur ce terrible événement, et c’est tant mieux. Je dirais que, même si la bombe -et donc la mort- a une place énorme dans ce roman, il s’agit aussi d’un roman sur la vie, la vie d’une famille sur plusieurs générations avec tous ses secrets, la vie de couple, le premier amour… On ne sait pas si Hideo est réellement son petit-fils ou non, mais ce n’est pas l’essentiel, c’est en quelque sorte un prétexte pour Amaterasu, désormais seule, pour repenser à ses fantômes, sa fille, son petit-fils, son mari. C’est son cœur qui va devoir choisir s’il souhaite à nouveau s’ouvrir pour laisser entrer un peu d’espoir et de bonheur, ou s’il souhaite rester dans le passé, focalisé sur la souffrance qu’a causée la mort de son petit-fils.

« Avec le temps, j’ai appris à porter cette culpabilité avec légèreté de manière à ce que personne ne découvre le monstre vivant parmi eux, mais parfois, lorsque je baissais ma garde, je disais à Kenzo que je regrettais que la bombe ne m’ait pas réclamée, moi, au lieu d’elle. »

Un roman très fort qui se base sur le tragique événement de la bombe ayant rasé Nagasaki le 9 août 1945. Il nous raconte l’histoire d’une famille et la façon dont chacun de ses membres côtoie la vie, les amours, la famille, la culpabilité, la mort, mais surtout les souvenirs de ceux qui ne sont plus là.

Ma note :
8

Les évaporés de Thomas B. Reverdy

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Aujourd’hui, il sera question d’un roman on ne peut plus japonais par un romancier français : partons à la rencontre des Évaporés de Thomas B. Reverdy !

les-evapores-thomas-b-reverdy Édition lue :
Éditeur : J’ai lu
Publié en : Mai 2015 (grand format : août 2013)
Nombre de pages : 317
Prix : 7,20€

Japon, un an après la catastrophe tristement célèbre de Fukushima. Du jour au lendemain, Kazehiro, un salaryman comme il en existe des millions au Japon, décide de s’évaporer. « Je ne mettrai plus les chaussons » sera le début de lettre qu’il laissera à sa femme. À l’annonce de cette nouvelle, Yukiko, son unique fille exilée aux États-Unis depuis une dizaine d’années, décide de rentrer dans son pays natal pour retrouver la trace de son père. Elle sera accompagnée de son ex-compagnon Richard B., un détective privé et poète à ses heures perdues.

« Ici, lorsque quelqu’un disparaît, on dit simplement qu’il s’est évaporé, personne ne le recherche, ni la police parce qu’il n’y a pas de crime, ni la famille parce qu’elle est déshonorée. »

C’est à travers les différents personnages principaux que nous suivrons ce voyage fascinant au Japon. Les chapitres alternent donc entre le point de vue de Richard B., qui mène l’enquête pour retrouver l’amour perdu de Yukiko; cette dernière qui se retrouve confrontée à une crise identitaire en revenant dans le pays qui l’a vu grandir; son père Kazehiro, qui organise sa nouvelle vie d’évaporé; et enfin un mystérieux Akainu, un gamin détruit par le tsunami et qui croise la route du père de Yukiko au cœur du quartier populaire de San’ya à Tokyo.

« Richard était passionné par les probabilités. Grace aux probabilités, même un fait hautement improbable conserve une chance de se produire qu’on peut quantifier (…) Richard aimait les probabilités sans arrière-pensée. Ce qu’il aimait, c’était le miracle. »

Thomas B. Reverdy nous plonge au cœur du Japon sans fausse note, dépeint avec une véracité éclatante sans jamais tomber dans les clichés. À noter que le personnage principal, Richard, porte les traits de l’écrivain américain Richard Brautigan qui avait réellement vécu au Japon et certaines citations sont directement extraites de ses œuvres.

« Dans un roman français, ils n’auraient jamais pu retrouver son père, et, dans un roman américain, ils auraient pu le ramener chez lui. Mais c’était la fin d’une histoire japonaise. »

J’ai beaucoup aimé ce livre qui se lit facilement et qui malgré son aspect « roman policier » est aussi empreint d’une très belle philosophie ainsi que d’une bonne description de plusieurs aspects du Japon contemporain. En effet, tout en étant un roman fluide, il met en lumière deux problématiques actuelles du Japon que sont la reconstruction du Japon post-Fukushima (prise en charge minime des victimes, difficulté du deuil, sacrifice de travailleurs, investissements criminels…) et le phénomène des « évaporés », qui sont des personnes qui disparaissent du jour au lendemain de la société japonaise et se retrouvent notamment parmi la masse de travailleurs journaliers en situation précaire.

Les pages fluides de cet auteur français vous feront passer un agréable moment autour des vies croisées des différents personnages. Sans jamais tomber dans le dramatique, Thomas B. Reverdy nous montre leurs évolutions face aux catastrophes sentimentale, naturelle ou économique.

Ma note :
7

La Femme de Villon d’Osamu Dazai

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Il est temps de vous parler aujourd’hui d’une nouvelle d’un grand écrivain japonais que je n’ai pas encore mentionné sur le blog : partons ensemble à la rencontre de La Femme de Villon d’Osamu Dazai.

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Edition lue :
Éditeur : Éditions du Rocher
Publié en : Janvier 2005
Publié au Japon en : Août 1947
Nombre de pages : 65
Prix : 8,70€

Dans cette nouvelle d’une soixantaine de pages, on va rencontrer M. Ôtani, un poète à succès de 30 ans, mais qui est aussi alcoolique. Mais, comme le titre de la nouvelle l’indique, c’est sa femme qui va être au centre de cette histoire. Elle va recevoir un soir la visite d’un couple propriétaire d’un restaurant qui a suivi son mari. Ils réclament l’argent qu’il leur a volé ainsi que toutes les notes qu’il n’a pas payées quand il va boire chez eux. La femme, connaissant très bien son mari, n’est pas surprise et va réfléchir à une façon de pouvoir rembourser ce couple.

« C’est aux alentours de trente ans qu’un homme est le plus impétueux et qu’il supporte le mieux l’alcool, pourtant, à ce point-là, c’est rare. »

J’étais curieux de découvrir cette nouvelle, puisqu’Osamu Dazai m’avait ébloui avec son roman La Déchéance d’un homme. C’était une lecture plutôt plaisante, surtout grâce à la personnalité de cette femme, qui n’a que vingt-six ans et qui rend la nouvelle intéressante. Même si la nouvelle n’est pas mémorable, la vie de cette femme, et ses choix, malgré un mari qui ne la mérite pas, vont la rendre sympathique et la rendre aussi active, ce qui vaut le coup d’être souligné puisque dans la littérature japonaise, surtout à cette époque, la femme est représentée en tant qu’être passif qui doit supporter tout ce que son mari lui inflige. Ceci dit, je pense que cette nouvelle aurait pu être plus développée et devenir un roman. Il est rare que je pense cela des nouvelles, en général, elles sont courtes pour une raison, mais là, j’aurais adoré en découvrir plus sur cette femme et son histoire.

Une nouvelle qui se lit plutôt bien et qui est intéressante grâce à cette jeune femme, qui ne va pas se laisser abattre par le caractère de son mari et qui va trouver une façon à elle de lui venir en aide… ou de trouver le bonheur.

Ma note :
6

La Kube : la box littéraire qui voyage jusqu’au Japon !

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Bonjour à tous ! Un article un peu particulier en ce samedi, puisque je ne vais pas vous présenter un roman mais une box littéraire qui m’est parvenue jusqu’à chez moi, au Japon : la Kube !


Qu’est-ce que la Kube ? Et bien il s’agit d’une box littéraire sur-mesure contenant un livre sélectionné pour vous par un(e) libraire ainsi que plusieurs goodies !

Et ce qui est génial, c’est que l’on peut choisir le genre de livre que l’on veut selon notre envie du moment : science-fiction, romance, young adult… bref, on peut détailler ce qu’on a envie de lire, ce qu’on a envie de ressentir, ce qu’on a envie de vivre – et les libraires partenaires s’occupent du reste ! Il est possible de connaître le nom du livre choisi avant l’envoi pour être sûr que l’on ne l’a pas, en plus de pouvoir ajouter sur le site notre bibliothèque ! Si l’on souhaite garder le mystère, l’équipe (très sympathique d’ailleurs) de la Kube vous échange le livre si celui-ci ne vous convient pas !

Voici donc en image la Kube du mois d’août que j’ai reçue aujourd’hui même !


On trouve donc à l’intérieur des goodies, et ce mois-ci se trouvaient le crayon littéraire de la Kube, la préface Kube, une carte postale, les 50 premières pages du roman Watership Down de Richard Adams avec le marque-page qui va avec, ainsi qu’un thé littéraire qui a l’air delicieux et le carnet d’émotions que je trouve simplement génial et dont vous trouverez le fonctionnement ci-dessous.

Et bien sûr, le livre mystère ! J’avais demandé un roman d’un auteur japonais ou en lien avec le Japon, et un roman qui me marquerait. Et ma demande a été respectée ! C’est ça que j’adore : vous pouvez préciser ce que vous voulez (de la littérature japonaise par exemple si mon blog ne vous suffit pas, ou tout autre genre de littérature) et un libraire réfléchira à votre demande et fera de son mieux pour vous satisfaire. Un bonheur !

Et le livre en question est… Alors Belka, tu n’aboie plus ? d’Hideo Furukawa ! Accompagné d’un très joli marque-page Kube. J’ai hâte de le lire, la quatrième de couverture me fait très envie, et j’en ferai évidemment un article sur le blog une fois lu. On a de plus, une petite carte intitulée « le mot de votre libraire, avec une photo du libraire qui a choisi notre livre, son prénom, sa librairie et un petit mot. Je remercie donc Aurélia de la librairie L’Oeil au Vert (Paris) !


En bref, la Kube c’est une box littéraire totalement sur-mesure selon vos envies de lecture. Quand on la reçoit, c’est un peu Noël, on découvre tout ce qu’il y a à l’intérieur, le livre, les goodies, c’est une belle sensation ! En plus de la France, ils livrent un peu partout dans le monde (si votre pays n’est pas dans la liste, écrivez-leur et ils feront leur possible pour l’ajouter) y compris au Japon où je suis en ce moment ! Quand on est dans un pays non-francophone, il peut être très difficile de se procurer des livres physiques en français, et ça rend l’expérience encore plus agréable. 

N’hésitez donc pas à visiter leur site et, pourquoi pas, à craquer :
www.lakube.com 

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