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Nos mondes i-maginés de Tetsuya Sano

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Je vous présente aujourd’hui un light novel qui vient de paraître en France : voici Nos mondes i-maginés de Tetsuya Sano.

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Détails :
Éditeur : Akata Editions
Publié le : 26 août 2021
Traduction : Diane Durocher
Publié au Japon le : 25 octobre 2017
Nombre de pages : 192
Prix : 14,99€

Kôhei est un lycéen en deuil. Il a en effet récemment perdu Yoshino, une amie avec laquelle il était très proche. Tous deux écrivaient, et Yoshino avait rencontré le succès en publiant son premier roman alors qu’elle n’était qu’au collège. Après le décès de son amie, Kôhei continue à lui envoyer des e-mails, en partageant ses pensées au quotidien. Un jour, une nouvelle élève de son lycée, Mashino, va se rapprocher de lui et porter un certain intérêt pour sa relation avec Yoshino, qu’elle connaissait également. Peu de temps après, Kôhei va également recevoir des réponses à ses e-mails qu’il adressait à Yoshino… Se pourrait-il qu’elle ait trouvé le moyen de communiquer depuis l’au-delà ?

« Des mails à une défunte, qui ne parvenaient plus à destination. Ma façon de m’évader d’une réalité étriquée. »

Nos mondes i-maginés est un roman touchant qui place au centre de son histoire le deuil d’un lycéen. C’est un point de vue très intéressant : ce jeune homme tente de surmonter le décès soudain d’une amie qui lui était chère, avec les outils qu’il a à sa disposition. Tous deux ont une relation particulière à l’écriture, et c’est aussi un élément qui m’a fait apprécier ce roman, au point que j’ai parfois oublié qu’il était question de deux très jeunes personnages (même si la translation le fait bien ressentir).

« Si Yoshino était vraiment en vie dans un autre monde… alors c’était lui, le véritable monde. Celui où je vivais n’en était qu’une pâle copie. »

La relation entre Kôhei et Yoshino m’a beaucoup plu – ils ont une relation très intéressante, qui tourne surtout autour de l’écriture, même si cela va parfois plus loin. La deuxième partie du roman se concentre sur la relation entre Kôhei et sa nouvelle camarade Mashino, et, même si cette partie m’a légèrement moins accroché que la première moitié, j’ai aimé découvrir cette relation naissante entre deux jeunes qui tentent de vivre un été sans définir leurs sentiments mais en se laissant porter par la réalité et par l’idée qu’ils s’en font à travers la fiction.

Un roman touchant et profond, qui se concentre sur le deuil d’un lycéen mais sans se limiter à cela. On voyage aussi entre passé et présent, ainsi qu’entre réalité et fiction et entre le lien qui existe entre ces deux mondes.

Ma note :
7

Sémi d’Aki Shimazaki

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Retrouvons Aki Shimazaki pour son dernier roman en date : Sémi.

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Edition lue :
Éditeur : Actes Sud
Publié le : 5 mai 2021
Nombre de pages : 160
Prix : 15,00€

Tetsuo et Fujiko sont les deux personnages principaux de ce roman fort en émotions. Ils sont mariés depuis plus de quarante ans, mais un jour, Fujiko se réveille dans leur chambre en maison de retraite, et ne reconnaît pas son mari. Le verdict tombe : Fujiko souffre d’alzheimer.  De là, Tetsuo va tout faire pour tenter de continuer à vivre avec celle qu’il aime, en évitant pourtant de la brusquer au quotidien.

« J’étais préparé à ce qu’un jour Fujiko ne me reconnaisse plus, mas je n’imaginais pas redevenir son fiancé. A-t-elle vraiment perdu tout souvenir de notre mariage ? »

Sémi est le deuxième roman du nouveau cycle d’Aki Shimazaki, après Suzuran. Si ce n’est pas votre premier roman de cette auteure, vous savez que les romans sont liés entre eux ; ici, Tetsuo et Fujiko sont en fait les parents d’Anzu et Kyôko, les deux soeurs du roman précédent. Le thème d’alzheimer est quelque chose de très fort et je trouve qu’Aki Shimazaki le développe ici à la perfection.

« Notre vie d’un demi-siècle, où a-t-elle disparu ? »

En effet, on suit Tetsuo qui va redevenir le fiancé de Fujiko et non plus son mari, et qui va tout faire pour la protéger à tout prix. J’en ai également appris beaucoup sur cette terrible maladie ; Tetsuo ne doit en effet pas contredire sa femme, maus au contraire tenter de construire une nouvelle relation en partant de zéro. Et c’est ce qu’ils vont faire, et c’est très beau… mais c’est sans compter sur Aki Shimazaki qui va aussi faire remonter à la surface des souvenirs que Fujiko avait enfouis dans sa mémoire…

Un thème fort et touchant pour un roman très réussi. Aki Shimazaki explore une fois encore avec brio les relations familiales et les secrets sur lesquelles elles se construisent…

Ma note :

L’Architecture naturelle de Kengo Kuma

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Unir l’homme et la nature : voilà un beau projet que tente d’appliquer Kengo Kuma à travers L’Architecture naturelle.

Edition lue :
Éditeur : Arléa
Publié en : Octobre 2020
Traduction : Catherine Cadou & Chizuko Kawarada
Publié au Japon en : 2008
Nombre de pages : 208
Prix : 15,00€

Kengo Kuma est l’un des architectes japonais les plus renommés – et dans ce livre, on comprend pourquoi. Il est divisé en huit chapitres, chacun nous présentant une réalisation de l’architecte, toujours en innovant et en incluant et respectant la nature. Que ce soit la pierre, le bambou, de la terre séchée au soleil ou encore le papier japonais, on découvre avec plaisir ses différentes réalisations utilisant différents matériaux parfois très surprenants.

« Il est vrai que les matériaux naturels ont pleins de défauts. Ils se déchirent, ils pourrissent, ils se cassent. Leur précarité même fait leur charme car, emplissant l’espace de leur fragilité, ils nous apaisent. »

Je n’ai pas de grandes connaissances en architecture, mais je dois dire que j’ai passé un bon moment avec ce livre. J’ai aimé découvrir les différentes réalisations de Kengo Kuma, lire comment elles ont été pensées puis créées, voir en image dans le livre ou sur une recherche Google lorsque j’étais intéressé. Toutefois, il s’agit d’un livre technique et pratique, ce qui m’a parfois un peu déboussolé, mais pas tellement dérangé, dans le sens où je me suis concentré sur les points et les parties qui m’intéressaient.

« Quelle que soit la passion de l’architecte, quel que soit son enthousiasme, il faut que le commanditaire les partage pour que nous ayons une chance de réussir. »

Un livre passionnant pour découvrir les réalisations d’un grand architecte japonais qui travaille étroitement avec la nature. Je conseillerais surtout cet ouvrage aux personnes qui ont déjà un certain intérêt pour l’architecture, même s’il se lit sans problèmes.

Ma note :

Godzilla de Shigeru Kayama

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Tout le monde connaît Godzilla, mais connaissez-vous ses débuts ? Les voici avec ce livre, « Godzilla » de Shigeru Kayama.

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Edition lue :
Éditeur : Ynnis Editions
Publié le : 12 mai 2021
Traduction : Sarah Boivineau, Yacine Youhat
Publié au Japon en : Octobre 1954
Nombre de pages : 280
Prix : 14,95€

En voilà un livre intéressant ! J’ai toujours été très curieux et attiré par les histoires mettant en scène Godzilla, mais je ne connaissais pas vraiment ses origines avant de lire ce livre. Il contient deux histoires, Godzilla : chapitre de Tokyo (à l’origine du premier film Godzilla en 1954) et Le retour de Godzilla (qui a inspiré le film du même nom sorti en 1955). Dans la première histoire, on suit plusieurs bateaux qui vont disparaître en mer jusqu’à ce qu’apparaisse l’immense créature mythique qu’est Godzilla, réveillée par des essais nucléaires et dont le corps semble avoir un taux de radioactivité très élevé. De là, nous suivons plusieurs personnages qui vont voir Tokyo être détruite, et qui vont tenter de trouver une solution pour éliminer définitement Godzilla… qui, bien sûr, n’a pas dit son dernier mot – sinon il n’y aurait pas une deuxième histoire dans ce livre (et plus d’une trentaine de films au cinéma).

« Brusquement, une immense lumière d’un blanc incandescent recouvrit toute la surface de la mer, un rugissement s’éleva, l’eau se mit à former un tourbillon géant, et avant même que les soldats n’eussent le temps de pousser un cri, le bateau tout entier se retrouva enveloppé dans d’étranges flammes. »

Tout d’abord, je tiens à noter la qualité de la traduction dans ces deux textes. J’avoue m’être attendu à une écriture un peu brouillon, mais en réalité le texte est d’une grande qualité littéraire et un réel plaisir à lire. Ensuite, ces deux histoires m’ont beaucoup plu, ainsi que la façon dont elles évoluent. On suit plusieurs personnages qui vont être liés et, étonnement, on s’attache à eux et à leurs relations, au milieu de cette catastrophe. Outre les scènes de destruction et d’attaques, de nombreuses questions sont aussi posées : faut-il se débarraser de Godzilla ou l’épargner et l’étudier ? Comment penserait une organisation de soutien à cette créature intrigante ? Quelles armes avons-nous à notre disposition en cas d’une telle menace ? Et tout cela fait de ces histoires un livre que je conseille fortement et qui plaira sans doute à ceux qui s’intéressent à Godzilla mais également à ceux qui ne le connaissent que de loin.

« Est-il vraiment possible qu’un monstre aussi titanesque existe quelque part sur cette planète ? »

Deux histoires mettant en scène la créature la plus emblématique du Japon, et les actions, qui semblent limitées, des hommes face à ces terribles attaques. Un livre sur la destruction, mais aussi un livre extrêmement humain.

Ma note :

Deux amours cruelles de Junichirô Tanizaki

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Je vous parle aujourd’hui de deux nouvelles d’un grand auteur de la littérature japonaise. Voici Deux amours cruelles de Junichirô Tanizaki.

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Détails :
Éditeur : Stock
Première publication en : 1960
Réédition format poche le : 25 septembre 2002
Traduction : Kikou Yamata
Publié au Japon en : 1932-1933
Nombre de pages : 180
Prix : 7.65€

C’est donc deux nouvelles que nous découvrons dans ce livre. La première nous narre la relation entre Shunkin, une fille d’une famille aisée qui a perdu la vue à l’âge de 9 ans, et Sasuke, son guide attitré depuis que Shunkin est enfant. La seconde nouvelle nous présente Oyu, une jeune veuve ne pouvant se marier, dont la soeur va épouser l’homme qu’elle aime. Deux histoires d’amour très différentes, mais toutes deux, effectivement, très cruelles.

« De ses yeux aux paupières fermées émanaient plus de charme et de grâce que des yeux bien ouverts de ses soeurs. »

Voilà un recueil typiquement japonais ! La première nouvelle est intéressante, mais la relation entre les deux personnages principaux est parfois difficile à lire. Shunkin en va jusqu’à frapper son serviteur jusqu’à le faire pleurer, lorsqu’elle lui enseigne à jouer du shamisen. Cruauté et violence, donc ! Elle est un personnage plutôt détestable, et je me suis demandé si l’on pouvait vraiment parler d’histoire d’amour…

« Dès l’instant où mon regard se posa sur Oyu-sama, je sus qu’elle était la femme dont je rêvais. »

La deuxième nouvelle m’a beaucoup plu. Le début est un peu long, on prend beaucoup de temps à entrer dans le récit en question, mais on comprend pourquoi à la fin. J’ai notamment bien apprécié les descriptions d’Oyu et de sa beauté, ainsi que l’histoire. Ce triangle amoureux qui n’en est pas vraiment un ou encore ce couple marié qui ne s’est marié que pour tromper la vraie relation font de cette histoire une excellente nouvelle.

Deux visions de l’amour comme nous n’avons pas vraiment l’habitude d’en voir ou d’en lire en Occident. Cruauté, mais aussi pudeur, définissent ces relations qui ont marqué la vie de ceux qui les ont vécues.

Ma note :
7

Les Terriens de Sayaka Murata

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Après Konbini, Sayaka Murata est de retour en français avec Les Terriens. Je vous en parle dans cet article.

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Edition lue :
Éditeur : Denoël
Publié le : 12 mai 2021
Traduction : Mathilde Tamae-Bouhon
Publié au Japon en : Août 2018
Nombre de pages : 256
Prix : 20,00€

Natsuki est une jeune fille qui se réjouit chaque été de retrouver sa famille à la montagne, et surtout son cousin Yû. Elle lui confie qu’elle est une magical girl, et lui qu’il est un extraterrestre à la recherche de son vaisseau. Il est clair qu’ils ont du mal à comprendre la société et le monde des adultes, et c’est cela qui va les rapprocher. Jusqu’à ce qu’ils ne se rapprochent trop et que leur famille fasse tout pour les séparer.

« Quoi qu’il arrive, on doit survivre. »

Après Konbini, qui était un roman qui m’avait particulièrement marqué, Sayaka Murata va ici encore plus loin. On retrouve le thème de la difficulté à trouver sa place dans la société japonaise; en tant qu’enfant, mais aussi en tant qu’adulte, puisque le roman est divisée en deux parties. Mais cette fois-ci, l’auteure ne s’arrête pas là.

« Avoir une poubelle dans une maison, c’est pratique. Chez nous, ce rôle m’a été attribué. Lorsque mon père, ma mère ou ma soeur ne peuvent plus supporter ce qu’ils ressentent, ils s’en débarrassent sur moi, tout simplement. »

En effet, j’ai beaucoup aimé le début du roman -la relation entre les cousins et leurs étés en famille, le chant des cigales, la célébration des ancêtres et tout ce qui se déroule autour de ces moments-, mais on arrive rapidement dans une partie bien plus sombre. En bref, puisque je pense qu’il est important d’être avertis avant de commencer cette lecture, les thèmes de l’inceste, du viol ou encore du suicide sont ouvertement développés. Des thèmes difficiles, qui sont d’ailleurs rarement traités dans la littérature japonaise (du moins de cette façon) qui rendent le roman parfois difficile à lire, même si j’ai été pris dans cette histoire.

Un roman abordant des thèmes difficiles, mais nécessaires. Sayaka Murata parvient une fois encore à nous montrer une facette de la société japonaise que beaucoup refusent de voir et donne une voix à ces personnes qui ne rentrent pas dans le moule. 

Ma note :
7

Au prochain arrêt d’Hiro Arikawa

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Après les excellentes Mémoires d’un chat, Hiro Arikawa est de retour en français avec Au prochain arrêt.

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Edition lue :
Éditeur : Actes Sud
Publié le : 5 mai 2021
Traduction : Sophie Refle
Publié au Japon en : Janvier 2008
Nombre de pages : 192
Prix : 18,50€

Nous embarquons avec Hiro Arikawa sur la ligne de train Hankyu Imazu (dans la région du Kansai). Huit arrêts composent cette ligne – et chaque chapitre nous transporte jusqu’à l’arrêt suivant, jusqu’à ce que nous arrivons au terminal et que le train reparte en sens inverse. Chaque chapitre nous présente différents personnages qui vont se croiser, qui vont pour certains créer des liens, et qui vont parfois aller jusqu’à changer la vie d’autres passagers.

« Dans ce hall, ils pressent tous le pas, qu’ils voyagent seuls, avec des petits amis ou des amis tout court, en famille, pour le travail ou pour le plaisir. Ils sont les seuls à savoir ce à quoi ils pensent en le traversant. »

Hiro Arikawa est de ces auteurs qui font du bien. J’ai encore une fois pris un grand plaisir à lire ce roman, en ayant lu d’ailleurs quelques passages dans le train japonais, et à suivre nos différents personnages qui ont tous une chose en commun : cette ligne de train qu’ils vont partager pour quelques minutes. De Shôko, qui revient d’un mariage où elle a pu se venger à sa façon, à Misa qui va devoir faire un choix face à son violent petit-ami ou encore Masashi qui va rencontrer une femme avec qui il partage une passion pour les bons livres, tous ces personnages montent dans ce train avec leurs bagages personnels qui peuvent parfois être lourds à porter seuls.

« Quels récits habitaient ses passagers ? Ils étaient les seuls à le savoir. Le train se lança avec sa cargaison d’histoires sur son parcours qui n’était pas infini. »

J’ai également beaucoup aimé les détails des petites gares qui se trouvent entre de grandes gares animées qui sont fréquentées par des milliers de personnes chaque jour, en plus des tranches de vie des passagers – qui n’a jamais regardé autour de soi dans le train en tentant de s’imaginer la vie des autres passagers ? Même si je doute qu’en réalité beaucoup de Japonais soient prêts à adresser la parole à leurs voisins de train, c’est un très beau et touchant roman que nous offre Hiro Arikawa.

Un voyage en train, des passagers qui vont se croiser et se recroiser pour la plupart, des vies changées, pour un agréable moment de lecture qui, gare après gare, nous réchauffe le coeur. 

Ma note :

Le Fantôme de Suzuko de Vincent Brault

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Je vous propose aujourd’hui un roman d’un auteur québécois : voici « Le Fantôme de Suzuko » de Vincent Brault.

Edition lue :
Éditeur : Editions Héliotrope
Publié le : 17 février 2021
Nombre de pages : 204

Nous rencontrons dans ce roman Vincent, de retour au Japon. On apprend qu’il aimait Suzuko. Suzuko, cette artiste plutôt excentrique que tout le monde semblait connaître. Celle-ci étant récemment décédée, Vincent va tenter de survivre au milieu de ses souvenirs et des moments qu’il a passés avec la femme qu’il aimait. On découvre donc le début de sa relation avec Suzuko, son côté loufoque, et on comprend pourquoi Vincent a du mal à tourner la page, surtout alors qu’il vit dans l’appartement qu’il avait partagé avec Suzuko et qu’il est entouré d’amis de l’artiste qui semblent également vivre avec son fantôme.

« Je roule lentement dans la rue et sur les trottoirs, j’observe, je regarde, je scrute, c’est plus fort que moi, je me dis que Suzuko finira bien par apparaître au coin d’une rue. »

Un court roman légèrement déroutant, principalement à cause de l’écriture. On entre directement dans un texte saccadé, des phrases courtes, parfois incomplètes… Je n’étais pas sûr d’apprécier au départ, mais finalement le style colle bien à l’histoire et à son rythme. Pour un court roman, cela ne dérange pas tellement. Quant à l’histoire, j’ai beaucoup aimé le fait qu’on soit plongé dans le milieu bien loufoque de l’art contemporain tokyoïte. Le personnage de Suzuko, qui est clairement au centre de ce roman, apporte une touche de folie, de fraîcheur, et on prend un réel plaisir à apprendre à connaître celle qui n’est plus, et qui était parvenue à faire de sa vie une réelle performance artistique. 

« Je me sens perdu, seul, désemparé. Des tonnes d’impressions. Par à-coups. Des phrases les unes après les autres. Syncopées. Son nom souvent. Son nom partout. Dans chaque mot. Dans chaque paysage. »

En un mot, Le Fantôme de Suzuko est un roman unique. Des personnages pour le moins intéressants, une plume qui intrigue (ajoutons à cela que l’auteur est québecois) et un décor original pour un roman différent de tout ce que j’ai pu lire jusqu’à présent.

Ma note :

Lune de papier de Mitsuyo Kakuta

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C’est un roman récemment traduit en français dont je veux vous parler aujourd’hui ! Voici Lune de papier de Mitsuyo Kakuta.

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Edition lue :
Éditeur : Actes Sud
Publié le : 7 avril 2021
Traduction : Sophie Refle
Publié au Japon en : Février 2012
Nombre de pages : 336
Prix : 22,00€

On suit dans ce roman Rika, femme au foyer qui se sent dévalorisée, qui va commencer à travailler en tant que responsable de clientèle dans une banque. D’abord à temps partiel, puis à temps plein, elle va évoluer dans ce nouvel environnement tout en continuant de subir des remarquantes humiliantes de la part de son mari qui veut garder la main et rester le mâle dominant sans qui sa femme n’est rien. Cela va changer lorsque Rika commence à détourner de l’argent que ses clients lui remettent. De là l’engrenage va se mettre en route… alors qu’elle croit possible qu’elle va pouvoir rembourser les clients qu’elle a trompés tout au long du roman (et c’est aussi ça qui est fou !!).

« Elle avait le sentiment d’avoir enfin trouvé la liberté. Sans aucune culpabilité ou la moindre inquiétude, elle savoura seule sur ce quai désert le plaisir de cette toute-puissance qu’elle ne s’expliquait pas. »

Un roman qui m’a tenu en haleine tout le long et qui est très intéressant pour plusieurs raisons. J’ai beaucoup apprécié suivre Rika tout au long de sa réflexion, de découvrir le moment où le déclic se fait et où elle se rend compte qu’elle manipule chaque jour des centaines de milliers de yens qui peuvent être dépensés très (trop ?) facilement dans cette terrible société de consommation japonaise (les prix exorbitants de certains endroits constituent un mystère énorme pour moi, tout comme lorsque je vois régulièrement des jeunes étudiants, voire lycéens, porter des vêtements ou des sacs de marques de luxe…). Découvrir les détails de ce qui a poussé cette femme pourtant normale à passer de l’autre côté de la loi, ce qu’elle ressent à chaque étape, sont des éléments qui m’ont totalement conquis.

« Rika avait vraiment l’intention de rendre à ses clients l’argent qu’elle leur avait « emprunté ». Elle ne doutait pas non plus que cela soit possible. »

Un autre point intéressant est que l’on suit en parallèle d’autres personnages qui ont connu Rika de près ou de loin, pour la plupart plusieurs années auparavant. On participe ainsi à de petits passages de leur vie, et on prend note de leurs réactions et de leurs réflexions lorsqu’ils apprennent ce qu’a fait Rika. Comment en est-elle arrivée là ? Que fait-elle avec tout cet argent ? Que se passe-t-il dans son esprit ? Alors qu’ils tentent eux-mêmes de survivre tant bien que mal dans une société complexe, on peut penser qu’un rien suffit pour qu’eux aussi tombent dans un mode de vie basé dans l’illégalité.

De femme au foyer à détourneuse de fonds, rencontre avec une femme dont la vie va basculer dans ce roman qu’il est extrêmement difficile de lâcher.

Ma note :

Komorebi de Roger Raynal

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C’est un excellent recueil de nouvelles que je vous propose aujourd’hui : Komorebi de Roger Raynal.

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Détails :
Éditeur : Editions de la Rémanence
Publié le : 3 février 2021
Nombre de pages : 132
Prix : 12,00€ (physique) / 4,99€ (numérique)

Dans ce recueil de nouvelles, Roger Raynal nous parle du sentiment amoureux à travers sept histoires qui se déroulent au Japon. Sept nouvelles très différentes les unes des autres, écrites d’une plume magnifique et poétique qui va droit au cœur du lecteur. Moi qui suis un grand fan de nouvelles en littérature japonaise, je dois dire que j’ai pris un immense plaisir à découvrir ce recueil. J’étais déchiré entre une lecture sans m’arrêter, et une lecture en prenant le temps. J’ai finalement opté pour la deuxième option, en ne savourant qu’une ou deux nouvelles par jour pour faire durer le plaisir.

« Dans cette nuit commençante, je respirai son odeur, son parfum, âpre, lourd, sensuel. Il rappelait la terre, l’humus, la réalité du monde, mais aussi la promesse d’un printemps, lorsque l’on retourne la terre ou que l’on repique le riz. »

Si j’avais à choisir mes nouvelles préférées, je dirais que ce sont celles qui m’ont le plus touché. Il y a tout d’abord Lettre à l’absente, qui ouvre ce recueil d’une sublime façon. On suit ici deux personnages qui vont tenter de découvrir et d’exprimer leurs sentiments en suivant le son qui résonne dans leurs coeurs. Une nouvelle très poétique, entrecoupée d’haiku qui accentuent la beauté de ce texte. Enfin, j’ai beaucoup apprécié Première étreinte, une nouvelle où l’on suit un garçon et une fille d’une quinzaine d’années, chacun de leur côté, du réveil jusqu’au moment où ils vont pouvoir se voir et s’aimer, même si cela ne dure que quelques secondes. Mention spéciale également pour Le Doigt, une nouvelle censée avoir été écrite par l’un des personnages d’un roman de Mishima (ou comment me faire apprécier un texte) ainsi que pour La Joueuse de Shamisen, nouvelle qui m’a beaucoup fait penser au Pavillon d’Or (de Mishima, là aussi).

« Ce jeune homme possédait une âme d’artiste, ce qui me ravissait et m’attristait à la fois. Chez lui, la beauté était toujours présente et s’écoulait naturellement de son corps, alors que je devais la créer de moi-même, en m’inspirant d’un idéal qui me resterait à jamais étranger. »

Un recueil de nouvelles époustouflant, qui nous emmène au plus profond du coeur de multiples personnages qui ne souhaitent qu’une seule chose : aimer et être aimés, si possible avec passion puisqu’on ne sait pas de quoi demain sera fait.

Ma note :
9

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