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La Kube : la box littéraire qui voyage jusqu’au Japon !

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Bonjour à tous ! Un article un peu particulier en ce samedi, puisque je ne vais pas vous présenter un roman mais une box littéraire qui m’est parvenue jusqu’à chez moi, au Japon : la Kube !


Qu’est-ce que la Kube ? Et bien il s’agit d’une box littéraire sur-mesure contenant un livre sélectionné pour vous par un(e) libraire ainsi que plusieurs goodies !

Et ce qui est génial, c’est que l’on peut choisir le genre de livre que l’on veut selon notre envie du moment : science-fiction, romance, young adult… bref, on peut détailler ce qu’on a envie de lire, ce qu’on a envie de ressentir, ce qu’on a envie de vivre – et les libraires partenaires s’occupent du reste ! Il est possible de connaître le nom du livre choisi avant l’envoi pour être sûr que l’on ne l’a pas, en plus de pouvoir ajouter sur le site notre bibliothèque ! Si l’on souhaite garder le mystère, l’équipe (très sympathique d’ailleurs) de la Kube vous échange le livre si celui-ci ne vous convient pas !

Voici donc en image la Kube du mois d’août que j’ai reçue aujourd’hui même !


On trouve donc à l’intérieur des goodies, et ce mois-ci se trouvaient le crayon littéraire de la Kube, la préface Kube, une carte postale, les 50 premières pages du roman Watership Down de Richard Adams avec le marque-page qui va avec, ainsi qu’un thé littéraire qui a l’air delicieux et le carnet d’émotions que je trouve simplement génial et dont vous trouverez le fonctionnement ci-dessous.

Et bien sûr, le livre mystère ! J’avais demandé un roman d’un auteur japonais ou en lien avec le Japon, et un roman qui me marquerait. Et ma demande a été respectée ! C’est ça que j’adore : vous pouvez préciser ce que vous voulez (de la littérature japonaise par exemple si mon blog ne vous suffit pas, ou tout autre genre de littérature) et un libraire réfléchira à votre demande et fera de son mieux pour vous satisfaire. Un bonheur !

Et le livre en question est… Alors Belka, tu n’aboie plus ? d’Hideo Furukawa ! Accompagné d’un très joli marque-page Kube. J’ai hâte de le lire, la quatrième de couverture me fait très envie, et j’en ferai évidemment un article sur le blog une fois lu. On a de plus, une petite carte intitulée « le mot de votre libraire, avec une photo du libraire qui a choisi notre livre, son prénom, sa librairie et un petit mot. Je remercie donc Aurélia de la librairie L’Oeil au Vert (Paris) !


En bref, la Kube c’est une box littéraire totalement sur-mesure selon vos envies de lecture. Quand on la reçoit, c’est un peu Noël, on découvre tout ce qu’il y a à l’intérieur, le livre, les goodies, c’est une belle sensation ! En plus de la France, ils livrent un peu partout dans le monde (si votre pays n’est pas dans la liste, écrivez-leur et ils feront leur possible pour l’ajouter) y compris au Japon où je suis en ce moment ! Quand on est dans un pays non-francophone, il peut être très difficile de se procurer des livres physiques en français, et ça rend l’expérience encore plus agréable. 

N’hésitez donc pas à visiter leur site et, pourquoi pas, à craquer :
www.lakube.com 

Les Dieux Chiens de Masako Bando

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Bonjour à tous ! En ce samedi, je vous présente un roman tout ce qu’il y a de plus japonais dans une ambiance mystérieuse : voici les Dieux chiens de Masako Bando !

les-dieux-chiens-masako-bandoÉdition lue :
Éditeur : Actes Sud
Publié en : Mars 2008
Édition originale en japonais : 1993
Nombre de pages : 320
Prix : 19,30€

Dans ce roman, nous allons suivre Miki, femme célibataire de 41 ans qui vit chez sa mère avec la famille de son frère. Un jour, elle va rencontrer Akira qui vient d’emménager à côté. Le lendemain, tous les habitants du village dans lequel Miki vit vont faire des cauchemars… sauf Akira. Miki va d’ailleurs tomber sous le charme de cet homme plus jeune qu’elle suite à la séduction d’Akira. Mais le passé de Miki va resurgir, et elle va cauchemarder du bébé dont elle a accouché lorsqu’elle était encore lycéenne et qu’elle a dû tuer, un cauchemar qui va revenir toutes les nuits. Cela la hante et semble l’empêcher de suivre la route toute tracée des femmes japonaises : se marier et construire une famille.

« N’est-ce pas pareil tous les matins ? Qu’est-ce que j’ai à trembler comme ça ? C’était juste un mauvais rêve. »

En parallèle, un jour, une femme va se mettre à trembler et à baver de la mousse dans le village et un vieil homme prétend que celle-ci a été mordue par un dieu chien, une légende omniprésente à cet endroit. À partir de là, le village va basculer dans la peur et la paranoïa et va tenter de trouver un moyen de se débarrasser de ces soi-disant dieux chiens…

« Le mode de vie de Miki suivait un petit courant qui longeait le grand. Une rivière qui ne parvenait pas à rejoindre le fleuve. Miki ne pouvait rien faire d’autre que de se laisser dériver en entendant la houle du fleuve. »

Je dois dire que c’est un roman absolument fantastique ! Il est rare, je trouve, de trouver un roman qui touche de si près aux légendes et superstitions japonaises, qui sont pourtant encore bien présentes de nos jours au Japon ! La légende des Dieux chiens (Inugami, 犬神) est l’une de ces légendes très populaires originaire de l’île de Shikoku. Le roman aborde une ambiance surnaturelle très plaisante, on hésite à croire à ces dieux chiens, et puis on plonge dedans, en se laissant porter par toute cette atmosphère nippone. Comment ne pas y croire après tout, lorsque tout un village semble ne pas douter une seule seconde de leur existence ? L’écriture est également très agréable, et les pages se tournent extrêmement rapidement, on a envie de découvrir le fin mot de l’histoire.

Il s’agit d’un roman à lire absolument pour tous ceux qui s’intéressent aux légendes japonaises, et même pour ceux qui ne connaissent pas trop cet univers. Foncez dessus si vous souhaitez un roman original, mystérieux et qui touche de près à un aspect essentiel de l’imaginaire japonais !

Ma note :
8

Daido Tokyo de Daido Moriyama

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Aujourd’hui, je vous propose de sortir de la littérature pour passer à un autre art : celui de la photographie ! Je vais vous présenter Daido Tokyo, le livre qui a accompagné l’exposition de Daido Moriyama, l’un des plus grands photographes japonais contemporains, qui s’est déroulée du 6 février au 5 juin 2016 à la Fondation Cartier pour l’art contemporain !daido-tokyo-daido-moriyama

Edition lue :
Éditeur : Fondation Cartier pour l’art contemporain
Publié en : Février 2016
Nombre de pages : 248
Prix : 35€

Commençons par l’objet livre… Quel bel objet ! Une couverture dure, le titre est troué pour faire apparaître les photos de la première page, et le livre est séparé en deux parties : Tokyo Color, qui contient des photos couleur de Shinjuku prises entre 2008 et 2015 et Dog and Mesh Tights, qui contient des photos en noir et blanc imprimées sur un papier plus fin et prises en 2014 et 2015. Le tout accompagné d’un texte de l’auteur qui est puissant et passionné… Il s’est attaqué ici à Shinjuku après avoir passé un an à photographier Osaka. Et il nous explique son lien avec ce quartier de Tokyo si particulier, et c’est tout simplement fascinant. Il éprouve en effet une immense attirance pour ce quartier, qui est pour lui un « gigantesque faubourg » et qui est incomparable aux autres quartiers de la capitale nippone. Le lien qu’il entretient avec Shinjuku est très bien décrit et permet d’être encore plus touché et marqué par les photos.

« Comparable peut-être à un laideron hystérique, Shinjuku tantôt vous aguiche par ses mines doucereuses, tantôt vous déconcerte par ses caprices de dévergondée, changeant de visage et d’humeur à toute heure du jour.»

Quant aux photos, elles sont dans un style urbain (bien évidemment, puisque Shinjuku est bel et bien le « personnage » principal sur chacune des photos), et pleins de choses sont juxtaposées : des paysages, des passants, des devantures de magasins, des objets… et c’est magnifique puisque ça retranscrit à merveille l’ambiance de ce quartier qui me fascine également… Shinjuku est en effet un quartier où tout se mélange, où on trouve de tout selon où l’on marche et l’étrangeté de Shinjuku, toutes ses couleurs, en bref, l’essence même de ce quartier est retranscrite à merveille dans ces photos.

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Daido Moriyama Tokyo Color, 2008-2015 Tirage chromogène, 111,5 x 149 cm Courtesy of the artist / Daido Moriyama Photo Foundation

Daido Tokyo est un brillant recueil de photographies de Daido Moriyama sur le thème de la ville et principalement de Shinjuku. L’ambiance et toute la particularité de ce quartier est très bien retranscrite dans ces photos d’une grande diversité. Un réel plaisir pour les yeux !

Ma note :
8

Une langue venue d’ailleurs d’Akira Mizubayashi

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Ce samedi, je vais vous parler d’Une langue venue d’ailleurs. Il s’agit d’un roman d’Akira Mizubayashi, qu’il a écrit directement en français et dans lequel il nous parle de son apprentissage et surtout de sa relation avec la langue de Molière…

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Edition lue :
Éditeur : Gallimard (Folio)
Publié en : 2013 (grand format en 2011)
Nombre de pages : 272
Prix : 7,10€

Ce roman est séparé en trois parties : la première s’intitule Tokyo, lorsque l’auteur nous raconte sa découverte de la langue française et son intérêt grandissant pour celle-ci, la seconde Montpellier, lorsqu’il partira étudier dans cette ville, et la troisième et dernière Paris-Tokyo, sur la fin de ses études et le début de sa vie professionnelle entre ces deux villes. Akira Mizubayashi a 19 ans lorsqu’il découvre le français et va souhaiter apprendre cette langue (qui est bien plus qu’une langue pour lui et qui va tracer un nouveau chemin dans sa vie), en commençant à enregistrer sur un magnétophone des cours de français qui passaient à la radio au Japon et à les écouter en boucle… Il va par la suite avoir une relation particulière avec Rousseau (que l’on va voir apparaître tout au long du roman), mais aussi avec la musique (Mozart notamment), deux domaines qui vont jouer un rôle dans son approche de la langue française.

« Dans le métro et l’autobus, personne n’avait d’écouteurs dans ses oreilles, sauf moi ; je me bourrais de musique française ; j’étais sous perfusion linguistique de façon quasi permanente. »

C’est un roman au départ assez difficile à lire, j’ai mis un peu de temps à entrer dedans, mais plus les pages se tournaient et plus le récit se construisait et on comprenait pourquoi l’auteur avait écrit ce roman. On découvre la place qu’a la langue française dans la vie de ce Japonais qui va aller vivre son rêve à Montpellier, puis à Paris, toujours en étant en perpétuelle immersion avec la langue française, la musique et nos grands écrivains et philosophes. Alors, certes, comme je l’ai précisé plus haut, je n’ai pas été tout de suite pris dans le roman et j’ai mis pas mal de temps à le lire. En fait, je dirais que dans sa globalité, c’est un roman intéressant, mais surtout pour certains passages et certaines anecdotes qui sont plaisantes à lire : par exemple quand il explique qu’au Japon, à la caisse des supermarchés on ne dit pas merci ; je le fais en général, mais je constate que la plupart des Japonais ne le font pas. Ou lorsqu’avec sa femme française, il y a toute la réflexion sur la langue dans laquelle chacun doit parler pour éduquer leur fille (Japonais ? Français ? Chacun sa langue ?) ou même pour parler à leur chienne. Ce sont pour moi ces petits passages, plus anodins, plus ancrés dans le quotidien, et d’un certain côté moins intellectuels que le reste du roman, qui m’ont tout de même fait passer une lecture plaisante.

Un roman qui va en détail dans le parcours étudiant d’Akira Mizubayashi et dans sa relation avec la langue française depuis qu’il l’a découverte. Un texte qui m’a été d’un intérêt variable selon les passages, mais qui est toujours écrit dans une langue parfaitement maîtrisée et littéraire, et ça, c’est si agréable que je ne peux que le souligner !

Ma note :
6

DanMachi (Tome 1) de Fujino Omori

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Bien le bonjour ! Aujourd’hui, après Log Horizon et Spice & Wolf, je vous parle d’un autre light novel, ces romans destinés aux jeunes adultes : DanMachi ! Partons explorer le Donjon ensemble !

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Edition lue :
Éditeur : Éditions Ofelbe
Publié le : 30 juin 2016
Publié au Japon en : Janvier 2013
Nombre de pages : 302
Prix : 12,99€

Dans DanMachi, on va suivre Bell, un jeune aventurier qui vient de débarquer dans la ville d’Orario et qui va vouloir évoluer en affrontant des monstres dans le Donjon… surtout pour atteindre le niveau de la belle Aiz pour qu’elle le remarque enfin ! On découvre comment fonctionne cette société : des dieux sont descendus dans le monde des humains et ont formé des familias, pour que des aventuriers et artisans s’occupent d’eux financièrement. Pour Bell, c’est la déesse Hestia qu’il va devoir servir et avec qui il va nouer une relation forte puisqu’ils ne sont que deux dans cette petite familia. À partir de là, on va suivre leur quotidien agrémenté de mystère et d’action : Bell qui progresse plus rapidement que la normale, de jolies jeunes filles qui vont croiser son chemin ou encore la Déesse de la beauté qui va le repérer…

« Le Donjon, c’est le Donjon. Que pourrait-il y avoir d’autre que des murs glacials et des monstres ? »

Je ne connaissais ni le manga, ni l’anime qui ont été adaptés de ce light novel, et je dois dire que le titre complet de cette série me faisait un peu peur. Celle-ci se nomme Dungeon ni deai o motomeru no wa machigatteiru darou ka, soit littéralement Est-ce un tort de chercher des rencontres romantiques dans un donjon ? Même si cette question est le point de départ de ce roman, l’histoire va rapidement au-delà et a réussi à m’accrocher après quelques pages. On a affaire ici à un héros autodidacte, il va attaquer les monstres seuls et est conscient de sa faiblesse. Ça change des histoires sur le même thème où les héros ne se déplacent qu’en duo voire en groupe. Et il faut dire qu’il est attachant ce Bell. Les relations entre les personnages sont également très bien décrites et intéressantes à suivre, notamment celle entre Bell et sa déesse, Hestia, avec qui il est très proche et qu’il souhaite protéger et servir du mieux qu’il peut. On a, de plus, le point de vue de différents personnages, et pas uniquement celui de Bell, chose également plaisante. L’histoire démarre doucement, mais l’univers est bien décrit et j’ai adoré le découvrir petit à petit. La fin est pour le moins intrigante et j’ai hâte de lire la suite (le tome 2 sort le 15 septembre) et de me replonger dans cet univers ! 

Un premier tome très agréable à lire et qui donne réellement envie de lire la suite, de suivre ces personnages et d’en rencontrer de nouveaux. C’était la série de light novels qui s’est le plus vendue au Japon en 2015, et je comprends clairement pourquoi : c’est addictif ! En plus, on a ici une belle édition avec des illustrations et un format agréable, que du bon !

Ma note :
8

Haiku érotiques

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Ce samedi, je vous propose un peu d’érotisme à la japonaise ! Le tout en haiku, écrit à la fin du XVIIIème siècle et au début du XIXème siècle, voici les « Haiku érotiques » !

haiku-erotiquesEdition lue :
Éditeur : Philippe Picquier
Publié en : Mai 2000
Nombre de pages : 192
Prix : 6,50€

Ce petit recueil d’haiku est pour le moins original ! Il est difficile d’en parler, mais ce que je peux vous dire, c’est que le recueil est divisé en six parties, selon ceux concernés par les haikus : les moines, les dames du palais, la vie conjugale, les domestiques, les veuves et les courtisanes. On peut de plus y trouver des petites illustrations érotiques de temps en temps, pour accompagner les haiku qui n’y vont parfois pas par quatre chemins (on peut notamment être surpris par la place importante que prenaient ce qu’on appelle aujourd’hui les « sex toys » qui pouvaient être réalisés de bien diverses façons pour plaire aux dames du palais).

Ce qui est également intéressant et qui aide à la compréhension, c’est qu’il y a presque toujours avant un haiku ou une série de haikus, une petite phrase ou un petit paragraphe pour expliquer certaines choses, certains termes, et en faire une sorte d’histoire qui rend la lecture très agréable !

Et voici, pour que vous puissiez vous en faire une petite idée, trois petits haiku que j’ai sélectionnés pour vous :

« Quand il dresse son mât
l’épouse s’empresse alors
de prendre la barre 
»

« Ne serait-ce qu’une fois
laisse-moi passer en dessous
insiste l’épouse »

« Quand on a d’un buffle
retiré les cornes, deux dames
s’en trouvent fort bien 
»

Un recueil qui saura ravir les amateurs d’haiku et de coquineries, et qui permet en plus de découvrir comment s’exprimait l’érotisme il y a de cela un peu plus de deux siècles. Une lecture qui ne vous laissera pas indifférents !

Ma note :
7

Seins et Œufs de Mieko Kawakami

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Après vous avoir parlé d’Heaven, le dernier roman paru en France de Mieko Kawakami, je vous présente aujourd’hui son roman le plus célèbre par chez nous : Seins et Œufs ! Partons dès à présent pour Tokyo.

seins-et-oeufs-mieko-kawakamiÉdition lue :
Éditeur : Actes Sud
Publié le : 5 mars 2014
Édition originale en japonais : 2008
Nombre de pages : 112
Prix : 6,50€

Ce court roman nous raconte l’histoire de Natsu, qui habite à Tokyo, et qui va recevoir pendant quelques jours la visite de sa sœur, Makiko, et de sa nièce, Midoriko. Makiko approche de la quarantaine et est hôtesse dans un bar. Elle vient à Tokyo avec sa fille pour visiter des cliniques puisqu’elle a pour obsession de se refaire les seins (sujet qui va prendre une bonne partie du récit), et elle a une relation pour le moins compliquée avec sa fille, puisque cette dernière ne parle plus depuis quelques mois déjà. Natsu va donc voir débarquer sa sœur exubérante et sa nièce muette dans son petit appartement tokyoïte…

« Depuis un moment, je ne peux me défendre de l’impression étrange bien que brumeuse, que si Makiko semble me parler, en réalité elle ne me voit même pas. »

Le roman est intéressant puisqu’il alterne deux types de récit : l’histoire à proprement parler, à travers les yeux de la narratrice qui entend parler sa sœur de poitrines et de chirurgie esthétique à longueur de temps,  et le journal intime de Midoriko. Ce dernier nous permet de comprendre ce personnage complexe, qui a en réalité peur de grandir, de devenir adulte, et d’avoir ses premières règles. C’est le sujet qui la préoccupe. Le roman contient des scènes drôles, notamment une que j’ai bien aimée lorsque Makiko et Natsu vont se laver aux bains publics et que Makiko va contempler les poitrines de toutes les femmes, rejointe par sa sœur qui, par mimétisme, va faire de même. La relation mère-fille conflictuelle en apparence est très bien abordée, et on se rend compte que les raisons qui poussent Midoriko à ne plus prononcer un seul mot sont en fait bien plus profondes que la simple crise d’adolescence envers sa mère. Et c’est pour moi ce qui en fait un très bon roman !

 

Mieko Kawakami parvient dans ce roman à nous plonger dans la tête de Japonaises de deux générations différentes, toutes deux insatisfaites de leurs corps. Elle aborde avec brio les relations conflictuelles que peuvent exister entre une mère et sa fille, et le tout, bien qu’il semble en apparence superficiel, est en réalité très profond.

Ma note :
7

Park Life de Shuichi Yoshida

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Puisqu’on est en plein milieu de l’été, je vous propose aujourd’hui une petite ballade dans un parc… Le tout raconté par Shuichi Yoshida dans son court mais appréciable roman intitulé Park Life !

park-life-shuichi-yoshidaEdition lue :
Éditeur : Philippe Picquier
Format poche publié en : 2010
Édition originale en japonais : 2002
Nombre de pages : 124
Prix : 6,10€

Park Life nous entraîne dans la vie du narrateur qui a l’habitude de passer un peu de temps sur son banc dans le parc de Hibiya. Un moment qu’il apprécie et un endroit qu’il rejoint quand il a un peu de temps libre, faisant d’ailleurs tout pour faire déguerpir ceux qui occupent son banc lorsqu’il veut s’y asseoir. On rencontre une poignée de personnages qui font partie de sa vie : son senpai (aîné) au travail, une amie qui vient d’avoir un enfant, un couple séparé chez qui il vit provisoirement pour s’occuper de leur singe, et surtout, une femme qu’il a rencontrée dans le métro et qu’il va retrouver dans ce parc où elle a également l’habitude de venir régulièrement. Ils vont ainsi s’y retrouver et discuter comme s’ils se connaissaient depuis longtemps…

« Les nombreux cercles concentriques décrits par les oiseaux aquatiques se propageaient sous nos yeux à la surface vert foncé de la mare. Les volatiles plongeaient parfois la tête sous l’eau, tremblaient de tout leur corps et déployaient leurs ailes. »

C’est un petit roman vraiment très agréable à lire. J’avais lu ici et là que c’était un roman un peu ennuyeux, mais j’ai personnellement trouvé qu’il se lisait très bien. La vie de ce parc de Tokyo y est animée et décrite avec une certaine poésie. Le roman ne se passe pas entièrement dans ce parc, on suit notre narrateur là où il va, mais le parc est bel et bien le personnage principal. Ce parc représente la vie, des relations qui se nouent, mais aussi des personnes qui se croisent sans jamais oser se parler.

Ce roman nous offre une lecture rafraîchissante pour un moment de lecture bien plaisant. J’ai déjà très envie de le relire, mais cette fois-ci dans un parc, au soleil, pour pouvoir me plonger encore plus dans cette ambiance si particulière qui est si bien décrite.

Ma note :
7

Les attaques de la boulangerie d’Haruki Murakami

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Ce samedi (qui est désormais le jour où sera publié un nouvel article, au lieu du vendredi), c’est Haruki Murakami ! Et je vous parle aujourd’hui de deux nouvelles loufoques comme il aime tant en faire : Les attaques de la boulangerie !

les-attaques-de-la-boulangerie-haruki-murakamiEdition lue :
Éditeur : 10/18
Publié le : 7 novembre 2013
Nombre de pages : 72
Prix : 8,40€

Ce joli petit livre contient donc deux nouvelles d’Haruki Murakami : « L’attaque de la boulangerie » a été publiée en 1981 et raconte l’histoire d’un couple qui ressent un jour une énorme faim. Ils vont donc décider d’aller braquer une boulangerie pour avoir non pas l’argent de la caisse-enregistreuse, mais tout simplement du pain. Ils arrivent armés, mais le boulanger ne va pas se laisser faire et va leur proposer un marché : ils doivent écouter Wagner avec lui et après il leur donnera autant de pain qu’ils veulent.

« Il faut dire que nous avions faim. Non, en fait, c’était plutôt comme si nous avions englouti un vide cosmique. »

La seconde nouvelle est sortie quant à elle en 1985 et s’intitule « La seconde attaque de la boulangerie ». L’homme du couple de la nouvelle précédente est désormais marié à une autre femme et une nuit il va ressentir une faim insupportable et il va raconter à sa femme la fois où il a braqué une boulangerie (l’histoire de la première nouvelle donc). Il pense qu’il est sous l’emprise d’une malédiction puisqu’il avait à l’époque obtenu ce pain d’une façon non criminelle, mais via un simple échange (écouter Wagner = du pain gratuit). Sa femme pense que pour conjurer le mauvais sort il va donc devoir attaquer à nouveau une boulangerie…

« C’est ainsi que nous emportâmes des couteaux de cuisine et nous dirigeâmes vers la boulangerie. »

Ce sont deux nouvelles pour le moins étrange ! La première est vraiment très courte et il est difficile de s’en faire un avis. En revanche, grâce à la seconde nouvelle, on obtient une petite histoire à la cohérence relative, mais déjà plus intéressante. On est toujours dans une atmosphère loufoque et avec des personnages aux idées pour le moins surprenantes. Ce n’est pas une lecture qui m’a spécialement plu ou marqué, mais j’ai tout de même apprécié la folie de la femme de la deuxième nouvelle, qui semble étonnement expérimentée quand il s’agit de braquage. Ce livre est, comme pour L’Étrange bibliothèque et Sommeil, illustré par l’artiste allemande Kat Menschik, mais je dois dire que j’ai eu plus de mal avec les illustrations des Attaques de la boulangerie. Le style est plus étrange et elles n’apportent pas grand chose à mon sens… Mais ça reste un bel objet. Un petit exemple d’illustration :

les-attaques-de-la-boulangerie-kat-menschik

C’est un petit livre intéressant pour tous ceux qui veulent se plonger dans le côté loufoque d’Haruki Murakami, qui ne lésine pas sur la folie de ses personnages. Ce ne sont pas des nouvelles mémorables, mais elles font passer un moment de lecture pour le moins original.

Ma note :
6

L’île de Tokyo de Natsuo Kirino

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Aujourd’hui, je vais vous parler d’un roman d’une auteure que j’aime beaucoup. Après avoir lu OUT, Monstrueux et Le vrai monde, j’ai embarqué sur L’île de Tokyo ! Partons avec Natsuo Kirino sur cette île si particulière.

ile-de-tokyo-natsuo-kirinoEdition lue :
Éditeur : Seuil
Publié en : 2013 (édition originale en japonais : 2008)
Nombre de pages : 281
Prix : 22,50€

Dans ce roman, Natsuo Kirino nous emmène donc sur une île déserte sur laquelle se trouvent des naufragés japonais. Trente-et-un hommes de tous âges. Et une femme : Kiyoko, 46 ans. En étant la seule femme de l’île, celle-ci est en quelque sorte la reine de cette société qui tente de se reconstruire. Les hommes vont prendre soin d’elle et la chérir, et, bien qu’elle doive se marier avec un nouvel homme tous les deux ans, Kiyoko doit également assouvir les besoins de ses concitoyens. Ils attendent tous qu’un navire vienne les sauver, mais ils sont déjà là depuis de longs mois… Tout pourrait continuer ainsi, mais l’arrivée de Chinois sur l’île va quelque peu bouleverser leur quotidien.

« Son existence était précieuse, objet de convoitises effrayantes, qu’on ne voulait toutefois pas mettre en danger. »

Les Chinois vont très vite mieux se débrouiller que les Japonais. Ils vont mieux organiser leur survie, ils vont mieux s’occuper de la nourriture, se construire ce dont ils ont besoin. Et un jour, ils vont construire un radeau et demander à Kiyoko de venir avec eux. Kiyoko ne va pas hésiter et va vouloir retrouver la terre ferme. Malheureusement, cela ne va pas se passer comme prévu et ils vont atterrir à nouveau sur l’île de Tokyo. Mais à leur retour, les choses ont changé. Les Japonais, et notamment son mari du moment, n’ont pas apprécié que Kiyoko les trahisse et s’en aille avec les Chinois et ne vont plus vraiment la respecter. Kiyoko, d’abord dépitée, va ensuite tenter de trouver un autre moyen de redevenir le centre de cette île et de ses habitants. Et elle a en elle un élément qui va pouvoir l’aider dans sa misson.

« Six coquillages avaient été déposés sur le sol. Les participants devaient les ouvrir, du plus âgé au plus jeune : celui qui trouvait une inscription à l’intérieur était désigné comme nouveau mari. »

J’ai un avis très mitigé sur ce roman. Je dois dire que Natsuo Kirino m’a déçu. Autant j’avais adoré les romans que j’avais pu lire d’elle, autant là, durant toute la première moitié du livre, j’étais dans l’incompréhension. En effet, le sujet de base est intéressant, mais on se perd et on s’ennuie royalement. On nous décrit la vie sur l’île, le pouvoir qu’a Kiyoko, et aussi certains personnages dont on ne comprend pas trop pourquoi elle nous en parle. C’est de l’ennui total. J’ai failli refermer le livre après une centaine de pages, mais j’ai pourtant persisté. Et ce n’était finalement pas une si mauvaise idée que ça.

« Peut-être devrait-elle essayer de trouver d’autres raisons d’exister sur cette île que le sexe ? »

En effet, à partir de la moitié, le roman prend une tournure très intéressante. J’ai eu l’envie de tourner les pages, de connaître la suite. Le récit est très bien construit (un peu tardivement, certes), puisqu’on revient dans le passé, on suit des personnages qui ne nous semblaient pas intéressants au premier abord, on navigue entre le moment présent, leur arrivée sur l’île et tous les événements qui les ont conduit jusqu’ici. Les histoires se croisent et le sort et la psychologie des personnages prennent enfin une tournure qui donnent envie de lire, d’en apprendre plus sur eux, et ça c’est très plaisant ! L’évolution des personnages de Kiyoko et de Watanabe notamment est bien développée, et le développement de leur société suite à l’arrivée d’un autre peuple est aussi très bien construit. Voilà une bonne raison de ne pas lâcher le roman malgré un début déplaisant.

Un roman de Natsuo Kirino très différent des précédents parus en France. Le début m’a malheureusement ennuyé, ce qui est rare avec cette auteure, mais la seconde moitié du roman relève le niveau et devient intéressante, si intéressante que j’ai voulu enchaîner les chapitres. Un avis mitigé sur ce roman, mais grâce à une fin plus que réussie, je reste sur une note positive !

Ma note :
6

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