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Un printemps à Hongo de Takuboku Ishikawa

Publié le

C’est un journal bien particulier que nous propose Takuboku : voici Un Printemps à Hongo.


Edition lue :
Éditeur : Editions Arfuyen
Publié le : 10 septembre 2020
Traduction : Alain Gouvret
Publié au Japon en : 1909
Nombre de pages : 168
Prix : 16,00€

Ce journal est unique en son genre, puisque Takuboku l’a écrit en romaji (caractères latins) entre avril et juin 1909. Takuboku avait alors 23 ans et nous livre ici un journal sans artifice : il est honnête dans son quotidien, il ne cache rien ni ne se vante de rien. Outre les caractères qu’il a choisis pour le rédiger (qui a d’ailleurs dû rendre la traduction bien difficile), le contenu de son journal est lui aussi unique.

« Seul éveillé dans la métropole apaisée qui sommeille, comptant les souffles de cette calme nuit de printemps, je me suis rendu compte à quel point ma vie dans cette petite pièce de trois tatami et demi est insipide et dénuée de sens. »

Après avoir lu Une poignée de sable, un recueil de tankas de Takuboku que j’ai beaucoup apprécié, j’avais très envie d’en lire plus sur cet auteur, décédé prématurément à l’âge de 26 ans. J’ai donc été ravi de découvrir ce journal, qui ne m’a pas déçu. Tout d’abord, il faut noter qu’un travail intéressant a été fait sur la préface, qui nous donne un peu de contexte et qui nous permet de comprendre quel homme était Takuboku et ce qui le rendait fascinant. Et puis, la lecture du journal débute, et c’est une excellente lecture qui se dessine – très différente des journaux japonais que j’ai pu lire.

« La sensation qu’on a après une journée de travail soutenu, quel que soit le travail, est incomparablement agréable. C’est là sans doute que se trouve le sens profond de la vie. »

Takuboku vit donc à Tokyo, dans une résidence dans laquelle il est entouré d’un ami et de servantes. Il corrige des épreuves et écrit dans son temps libre, pour gagner de l’argent pour pouvoir faire venir sa famille. Et il ne va rien nous cacher : sa principale préoccupation, c’est l’argent, qu’il a d’ailleurs du mal à économiser. Il ne va pas non plus hésiter à partager ses réflexions sur sa vie, son travail, ses désirs (et notamment les prostituées qu’il a fréquentées), son amour pour sa femme qui s’étiole… Et c’est cette franchise qui est surprenante et rend la lecture passionante : on a l’impression d’être dans la confidence et on prend plaisir à découvrir le quotidien de cet écrivain sans le sou dans le Japon du début du XXème siècle.

Un journal sans fioriture et dont l’honnêteté surprend et nous offre une expérience de lecture comme aucune autre, par un écrivain japonais unique dans son genre.

Ma note :

À propos de Kevin

Living the dream in Tokyo!

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